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Les sorcières et la clé de la terreur

De
139 pages
Un incendie dévastateur, une vague d’accidents, une pomme empoisonnée et la disparition mystérieuse d’une femme — que se passe-t-il au verger Bindart? Les gens gardent des secrets, mais les grands corbeaux et les lapins apportent des messages — dans la mesure où vous arrivez à les déchiffrer. Lorsque Cricket Bindart demande de l’aide à Bethany, qui a 16 ans, les sorcières du cercle des jeudis sont attirées dans une moisson obscure de dangers. Oserezvous les accompagner?
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Copyright © 2001 Silver RavenWolf Titre original anglais : Witches’ Key to Terror Copyright © 2012 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Llewellyn Publications, Woodbury, MN, www.llewellyn.com Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet Traduction : Renée Thivierge Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Conception de la couverture : Tho Quan, Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89667-616-3 ISBN PDF numérique 978-2-89683-472-3 ISBN ePub 978-2-89683-473-0 Première impression : 2012 Dépôt légal : 2012 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens —France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat —23.42.77.40 Belgique :D.G. Diffusion —05.61.00.09.99
Imprimé au Canada
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Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec —Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres —Gestion SODEC.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
RavenWolf, Silver, 1956- Les sorcières et la clé de la terreur  (Sorcières et frissons; t. 3)  Traduction de : Witches’ Key to Terror.  Pour les jeunes de 13 ans et plus.  ISBN 978-2-89667-616-3 I. Thivierge, Renée, 1942-. II. Titre. III. Collection : RavenWolf, Silver, 1956-. Sorcières et frissons; t. 3.
PZ23.R378Sob 2012 j813’.54 C2012-940677-5
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
La pleine lune est levée, et la magye est dans l’air...
l y eut un craquement dans les buissons. Les yeux de Cricket s’écarquillèrent. À l’endroit I exact où elle avait lancé le lapin mort, un lapin vivant apparut, jaillissant du fourré et passant en trombe dans le champ de maïs, à fond de train vers la face de la lune.
Je dédie ce livre à ceux qui cherchent la magye intérieure.
CHAPITRE1 Jeudi soir 17 novembre
a jeune fille de seize ans, Cricket Bindart, savait qu’elle avait de gros ennuis et qu’elle était L au Qord d’une certaine catastrophe. Le lapin mort qui pendait de la porte de la Qoîte aux lettres à l’extrémité de son allée indiquait très Qien que quelque chose n’allait vraiment pas. La note attachée à l’animal mou servait simplement de preuve concluante. « Tu es rapide, mais je suis plus rapide que toi », affirmait l’écriture au marqueur noir griffonnée sur le papier. « Et Qientôt, je t’attraperai ! » Cette menace était accompagnée de quelques jurons que son père, très pieux, n’apprécierait certainement pas. Mais à qui cela s’adressait-il ? Sous le froid du clair de lune, le sang de l’animal avait coulé, créant des traces noires sur le verso de la note, tachant le nom du destinataire. La note était-elle destinée à son père ? À sa sœur aînée ? Peut-être à son frère jumeau, Tad ? À elle-même ? La Qile monta dans sa gorge alors qu’elle essuyait rapidement sa main collante sur ses jeans.
Un Qruit dans le verger à sa droite fit accélérer les Qattements de son cœur en douQle vitesse, son souffle s’échappait de sa Qouche ouverte en de rapides Qouffées. À sa gauche, la lumière de la pleine lune s’infiltrait dans le chaume incrusté de gel du champ de maïs. Une vrille de vent chaud d’automne gonfla ses longs cheveux cuivrés, envoyant les extrémités contre la forme inanimée du lapin. Elle frissonna, retirant prestement, d’un coup de tête, la chevelure trempée de sang, envoyant une minuscule éclaQoussure de gouttelettes rouges sur la Qoîte aux lettres vide, des larmes noires sur l’aluminium éclairé par la lune. Elle n’était pas du tout certaine de la raison qui l’avait poussée à s’arrêter à la Qoîte aux lettres. Son quart de travail dans le verger familial se terminait tard les jeudis. Elle se sentait endolorie, fatiguée et trempée de sueur. Elle avait passé la soirée à charger des citrouilles dans une charrette pour la vente de la fin de semaine et avait aidé à emQouteiller la dernière part de cidre frais du hangar de triage.L’Halloween était peut-être passée, mais il y avait toujours Qeaucoup de gens qui gar-daient des celliers frais pour entreposer des pommes, des 1 pommes de terre, des navets et d’autres légumes. De plus, l’Action de grâce approchait. La ferme et le verger des Bindart seraient ouverts jusqu’après le Nouvel An. 1. N. d. T. : Aux États-Unis, l’Action de grâce a lieu le quatrième jeudi de novemQre.
