Les soeurs d'Irlande (Tome 2) - Anna, la bohème

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À Dublin, Anna Blacknall est lasse des déchirements entre partisans et opposants de l'Union. En quête de frissons, elle s'introduit à l'Olympian, un club privé où l'on donne ce soir-là un bal masqué. Sous le loup de son cavalier, elle reconnaît Conlan McTeer, un duc irlandais considéré comme l'ennemi juré des Blacknall. Jamais elle n'a pu oublier ce qui s'est passé entre eux deux ans plus tôt, pendant la sanglante Rébellion. Anna sait qu'une jeune fille de la noblesse anglicane ne peut s'éprendre d'un catholique indépendantiste sans se mettre en danger de mort. Mais la passion n'a jamais obéi aux lois de la prudence...
Publié le : mardi 8 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290069431
Nombre de pages : 320
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Anna, la bohème
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
Les sœurs d’Irlande 1 - ELIZA, LA REBELLE Nº 9542
LAUREL MCKEE
Les sœurs d’Irlande – 2 Anna, la bohème
T r a d u i t d e l ’ a m é r i c a i n p a r B é a t r i c e P i e r r e
Titre original DUCHESS OF SIN Éditeur original Forever, an imprint of Grand Central Publishing, Hachette Book Group Inc.
Laurel McKee, 2010 Pour la traduction française Éditions J’ai lu, 2012
À Mme Harold, mon professeur d’histoire du lycée, et à tous les merveilleux professeurs que j’ai eus au fil des ans et qui m’ont encouragée à écrire.
Dublin, décembre 1799
1
Elle ne devrait vraiment pas faire cela. C’était de la folie. Mais savoir qu’elle commettait une imprudence ne l’avait jamais arrêtée. Lady Anna Blacknall rabattit davantage la capuche de sa cape noire sur ses cheveux blonds afin de ne pas attirer l’attention. Le dos plaqué contre le mur de pierre, le visage en partie dissimulé par un loup de satin, elle scruta les alentours. Ses efforts pour res-ter invisible semblaient efficaces car aucun passant ne lui avait jeté ne serait-ce qu’un coup d’œil. Mais que faisait donc Jane ? Si, par lâcheté, elle déci-dait de ne pas venir, Anna ne pourrait pas entrer à l’Olympian Clubdont seule Jane était membre. Toute-fois, cela ne lui ressemblait pas de l’abandonner ainsi. Veuve mais encore jeune, lady Jane Cannondale était toujours prête à s’amuser. Elle était aussi la nouvelle amie de cœur d’Anna, au grand regret de la mère de cette dernière. Ignorant qu’Anna était à l’initiative de presque toutes leurs frasques, Katherine Blacknall, lady Killinan, craignait que lady Cannondale n’entraîne sa fille dans quelque aventure scandaleuse qui ruinerait sa réputation.
9
Anna pressa les mains sur son estomac où voletaient une centaine de papillons affolés. Lorsqu’elle avait appris que le très ferméOlympian Clubdonnait un bal masqué, elle avait vu là une occasion unique d’y péné-trer. À coup sûr, un endroit aussi mystérieux devait valoir la peine qu’on l’explore. Étrangement, Jane avait tenté de la dissuader. — Ce sera sûrement très ennuyeux, avait-elle déclaré en reprenant le carton d’invitation qu’Anna avait déni-ché dans son salon. La réputation du club tient surtout au fait que le nombre de membres est limité. En fait, on joue aux cartes et on danse comme dans n’importe quel salon de Dublin. Anna lui reprit la carte. — Comment un bal masqué dans un club privé pourrait-il être ennuyeux ? Si vous saviez comme je m’ennuie en ce moment. C’est exactement le genre de chose dont j’ai besoin ! — Vous sortez tous les soirs, s’était esclaffée Jane. Comment pouvez-vous vous ennuyer ? — Les gens ne parlent plus que des débats sur l’Union qui ont lieu au Parlement. Elle était lasse des querelles interminables entre les partisans et les opposants à l’Union de l’Irlande et de l’Angleterre, des rumeurs sur ceux dont les votes avaient été achetés par des titres ou de l’argent, et qui en étaient venus aux mains dans le parc Saint-Stephen. Ces discussions ne l’aidaient pas à oublier les souve-nirs terribles qu’elle gardait de la Rébellion de 1798. Seuls la danse, le vin et la présence d’une foule animée y parvenaient, pour quelques heures en tout cas. Ayant finalement réussi à convaincre Jane de l’emme-ner au bal masqué de l’Olympian Club, Anna s’était glis-sée à l’heure dite hors de la maison pour attendre son amie au coin de la rue. Comme elle ne possédait que d’insipides robes blanches ou pastel, elle avait emprunté à Jane une 10
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