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Lux (Tome 1.5) - Oubli Partie 1

De
320 pages
Daemon Black a su que Katy lui attirerait des ennuis à la seconde où il a posé les yeux sur elle. Agacé (troublé) par sa présence nouvelle dans la maison voisine, il rêve de la voir disparaître pour de bon (de l’observer H24) et souhaite éviter (ou pas) à tout prix qu’elle se rapproche de sa sœur, Dee.
En effet, Luxens et humains ne font pas bon ménage, et Daemon a des intérêts bien plus précieux que les siens à protéger…
Après Obsidienne, serez-vous prêtes à pénétrer dans les pensées de Daemon Black ?
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Présentation de l’éditeur :
Daemon Black a su que Katy lui attirerait des ennuis à la seconde où il a posé les yeux sur elle. Agacé (troublé) par sa présence nouvelle dans la maison voisine, il rêve de la voir disparaître pour de bon (de l’observer H24) et souhaite éviter (ou pas) à tout prix qu’elle se rapproche de sa sœur, Dee.
En effet, Luxens et humains ne font pas bon ménage, et Daemon a des intérêts bien plus précieux que les siens à protéger…
Après Obsidienne, serez-vous prêtes à pénétrer dans les pensées de Daemon Black ?


d’après © Sandrine Pic / Plainpicture et © Pinkomelet / Shutterstock
Biographie de l’auteur :
Jennifer L. Armentrout est l’auteure de plusieurs séries de romance, de fantasy et de science-fiction, dont les droits ont été vendus dans de nombreux pays. Jeu de patience, son best-seller international, est également disponible aux Éditions J’ai lu.

Retrouvez Obsidienne du point de vue de Daemon Black…

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

JEU DE PATIENCE

 

JEU D’INNOCENCE

 

JEU D’INDULGENCE

 

JEU D’IMPRUDENCE

 

JEU D’ATTIRANCE

LUX

1 – Obsidienne

2 – Onyx

3 – Opale

4 – Origine

5 – Opposition

 

OBSESSION

Ce livre est dédié à tous les fans de
Daemon Black qui voulaient le garder
encore un peu.
Régalez-vous.

Remerciements


Quand on m’a demandé d’écrire Oubli, j’ai tout de suite pensé que c’était une merveilleuse occasion d’offrir aux fans de Lux un peu plus de Daemon. Je n’avais pas l’intention d’écrire Onyx et Opale par la suite, mais c’est pourtant ce qui s’est produit. À présent, vous avez plus qu’un avant-goût de ce qui se passe dans la tête de Daemon. Vous réfléchissez carrément avec lui.

Il faut vraiment beaucoup de gens pour publier un livre. Un énorme merci aux personnes suivantes pour avoir rendu cette aventure possible : Kevan Lyon, Liz Pelletier, Meredith Johnson, Rebecca Mancini, Stacy Abrams et l’équipe d’Entangled Publishing. Merci à K.P. Simmon et à mon assistante/meilleure amie, Stacey Morgan. Un merci tout particulier à Vilma Gonzalez pour m’avoir aidée tout au long de mon travail sur Oubli.

Rien de tout cela n’aurait été possible sans vous, mes lecteurs. Ce livre existe grâce à vous. Je ne pourrais jamais assez vous remercier.

CHAPITRE PREMIER

Sous mon apparence réelle, je courais en silence entre les arbres, sur l’herbe épaisse et les pierres couvertes de mousse. J’étais si rapide qu’un œil humain ne pouvait distinguer qu’une vague forme mouvante.

Venir d’une planète située à plus de treize milliards d’années-lumière était parfois assez génial.

Je doublai sans peine une voiture électrique qui remontait la route vers chez moi.

Je ne comprenais toujours pas comment ces engins fonctionnaient. Et celui-là tirait derrière lui une remorque !

Enfin, bref.

Je ralentis et repris ma forme humaine tout en restant dans l’ombre des chênes. La voiture s’arrêta devant la maison vide qui se trouvait juste à côté de la mienne.

— Merde ! Des voisins !

Une femme sortit du côté conducteur. Elle avait sans doute la quarantaine. Elle se pencha pour s’adresser à quelqu’un assis à l’intérieur. Elle rit et lança :

— Allez, viens.

Sans attendre, la femme referma la portière et gravit d’un pas léger les marches du perron.

