Les sœurs Clemens (Tome 4) - Passion épistolaire

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Infirmière à Londres, Beatrice accepte de correspondre avec le capitaine Percival, compagnon d’armes de son frère cantonné dans le Transvaal. En ces temps de guerre, comment refuser un peu de réconfort à un soldat sans famille ? Les lettres courtoises au début deviennent peu à peu plus tendres et même érotiques. Troublée par les mots osés qui l’enflamment, Beatrice s’enhardit et décrit à son tour ses fantasmes les plus intimes. Après tout, que risque-t-elle ? Percival est à des milliers de kilomètres et elle doit bientôt épouser le très sérieux Dr Hyde… Jusqu’au jour où le capitaine rentre à Londres et vient la voir.
Publié le : mercredi 7 octobre 2015
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EAN13 : 9782290091647
Nombre de pages : 290
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LES SŒURS CLEMENS – 4

Passion épistolaire

Traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande)
par Camille Dubois

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Présentation de l’éditeur :
Infirmière à Londres, Beatrice accepte de correspondre avec le capitaine Percival, compagnon d’armes de son frère cantonné dans le Transvaal. En ces temps de guerre, comment refuser un peu de réconfort à un soldat sans famille ? Les lettres courtoises au début deviennent peu à peu plus tendres, et même érotiques. Troublée par les mots osés qui l’enflamment, Beatrice s’enhardit et décrit à son tour ses fantasmes les plus intimes. Après tout, que risque-t-elle ? Percival est à des milliers de kilomètres et elle doit bientôt épouser le très sérieux Dr Hyde… Jusqu’au jour où le capitaine rentre à Londres et vient la voir.
Biographie de l’auteur :
Sous ce pseudonyme se cache un couple, Cathy et Brent. Ensemble, ils écrivent des romances historiques où sentiments et érotisme se mêlent.

Leda Swann

Sous ce pseudonyme se cache un couple, Cathy et Brent. Ensemble, ils écrivent des romances historiques où sentiments et érotisme se mêlent.

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

LES SŒURS CLEMENS

Le prix de ton corps

N° 10886

 

Un modèle de charme

N° 11160

 

De mon plein gré

N° 11198

1

Lorsque Beatrice Clemens décacheta l’enveloppe, des grains de sable blanc tombèrent en pluie sur ses genoux. Du sable du bout du monde. Elle les récolta soigneusement et les posa sur la table de chevet, où ils se mirent à briller dans la faible lueur de la lampe à gaz.

Elle adorait recevoir du courrier de sa famille, surtout de Teddy, qui servait la reine et la patrie là-bas, en Afrique du Sud. Selon lui, ce pays était extrêmement rude, si chaud et sec pendant les mois d’été que c’était pratiquement un désert. Pour comble d’inconfort, le sable omniprésent se faufilait dans les vêtements, comme si l’excès de chaleur et le manque d’eau ne suffisaient pas !

Sa compagne de chambre, Lenora Coppins, était affalée dans un fauteuil près de la fenêtre. Elle avait posé ses pieds sur un tabouret. Les doubles rideaux multicolores étaient tirés, masquant la nuit.

— C’est vraiment du sable ?

— Oui, du sable. Tout droit venu du Transvaal en Afrique du Sud.

Beatrice trouvait curieux que son unique frère, le bébé de la famille, et sa sœur préférée se retrouvent tous les deux en Afrique. Avec des sorts bien différents. Louisa vivait dans une sorte de paradis terrestre avec son mari marocain, tandis que Teddy menait la rude existence des soldats à l’autre bout du continent, occupé à avoir à l’œil les turbulents Boers.

Elle déploya prudemment la lettre de Teddy. Il y avait d’autres grains de sable dans les plis, sans doute tombés de sa tête pendant qu’il écrivait. À cette idée, elle esquissa un sourire rêveur. Tout petit déjà, Teddy se triturait les cheveux quand il se concentrait sur quelque chose.

