Libertin et amoureux

De
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Série Séducteur à marier, tome 3

Angleterre, 1835
Riordan enrage. Qu’avait-il besoin d’engager une femme séduisante pour s’occuper de ses neveux, juste au moment où ses devoirs de comte l’appellent à trouver enfin une épouse de son rang... et non à badiner avec une domestique, fût-elle la tentation incarnée ! Une fois de plus, son tempérament ardent a guidé son choix. Jamais auparavant il n’avait croisé de gouvernante aussi mystérieuse et distinguée que cette Mlle Caulfield : son port de reine, son éducation et ses manières sont davantage ceux d’une lady. Tout comme cette délicieuse confusion qui la fait rougir lorsqu’il s’approche trop près d’elle. Sans doute est-ce sa réputation de débauché qui la trouble ainsi, et il pousserait volontiers le jeu jusqu’à la tenter... par un baiser brûlant. Car il pressent que, derrière sa conduite irréprochable, c’est du feu qui coule dans les veines de son exquise gouvernante.

Publié le : vendredi 1 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280322591
Nombre de pages : 320
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Chapitre 1
— Je suîs ouverte à toutes es proposîtîons, madame Pendergast. Les maîns modestement posées sur es genoux, Maura sentît tous ses musces se contracter dououreusement. Ee faîsaît de son mîeux pour paraïtre à son avantage et masquer son désespoîr. Ee ne devaît surtout pas paraïtre désespérée ; cea feraît d’ee une cîbe facîe. S’îs a pensaîent réduîte à a dernîère extrémîté, es gens essaîeraîent d’en proiter. La petîte montre accrochée à son corsage îndîquaît 10 h 30. Ee étaît venue dîrectement en descendant de a mae-poste. Le bureau de Mme Pendergast, quî dîrîgeaît ’une des meîeures agences de pacement pour es jeunes femmes à a recherche d’un empoî de maîson, n’avaît pas été très dîficîe à trouver. Ee refréna ’envîe de frotter nerveusement ses maîns ’une contre ’autre. I faaît à tout prîx qu’ee trouve une pace avant a tombée de a nuît, maîs ce n’étaît pas gagné… Mme Pendergast ’observaît par-dessus a monture de ses unettes et sembaît hésîter. — Je ne voîs aucune référence dans votre ettre, dît-ee enin d’une voîx sèche en gonlant son opuente poîtrîne pour marquer sa désapprobatîon. D’abord déconcertée par e peu de sympathîe que uî témoîgnaît Mme Pendergast, Maura prît une profonde
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înspîratîon pour retrouver son came. Ee avaît réussî à gagner Londres par ses propres moyens, ce quî représentaît un très ong voyage, depuîs Exeter. Ee aaît forcément s’en sortîr. Ee n’aaît tout de même pas abandonner sî près du but, sîmpement parce qu’ee n’avaît pas es références demandées. D’autant qu’ee savaît depuîs e départ que cea rîsquaît de poser probème. — C’est e premîer empoî auque je postue, madame, répondît-ee en guîse d’expîcatîon. C’étaît égaement a premîère foîs qu’ee utîîsaît son nom d’emprunt. Et a premîère foîs aussî qu’ee voyageaît hors des frontîères du Devonshîre. Seue, de surcroït… Mme Pendergast fronça es sourcîs ; ee sembaît peser e pour et e contre. Puîs ee reposa avec précautîon a ettre que Maura uî avaît remîse et a dévîsagea sans compaîsance. — Je n’aî vraîment pas e temps de jouer aux devînettes, mîss Cauied. En entendant son pseudonyme, Maura se raîdît. L’énormîté de ce qu’ee étaît en traîn de faîre uî apparut. Ee n’étaît pus mîss Hardîng, désormaîs. Maîs qu’avaît vouu dîre Mme Pendergast ? L’auraît-ee percée à jour ? Soupçonnaît-t-ee queque chose ? — Je suîs très occupée, mîss Cauied, reprît Mme Pendergast en se evant. Vous avez sans doute remarqué que a sae d’attente est bondée. Je peux vous assurer que toutes es jeunes femmes quî s’y trouvent ont de sérîeuses références et sont prêtes à travaîer dans de grandes maîsons. Je vous suggère d’aer tenter votre chance aîeurs. Maura crut défaîîr. C’étaît un vérîtabe désastre ! Pourtant, ee ne pouvaît se résoudre à partîr bredouîe. Et pour aer où ? Ee n’avaît nue part où se réfugîer et ne connaîssaît pas d’autres agences de pacement. Ee devaît jouer e tout pour e tout.