Ce n’était pas normal. Cette maison était censée rester vide. Toutes les maisons du lotissement étaient censées rester vides. Vides d’humains, en tout cas. Cette route était le portail d’entrée et de sortie de la colonie Luxen au pied des rochers de Seneca et il était inconcevable que cette maison ait pu être mise en vente sans que ces crétins en costume de la Défense ne soient au courant.

C’était tout simplement impossible.

Des étincelles d’énergie pure parcoururent ma peau et le désir de reprendre ma forme originelle m’envahit. J’étais très agacé. Notre maison était le seul endroit où nous pouvions être nous-mêmes sans craindre à chaque instant d’être démasqués. Les connards du département de la Défense le savaient pertinemment.

Je serrai les poings.

Vaughn et Lane, mes deux baby-sitters personnels appointés par le gouvernement, avaient forcément été informés de cette invasion. Ils avaient dû oublier de me prévenir.

La portière côté passager de la Prius s’entrouvrit. Une silhouette s’extirpa du véhicule. Au départ, je ne distinguais pas ses traits, mais elle dépassa l’avant de la voiture.

— Merde !

C’était une fille.

Elle devait avoir à peu près mon âge, peut-être un an de moins. Elle tourna lentement sur elle-même pour observer la forêt qui bordait les pelouses des deux maisons. On aurait dit qu’elle craignait qu’un puma enragé ne lui saute dessus.

Elle se dirigea vers le porche d’un pas hésitant, comme si elle n’était pas encore tout à fait sûre de vouloir entrer. La femme – sans doute sa mère, car elles avaient toutes deux la même chevelure sombre – avait laissé la porte ouverte. La fille s’arrêta sur le seuil.

Je m’avançai sans m’éloigner de la lisière de la forêt et sans la quitter des yeux. Elle était de taille moyenne et d’allure extrêmement banale avec ses cheveux châtain foncé noués en un chignon désordonné sur la nuque, son visage rond et pâle, ses formes ni trop généreuses ni trop longilignes – rien à voir avec ces filles maigrichonnes que je détestais – et ses… Bon, tout compte fait, elle n’était pas si banale que ça. Je ne pus m’empêcher de bloquer sur ses jambes, entre autres…

Bon sang, elles étaient incroyables !

Elle fit volte-face vers la forêt et croisa les bras juste au-dessous de sa poitrine.

Tiens, encore une partie de son corps qui ne passait pas inaperçue.

Elle scruta la ligne des arbres et son regard s’arrêta… juste là où je me tenais. Je desserrai les poings tout en restant parfaitement immobile. Elle me fixait.

Sauf qu’il était impossible qu’elle me voie. L’obscurité de la forêt me dissimulait parfaitement.

Quelques secondes s’écoulèrent avant qu’elle ne décroise les bras et se retourne vers la maison. Elle y entra, laissant la porte ouverte derrière elle.

— Maman ?

Au son de sa voix, je penchai la tête sur le côté. Elle n’avait pas d’accent qui aurait pu m’indiquer d’où elle venait.

En tout cas, elles n’étaient pas très prudentes, car ni l’une ni l’autre ne pensa à refermer la porte. Cela dit, dans cette région, la plupart des humains se sentaient en sécurité. Après tout, la ville de Ketterman, située près de Petersburg, en Virginie-Occidentale, était hors des sentiers battus. La police passait plus de temps à rattraper les troupeaux de vaches qui s’échappaient ou à s’inviter aux fêtes de village qu’à traquer le crime.

Pourtant, les humains avaient la sale habitude de disparaître sans laisser de traces par ici.

Pas seulement les humains, d’ailleurs. Dawson…

Quand je songeais à mon frère, la colère bouillonnait en moi comme la lave d’un volcan prêt à entrer en éruption. Il n’était plus là. Il était mort. Par la faute d’une humaine. Et voilà qu’une autre humaine s’installait juste à côté de chez moi.

Nous devions prendre l’apparence des humains, nous fondre parmi eux et agir comme eux, mais lorsque l’un d’entre nous s’approchait trop près d’eux, cela se terminait toujours en tragédie, par une mort ou une disparition.

J’ignore combien de temps je restai là, à fixer la maison. La fille finit par réapparaître. Tiré de mes sombres pensées, je la vis marcher vers la remorque. Elle sortit une clé de sa poche et ouvrit le hayon.

Du moins, elle essaya.

Pendant une éternité, elle se battit avec la serrure, puis avec le levier d’ouverture. Elle était écarlate et pinçait les lèvres : on aurait dit qu’elle allait réduire le tout en miettes. Bon sang, il ne fallait quand même pas si longtemps pour ouvrir une remorque… Ça devenait un véritable marathon. J’étais presque tenté d’aller l’aider.

