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Liliana mon Amour Tome 2

De
364 pages

Un enfant de la guerre cachant sa pauvreté et sa soif de vivre dans une mansarde décide d’échapper à la rue et de se mettre en quête de ses origines. S’engage alors une cascade d’aventures surprenantes où se mêlent rêves d’enfant puis fantasmes d’adulte.

Un roman d’apprentissage empreint de sentiments forts, de courage et de droiture où le héros, soutenu par l’amour indéfectible de Liliana, parvient à triompher d’un monde hostile et cupide.


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Couverture

Image couverture

Prologue

Chers Parents, vous qui dans les voiles du silence vous êtes couchés.

Par ces lignes que je vous dédie, je désire continuer à vous parler et vous dire ce qu’est devenu l’un de vos enfants « Matthieu » qui vous aime et qui vous doit tout.

Durant toute votre existence, vous nous avez démontré par votre vie laborieuse, honnête et consciencieuse ce qu’est le vrai bonheur, comment l’atteindre et le préserver.

De la pauvreté d’un ménage travailleur à l’aisance matérielle non convoitée, de l’anonymat à la considération sociale, vous êtes restés humbles et modestes.

Lors de ces changements de situations, je vous remercie chers parents de m’avoir montré où se situait la sereine satisfaction d’aimer ce que l’on a et de rejeter l’avidité.

Savoir vivre heureux avec peu, l’être tout autant que si vous aviez eu beaucoup, c’est vraiment la clef du bonheur

Lequel est le plus heureux ? L’enfant qui sur la plage bâtie un château de sable bien fragile mais placera dans son cœur le souvenir ineffaçable d’un moment heureux ? Est-ce l’architecte, qui élève de solides immeubles lui apportant la satisfaction bien éphémère de rapports financiers jamais rassasiés ?

Chers parents vous le savez bien, le plus grand des bonheurs c’est le jour où l’amour de son cœur peut en s’épanouissant caresser de son parfum un autre cœur, alors le bonheur de cette entente, les unifiants dans une douce symphonie les propulse vers un bonheur et un amour que les décennies ne peuvent effacer.

Mais toutes plantes, oui toutes fleurs doivent lutter pour subsister malgré les adversités du milieu, du moment, des circonstances… Mais elles n’en sortent que plus belles.

Chers amis, croirez-vous que Matthieu ait vécu de tels moments ? Que préféreriez-vous, que cela ne soit qu’une belle histoire ou bien une histoire vécue ?

Chapitre 1

Mathieu découvre
et défend Liliana son amour

Maman autant impatiente que moi tira la sonnette. Ce qui déclencha la cloche dans le parc. Très rapidement nous entendîmes courir sur les gravillons de l’allée et le portail s’ouvrit sur ce qui fut pour moi comme un émerveillement…

J’étais sans voix. Ah vraiment la beauté était la caractéristique de ces familles. La blondeur argentée de Dame Jeanne, le brun bleuté de Constance et maintenant… j’étais bouche bée j’avais devant nous une jeune enfant de onze ans, comme moi, le visage éblouissant de beauté… Son visage était d’un pur ovale, avec un petit nez mutin, des fossettes et des yeux en forme d’amandes. Regard rieurs, aux cils de velours qui ombraient ses iris, oscillant entre le bleu et le vert avec des touches de brun et d’or. Le tout était encadré par une abondance de boucles et d’ondulations d’une couleur auburn aux reflets dorés. Elles retombaient en cascades sur ses épaules. J’avais pressenti sa beauté, mais j’étais loin de mon imaginaire.

Roger me lança un coup de coude en me disant tout bas :

– Eh, t’as vu la gonzesse ?

– Arrêtes tu gâches tout, laisses-moi tranquille.

– Imbécile. Toi tu vois ce qui est beau et tu rêves. Mais tu ne sais pas ce qui est bon.

– Bonjour, dit-elle d’une voix douce et gaie. Soyez les bienvenues. Permettez-moi de me présenter, dit-elle en faisant une esquisse de révérence devant Papa et Maman :

– Je me nomme Liliana de Lascavas, mais pour mes amis, Liliana suffit.