Si jamais elle voyait le Nouvel An ! Elle jeta de nouveau un coup d’œil sur le lapin sanglant, et elle sentit ses entrailles se transformer en eau. Après l’avoir examiné, elle se rendit compte qu’il ne ressemQlait pas aux lapins qui fréquentaient la ferme. Le poil était plus long, et l’animal était plus gros qu’un lapin sauvage. À cause du sang et du faiQle éclairage, elle avait vraiment de la difficulté à voir la couleur de la fourrure, mais elle pensa qu’il pouvait être noir. u’avait fait sa famille pour mériter cela ? Et — ouQlions la famille — pourquoi était-ce arrivé à ce pauvre lapin ? Cricket ressentit un picotement dans sa nuque et elle imagina que dans ces Qois assomQris le long de l’allée, quelqu’un était en train de l’oQserver. Par défi, elle liQéra le lapin de la Qoîte aux lettres et le lança dans les Qois. — Je n’ai pas peur de toi ! cria-t-elle. Tu te crois un dur, n’est-ce pas, tuer un petit lapin sans défense ! Tu es un salaud, voilà ce que tu es ! Un salaud ! Son cœur Qattait la chamade, et elle faisait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher que le haut de son corps paraisse tremQler à cause de la rage et de la peur qui hurlaient à l’intérieur d’elle. — u’est-ce que tu crois être en train de faire ? Cricket pivota sur ses talons, les yeux écarquillés.
— Tad ! Tu m’as fait la peur de ma vie ! Son frère jumeau Qaissa sa tête Qlonde et fit un petit sourire en coin. — Tu sais, si papa t’attrape ici à hurler à la lune, il croira que tu es aussi cinglée que notre mère. — Tu n’es pas amusant. Tad haussa les épaules. — De toute façon, que diaQle étais-tu en train de faire ? Cricket enfonça le papier ensanglanté dans sa poche. — uelque chose de mort. Dans la Qoîte aux lettres. Je me suis déQarrassée de lui, mais quelqu’un devra laver la Qoîte au jet, demain matin. — Dégoûtant. u’est-ce que c’était ? Ses yeux se dirigèrent vers le champ de maïs, évitant le regard interrogateur de Tad. — Un petit animal. Je ne me suis pas souciée de regarder de près. Tad lui jeta un coup d’œil à la lumière du clair de lune. — Ça va ? — Ouais. Certain. Pourquoi ça n’irait pas ? Je trouve des choses mortes dans notre Qoîte aux lettres tous les jours. Tad jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule de Cricket vers la Qoîte aux lettres. — Où étais-tu ? demanda-t-elle, essayant d’empêcher sa voix de paraître tendue. Tu étais censé m’aider dans le hangar de triageet tu ne t’es jamais montré. J’ai été oQligée de charger les citrouilles moi-même, alors que c’est vraiment ton travail. Tad sourit d’un air malicieux. — Je prenais du Qon temps. — Avec qui ? Il haussa les épaules, une haQitude qu’il avait souvent, dernièrement. C’était comme s’il ne s’intéressait plus à rien. Pas à la ferme. Pas à leur mère. Pas même à elle. Il semQlait tellement distant. Cricket rejeta une horriQle pensée. Peut-être Tad était-il celui qui avait tué le lapin et laissé la note ? Après tout, dernièrement, il agissait de façon étrange. — u’est-ce que tu as dans ta poche ? demanda-t-il, s’avançant vers elle, ses doigts frôlant l’extrémité du papier froissé, l’omQre d’un sourire sur ses lèvres. — Rien. Elle recula. Il arracha Qrusquement la note, l’attrapant agilement entre ses doigts, son expression passant de l’enjouement à la confusion pendant qu’il la lisait. — ui a écrit ça ? demanda-t-il, secouant le papier sous le nez de sa sœur. — Comme si je le savais, répliqua Cricket d’un ton sarcastique. Peut-être toi. — Moi ? Pourquoi ferais-je quelque chose d’aussi idiot ? C’était au tour de Cricket de hausser les épaules. Ce n’était pas le moment d’en discuter. — Si je comprends Qien, dit-il, tu as trouvé cette note avec un animal mort dans la Qoîte aux lettres. Elle hocha la tête. — Un lapin. Un gros. Noir, je pense. Il retourna la note. — Je ne peux lire à qui c’est adressé. — Moi non plus. Bizarre, n’est-ce pas ? — Dément, si tu me le demandes. D’après toi, à qui ça s’adressait ? — Je n’en ai aucune idée, dit-elle en hochant la tête. Un craquement dans les Quissons les fit Qondir tous les deux. À l’endroit exact où elle avait lancé le lapin mort, un lapin vivant apparut, jaillissant du fourré et passant en tromQe dans le
champ. Ils oQservèrent le rapide animal se mêler au chaume gelé et à l’oQscurité Qrumeuse, se dirigeant vers la frontière du comté, à fond de train vers la face de la lune. Cricket croisa ses poings froids et ensanglantés sur son cœur, ses Qras se recouvrant de chair de poule.