Enfin, après un temps infini, elle réussit et déploya la rampe. Elle disparut à l’intérieur et réapparut avec un carton. Je la regardai le porter dans la maison. Puis elle revint pour en chercher un autre. À son visage, on aurait juré qu’il était plus lourd qu’elle.

Même d’où j’étais, je voyais ses bras trembler. Je fermai les yeux, agacé par… je ne sais pas ! Tout m’agaçait. Elle était maintenant au pied des marches et je savais déjà qu’elle serait incapable de les gravir sans tomber et se rompre le cou.

Je haussai les sourcils.

Voilà qui résoudrait une bonne partie de mes problèmes de voisinage.

Elle posa un pied sur la première marche et vacilla légèrement. Elle leva l’autre pied qui se cala sur la deuxième marche. Mon estomac gargouilla. J’avais faim, malgré les dix pancakes avalés à peine une heure plus tôt.

Elle était presque sur le palier. Elle ne s’en sortait pas si mal. Si elle tombait, elle ne se casserait sans doute qu’un bras. J’étais malgré moi assez impressionné par sa détermination. Alors qu’elle chancelait dangereusement, je marmonnai une série de jurons particulièrement vulgaires et levai la main.

Tout en visant le carton, je puisai dans la Source. Je me concentrai et la soulageai d’une partie du poids dans ses bras. Elle s’immobilisa comme si elle avait remarqué le changement, puis elle entra dans la maison en secouant la tête.

Je baissai lentement la main, choqué par ce que je venais de faire. Certes, elle ne risquait pas de deviner ce qui s’était passé, mais bon sang, c’était complètement stupide de ma part.

Il y avait toujours un risque d’être découvert lorsqu’on utilisait la Source, même pour un acte aussi insignifiant.

La fille revint sur le perron, le rose aux joues, et repartit vers la remorque en s’essuyant les mains sur son short en jean. Une nouvelle fois, elle en sortit avec un carton de la mort dans les bras. Où était sa mère ?

La fille trébucha et en tombant le carton émit un son cristallin. Aïe, de la verrerie !

Il faut croire que je participais au concours du plus gros crétin de l’univers, car je restai là, affamé, à l’aider à porter ses cartons les uns après les autres sans qu’elle le sache.

Quand (elle) nous avons eu fini de transporter tout le contenu de la remorque dans la maison, j’étais épuisé, mort de faim et sûr et certain d’avoir suffisamment tapé dans la Source pour avoir gagné un aller simple pour un laboratoire d’expérimentation où des chercheurs humains passeraient des jours à me disséquer le cerveau. Je me suis traîné jusque chez moi et je suis rentré sans bruit. J’étais seul ce soir-là et trop fatigué pour préparer à manger. Je me suis contenté d’avaler un demi-litre de lait directement au carton avant de me laisser tomber sur le canapé.

Ma dernière pensée a été pour cette voisine encombrante et j’ai imaginé un plan génial pour ne jamais la revoir.

 

La nuit était tombée et d’épais nuages noirs bloquaient la lueur des étoiles et de la lune. J’étais invisible. Ce qui était probablement une bonne chose.

En effet, je me tenais devant la maison voisine et une fois de plus on aurait dit un cinglé dans un thriller. Mon plan génial pour ne jamais revoir la fille aux cartons ne risquait pas de fonctionner.

Ça devenait une sale habitude. J’avais essayé de me convaincre que cette surveillance était nécessaire. Je devais en savoir plus sur elle avant que Dee, ma sœur jumelle, ne la croise et ne décide de devenir sa meilleure amie. Dee était ma seule famille à présent et j’étais prêt à tout pour la protéger.

Je jetai un coup d’œil vers chez moi en poussant un soupir agacé. Est-ce que ce serait si terrible si, je ne sais pas, si je brûlais la maison des voisins ? Promis, je ne laisserais pas mourir les humains à l’intérieur. Ce ne serait pas si grave. Et du coup, plus de maison, plus de problème.

Ça me semblait assez simple.

Je ne voulais pas de problèmes supplémentaires. Ni moi ni aucun d’entre nous.

Malgré l’heure tardive, une lumière était allumée dans l’une des chambres à l’étage. Je savais que c’était sa chambre parce que quelques minutes plus tôt, j’avais vu sa silhouette passer devant la fenêtre. Malheureusement, elle était habillée.

J’étais déçu et je ressemblais encore plus à un cinglé.

