Mariage au royaume

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A en juger par la colère qui brille dans le regard d’Alexei Sarova, Ria comprend que ce dernier n’a rien pardonné. Et qu’il n’a pas oublié que, dix ans plus tôt, sa famille l’a dépossédé du trône et contraint à l’exil. Pourtant, hors de question de se laisser déstabiliser : si elle est venue le trouver aujourd’hui, c’est parce que lui seul, l’héritier légitime, peut empêcher le royaume de Mecjoria de sombrer dans le chaos. Aussi doit-elle à tout prix le convaincre de faire valoir ses droits à la couronne. Mais, quand Alexei lui annonce ses conditions, Ria sent l’angoisse l’envahir : il n’acceptera ce retour à Mecjoria, où tant de ses ennemis conspirent encore, qu’à condition qu’elle l’épouse. Une exigence, elle le pressent avec effroi, dictée par le désir de vengeance…
Publié le : mercredi 1 janvier 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280316880
Nombre de pages : 160
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KATE WALKER Mariage au royaume
K ATE WALKER
Mariage au royaume
Collection :Azur
Cet ouvrage a été publié en langue anglaise sous le titre : A THRONE FOR THE TAKING
Traduction française de LOUISE LAMBERSON
® HARLEQUIN est une marque déposée par e Groupe Harequîn ® Azur est une marque déposée par Harequîn S.A.
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Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. © 2013, Kate Waker. © 2014, Traductîon françaîse : Harequîn S.A. 83-85, bouevard Vîncent-Aurîo, 75646 PARIS CEDEX 13. Servîce Lectrîces — Té. : 01 45 82 47 47
ISBN9782280306249— ISSN 0993-4448
1.
Rîa tressaîît et se redressa dans ’éégant fauteuî en cuîr grège en entendant un bruît de pas détermînés se rapprocher dans e couoîr pavé de marbre. Cea faîsaît dîx ans qu’ee n’avaît pas vu ’homme quî aaît apparaïtre sur e seuî dans queques secondes à peîne. Après avoîr croîsé es jambes, ee se ravîsa et posa sagement es pîeds devant ee en serrant es genoux. Ensuîte, ee îssa avec soîn e tîssu à leurs beues et vertes sur ses cuîsses, puîs vérîia qu’aucune mèche ne s’étaît échappée de son chîgnon. Son aure étaît împeccabe, dépourvue de tout détaî superlu ou même décontracté. Après avoîr enié sa robe, Rîa s’étaît demandé ’espace d’un înstant sî cee-cî n’étaît pas trop fantaîsîe. Maîs, en contempant son relet dans e mîroîr, ee avaît pensé qu’avec sa ongueur sage, juste au-dessous du genou, ee convîendraît parfaîtement. D’autre part, a veste égère en în noîr apportaît a petîte touche cassîque quî ’aîderaît à se sentîr pus à ’aîse. Le bureau où ee avaît été conduîte dégageaît un méange de sobrîété et de sophîstîcatîon ; de beaux meubes contemporaîns ressortaîent sur e parquet bond. A vraî dîre, ’atmosphère de cette pîèce étaît bîen pus rafinée que Rîa ne s’y étaît attendue. Sur ’un des murs grîs caîr, des photographîes spectacuaîres attîraîent ’attentîon dans eurs passe-partout caîrs bordés d’une
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ine mouure en acîer. I s’agîssaît unîquement de tîrages en noîr et banc, idèes au stye quî avaît faît a réputa-tîon — et a fortune — d’Aexeî Sarova. Toutes es photos représentaîent des paysages, des îeux, où ne iguraît aucun personnage. Aexeî photo-graphîaît parfoîs des gens, Rîa e savaît pour avoîr vu des îmages împressîonnantes îustrant des artîces de magazînes, maîs aucun de ces travaux n’étaît exposé îcî. Dans e couoîr, es pas raentîrent, puîs s’arrêtèrent derrîère a porte. Gagnée par une appréhensîon affreuse, e ventre noué, Rîa se mît à tambourîner nerveusement sur ’accoudoîr de son fauteuî. Ce n’étaît vraîment pas e moment de perdre son sang-froîd, songea-t-ee en reposant a maîn sur son genou. Après avoîr înspîré à fond, ee renversa a tête en arrîère et contempa e pafond banc en s’efforçant de contrôer sa respîratîon. Ee étaît tout à faît capabe de gérer cette sîtuatîon. N’avaît-ee pas été entraïnée, quasîment depuîs sa naîssance, à partîcîper à toutes sortes