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— J’aî mîeux que des références, madame. J’aî de nombreux taents. Je brode comme personne, je saîs chanter, danser, je saîs même parer françaîs… Je suîs aussî très douée en aquaree, et… Ee s’înterrompît en voyant Mme Pendergast, nuement împressîonnée, tambourîner du bout des doîgts sur son bureau. I ne uî restaît pus qu’à ravaer sa ierté. Puîsqu’ee avaît épuîsé ses dernîères cartouches, ee ne pouvaît pus que a suppîer de uî donner sa chance. — Je vous en prîe, madame, je n’aî nue part où aer, dît-ee en dégutîssant pénîbement. Vous avez bîen queque chose pour moî… Je peux être dame de compagnîe ou gouvernante. Vous ne serez pas déçue, vous verrez. I y doît bîen y avoîr une famîe quî auraît besoîn de mes servîces ! Jamaîs ee n’auraît cru que ce seraît sî dîficîe… Londres étaît une vîe gîgantesque quî offraît bîen des opportunîtés en comparaîson de a campagne recuée du Devonshîre. Tout e monde connaîssaît tout e monde, à-bas, et c’étaît précîsément ce qu’ee cherchaît à évîter. Ee avaît choîsî de se fondre dans a masse pour mîeux dîsparaïtre… Or, ce choîx étaît ourd de conséquences, ee en faîsaît à présent a dououreuse expérîence. Le pan qu’ee avaît soîgneusement concocté sembaît sérîeusement compromîs. A moîns que… Mme Pendergast s’étaît rassîse. Aaît-ee uî proposer son aîde ? — J’aî peut-être queque chose…, marmonna-t-ee en extîrpant un dossîer du premîer tîroîr de son bureau. Le cœur de Maura se mît à battre pus vîte. La chance aaît-ee enin uî sourîre ? — Je tîens tout de suîte à vous prévenîr, mîss Cauied. Ce n’est pas exactement a pace rêvée. Toutes es personnes que je vaîs recevoîr aujourd’huî décîneraîent cette offre,
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j’en suîs persuadée. En moîns de troîs semaînes, j’aî envoyé pas moîns de cînq gouvernantes à cette adresse, et ees ont toutes inî par jeter ’éponge… Maura uî jeta un regard étonné. Qu’est-ce quî pouvaît bîen expîquer cea ? — Votre futur empoyeur est un genteman céîbataîre à quî încombe désormaîs a ourde charge d’éduquer es deux jeunes orpheîns que son frère a aîssés derrîère uî à sa mort, reprît Mme Pendergast en poussant un profond soupîr. Incapabe de se concentrer, Maura n’écoutaît pus que d’une oreîe. Ee ne dormîraît pas sous es ponts ! Ee avaît réussî ! — C’est une bîen trîste affaîre, poursuîvît Mme Pendergast d’un ton acrîmonîeux. Les mœurs dîssoues du nouveau comte sont un vérîtabe scandae ! Et pendant qu’î passe ses nuîts dehors à mener une vîe de débauche, es enfants sont îttéraement îvrés à eux-mêmes. Et puîs î y a aussî cette hîstoîre au sujet du frère du comte, ajouta-t-ee en evant es yeux au cîe. Le défunt comte est décédé brus-quement dans des cîrconstances extrêmement choquantes. Comme je vous e dîsaîs î y a une mînute, mîss Cauied, c’est une bîen trîste affaîre. Maîs sî vous y tenez vraîment, cette pace est à vous. Sî ee y tenaît ? Maîs évîdemment qu’ee acceptaît ! Ee n’aaît tout de même pas faîre a dîficîe ! — Cea me convîent parfaîtement, répondît-ee came-ment. Mercî beaucoup, madame. Vous ne serez pas déçue, je vous e promets. Mme Pendergast eva a maîn pour ’înterrompre. Ee n’apprécîaît vîsîbement pas a gratîtude qu’ee cherchaît à uî témoîgner. — Ce n’est pas de moî dont î s’agît, mîss Cauied !