En nous faisant entrer dans le parc, elle salua poliment Père et s’arrêta devant maman en lui souriant pour lui tourner un compliment :

– je suis très heureuse de vous rencontrer Madame Ducale, car votre venue a apporté à notre Comtesse, votre Maman et à tous ses proches, de la joie et du bonheur. Si vous saviez comme elle vous attend…

Puis se tournant vers nous elle déclara avec un petit air mutin :

– Je ne crois pas me tromper en disant que je salue Matthieu, son regard de velours comme sa mère et entendre mon nom dans sa bouche si belle aux perles si blanches me remplirent de confusion et je sentis mon visage s’empourprait. Je crois que j’ai bredouillé une politesse en prenant sa main dans la mienne.

– En effet Mademoiselle De Lascavas.

– Oh non, Liliana tout simplement, dit-elle d’un air amusé. Est-ce pour me taquiner ?

– Pas du tout Liliana, je ne me permettrais pas.

Roger me regardait d’un air goguenard et me sortant presque la main de celle de Liliana, il la lui serra vigoureusement comme il pensait qu’un vrai garçon doit faire à une fille.

– Moi, c’est Roger, l’ainé de la famille.

Liliana le regarda avec un peu de surprise en dégageant avec peine sa main que le frangin ne lâchait plus. Elle la frottait discrètement car il avait dû serrer trop fort, cette brute. Père en fronçant les sourcils l’intima de venir près de lui car il avait dû voir la scène. Elle prit gentiment la main de maman pour marcher près d’elle et moi. J’osais vaincre ma timidité en marchant près d’elle pour essayer d’engager une conversation.

– Ainsi votre nom De Lascavas qui est aussi charmant que votre prénom Liliana est de quelle origine ?

Elle me regarda avec un léger rire cristallin et dit en chantonnant :

– L’on m’a raconté des choses sur vous cher monsieur, oh et puis non, sur toi Matthieu. Je crois bien que je discerne que c’est vrai.

– Et que vous avez… ?

– Ah non Matthieu, si tu veux que l’on soit ami… dit-elle en me prenant le bras.

– D’accord Liliana… que t’a-t-on raconté ?

Elle tourna son visage vers moi. Je le voyais si proche que tant de beauté me donnait comme une sorte de vertige. Ses yeux ombrés d’une douceur taquine et sa bouche écrin de perles enfantines me troublaient. Le percevait-elle dans mes silences contemplatifs ? Si oui elle avait l’air de s’en amuser.

– Des choses… des choses… Matthieu, continua-t-elle en gloussant, puis se penchant à mon oreille elle me dit :

– Ton frère, Roger est charmant de visage mais quelle brute, quel rustre. Vous ne vous ressemblez vraiment pas. Ce n’est pas à lui que je donnerais mon bras comme à toi, me dit-elle en affirmant davantage le sien sous le mien. Ah non j’aurais trop peur qu’il ne me blesse. Alors il paraîtrait que tu aurais élucidé certains mystères familiaux. J’aurais aimé être là, mais ma mamie Constance, qui est pour moi plus une amie qu’une mamie me fait travailler dur mes cours.

– Oui c’est vrai qu’elle a l’air si jeune comme « Dame Jeanne » et si belle, comme toi Liliana.

– Ah, ah, ah, l’on m’avait bien dit la vérité. Ah… ah… ah. Mais dis-moi…

– Quoi ? Liliana…

– Et tu ne t’en rends même pas compte ? C’est encore mieux. C’est dans ta nature Matthieu. Je crois que nous allons bien nous entendre, enfin, je vais peut-être avoir un ami, car tu sais les copines… ah lala. Et puis les garçons ils veulent toujours jouer les durs. Mais mamie Jeanne, c’est comme cela que je l’appelle, m’a dit qu’elle va faire venir un « maître d’armes » et aussi des professeurs pour la danse. Et aussi m’éduquer dans une nouvelle discipline dites des « arts martiaux » pour que je sache, bien que fille, devenir une femme qui sache faire face aux adversités humaines. Tu sais ce qui serait bien ?

– Non Liliana, mais je vais te l’entendre dire. Et bien voilà, comme nous allons être très proche comme famille et nous voir souvent, j’aimerais… C’est-à-dire que ce serait bien si… enfin comment te dire…

– Mais Liliana, je suis ton ami, tout ce que tu me demanderas ce sera oui.

– Vraiment tout… TOUT ?