Vendredi 18 novembre
Les murs de carreaux Qlancs de la cafétéria de l’école secondaire Cedar Crest propageaient les cris et les hurlements de 300 jeunes qui faisaient tout sauf se concentrer, en cette première période du déjeuner. Bethany Salem jeta un coup d’œil morose à ce qui devait être de la pizza.
— Si je n’oQtiens pas un emploi Qientôt, je perdrai ma voiture, dit-elle, ramassant le Qord du morceau en examinant en dessous pour voir si d’étranges choses vertes y poussaient. Mon père a dit qu’il couvrirait l’assurance, mais que je devais faire les paiements, sinon adieu Camaro. — Pourquoi t’es-tu acheté une voiture aussi dispendieuse ? demanda Tillie Alexander, toujours pragmatique. Nam Chu jeta un coup d’œil dans son sac-repas Qrun, retirant lentement une corne d’aQondance remplie de fruits et de légumes, les alignant dans une rangée impeccaQle à côté du sac. Tillie termina sa pizza et fixa l’assiette de Bethany. — Mon père a dit la même chose ; pourtant, ma voiture est tellement vieille que je n’ai pas de paiements à faire, simplement des factures de réparation, fit remarquer Tillie alors que ses doigts Qruns rampaient tout près du plateau de Bethany. — Vas-tu manger cette pizza ? Parce que si tu ne la manges pas… Bethany soupira et poussa le plateau vers Tillie. — Vas-y. ue tu puisses manger autant et rester mince comme un clou, ça me dépasse. Elle déploya ses mains d’un air de dégoût. Tillie sourit, ses yeux praline dansant de plaisir alors qu’elle saisissait Qrusquement la pizza. Elle avait inséré des perles psychédéliques dans ses tresses à l’africaine la fin de semaine précédente, et elles s’entrechoquaient comme de minuscules castagnettes à chacun de ses mouvements. — Tu sais, dit Bethany, avec tes Qracelets de jonc doré et tes perles qui cliquettent, tu pourrais passer pour un véritaQle orchestre. Tillie renifla impérieusement et ignora le commentaire sarcastique. — Je dois trouver un travail qui me laisse du temps liQre pour l’entraînement de meneuses de claques. Nous nous entraînons pour des compétitions. La plupart des emplois autour d’ici exigent que nous travaillions immédiatement après l’école, et c’est impossiQle pour moi. J’ai déposé une douzaine de demandes d’emploi et jusqu’ici, je n’ai rien trouvé. Nam avança le menton avec colère, ses cheveux d’un noir Qleuté se Qalançant contre ses joues. Elle écrasa son sac-repas Qrun de son poing délicat. — Maintenant que mon père et ma mère ont ramené une si grande partie de notre famille de Chine, il y a très peu pour chacun de nous. Je dois, moi aussi, me trouver du travail ! J’ai cherché partout. Personne n’emQauche de jeunes. Tillie fronça les sourcils. — Nam, tu as la garde-roQe la plus importante de toute l’école secondaire Cedar Crest. Apprends simplement à mieux gérer ton Qudget. Bethany jeta un coup d’œil à Nam. Nam portait toujours des couleurs coordonnées et haQituellement ce qu’il y avait de plus cher. L’ensemQle de ce jour-là était entièrement composé de souci guilleret, du Qout de ses chaussures aux Qarrettes dans ses cheveux.