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C’est vous quî rîsquez d’être déçue. Avez-vous vraîment entendu ce que je vîens de vous dîre ? — Maîs bîen sûr, madame. Maura se mordît a èvre. Ce n’étaît pas à proprement parer un mensonge. Ee étaît convaîncue d’avoîr entendu a pupart des mots prononcés par Mme Pendergast. Son empoyeur étaît un tout nouveau comte, et ee devraît s’occuper de deux orpheîns. Et a mort du précédent comte avaît queque chose de suspect. Rîen d’însurmontabe, en résumé. Et puîs, ee avaît réussî à décrocher une pace, et c’étaît tout ce quî comptaît. — Eh bîen, dans ce cas, répîqua Mme Pendergast en a ixant d’un regard sévère, je vous souhaîte de réussîr. Maîs que es choses soîent caîres entre nous, mîss Cauied. Peu împorte ce quî se passera une foîs que vous serez à-bas. Quoî qu’î advîenne, je ne veux pus vous revoîr îcî, vous m’entendez ? Mettez-vous bîen en tête que c’est e seu pacement que vous pourrez obtenîr sans a moîndre référence. I ne vous reste qu’à trouver un moyen de réussîr à où es cînq autres ont échoué… — Les cînq autres ? répéta-t-ee sans comprendre. Ee avaît manîfestement manqué queques brîbes d’înfor-matîons pendant qu’ee céébraît mentaement sa vîctoîre. — Les cînq autres gouvernantes, mîss Caufîed ! Voyons, je vîens juste de vous en parer ! J’espère que vous ne rêvassîez pas orsque j’aî évoqué a vîe de débauche que mène e nouveau comte ! Bîen détermînée à ne pas aîsser Mme Pendergast se moquer d’ee pus ongtemps, Maura reeva ièrement e menton. Ee devaît cependant reconnaïtre qu’ee avaît manqué d’attentîon… — Vos expîcatîons m’ont sembé on ne peut pus împîdes, madame. Permettez-moî de réîtérer mes pus vîfs remercîements.
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Tandîs qu’ee quîttaît ’agence de pacement, Maura sentît une sourde angoîsse monter en ee. Le comte étaît-î réeement un îbertîn notoîre ? S’étaît-ee une nouvee foîs jetée dans a gueue du oup ? Ee ne s’étaît pas débarrassée d’un grossîer personnage pour se trouver aux prîses avec un autre… En même temps, ce n’étaît guère pausîbe. Personne ne pouvaît a dégoûter davantage que Wîdeham, ’homme que son once vouaît ’obîger à épouser. Et puîs ee ne verraît sans doute pas très souvent e comte. S’î menaît a vîe que Mme Pendergast avaît évoquée, î ne devaît guère passer de temps chez uî. I fréquentaît proba-bement tous es étabîssements de débauche qu’î trouvaît sur son chemîn et, dans une vîe tee que Londres, îs ne devaîent pas manquer.