Tous s’arrêtèrent à son exclamation se demandant ce qui avait pu déclencher cette réaction. Liliana les regarda, puis se retournant vers moi en riant elle me dit doucement : « Tout ? » Alors m’approchant de sa petite oreille couverte de ses belles ondulations que j’aurais aimées caresser, je lui dis avec tendresse : « Oui Liliana Tout »

– Voilà que tu acceptes de recevoir la même formation athlétique académique que moi, ainsi nous formerions un duo de choc ; imbattable, invincible, se soutenant l’un l’autre.

– Liliana, Liliana. Je suis tout à fait d’accord avec ton souhait et c’est avec grand plaisir que j’accepte d’autant plus que j’aie fait serment à « Ma Dame Jeanne »

– Mais tu exagères ! s’exclama Liliana. C’est vrai que j’ai remarqué, tu appelles mamie Jeanne « Dame Jeanne », quel est donc le serment que tu lui as fait ?

– Mais Liliana c’est un secret entre elle et moi.

– Ah non Matthieu ! Si tu veux vraiment être mon ami, MON Matthieu, me dit-elle d’une voix badine. Nous ne pouvons avoir de secret l’un pour l’autre.

Dans mon petit cœur d’à peine onze ans qui battait à grands coups précipités, bondissaient de tous côtés ces mots : MON Matthieu, elle a dit Mon Matthieu. Je ne savais pas ce que c’était, mais j’entendais, elle m’aime, elle m’aime, elle m’aime. Oh Liliana, un enfant peut-il aimer ? Pensais-je… Je ressentais en moi une impression différente que pour père, mère, dame Jeanne et Constance. C’était bon et douloureux en même temps.

– Alors mon ami… me dit-elle en me secouant doucement le bras. Tu es toujours avec moi ? Ah ah ah ou dans tes rêves ? A quoi penses-tu incorrigible Matthieu ?

Emporté dans les sentiments qui faisaient orage en moi je répondis sans réfléchir.

– Mais à toi Liliana. Oh pardon, je fais preuve d’effronterie peut-être ?

Me regardant d’un air complice. Elle me répondit doucement à l’oreille :

– Et moi à qui puis-je bien penser ?

Mère nous regardait d’un air amusé, nous écoutant l’air de rien avec un sourire heureux.

– Pour répondre à ta demande, dis-je. C’est d’accord bien évidemment, mais pour ce serment, permets moi s’il te plaît que je demande à « Dame Jeanne ».

Complice, elle se tourna souriante vers moi effleurant mon visage de son abondante chevelure et me dit d’une petite voix espiègle :

– Accordé mon Matthieu, je suis contente de me rendre compte que tu tiens tes promesses. Tu as le sens de l’honneur des familles Montfleurant et Lascavas. Nous ne sommes que des enfants mais ne crois-tu pas que c’est à nos âges que l’on révèle ce que nous serons plus tard ? Puis changeant de sujet :

– Vivement cet après-midi pour continuer les recherches. Tu voudras bien que j’essaie de t’aider ?

– Liliana ce sera un plaisir immense que d’avancer ensemble. Nous avons rendez-vous avec le soleil à trois heures ce tantôt.

– Qu’est-ce que tu me racontes là ? Pourquoi faut-il attendre la 15° heure ? Matthieu mon ami il va falloir que tu m’expliques tout cela.

Profitant de la circonstance, j’approchais ma bouche de son oreille frôlant avec mes lèvres ses chatoyantes et ondulantes mèches lui disant doucement :

– J’entends bien Chère Mademoiselle De Lascavas.

– Oh arrête mon ami, dit-elle en me serrant plus fort le bras.

Nous entrâmes joyeusement. Ce furent de chaudes embrassades. Dame Jeanne et dame Constance nous accueillirent avec beaucoup de manifestations de joie et d’embrassades. Roger se tenait un peu en arrière sur « ses réserves ». « Dame Jeanne » grande Dame avança vers lui.

– Soyez le bienvenu Roger. C’est bien cela n’est-ce pas ?

– Oui Madame.

Vraiment son attitude me rappelait « la bande » avec leur désinvolture et leur rejet de l’autorité qu’ils affichaient ostensiblement. Mère semblait blessée par l’attitude de son fils ainé.

– Roger, dit-elle en passant discrètement, « l’air de rien », sa main sur le dessus de sa tête. Comme à contre cœur, car il avait bien compris, il enleva son béret et mimant la salutation d’un mousquetaire… avec un sourire ironique… il s’inclina devant-elle pour la saluer en balançant son béret d’un geste large devant lui disant un solennel et théâtral :

– Bonnjourr Madame la Commtesse, faisant un clin d’œil à Liliana comme s’il cherchait sa complicité. Mais elle, choquée par son attitude avait détourné la tête.