Pas de doute, cette fille posait un problème, mais toutes mes fonctions viriles étaient activées et parfois elles me faisaient oublier l’essentiel.

Avoir quelqu’un à côté de chez nous, une fille du même âge que nous, était tout simplement trop risqué. Elle n’était arrivée que deux jours plus tôt et il ne faudrait pas longtemps à Dee pour la repérer. Elle m’avait déjà demandé une ou deux fois si j’avais croisé les nouveaux voisins, si je savais à quoi ils ressemblaient. Je m’étais contenté de répondre avec un haussement d’épaules que c’étaient sans doute des retraités venus s’installer à la campagne, mais je savais que je ne pourrais pas contenir beaucoup plus longtemps la sociabilité naturelle de ma sœur.

En parlant du loup…

— Daemon… murmura une voix depuis l’ombre de mon porche. Qu’est-ce que tu fabriques ?

J’hésite à réduire la maison des voisins en cendres la prochaine fois qu’ils s’absenteront pour faire des courses, qu’est-ce que tu en penses ?

Non, il valait mieux que je garde ces considérations pour moi.

Je me retournai en soupirant et rejoignis Dee sur le perron. Les graviers crissaient sous mes chaussures. Ma sœur était appuyée contre la rambarde, les yeux fixés sur la maison d’à côté. Elle plissait le nez pendant qu’une brise soulevait ses longs cheveux noirs.

Je fis un gros effort pour marcher à une allure normale. Habituellement, je ne prenais pas cette peine. Quand j’étais chez moi, je me déplaçai à la vitesse de la lumière. Mais avec les nouveaux voisins, il était préférable de faire attention. Je devais reprendre l’habitude de me comporter comme un être humain.

Je m’appuyai à la rambarde, face à ma sœur et dos à la maison des voisins, comme si elle n’existait pas.

— Je faisais juste ma ronde.

Dee haussa un sourcil. Son regard émeraude – nous avions tous les deux les yeux de la même couleur – était sceptique.

— Ah oui ? On ne dirait pas.

Je croisai les bras sur ma poitrine.

— Comment ça ?

— On aurait plutôt dit que tu surveillais la fenêtre de la maison d’à côté.

— Tu crois ça ?

Dee fronça les sourcils.

— Alors, tu les as vus ?

Dee avait passé les deux derniers jours chez les Thompson, ce qui était une bonne chose, même si la savoir là-bas avec Adam, un extraterrestre de notre âge, ne me rendait pas super serein. Quoi qu’il en soit, elle n’avait pas encore rencontré nos nouveaux voisins. La connaissant, quand elle allait découvrir qu’il s’agissait d’une jeune fille humaine, elle réagirait comme si elle avait trouvé un chaton abandonné.

Mon silence la fit soupirer.

— D’accord, il faut que je devine ?

Je haussai les épaules.

Elle s’appuya contre la rambarde, le cou tendu, les yeux écarquillés, comme si elle pouvait voir à travers les murs. On possédait quelques pouvoirs plutôt sympas, mais pas la vision à rayon X.

— Ce ne sont pas des Luxens, s’exclama-t-elle soudain. Ce sont des humains !

Évidemment, elle l’aurait senti s’ils avaient été de la même espèce que nous.

— Oui, dis-je, ce sont des humains.

Elle secoua la tête.

— Comment c’est possible ? Ils savent qui nous sommes ?

Je repensai à la fille qui se débattait avec ses cartons deux jours plus tôt.

— Je dirais que non.

— C’est trop bizarre, pourquoi la Défense les laisserait s’installer ici ?

Mais elle ajouta immédiatement :

— Peu importe. J’espère qu’ils sont gentils.

Je fermai les paupières. Évidemment, Dee n’était pas inquiète, même après ce qui était arrivé à Dawson. Tout ce qui comptait pour elle, c’était qu’ils soient gentils. Le danger que représentait pour nous la proximité de ces humains ne lui traversait même pas l’esprit. Ma sœur était du genre à adorer les licornes qui vomissent des arcs-en-ciel.

— Comment sont-ils ? demanda-t-elle, déjà tout excitée.

— Je ne sais pas, mentis-je en rouvrant les yeux.

Elle se détacha de la rambarde en pinçant les lèvres. Puis, frappant dans ses mains, elle me dévisagea. Nous faisions presque la même taille et ses yeux verts pétillaient d’enthousiasme.

— J’espère que c’est un garçon !

Je serrai la mâchoire. Elle rit.

— Oh ! Peut-être que c’est une fille de mon âge ! Ce serait génial !