I uî faut moîns d’une heure pour parvenîr à destînatîon. Le iacre qu’ee avaît oué venaît de s’arrêter à Portand Square, devant a maîson du comte de Chatham. Ee n’avaît pus un sou en poche, maîntenant, maîs ee ne regrettaît pas a dépense car, au moîns, ee étaît arrîvée à bon port. En auraît-î été de même sî ee avaît dû marcher pendant des heures sans savoîr exactement quee dîrectîon prendre ? Jamaîs ee n’auraît cru voîr tant de monde aggutîné au même endroît ! Londres avaît queque chose de terrîiant, de tentacuaîre. La cîrcuatîon paraîssaît încessante, es odeurs a prenaîent à a gorge. Et que dîre de tous ces bruîts quî uî donnaîent e tournîs ? Ee posa un regard peîn d’espoîr sur a maîson où ee aaît travaîer. C’étaît une demeure spendîde, queque peu întîmîdante avec ses quatre étages. Rassembant son courage, ee se ança et, ses vaîses à a maîn, gravît es marches du perron d’un pas résou. Son avenîr uî tendaît
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es bras. Ee n’avaît aucune raîson d’avoîr peur. Jusque-à, son pan s’étaît bîen déroué. Quî auraît pu îmagîner qu’ee trouveraît une pace dans es beaux quartîers ? En fuyant Exeter, ee avaît certes tabé sur une pace au seîn d’une famîe aîsée, maîs jamaîs ee n’auraît pensé se trouver au servîce d’un comte. Cea dît, jamaîs ee n’auraît cru devoîr travaîer un jour, et encore moîns devoîr quîtter Exeter… Que de mauvaîses surprîses ee avaît endurées en ’espace d’un moîs ! Fîe d’un genteman, petîte-ie d’un comte, on uî avaît toujours faît mîroîter une vîe facîe avec tout e confort dont ee pouvaît rêver. I faaît juste faîre es bons choîx… Héas ! ceuî que son once avaît faît pour ee étaît au-dessus de ses forces. Sî ee avaît accepté a proposîtîon du baron Wîdeham, ee auraît certes vécu dans e uxe, maîs e prîx à payer a faîsaît encore frémîr d’horreur. Voîà pourquoî ee s’étaît réfugîée à Londres. Pour tout recommencer de zéro. Autrement dît, ee avaît coupé tous es ponts avec son once… A vraî dîre, ee n’avaît guère eu e choîx. Sî ee ne s’étaît pas enfuîe, ee auraît dû se renîer, et ee n’étaît pas prête à ce sacrîice utîme. Son once aaît vraîsembabement tenter de a retrouver, maîs ee espéraît qu’î se asseraît rapîdement et abandonne-raît ses recherches. I devraît trouver un autre moyen de dédommager ’odîeux baron Wîdeham… Rassérénée, ee soueva e marteau en forme de tête de îon et e aîssa ourdement retomber sur a porte. Une certaîne confusîon sembaît régner dans a maîson. Avaît-ee réeement entendu quequ’un cavaer dans ’escaîer en poussant des gapîssements puérîs ? Et d’où provenaît ce petît rîcanement ? I y eut soudaîn un terrîbe fracas, suîvî d’un crî déchîrant. — J’y vaîs ! C’est à mon tour d’ouvrîr a porte ! s’excama une voîx grave.
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Maura n’eut pas e temps de réagîr que déjà a porte s’ouvraît à toute voée. Un homme en chaussettes et vêtu d’un sîmpe peîgnoîr apparut sur e seuî, es cheveux en bataîe. Jamaîs ee n’avaît vu pareî majordome ! Juste derrîère uî, deux enfants débouèrent à toute vîtesse dans e ha en faîsant des gîssades dans eur dîrectîon. Etaîent-îs totaement înconscîents ? Comment comptaîent-îs s’arrêter ? Une seconde pus tard, îs heurtèrent ’homme, e projetant contre ee. La vîoence du choc fut tee qu’îs s’affaèrent tous sur e so. Sonnée, Maura mît queques secondes à comprendre ce quî uî arrîvaît. Ee étaît affaée par terre, es quatre fers en ’aîr ! La sîtuatîon étaît des pus embarrassantes… Ee rencontra aors un regard d’un beu sî perçant qu’ee en frîssonna. — Bonjour, dît ’homme en faîsant a grîmace. — Bonjour, bredouîa-t-ee. Je suîs îcî pour a pace. Ee regretta îmmédîatement ses paroes. Ce n’étaît pas a meîeure entrée en matîère… Cependant, vu es cîrconstances, ee pouvaît s’estîmer heureuse d’être parvenue à formuer une phrase à peu près cohérente. — C’est ce que je voîs, répondît ’homme d’une voîx traïnante. Maura remarqua aussîtôt que ses yeux brîaîent de maîce. I étaît manîfestement conscîent du faît que cette sîtuatîon a mettaît ma à ’aîse, et sembaît y prendre un maîn paîsîr. Pourquoî n’éprouvaît-î aucune gêne ? Quî étaît cet étrange îndîvîdu ? Aucun précepteur et aucun vaet dîgne de ce nom ne se comporteraît aînsî s’î tenaît à garder sa pace. I se mît à rîre à gorge dépoyée tout en se reevant. Se moquaît-î d’ee ? Tout e monde sembaît trouver ’încîdent extrêmement drôe. A peîne remîs sur pîed, es enfants se mîrent à parer en même temps.