« Dame Jeanne » le regarda un instant et lui dit d’une voix pleine de gentillesse :

– Mon enfant, je sais que tout ce qui arrive dans notre famille bouleverse nos habitudes de pensées. Saches tout de même qu’étant ta mamie, la mère de ta chère Maman, je suis heureuse de t’accueillir dans ma demeure qui est aussi la vôtre.

– Notre demeure ? Avec tout le respect que je dois à votre âge Madame… Entendre cela me fait doucement sourire car si vous voyez notre…

– ROGER ! Nous exclamèrent tous les trois pour l’empêcher d’aller plus loin. Nous aurions eu honte qu’il décrive notre refuge que nous osions appeler logement.

Dame Jeanne percevait sur ce sujet quelques gênes chez nous. Prenant sa fille dans ses bras, elle l’a serra contre elle, lui caressant ses cheveux et relevant le visage de Maman elle l’embrassa lui disant :

Ma chère enfant, tu as été privé de tant de douceurs que nous aurions tellement aimé te donner. Comme la vie a été dure avec toi… mais, je te l’ai dit je veux réparer tout cela, pour toi et ceux que tu aimes.

Roger jouant le « caïd » commençait à vadrouiller dans le hall, tripotant les panoplies d’armes et l’armure imposante, Harnois médiéval. Maman craignant certainement le pire dit à sa mère :

– Maman chérie ne crois-tu pas que ce serait bien que les enfants profitent de ce beau temps dans le parc pendant que nous nous occupons du repas. Qu’en penses-tu Constance ?

– Excellente idée, allez les enfants, profitez du beau temps dans le parc.

Roger ne devait pas apprécier de se faire appeler, enfant. Mais il sortit avec nous. Nous cheminions doucement sous les ombrages accompagnés par la symphonie d’une nature estivale. La conversation fut tout d’abord anodine, parlant de tout et de rien. L’éducation de Liliana était supérieure à la nôtre, c’était évident dans ses propos et les thèmes qu’elle abordait. Moi Je buvais ses paroles, j’aimais sa culture me demandant comment je pourrais me mettre à son niveau pour être un vrai ami. Malheureusement, Roger brisa ce charme, intervenant en lui adressant des propos équivoques concernant ses possibles copains, ou bien si elle avait un amoureux. Et aussi, il eut l’audace de lui demander si elle lisait des romans « particuliers ».

– ARRETES Roger, tu ne comprends pas que tu gênes Liliana avec tes questions stupides.

– Mais dis-donc le minus je ne t’ai pas adressé la parole. Pour qui te prends-tu pour vouloir me commander ! Je suis sûr que je peux lui apprendre plein de choses sur les garçons. Pas vrai que tu aimerais savoir Liliana ? Dit-il en lui passant le bras autour des épaules pour la serrer contre lui.

Liliana réagit spontanément en repoussant ce bras et lui disant fermement :

– Roger veuillez-vous conduire convenablement et correctement envers moi, comme il se doit envers une jeune fille qui en plus ne vous connaît pas.

– C’est vrai, vous avez raison. Mais je vais vous montrer comment les gens du peuple font connaissance, mademoiselle De Lascavas. Dit Roger en se plantant devant elle et la prenant par les deux épaules.

Il se pencha brusquement vers son visage pour essayer de poser ses lèvres sur les siennes. Liliana tournant la tête en tous sens et essayant de se dégager criait : Mais arrêtez ! ARRÊTEZ donc ! LACHEZ-MOI ! Bien que Roger ait près de quatre ans de plus que moi, je n’y pensais même pas lorsque je lui criais : « NON ROGER LAISSES LILIANA ! ARRÊTES ! mais ARRÊTES ! » Rempli de rage je lui lançais plusieurs coups de poings et de pieds, pour qu’il lâche Liliana. Roger tourna sa tête vers moi me lançant des regards furibonds qui ne présageaient rien de bon pour ma petite personne. Liliana en profita pour lui administrer une retentissante gifle. Tout cela déclencha en Roger une fureur que je connaissais bien pour l’avoir vu en action envers des adversaires d’autres bandes de la rue. Il poussa avec force Liliana en arrière qui, emportée par l’élan tomba à la renverse dans des buissons. Puis se tournant calmement vers moi, il me déclara :

– Alors comme cela tu veux me rosser… Monsieur veut me dicter ma conduite.