— Est-ce que les nouvelles sont bonnes ? demanda Lenora.

Penchée en avant, elle se massait les chevilles. Des mèches s’échappaient de son chignon, et son uniforme était chiffonné et taché sur le devant.

Beatrice survola la lettre.

— On les a envoyés en garnison dans un petit bourg, où ils n’ont rien d’autre à faire que de paraître méchants alors que les Boers appellent ouvertement à la rébellion. Il a l’air de s’ennuyer. Il dit que l’animation de Pretoria lui manque.

Lenora releva les yeux.

— J’aime mille fois mieux être infirmière que soldat, commenta-t-elle. Malgré les chevilles en marmelade.

Elle montra leur chambre qui, quoique petite, était jolie et confortable avec des tapis moelleux, de ravissants meubles d’acajou et des napperons de dentelle sur les dossiers des fauteuils.

— Même si nos journées sont longues, poursuivit-elle, une fois que c’est fini nous retrouvons nos agréables chambrettes. Nous ne sommes pas logées dans des baraques au milieu du désert. De toute façon, j’adore m’occuper des malades. Et, dans l’ensemble, ils nous en sont reconnaissants.

Les deux jeunes femmes venaient de terminer une longue garde à l’hôpital St. Thomas. Elles avaient fait la toilette des patients, pansé leurs plaies et soigné leurs maux sans jamais pouvoir se reposer plus de cinq minutes à la fois. Beatrice aussi avait mal aux chevilles. Pourtant elle aimait son métier et, comme Lenora, elle ne l’aurait échangé contre aucun autre. Du plus loin qu’elle se souvienne, elle avait toujours voulu être infirmière.

— Il faut que je lui réponde sans tarder, dit-elle. J’ai l’impression qu’une lettre de sa grande sœur lui fera du bien.

Elle approcha une chaise du petit bureau et prit une feuille de papier. En se grattant le bout du nez avec sa plume, elle se mit à fredonner un air à la mode. Elle avait beau aimer son métier, elle n’avait pas grand-chose à en dire. C’était toujours le même train-train, avec beaucoup de malades à traiter. Elle faisait de son mieux pour soigner ceux qui pouvaient l’être et soulager les incurables.

Lenora ôta une à une ses épingles à cheveux. Aussitôt, son abondante crinière rousse tomba en cascade jusqu’à ses épaules.

— Tu pourrais lui parler du vieux M. Tomlinson, quand il est devenu tout violet et qu’il est tombé raide mort juste devant nous. Ça m’a fait un choc, permets-moi de te le dire.

Les deux jeunes femmes n’avaient pas beaucoup aimé ce M. Tomlinson, un grossier personnage qui n’avait jamais perdu une occasion de leur pincer les fesses lorsqu’elles retapaient son lit.

— Teddy n’a sûrement pas envie d’entendre parler de la mort, répondit Beatrice. Il y pense sans doute assez souvent comme ça.

— Tu pourrais lui parler du nouveau médecin, suggéra Lenora d’un air faussement détaché.

— Le Dr Hyde ?

Beatrice plissa le nez. Le nouveau médecin était un bel homme. Il avait l’air sérieux. Et, plus important encore, il était travailleur et ambitieux – exactement le genre d’homme qu’elle aurait souhaité épouser. Et, pas plus tard qu’hier, il lui avait proposé de sortir avec lui le prochain dimanche.

Mais ce n’était pas quelque chose dont elle pouvait parler à son petit frère. Elle ne l’avait même pas dit à Lenora, et celle-ci était non seulement sa compagne de chambre mais sa meilleure amie. Une invitation à aller se promener n’était pas une grande affaire – et puis, il n’en sortirait probablement rien.

Lenora avait pris un air songeur.

— D’après Marlene, il vient d’une excellente famille des Midlands. Son père est un grand avocat. Il aurait pu faire carrière dans l’Église ou dans l’armée, mais il a préféré devenir médecin. Il veut passer sa vie à soigner les gens.

