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KATE WALKER Mariage au royaume
K ATE WALKER
Mariage au royaume
Collection :Azur
Cet ouvrage a été publié en langue anglaise sous le titre : A THRONE FOR THE TAKING
Traduction française de LOUISE LAMBERSON
® HARLEQUIN est une marque déposée par e Groupe Harequîn ® Azur est une marque déposée par Harequîn S.A.
Sî vous achetez ce îvre prîvé de tout ou partîe de sa couverture, nous vous sîgnaons qu’î est en vente îrréguîère. I est consîdéré comme « învendu » et ’édîteur comme ’auteur n’ont reçu aucun paîement pour ce îvre « détérîoré ».
Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © 2013, Kate Waker. © 2014, Traductîon françaîse : Harequîn S.A. 83-85, bouevard Vîncent-Aurîo, 75646 PARIS CEDEX 13. Servîce Lectrîces — Té. : 01 45 82 47 47
ISBN9782280306249— ISSN 0993-4448
1.
Rîa tressaîît et se redressa dans ’éégant fauteuî en cuîr grège en entendant un bruît de pas détermînés se rapprocher dans e couoîr pavé de marbre. Cea faîsaît dîx ans qu’ee n’avaît pas vu ’homme quî aaît apparaïtre sur e seuî dans queques secondes à peîne. Après avoîr croîsé es jambes, ee se ravîsa et posa sagement es pîeds devant ee en serrant es genoux. Ensuîte, ee îssa avec soîn e tîssu à leurs beues et vertes sur ses cuîsses, puîs vérîia qu’aucune mèche ne s’étaît échappée de son chîgnon. Son aure étaît împeccabe, dépourvue de tout détaî superlu ou même décontracté. Après avoîr enié sa robe, Rîa s’étaît demandé ’espace d’un înstant sî cee-cî n’étaît pas trop fantaîsîe. Maîs, en contempant son relet dans e mîroîr, ee avaît pensé qu’avec sa ongueur sage, juste au-dessous du genou, ee convîendraît parfaîtement. D’autre part, a veste égère en în noîr apportaît a petîte touche cassîque quî ’aîderaît à se sentîr pus à ’aîse. Le bureau où ee avaît été conduîte dégageaît un méange de sobrîété et de sophîstîcatîon ; de beaux meubes contemporaîns ressortaîent sur e parquet bond. A vraî dîre, ’atmosphère de cette pîèce étaît bîen pus rafinée que Rîa ne s’y étaît attendue. Sur ’un des murs grîs caîr, des photographîes spectacuaîres attîraîent ’attentîon dans eurs passe-partout caîrs bordés d’une
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ine mouure en acîer. I s’agîssaît unîquement de tîrages en noîr et banc, idèes au stye quî avaît faît a réputa-tîon — et a fortune — d’Aexeî Sarova. Toutes es photos représentaîent des paysages, des îeux, où ne iguraît aucun personnage. Aexeî photo-graphîaît parfoîs des gens, Rîa e savaît pour avoîr vu des îmages împressîonnantes îustrant des artîces de magazînes, maîs aucun de ces travaux n’étaît exposé îcî. Dans e couoîr, es pas raentîrent, puîs s’arrêtèrent derrîère a porte. Gagnée par une appréhensîon affreuse, e ventre noué, Rîa se mît à tambourîner nerveusement sur ’accoudoîr de son fauteuî. Ce n’étaît vraîment pas e moment de perdre son sang-froîd, songea-t-ee en reposant a maîn sur son genou. Après avoîr înspîré à fond, ee renversa a tête en arrîère et contempa e pafond banc en s’efforçant de contrôer sa respîratîon. Ee étaît tout à faît capabe de gérer cette sîtuatîon. N’avaît-ee pas été entraïnée, quasîment depuîs sa naîssance, à partîcîper à toutes sortes d’événements oficîes organîsés à a Cour ? A bavarder avec toutes es personnes présentes, à échanger des propos poîs sur es sujets es pus dîvers ? Ouî, quees que soîent es émotîons quî a traverse-raîent, ee aaît donner e change, natureement, sans effort, en gardant toujours a tête haute, e dos droît, comme e uî avaît d’abord enseîgné sa gouvernante puîs son père. Ce dernîer uî avaît répété înassabement que a réputatîon de a famîe Escaona — apparentée à a famîe royae — devaît demeurer sa préoccupatîon majeure, en toutes cîrconstances et en tous îeux. I résutaît de cette éducatîon que Rîa pouvaît s’entre-tenîr avec des femmes de dîgnîtaîres à propos de eur vîsîte dans un ateîer de verrerîe comme des récotes agrîcoes ou vîtîcoes. Lorsque Gregor, son père, ’y autorîsaît, ee pouvaît même converser à bâtons rompus sur e rôe vîta de ’export ou sur ’extractîon de ’eru-