– Ecoutes Roger, tu es mon frère je ne veux pas me battre avec toi, c’était pour te faire arrêter une mauvaise action que tu commettais dans la maison qui nous a ouvert ses portes.

– Mais comme il parle bien mon petit frère, mais c’est qu’il me fait la morale. Alors tu vois, me dit-il en me montrant ses poings. Ma devise c’est, et tu aurais dû t’en souvenir « La raison du plus fort est toujours la meilleure ».

– Eh bien moi Roger j’ai adopté la devise des chevaliers de Montfleurant : « Plutôt mourir que faillir ». Et, bien que plus faible que toi, je défendrais l’honneur de Liliana.

– Ah ah ah, en attendant chevalier de quatre sous, attrapes celui-là, me dit-il en lançant son poing avec force vers mon visage.

C’était le moment ou jamais de me souvenir et de mettre en pratique les dessins que j’avais vu sur un journal de la boxe française, si efficace paraît-il avec ce qu’ils appellent les coups de « savate ». Ainsi la pointe de mon soulier vint heurter violemment en remontant sa rotule, ce qui le fit tomber sur le genou en poussant cette exclamation « Ah la rosse ! Tu vas le payer ».

– Roger, arrêtons ce n’est pas convenable.

– Non mais tu plaisantes, dit-il en m’assénant un coup terrible dans l’épaule.

J’essayais de nouveau un coup de savate. Malgré une douleur fulgurante dans l’épaule, il le reçut vaillamment et me lança un coup dans le creux de l’estomac. Plié en deux, je cherchais désespérément ma respiration. Et maintenant j’achève le travail, dit-il en me lançant un coup à la face. Frappe qui n’atteint pas son but car Liliana s’était lancée sur lui. Il la repoussa avec violence ce qui la projeta de nouveau sur le sol terreux et les broussailles. J’en profitais pour lui lancer une « savate » vu dans les films, direction entre les jambes il se plia en deux grimaçant sous la douleur.

Je courais vers Liliana pour l’aider à se relever et à se dégager du buisson dans lequel elle s’était empêtrée, lui intimant l’ordre de s’échapper.

– ECHAPPE-TOI, VAS TE METTRE A L’ABRI ! Il ne sait plus ce qu’il fait. FUIS !

Elle me cria :

– MATTHIEU ATTENTION. PRENDS GARDE !

Trop tard le frangin était là derrière moi me saisissant par le plastron de ma chemise, je n’eus même pas le temps de voir venir que ma tête raisonna sous la violence de l’impact. Je sentais un liquide chaud couler sur mon visage. Je criais :

– LILIANA ECHAPPE TOI ! Echappe… toi…

Puis plus rien car les coups suivants m’avaient envoyé dans l’inconscience. Combien de temps s’était écoulé ? Sur le moment je ne saurais dire. Je sentais confusément comme si je rêvais, la fraîcheur d’un linge sur mon visage endolori. J’avais l’impression qu’on le déplaçait doucement, avec précaution sur mes lèvres et mon nez qui me semblait tuméfiés. J’avais un goût amer dans la bouche. Le plus agréable est que j’entendais pendant mon émergence la douce voix de Liliana qui m’appelait :

– Matthieu, Matthieu mon ami reviens… Mon Matthieu, s’il te plaît.

Et là, j’ai senti mon visage se couvrir d’une avalanche de boucles odorantes. Doucement Liliana, me croyant toujours dans les nuages posa rapidement sur ma joue un baiser amical. Là j’étais sûr que je ne rêvais pas. J’ouvris les yeux en grand et je la vis au-dessus de moi, attentive. Liliana surprise d’avoir été vue « piqua un fard » comme l’on dit. Elle était là près de moi à genou, un linge mouillé à la main, souillé de sang. Roger m’avait frappé dur, j’étais allongé dans l’herbe de l’allée sur laquelle j’étais tombé. M’asseyant en prenant appui sur un coude, je pris la main de Liliana et m’inquiétais :

– Liliana comment vas-tu ? Aïe… Une vive douleur à la lèvre tempéra mon élan. Liliana, ma petite infirmière appliqua promptement mais avec douceur, son mouchoir humide sur ma lèvre en me disant :

– Fais attention mon cher défenseur. Dit-elle avec un petit sourire câlin. Ta lèvre est fendue tu vas la faire ressaigner. Tu vois Matthieu que nous avons besoin de leçons, nous avons le courage mais cela ne suffit pas.