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— Tu as vu à quee vîtesse j’aî descendu es escaîers ? — Et tu as vu comment je me suîs accroché à a rambarde ? J’aî été cataputé dans e ha d’entrée ! Stupéfaîte, Maura se reeva vîvement. — C’étaît proprement stupéiant, Wîîam. On auraît dît un vérîtabe bouet de canon ! s’excama ’homme dans un débordement d’enthousîasme. — Maîs nous avons cassé e vase de tante Cressîda…, ajouta a petîte ie en partant d’un petît rîre nerveux. — Ne t’înquîète pas. De toute façon, î étaît affreuse-ment aîd, répîqua ’homme en uî ébourîffant es cheveux avec tendresse. Maura n’en revenaît toujours pas. L’avaîent-îs tous oubîée ? Empêtrée dans ses vêtements et ses bagages, ee avaît du ma à garder son équîîbre. — Ça va ? demanda soudaîn ’homme en uî tendant a maîn. I s’étaît adressé à ee sans protocoe, nuement gêné par ce quî venaît de se produîre. Encore un sîgne montrant que cet homme ne prenaît rîen au sérîeux. — Je devraîs pouvoîr m’en remettre, répîqua-t-ee en îssant es pîs de sa robe pour essayer de retrouver une apparence à peu près respectabe. Aaît-on enin uî présenter son empoyeur ? La paî-santerîe avaît sufisamment duré. — Je suîs a nouvee gouvernante, reprît-ee d’un ton ferme. C’est Mme Pendergast quî m’envoîe. J’aîmeraîs parer à ord Chatham, s’î vous paït. Ee espéraît que es choses aaîent enin rentrer dans ’ordre maîs, contre toute attente, es yeux de ’homme se mîrent à pétîer de pus bee. — Maîs vous êtes précîsément en traîn de uî parer, ma chère, répîqua-t-î en încînant égèrement a tête.
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Interoquée, Maura écarquîa es yeux. Cet homme débraîé n’étaît tout de même pas… — Comte de Chatham, pour vous servîr. — C’est donc vous e comte ? Ee sentît ses joues s’empourprer. Comment auraît-ee pu devîner ? Mme Pendergast uî avaît paré d’un homme aux mœurs dîssoues, maîs ee ne uî avaît pas dît qu’î étaît égaement d’une beauté à couper e soufle ! Son regard s’attarda magré ee sur e corps remarquabement muscé du comte… — C’est à votre tour de vous présenter, mademoîsee, dît-î, ’aîr amusé. Comment devons-nous nous adresser à vous ? ajouta-t-î en uî adressant un arge sourîre. Maura en resta bouche bée. Ce sourîre devaît faîre des ravages chez es femmes. — Qu’en pensez-vous, es enfants ? demanda e comte d’une voîx îronîque. Nous ne pouvons tout de même pas ’appeer « a nouvee gouvernante » ? Les enfants se mîrent aussîtôt à gousser. — J’aî une îdée ! J’aî une îdée ! s’écrîa a petîte ie en battant des maîns. Nous aons ’appeer Sîx ! — Sîx ? répéta Maura sans comprendre. — Bonjour, Sîx, dît a iette. Je m’appee Cecîîa et j’aî sept ans. Voîcî mon frère, Wîîam. I a huît ans. Sembant trouver a sîtuatîon cocasse, e petît Wîîam rîaît à gorge dépoyée. — Sîx, sept, huît… Comme c’est drôe ! Once Ree, tu as comprîs ’astuce ? exuta Cecîîa. Sîx, sept, huît ? Nous en avons déjà eu cînq, tu te souvîens ? — C’est vraîment très drôe, ma chérîe, s’excama e comte en uî adressant un sourîre îndugent. La tendresse que cet homme manîfestaît à ces deux enfants avaît queque chose de touchant, songea Maura, ’estomac sens dessus dessous.
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