Et merde !

— Ça rattraperait notre été, surtout que tu sais comment Ash se comporte en ce moment…

— Non, je ne sais pas.

Elle leva les yeux au ciel.

— Ne fais pas l’innocent. Tu sais très bien pourquoi elle est aussi câline qu’un grizzly. Elle espérait que vous passeriez l’été ensemble à…

— … baiser ? l’interrompis-je pour la faire râler.

— Ah ! Mais tu es dégoûtant ! Ce n’est pas du tout ce que je voulais dire.

Elle frissonna et je dissimulai à peine mon sourire en me demandant si Ash lui avait raconté nos parties de jambes en l’air. Même si ce n’était pas arrivé depuis un moment. Ni même très souvent. Mais quand même.

— Non, elle se plaint que tu ne l’emmènes pas là où tu avais promis.

Je n’avais aucune idée de ce dont elle parlait.

— En tout cas, reprit-elle, j’espère que les nouveaux voisins sont cool.

Comme un hamster sur sa roue, le cerveau de Dee ne cessait jamais de tourner.

— Je pourrais peut-être aller les v…

— Ne termine pas cette phrase, Dee. Tu ne sais ni qui ils sont ni pourquoi ils sont là. Tu gardes tes distances.

Les mains sur les hanches, elle plissa les paupières.

— Comment veux-tu qu’on en apprenne plus sur eux si on garde nos distances ?

— Je les surveillerai et je te dirai si tu peux leur parler.

— Je n’ai aucune confiance en ton jugement concernant les humains, Daemon.

Elle me jeta un regard noir.

— Et moi, je n’ai aucune confiance en ton jugement, rétorquai-je. Pas plus que je n’avais confiance en celui de Dawson.

Dee recula d’un pas et prit une profonde inspiration. La colère disparut de son visage.

— D’accord, je comprends pourquoi…

— Ne parlons pas de ça. Pas ce soir.

Je me passai la main dans les cheveux. J’avais besoin d’aller chez le coiffeur.

— Il est tard et je dois encore faire une ronde avant d’aller me coucher.

— Encore une ? Tu crois que… qu’il y a des Arums dans le coin ? murmura-t-elle.

Je secouai la tête. Je ne voulais pas qu’elle s’inquiète, mais en vérité, il y avait toujours des Arums pas loin. Ils étaient nos seuls prédateurs naturels et déjà nos ennemis à l’époque où notre planète existait encore. Comme nous, ils n’étaient pas terriens et sur de nombreux aspects, ils étaient nos exacts opposés, en termes d’apparence, mais aussi de pouvoirs. Contrairement à eux, nous n’étions pas des tueurs. Pour puiser dans la Source, ils se nourrissaient des Luxens dont ils prenaient la vie. Un peu comme des parasites sous stéroïdes.

Les Anciens nous racontaient souvent que lorsque l’univers s’est formé, notre planète était faite de lumière pure. Les Arums, qui vivaient dans l’ombre, en sont devenus jaloux et c’est ainsi que la guerre entre nos peuples a débuté. Elle a pris la vie de nos parents et détruit l’endroit où nous vivions.

Les Arums nous ont suivis jusqu’ici, en utilisant des vaisseaux atmosphériques pour voyager sans se faire repérer.

À chaque pluie de météorites ou d’étoiles filantes, j’étais à cran. Les Arums profitaient souvent de ces phénomènes.

Les combats étaient rudes. On pouvait les éliminer en puisant directement dans la Source ou en utilisant une lame d’obsidienne. Cette pierre leur était fatale particulièrement après qu’ils s’étaient nourris, car elle fractionnait la lumière. Pour en trouver, ce n’était pas simple, mais j’essayais d’en avoir toujours une sur moi, généralement attachée à ma cheville. C’était aussi le cas pour Dee.

On ne savait jamais quand on allait en avoir besoin.

— C’est juste histoire de rester vigilant, dis-je en essayant de la rassurer.

— Tu es toujours vigilant, répliqua-t-elle.

Je lui adressai un sourire un peu crispé. Elle hésita avant de se mettre sur la pointe des pieds pour m’embrasser sur la joue.

— Tu as beau être un emmerdeur et un tyran, je t’aime quand même. Ne l’oublie pas.

Je ris en l’enveloppant dans mes bras pour une brève étreinte.

— Tu as beau être une pipelette assommante, moi aussi je t’aime.

Dee recula en me frappant sur le bras.

— Ne rentre pas trop tard, me lança-t-elle.

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