– Oh pardonnes-moi Liliana, je n’ai pas réussi à te défendre. Il m’a dominé. Mais où est-il ? Où est donc passé Roger ?

– Il est là-bas assis dans l’herbe, comme s’il attendait en réfléchissant. Oh tu sais après t’avoir étourdi sous ses coups, il s’est éloigné en me disant des paroles méchantes.

– Mais que t’a-t-il dit ?

– Que je n’étais qu’une sale gosse de riches… Une prétentieuse orgueilleuse. Tout juste bonne à faire battre des pauvres entres eux… Et toi ? dit-elle ses yeux lourds de larmes.

– Tu me vois comme cela ?

– Oh mais non Liliana, tu es dans ma tête et dans mon cœur. Comme… comme…

– Chut. Me dit-elle en plaçant son mouchoir humide sur mes lèvres. Tu vas ouvrir la plaie de ta bouche, j’ai lu dans ton regard ce que je voulais entendre.

– Liliana, mon amie, j’aimerai que tu me fasses une promesse. Tout ce que tu voudras mon « chevalier » sourit-elle.

– Voilà… Ne raconte à personne ce qui est arrivé ici.

Elle eut un brusque mouvement de surprise. Je la voyais réfléchir, hésiter.

– Mais enfin mon ami je ne te comprends pas, tu as été blessé et moi humiliée.

– Liliana, pour moi les coups reçus ce n’est pas grave, j’aurais voulu faire bien mieux pour toi. Non, mais je t’en fais la demande, car je considère que ton humiliation est bien plus importante, c’est la raison de mon souhait. Je t’en prie. Promets le moi, je t’en prie. Roger est mon frère. Je ne lui en veux pas me concernant car saches que si Papa l’apprend, il va l’envoyer en pension chez les Jésuites. Des religieux très durs et inflexibles.

– Cher Matthieu, je suis heureuse d’être ton ami car vraiment tu as de nobles sentiments et tu es courageux. Je comprends maintenant pourquoi mamie Jeanne t’apprécie et même je pense, t’aime. Ce que tu me demandes est difficile, mais je veux te faire plaisir car je n’oublierais jamais ton action en ma faveur. Alors D’accord mon Matthieu, mais à une condition, qu’il me donne sa « parole d’honneur » qu’il ne me touchera plus, n’y n’essaiera de m’obliger et qu’il me respectera.

– Bon « Ma » Liliana, me permets-tu ? Elle me sourit me disant :

– pour le moment, seulement lorsque nous seront seuls.

Je finis par me lever et nous allâmes tous deux vers Roger assis à plusieurs dizaines de mètres. Nous entendant arriver au bruit des feuilles foulées, il releva la tête et nous dit d’un ton bourru :

– Bon, si c’est la morale que vous venez me faire ce n’est pas la peine. Croyez-moi, j’aurais assez d’entendre celle de Père et surtout de subir la sentence de la pension de « correction », alors tout ce que vous pouvez me dire ne sont que peccadilles. Puis il rebaissa la tête, plongeant dans ses pensées concernant certainement son futur.

– Roger, nous sommes frères et je t’aime. Mais nous n’avons pas le même caractère. Il releva la tête pour me regarder en plissant les yeux. Je dois reconnaître Frangin que tu manifestes ton amour fraternel un peu vivement. Lui dis-je…

Un léger sourire très bref se dessina sur son visage soucieux.

– Avec Liliana, nous avons décidé de ne pas raconter ce regrettable incident mais à une condition… Que tu nous donnes ta parole d’honneur que tu ne toucheras plus Liliana. Que tu ne lui feras plus de violences, que tu la respecteras en tous temps et tous lieux.

Roger nous regarda l’un après l’autre en silence et se levant, nous dominant d’une tête ; il plaça la main sur son cœur et répéta nos exigences, les concluant d’un ton solennel par :

– Je vous donne ma parole d’honneur. Je vous remercie tous les deux et vous demande d’accepter mes excuses pour ma stupide violence.