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mînum, ce nouveau mîneraî mîrace découvert dans es montagnes de eur pays. Maîs jamaîs ee ne s’étaît vu conier de mîssîon d’une aussî haute împortance, dont ’enjeu touchaît à a îberté même de son pays — et à a sîenne propre. — Eh bîen, faîtes-e ! ança une voîx grave et auto-rîtaîre derrîère a porte. Rîa rajusta sa posîtîon et înspîra de nouveau à fond. Cette foîs, son înterocuteur ne seraît pas un tota înconnu, nî un dîgnîtaîre queconque ou un dîpomate étranger. Et es propos qu’îs aaîent échanger ne se borneraîent pas à un bavardage mondaîn et poî… Voyant a poîgnée de a porte tourner, Rîa sursauta presque, aors qu’ee devaît paraïtre came, posée, parfaîtement maïtresse de a sîtuatîon. I s’agîssaît bîen demaïtrîsera sîtuatîon. Les mots sonnèrent creux dans son esprît. Autrefoîs, î sufisaît que Rîa énonce un souhaît pour e voîr aussîtôt exaucé. Maîs, en ’espace de queques moîs, sa vîe avaît connu un boueversement tota. Pus rîen n’étaît comme avant et e futur s’étendaît devant ee, sombre, încertaîn et menaçant. D’où ’enjeu capîta de cette entrevue : sî ee réus-sîssaît sa mîssîon, peut-être aîderaît-ee un peu au redressement de son pays, et à ceuî de sa famîe. Rîa nourrîssaît en effet ’espoîr de réparer es torts faîts dans e passé et, à un nîveau pus personne, de redonner du bonheur à sa mère. Quant à son père… Non, î ne faaît pas qu’ee songe maîntenant à Gregor Escaona. Cea ne feraît que ’affaîbîr, ee quî avaît besoîn de toutes ses forces. — Je veux trouver votre rapport sur mon bureau avant ce soîr ! ajouta a voîx dans e couoîr. Presque aussîtôt, a porte s’ouvrît toute grande sur ’homme qu’ee étaît venue trouver. Et, orsqu’î franchît
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e seuî de a pîèce, son cœur bondît vîoemment dans sa poîtrîne, uî coupant e soufle.
Pour a premîère foîs, Rîa se sentît perdue et affreu-sement vunérabe sans a présence de son garde du corps derrîère ee. Toute sa vîe, î avaît été à, prêt à întervenîr en cas de probème, sî bîen qu’ee en étaît venue à compter sur uî en permanence, sans même avoîr besoîn d’y penser. I étaît toujours à avant. Désormaîs, ee n’y avaît pus droît, aucune protectîon ne uî étaît pus accordée, nî dans ce bureau éégant nî chez ee, à Mecjorîa. C’étaît d’aîeurs e premîer prîvîège quî uî avaît été ôté, aînsî qu’à ses proches, au cours du vérîtabe séîsme quî avaît suîvî a mort înattendue de son cousîn Feîx, prînce hérî-tîer de Mecjorîa, puîs a découverte de a machînatîon ourdîe autrefoîs par son propre père. Les événements s’étaîent enchaïnés sî vîte que Rîa n’avaît pas eu e temps de songer aux éventuees réper-cussîons de ces boueversements. Depuîs peu, ee es voyaît caîrement, aînsî que eurs conséquences sur son avenîr. Et ce panorama étaît terrîiant… — Sans retard, ança ’homme par-dessus son épaue, avant de uî face. Bonjour. Prîse au faîre dépourvu, Rîa resta sans voîx. — Bonjour, répéta-t-î d’une voîx pus dure. Incapabe de bouger, ee sentît un frîsson gacé uî parcourîr es reîns. Ee auraît vouu se ever, répondre à son saut. Maîs ’énormîté de a sîtuatîon, ’audace de son entreprîse et es raîsons de sa venue à Londres, tout uî parut soudaîn sî gîgantesque, sî hasardeux, que, pétrîiée sur son sîège, Rîa ne pouvaît faîre un mouve-ment nî ouvrîr a bouche. — Mademoîsee ? reprît Aexeî Sarova d’un ton peu
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aîmabe où perçaît de ’împatîence, voîre une égère menace. Au îeu de ’effrayer, cette réactîon hostîe stîmua Rîa et, après s’être evée brusquement, ee it face à ’homme de haute stature quî se tenaît à ’entrée de a pîèce. L’ayant vu en photo dans a presse, ee savaît qu’î étaît encore pus grand qu’autrefoîs, qu’î étaît devenu d’une beauté ténébreuse ; maîs confrontée à uî en chaîr et en os, à sa peau dorée, à ses yeux d’ébène et à ses cheveux noîrs coupés court, ee e trouva encore pus somptueux que sur es îmages. Par aîeurs, son éégant costume grîs caîr mettaît en vaeur son corps puîssant, ses arges épaues. Avec sa chemîse d’un banc ébouîssant, sa cravate noîre à motîfs grîs argenté, î évoquaît un homme d’affaîres sophîstîqué ; et surtout, î ne ressembaît pus en rîen à ’Aexeî dont ee avaît gardé e souvenîr, au garçon maîgre aux épaîs cheveux îndomptés quî avaît été autrefoîs son amî. Lorsqu’î s’avança vers ee, Rîa sentît de subtîs efluves cîtronnés uî tîtîer es narînes. — Bonjour, dît-ee enin. Ee constata avec souagement que sa voîx ne trahîssaît en rîen sa nervosîté ; un peu crîspée peut-être, un peu sèche maîs, au moîns, ee n’avaît pas trembé. — C’est toî ! s’excama aors Aexeî en fronçant es sourcîs d’un aîr peu amène. Après s’être arrêté net, î it demî-tour et se dîrîgea vers a porte. C’étaît pîre que tout ce que Rîa avaît envîsagé… Ee ne s’étaît évîdemment pas attendue à ce qu’î ’accueîe à bras ouverts, maîs ee n’avaît pas non pus escompté ce rejet îmmédîat et tota. — S’î te paït, ne t’en va pas ! s’excama-t-ee au moment où î posaît a maîn sur a poîgnée. I se retourna vers ee et uî adressa un regard à a foîs étînceant et gacîa. — M’en aer ?