À l’entendre, elle était déjà à moitié amoureuse de lui.

Sans en écouter davantage, Beatrice retourna à sa lettre. Ce qui lui manquait le plus, c’était sa sœur Louisa. Quelle joie de la revoir chaque été ! Sa dernière visite semblait si ancienne. Mais maintenant que le printemps était revenu, après un automne particulièrement lugubre et un hiver particulièrement glacial, il n’y avait plus que quelques mois à attendre. Beatrice avait pris soin de Louisa pendant si longtemps – c’est d’ailleurs à cause de la mauvaise santé de sa sœur qu’elle avait voulu devenir infirmière. Malgré les nombreux patients qui défilaient dans son service chaque semaine, sans Louisa il manquait quelque chose à sa vie.

Une heure plus tard, elle reposa sa plume, sa lettre à Teddy achevée. Lenora était déjà couchée et elle dormait en ronflant doucement.

Beatrice éteignit la lampe, se débarrassa du châle dans lequel elle s’était enveloppée, et descendit au salon. Un bon feu et la compagnie des autres pensionnaires, elle n’en demandait pas davantage pour le moment. À part peut-être une tasse de chocolat chaud.

 

 

Le capitaine Percival Carterton arpentait les rues surchauffées de la petite ville sud-africaine en compagnie de l’un de ses hommes. À chaque pas, il faisait s’envoler un nuage de poussière qui tournoyait dans l’air immobile avant de retomber lentement sur le sol. Certains grains plus fins que les autres s’élevaient assez haut pour adhérer à la sueur qui baignait son front et son cou.

Il tira sur le col de sa veste. À cause de l’étoffe rouge foncé qui absorbait la chaleur du soleil, il était en nage. Sous le casque de liège blanc, son crâne le démangeait atrocement.

Deux jeunes filles se tenaient sur le pas de la porte d’une pauvre maison. Carterton leur sourit en passant. Elles n’étaient pas jolies – leurs figures rougeaudes étaient larges et plates, leurs cheveux marronnasses dépassaient de bonnets informes, leurs silhouettes étaient ensevelies sous de vilaines robes grises – mais elles étaient quand même de sexe féminin et, en tant que telles, dignes d’un sourire. En Angleterre, où les jolies filles étaient légion, il ne les aurait même pas remarquées, mais ici, dans le Transvaal, il ne pouvait pas se permettre d’être difficile.

Les deux filles n’apprécièrent guère sa galanterie. L’une d’entre elles grommela quelque chose, un juron boer sans doute, et cracha par terre.

Les filles du cru avaient des manières charmantes. Vraiment charmantes.

En soupirant, il passa son chemin. Leur vie dans la campagne sud-africaine était faite d’ennui et de tristesse. Les Boers, descendants des premiers colons hollandais, les détestaient. Ils ne voulaient pas de la loi anglaise que les soldats prétendaient leur imposer.

Les Boers étaient des gens sobres, qu’on avait plus de chances de trouver à l’église qu’au cabaret, et qui se préoccupaient davantage de ne pas sombrer dans le péché que de se faire des amis. Ils ne savaient pas s’amuser. La notion de fête leur était étrangère. Chez eux, tout était terne et gris : leurs figures, leurs vies, et même le paysage qui les environnait. Et ils avaient à peu près autant d’esprit et d’éducation qu’une bande de pourceaux.

Son compagnon, Edward Clemens, un gamin d’à peine dix-huit ans, lui toucha le bras.

— Tu n’as rien à regretter. Ce sont deux petites souillons. N’importe laquelle de mes sœurs en vaut vingt comme celles-là.

— Oui, mais tes sœurs ne sont pas là, hein ? De toute façon, ce n’est pas elles qui m’arrachent un soupir, c’est ce maudit pays, répondit Carterton d’un air maussade. Il fait trop chaud, il y a trop de poussière. Et les filles, même les plus moches, nous traitent comme des lépreux. Il y a de quoi devenir fou.