Puis s’avançant vers Liliana qui fit un pas en arrière, il lui tendit la main en lui disant :

– Sachez que je suis désolé Liliana.

Elle ne lui tendit pas sa main et lui dit :

– Monsieur, veuillez dire « Mademoiselle » ça suffira entre nous.

– Bon, moi, dis-je, j’expliquerais les blessures à mon visage en disant qu’en courant dans le parc sans regarder, j’ai pris une branche basse dans la figure.

– Merci Matthieu. Moi aussi je t’aime… Je regrette de t’avoir blessé.

– Merci à vous aussi Mademoiselle. Vous avez grand cœur.

Chapitre 2

La famille Montfleurant
retrouve ses biens

Je pris la main de Liliana et nous partîmes en courant et riant vers le « manoir ». J’avais au fond de moi le cœur serré car en me retournant je voyais Roger venir, lentement, tout seul, la tête penchée en avant, lourde de sa nature rebelle avançant en shootant dans des cailloux.

Nous entrâmes remplis de joie, car nul doute que Liliana comme moi, devait être heureuse de la conclusion de ce triste épisode. Notre Joie était exubérante, bien que je me retenais en mettant la main sur ma bouche douloureuse et surtout pour éviter un nouveau saignement.

– Ah voilà notre jeunesse, s’exclama Dame Jeanne. Mais, mais qu’est-il donc arrivé à mon petit mousquetaire ? Viens-donc me voir plus près. Voilà que mon page intrépide est blessé. Mais comment donc cela t’est-il arrivé ? Me dit-elle en prenant doucement mon visage dans ses mains pour m’embrasser, puis à son habitude elle plongea son regard dans mes yeux.

Ah mon Dieu, ces beaux yeux, émeraudes aux paillettes d’or caressantes ou perçantes dans lesquelles je me perdais. Si je n’avais détourné mon regard, elle m’aurait arraché mon plus profond secret, me détournant de cette douce fascination, j’appuyais ma tête contre sa poitrine.

Liliana dans le désir de me mettre en valeur certainement s’exclama :

– Oh si tu savais mamie Jeanne… Matthieu et moi-même, il nous est arrivé un drôle de problème.

Lui coupant la parole je m’empressais de dire :

– « Ma Dame Jeanne », nous avons couru dans le parc et moi comme un sot je n’ai pas fait attention à une branche basse qui m’a stoppé net dans ma course folle me blessant comme tu vois et même que pendant un instant j’ai été inconscient ayant été projeté au sol… et ma… je veux dire Liliana a fait office d’une excellente infirmière et tu vois « Dame Jeanne » je vais bien.

Dame Jeanne incrédule regarda dame Constance. Je sentais que cela ne l’avait guère convaincu. Liliana mon enfant notre Matthieu ne nous cache pas quelque chose ?

J’avais une confiance aveugle en Liliana mais allait-elle résister à la douceur de dame Jeanne ? Comme elle eut un temps d’hésitation Constance s’approcha d’elle lui disant :

– Mon enfant chérie, mamie Jeanne te parle. Tu n’aurais pas un petit secret ?

– Mais voyons, ma Nanou chérie, je n’ai que des secrets de fillettes. Puis s’adressant à Dame Jeanne : « Tu sais mamie Jeanne, Matthieu t’aime énormément. Je peux te dire, bien que je ne le connaisse pas complètement, ces quelques heures passées en sa compagnie m’ont fait comprendre qu’il ne fera de mal à personne et encore bien moins à toi ma mamie.

– Bon, bon… Nous nous contenterons de cela n’est-ce pas ma chère amie, dit dame Jeanne à Constance. Veux-tu avoir la gentillesse de montrer à ta petite Liliana, les soins qu’elle pourrait administrer à SON blessé.

– Vous venez chers espiègles, nous dit Constance en ajoutant tout bas… et complices :

– Nous avons prévu de prendre le repas dans la cuisine. Aurore, je veux dire Andréa ta maman a dit que cela ferait plus chaleureux, plus familial et moins officiel. Ainsi nous avons placé les uns et les autres.

– Et moi, et moi tu m’as mis à quelle place ? Coupa Liliana.

– Comme cela se doit, entre ta mamie jeanne et moi.

– Ah bon… Dit tristement Liliana en baissant la tête. Elle me lança un petit regard déçu je crois bien.