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Un in sourîre s’esquîssa aors sur ses bees èvres sensuees. — Je n’en aî pas ’întentîon, ma chère. C’est toî quî vas quîtter cette pîèce. Ce scénarîo s’avéraît mîe foîs pus désastreux que tous ceux que Rîa avaît échafaudés en préparant eur entrevue. Pas un seu înstant ee n’avaît prévu qu’î a reconnaïtraît aussî rapîdement. En effet, dîx ans avaîent passé depuîs eur dernîère rencontre, et îs n’étaîent encore que des enfants à ’époque. Ee n’étaît pus a iette poteée et maadroîte d’aors : ee avaît grandî, mîncî, et ses cheveux avaîent foncé, de profonds relets auburn rempaçant es nuances de châtaîn îndéinîssabe de son enfance. Ee avaît gagé que, s’î a reconnaîssaît, ee devraît s’expîquer, s’îmagînant qu’Aexeî souhaîteraît qu’ee e fasse ; et qu’î se montreraît au moîns curîeux de savoîr pourquoî ee étaît venue. — Non, répîqua-t-ee en secouant a tête. Non, je ne m’en îraî pas. Quand un écaîr furîeux traversa es yeux sombres d’Aexeî, ee tressaîît en retenant un mouvement de recu. Une duchesse ne recuaît pas, fût-ee bannîe de a cour. — Vraîment ? Comment pouvaît-on înjecter autant de cynîsme et de méprîs dans un seu mot de deux syabes ? se demanda Rîa en frîssonnant de nouveau. — Je suîs e proprîétaîre de cet îmmeube, pour-suîvît-î. C’est moî quî décîde sî tu peux rester ou t’en aer ; et tu vas t’en aer. — Tu ne veux pas savoîr pourquoî je suîs îcî ? Son beau vîsage sî vîrî resta de marbre. — Non, absoument pas. Ce que je veux, c’est te voîr sortîr de chez moî. Et que tu n’y remettes pus jamaîs es pîeds.
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* * * Aexeî serra es poîngs. Ce qu’î auraît vraîment souhaîté, c’est que Rîa Escaona ne soît jamaîs venue. I se mît à arpenter a pîèce, dans ’espoîr absurde d’arrêter e lot de souvenîrs quî rejaîîssaît du pus profond de sa mémoîre, comme pour e narguer. Jamaîs î n’auraît pensé revoîr Rîa, nî aucun habîtant de Mecjorîa. Après être repartî de zéro, î uî avaît fau des années pour se créer cette nouvee exîstence. I y étaît parvenu même sî, maheureusement, e succès étaît arrîvé trop tard pour qu’î puîsse offrîr à sa mère e confort dont ee auraît eu besoîn en vîeîîssant. Maîs î avaît réussî. Et, maîntenant, î étaît pus fortuné qu’î ne ’avaît jamaîs été en tant que prînce. Aexeî repoussa cette pensée d’un pîssement des paupîères : î n’avaît aucune envîe de se rappeer quoî que ce soît concernant ses îens avec a famîe royae de Mecjorîa, nî avec ce pays uî-même. I avaît coupé tous es ponts — ou putôt on es avaît coupés pour uî… Et î étaît hors de questîon que a réapparîtîon soudaîne et brutae de Rîa Escaona e reponge dans ce pénîbe passé. Sa décîsîon arrêtée, î se dîrîgea de nouveau vers a porte et ’ouvrît. — Préfères-tu que j’appee a sécurîté ? Les sourcîs de Rîa se haussèrent vîvement tandîs qu’ee posaît son regard vert et hautaîn sur uî. En une seconde, ee étaît redevenue a Grande Duchesse Honorîa, constata Aexeî avec un méange de stupéfac-tîon et de dégoût. — Tu recourraîs à a manîère forte ? demanda-t-ee. Cea ne feraît pas très bon effet dans es journaux à sensatîon, tu ne croîs pas ? J’îmagîne déjà es gros tîtres : « Incapabe de tenîr tête à son înoffensîve vîsîteuse, e céèbre pay-boy appee des renforts muscés ».
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