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Les sœurs Clemens (Tome 1) - Le prix de ton corps

De
320 pages
Après le suicide de son père, banquier ruiné, Caroline Clemens affronte l'opprobre de la haute société et se heurte à la dure réalité. Comment va-t-elle assurer la survie de ses frères et sœurs ? Comme un ultime défi au destin qui la broie, elle s'abandonne entre les bras de Dominic Savage et perd son innocence. Dominic lui propose de l'entretenir. Mais attention, il veut une partenaire consentante. Caroline accepte et, sous sa tutelle exigeante, devient une experte en volupté. Dominic est désormais le maître de son corps, mais saura-t-il conquérir son cœur ?
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Le prix de ton corps
LEDA SWANN
L E S S ΠU R S C L E M E N S Р1 Le prix de ton corps
Traduit de l’anglais (NouvelleZélande) par Catherine Frémov
Titre original THE PRICE OF DESIRE Éditeur original Avon Red, an imprint of HarperCollins Publishers, Inc., New York
Leda Swann, 2007 Pour la traduction française Éditions J’ai lu, 2014
1
Avec un sourire figé, Caroline Clemens posa un regard belliqueux sur les invités. Si elle tremblait de peur en son for intérieur, elle s’interdit d’en rien laisser paraître. Le moindre signe de faiblesse déclencherait l’hal lali. Elle ne leur offrirait pas la satisfaction de s’effondrer devant eux. Elle surmonterait les potins malveillants de ces vieilles filles qui l’avaient toujours enviée, mais aussi les fausses condoléances de ces prétendus amis venus se régaler de ses malheurs. Le Ciel lui vienne en aide, en cette fin d’après midi, elle pourrait presque supporter la compas sion des quelques rares personnes qui l’aimaient vraiment. Elle promena les yeux sur l’assemblée colorée qui lui faisait face, s’arrêtant sur la vareuse rouge et or du capitaine Bellamy. Lui, au moins, l’aimait bien. Peu lui importait que la famille de Caroline soit ruinée. La semaine précédente, 7
alors que des rumeurs commençaient à courir sur leurs difficultés financières, il lui avait juré de l’aimer même si elle devenait pauvre. Cet empressement l’avait d’abord fait sourire mais, à présent, elle s’accrochait à ce souvenir. La semaine dernière, elle croyait encore qu’il lui faudrait juste se passer des gants de chevreau dont elle avait besoin puisque les anciens étaient usés et tachés. Aujourd’hui, elle devait affronter la cruelle vérité : c’était la déchéance. Complète, irrémédiable. À la fin du mois, la maison de Mayfair et tous les meubles seraient vendus aux enchères. Après la mort prématurée de son père, il ne leur restait rien pour vivre. Rien. N’était son mariage imminent avec le capi taine Bellamy, elle et ses jeunes frère et sœurs seraient bons pour l’hospice des pauvres. Elle frémit. Inutile de s’étendre sur les horreurs de ces ateliers de travail forcé, leurs uniformes rêches, les maigres repas qui permettaient à peine de survivre, les maladies qui vous empor taient quand la faim et l’épuisement n’avaient pas déjà eu raison de vous. Le capitaine allait leur épargner cette vie misérable. Les sauver tous. Tandis qu’elle parcourait la foule du regard à la recherche de son sauveur, son attention s’arrêta sur un autre homme. Un inconnu. De quoi déjà la surprendre. Rares étaient les inconnus qui parvenaient à s’immiscer dans la société très fermée des banquiers de Londres à laquelle sa famille appartenait. S’ils ne prenaient 8
que des risques très mesurés dans leurs transac tions, lorsqu’il s’agissait des relations de leurs épouses ou de leurs filles, ces hommes d’affaires éliminaient tous les aléas possibles. Seules les personnes les plus respectables étaient autori sées à les fréquenter au cours des rares soirées qu’ils donnaient. Caroline s’autorisa un sourire narquois. À n’en pas douter, ces personnes respectables l’obser vaient avidement du coin de l’œil, salivant à l’idée de la mettre en pièces. L’inconnu capta son sourire, apparemment persuadé que cela lui était destiné. Il le lui ren dit, tout en haussant un sourcil gentiment interrogateur. Caroline retint son souffle. Quand il souriait, le visage de cet homme de toute évidence convena ble se métamorphosait en une invitation au péché. La lueur de malice dans ses prunelles semblait promettre des délices auxquelles elle n’osait songer. Son teint mat, buriné par le soleil, étrangement décalé dans l’automne anglais, ne la surprenait plus ; elle y voyait plutôt toutes sortes de mystères dangereusement séduisants. Il s’avança vers elle, comme pour clamer son droit de faire sa connaissance. Bien qu’affublé de ce morne costume noir porté par tous les messieurs présents dans la salle, il se déplaçait d’un mouvement souple et élégant, avec la puis sance tranquille d’un tigre. Et, tel un tigre, il dégageait une dangereuse énergie tout en susci tant chez les autres une envie folle de le caresser. 9
Cependant, c’étaient encore ses yeux qui la fas cinaient le plus, qui l’hypnotisaient. Au point qu’elle ne pouvait s’en détourner. Et il semblait faire exprès de la regarder fixement, comme pour l’empêcher de bouger alors qu’il s’approchait. — Nous nous connaissons, je crois ? Il possédait une voix grave et profonde, qui l’enveloppa de son ampleur. Malgré une diction parfaite, il s’exprimait avec un doux accent et roulait un peu les R. Toujours incapable de détacher son attention de ces iris d’un brun profond, elle secoua la tête. — Je ne pense pas. Elle avait la gorge tellement sèche que c’en était difficile de parler. — Dans ce cas, permettez que je me présente. Elle acquiesça d’un mouvement léger. La pré sence de cet homme produisait sur elle l’effet d’une drogue. Même si elle n’avait pas voulu faire sa connaissance, elle aurait été incapable de lui refuser quoi que ce soit. Il se pencha vers sa main. — Dominic Savage, à votre service. Du bout de la langue, elle s’humecta la lèvre inférieure tandis qu’il effectuait un petit salut, mais il eut le temps de surprendre sa réaction et son sourire s’élargit. — Caroline. Ca… Caroline Clemens, répondit elle en énonçant étourdiment son nom complet. Elle se sentait trop grisée pour réfléchir correc tement. Il haussa les sourcils. 10