– Ah, ah, ah, s’exclaffa Constance. Mais non « grosse bêtasse » tu seras à la droite de Matthieu, ton cher ami.

– Oh merci ma « nanou » je t’aime, s’exclama-t-elle en l’embrassant.

– Et Roger à ta gauche, continua-t-elle.

– Nanou s’il te plaît… J’aimerai être à ton côté et être à la droite de Matthieu mais son frère ce serait bien que tu le fasses assoir à côté de son père. Ne crois-tu pas ?

– Constance qui terminait mes soins releva la tête et nous regarda silencieusement. Elle nous demanda gravement : que s’est-il passé chers enfants.

Nous étions silencieux. Liliana me prit la main et me la pressa doucement comme pour me demander la permission de lui dévoiler notre mésaventure.

– J’ai donc tant vieilli que je ne peux plus être votre confidente… votre complice ?

– Oh non nanou, s’exclama Liliana.

Je la coupais d’autorité car je voyais qu’elle allait lui dévoiler notre secret.

– Dame Constance nous vous aimons, et moi-même j’apprécie votre gentillesse et votre beauté. Mais nous sommes liés par une promesse faite. Nous ne voudrions pas que votre beau regard se portant sur celui-ci ou celui-là s’assombrisse par les lourds et sombres nuages de notre avatar.

– Ah lala, mais quel enjôleur ce Matthieu. Mais tu l’as entendu ma chérie ?

Constance nous serra tous les deux contre elle, nous disant en nous cajolant : « Vous savez que j’ai l’âge d’être votre mamie à tous les deux ? Vous êtes si jeunes, permettez-moi de vous protéger des blessures que cette vie peut vous faire lorsque les plus âgés veulent profiter de l’innocence de votre enfance. J’en ai donc assez entendu pour comprendre. »

Le repas fut vraiment très agréable, avec une ambiance conviviale. Les échanges furent gais et, bizarrement Père qui ne voulait pas nous entendre aux repas chez nous, ce jour-là, me laissa deviser avec Liliana. Par contre Roger, à part quelques échanges avec Père et Mère, restait sur ses réserves. Après le repas, chacun attendait avec impatience qu’il soit 15 heures. Ils voulaient savoir si vraiment un rayon lumineux allait nous indiquer un volume dans la bibliothèque, Roger me prit à part et me demanda :

– Matthieu toi qui est bien « vu » ici chez les Montfleurant, pourrais-tu me dire quel est le volume que je pourrais lire pour connaître la vie de celui qui a été rejeté et que l’on a tué au premier siècle ?

– Je vais demander à dame Jeanne ; après réflexion la Comtesse revint un moment plus tard avec dans les mains un ouvrage de couverture jaune et se dirigea vers Roger. Elle le lui offrit, lui disant avec un sérieux amical « Tenez Roger, c’est un ouvrage qu’un missionnaire m’a donné il y a quelques temps… C’est amusant car remarquez, il est intitulé « RICHESSES ». Pendant que nous allons continuer à chercher le trésor des Montfleurant vous, Roger, vous allez chercher des richesses spirituelles…

– Bien que le fait que je sois votre mamie vous semble difficile à croire, permettez-moi de vous embrasser.

Je voyais Roger encore « raide » dans cette effusion non partagée. Dame Jeanne à son habitude le prenant par les épaules plongea son regard dans le sien et lui dit avec douceur.

– Je suis certaine Roger que la lecture de ces pages touchera votre cœur. Si vous le souhaitez, suite à votre lecture nous pourrions échanger nos pensées concernant vos objections et vos questions. Merci « Dame Jeanne », j’accepte avec joie. Je vais lire au calme dans votre parc.

Le moment tant attendu était arrivé. Avec Liliana, nous nous précipitâmes comme des gosses vers la bibliothèque. Les autres nous suivaient plus posément. Ouvrant toutes grandes les tentures, le soleil pénétra à flot, baignant toutes choses. Il avait commencé à « caresser » le miroir parabolique, mais le reflet projeté était trop diffus et trop large. Allions-nous être déçu ? Nous nous assîmes tous les deux, côte à côte. Pour « meubler » l’attente, je me mis à raconter les différentes péripéties de la veille, depuis la statue dans le parc, le coffret, l’extraordinaire clef, le miroir parabolique et comment Maman, enfin Aurore jouait avec son frère et de quelle façon elle a joué la morte… enfin tout.