— D’accord, ce n’est pas l’Angleterre, approuva Clemens. Trop de soleil, pour commencer. As-tu déjà vu un jour sans pluie en Angleterre ?

— Je ne demanderais pas mieux qu’une bonne petite averse anglaise pour fixer toute cette saleté, répliqua Carterton en donnant un coup de pied dans la poussière. Si seulement on pouvait quitter ce méchant patelin et aller ailleurs. N’importe où.

Ils étaient arrivés à la lisière de la ville. Un désert s’étendait devant eux. Il y avait bien quelques petites collines ici et là pour rompre la monotonie mais, à part ça, le paysage était aussi plat que le dos de la main.

— Si seulement on nous envoyait dans le Sud, poursuivit Carterton. On se battrait contre les Zoulous, ça passerait le temps. Ou alors, en Inde ou en Afghanistan. Ou bien en Nouvelle-Zélande, pour se mesurer avec les Maoris. On aurait une chance de se couvrir de gloire. Au lieu de ça, conclut-il d’une voix traînante, on reste des semaines à piétiner dans une ville qui ne veut pas de nous…

— Et où toutes les filles ont l’air de s’être aplati le visage avec le fer à repasser de leur maman, ajouta Clemens.

En dépit de son humeur mélancolique, Carterton sourit. C’était ce qui lui plaisait le plus chez le jeune Clemens : ce gosse pouvait rire de tout. Requinqué, il choisit un terrain plat et traça grossièrement sur le sol les limites d’un terrain de cricket. Il avait beau se trouver au bout du monde, en uniforme de l’armée anglaise, ce n’est pas cela qui allait l’empêcher de jouer au cricket.

À chaque bout, il brisa le sol desséché avec un pieu, avant d’installer délicatement les guichets. Dieu le préserve de les enfoncer directement à travers la croûte. Dimanche dernier, ce crétin de Ronald avait essayé et il avait cassé l’un des montants. Plus d’un avait été tenté de lui défoncer le crâne. Il avait été mis en quarantaine. Personne ne lui avait adressé la parole pendant une semaine, pas même la vieille cantinière.

Clemens déballa la batte du régiment – en saule, comme il se doit – et la fit tournoyer. Certains régiments chérissaient leur étendard par-dessus tout, mais, dans ce régiment-ci, leur bien le plus précieux, c’était cette batte de cricket.

Il prit la vieille balle – ébréchée et couverte de craquelures –, la jeta en l’air, la rattrapa, tandis que le reste du régiment se rassemblait au milieu du terrain.

Quelques civils s’étaient approchés pour profiter du seul divertissement que la ville avait à offrir. Carterton remarqua que les deux gamines malgracieuses n’étaient pas du nombre. Des garçons observaient le spectacle. Ils avaient chacun un bout de bois qu’ils brandissaient comme s’ils s’exerçaient à manier la batte.

Un petit chien s’approcha du guichet en jappant et leva la patte contre l’un des montants. Carterton lui jeta une poignée de terre pour le chasser avant que l’horrible profanation n’ait été commise.

Le capitaine de l’autre équipe s’approcha.

— Le gagnant reçoit en premier, dit-il en jetant une pièce en l’air.

— Pile ! choisit Carterton.

Et ce fut pile. Il s’approcha de la ligne, batte en main. Le lanceur adverse envoya la balle. Carterton la renvoya d’un grand coup de batte et se mit à courir vers l’autre guichet, mais l’arbitre cria :

— Quatre !

Il revint à son point de départ en souriant d’un air satisfait. Sa colère contre les filles était retombée. Pourtant, elles n’avaient rien eu de spécial. C’était juste que, dans le Transvaal, on manquait de compagnie féminine.

En Angleterre, il y avait toujours eu des jolies filles prêtes à flirter avec un fringant officier en uniforme. Et quand il voulait davantage, eh bien, il s’en trouvait toujours une pour accorder ses faveurs en échange de belles paroles et d’un petit cadeau.

Ici, il n’y avait pas une seule jolie fille, et même les plus laides n’étaient pas disposées à se laisser acheter. Il n’était pas un coureur de jupons, mais il n’était quand même jamais resté aussi longtemps sans toucher une femme.

Bon sang, il aurait été prêt à donner une semaine de solde pour le plaisir de conter fleurette à une belle jeune femme et être récompensé d’un sourire. Et que n’aurait-il donné pour coucher avec elle !

En attendant, il y avait une partie de cricket à gagner. Il renvoya la balle une seconde fois. Un joueur de champ essaya de la rattraper et la manqua. Elle tomba mollement dans la poussière.

Le soir tombait lorsque les joueurs déclarèrent que cela suffisait pour aujourd’hui. On rangea les guichets et on remballa la batte jusqu’au dimanche suivant.

— Belle partie, hein ? dit Carterton à Clemens alors qu’ils s’en retournaient à la caserne.

Le jeune homme sourit, tout en s’essuyant le front avec le dos de la main.

— Je n’espérais pas les battre à plate couture, alors oui, on peut dire que c’était une belle partie.

— Je régale tout le monde ce soir au mess, annonça Carterton. Fais passer le mot tandis que je vais acheter du rhum. À huit heures pile. Ne sois pas en retard, sinon il ne te restera plus que de la flotte.

Clemens, gêné, passa d’un pied sur l’autre.

— Il faut d’abord que je réponde à l’une de mes sœurs, dit-il.

— Tu as de la chance d’avoir une sœur qui t’écrit, soupira Carterton. Va donc faire ta lettre. Je te garderai ta part de rhum.

2

Chère Beatrice,

Tu es un amour de m’écrire aussi souvent. Je peux te dire que je guette tes lettres. Certains de mes compagnons ne reçoivent jamais de courrier et ça leur manque terriblement. Le capitaine de notre régiment m’a laissé quartier libre pour t’écrire. Il s’appelle Percy Carterton. C’est un chic type. Il n’a pas de famille, le pauvre. Tu pourrais peut-être lui envoyer une lettre, si tu te sens d’humeur. Ça lui ferait sans doute plaisir et ça pourrait même me valoir un passe-droit.

Il n’arrive jamais rien ici. Toujours pas de bagarre. Il fait une chaleur infernale. Je ne te parle pas des mouches et de la poussière ! Et pas une seule jolie fille pour se changer les idées.

Ton frère qui t’aime,

Teddy.

 

Beatrice replia la lettre et la glissa dans la poche de sa jupe. Elle adorait recevoir des nouvelles de Teddy, même s’il ne parlait pas de choses extraordinaires. Pour elle, qui n’était jamais sortie d’Angleterre, même ses plaintes à propos de la chaleur et des mouches avaient quelque chose d’exotique. C’était tellement différent de la grisaille londonienne.

Elle aurait souhaité parcourir le monde comme lui, visiter des pays qu’elle n’avait fait qu’imaginer. Mais son travail était ici. Sans regretter son choix, elle aurait quand même aimé avoir la liberté – et les moyens – de voyager. Elle s’imaginait quelquefois montant à bord d’un paquebot, son balluchon sous le bras, tout en sachant que, lorsqu’elle débarquerait, ce serait sur un autre continent.

Bien sûr, ce n’était que des rêves. Elle n’aurait jamais l’audace de renoncer à sa situation pour partir à l’aventure.

Sa pause finie, elle retourna à son travail. L’un des patients avait souillé son lit. Lenora était en train de changer les draps. Elle proposa de l’aider.

Le Dr Hyde examinait un malade dans un lit tout proche, mais son regard se tournait souvent vers les deux infirmières. La plupart du temps, Beatrice et Lenora étaient de garde ensemble, et le Dr Hyde avait toujours une excuse pour se trouver dans les parages. Même s’il ne leur adressait la parole que pour des motifs professionnels, il semblait avoir du mal à les quitter des yeux.

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