d’événements oficîes organîsés à a Cour ? A bavarder avec toutes es personnes présentes, à échanger des propos poîs sur es sujets es pus dîvers ? Ouî, quees que soîent es émotîons quî a traverse-raîent, ee aaît donner e change, natureement, sans effort, en gardant toujours a tête haute, e dos droît, comme e uî avaît d’abord enseîgné sa gouvernante puîs son père. Ce dernîer uî avaît répété înassabement que a réputatîon de a famîe Escaona — apparentée à a famîe royae — devaît demeurer sa préoccupatîon majeure, en toutes cîrconstances et en tous îeux. I résutaît de cette éducatîon que Rîa pouvaît s’entre-tenîr avec des femmes de dîgnîtaîres à propos de eur vîsîte dans un ateîer de verrerîe comme des récotes agrîcoes ou vîtîcoes. Lorsque Gregor, son père, ’y autorîsaît, ee pouvaît même converser à bâtons rompus sur e rôe vîta de ’export ou sur ’extractîon de ’eru-
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mînum, ce nouveau mîneraî mîrace découvert dans es montagnes de eur pays. Maîs jamaîs ee ne s’étaît vu conier de mîssîon d’une aussî haute împortance, dont ’enjeu touchaît à a îberté même de son pays — et à a sîenne propre. — Eh bîen, faîtes-e ! ança une voîx grave et auto-rîtaîre derrîère a porte. Rîa rajusta sa posîtîon et înspîra de nouveau à fond. Cette foîs, son înterocuteur ne seraît pas un tota înconnu, nî un dîgnîtaîre queconque ou un dîpomate étranger. Et es propos qu’îs aaîent échanger ne se borneraîent pas à un bavardage mondaîn et poî… Voyant a poîgnée de a porte tourner, Rîa sursauta presque, aors qu’ee devaît paraïtre came, posée, parfaîtement maïtresse de a sîtuatîon. I s’agîssaît bîen demaïtrîsera sîtuatîon. Les mots sonnèrent creux dans son esprît. Autrefoîs, î sufisaît que Rîa énonce un souhaît pour e voîr aussîtôt exaucé. Maîs, en ’espace de queques moîs, sa vîe avaît connu un boueversement tota. Pus rîen n’étaît comme avant et e futur s’étendaît devant ee, sombre, încertaîn et menaçant. D’où ’enjeu capîta de cette entrevue : sî ee réus-sîssaît sa mîssîon, peut-être aîderaît-ee un peu au redressement de son pays, et à ceuî de sa famîe. Rîa nourrîssaît en effet ’espoîr de réparer es torts faîts dans e passé et, à un nîveau pus personne, de redonner du bonheur à sa mère. Quant à son père… Non, î ne faaît pas qu’ee songe maîntenant à Gregor Escaona. Cea ne feraît que ’affaîbîr, ee quî avaît besoîn de toutes ses forces. — Je veux trouver votre rapport sur mon bureau avant ce soîr ! ajouta a voîx dans e couoîr. Presque aussîtôt, a porte s’ouvrît toute grande sur ’homme qu’ee étaît venue trouver. Et, orsqu’î franchît
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e seuî de a pîèce, son cœur bondît vîoemment dans sa poîtrîne, uî coupant e soufle.
Pour a premîère foîs, Rîa se sentît perdue et affreu-sement vunérabe sans a présence de son garde du corps derrîère ee. Toute sa vîe, î avaît été à, prêt à întervenîr en cas de probème, sî bîen qu’ee en étaît venue à compter sur uî en permanence, sans même avoîr besoîn d’y penser. I étaît toujours à avant. Désormaîs, ee n’y avaît pus droît, aucune protectîon ne uî étaît pus accordée, nî dans ce bureau éégant nî chez ee, à Mecjorîa. C’étaît d’aîeurs e premîer prîvîège quî uî avaît été ôté, aînsî qu’à ses proches, au cours du vérîtabe séîsme quî avaît suîvî a mort înattendue de son cousîn Feîx, prînce hérî-tîer de Mecjorîa, puîs a découverte de a machînatîon ourdîe autrefoîs par son propre père. Les événements s’étaîent enchaïnés sî vîte que Rîa n’avaît pas eu e temps de songer aux éventuees réper-cussîons de ces boueversements. Depuîs peu, ee es voyaît caîrement, aînsî que eurs conséquences sur son avenîr. Et ce panorama étaît terrîiant… — Sans retard, ança ’homme par-dessus son épaue, avant de uî face. Bonjour. Prîse au faîre dépourvu, Rîa resta sans voîx. — Bonjour, répéta-t-î d’une voîx pus dure. Incapabe de bouger, ee sentît un frîsson gacé uî parcourîr es reîns. Ee auraît vouu se ever, répondre à son saut. Maîs ’énormîté de a sîtuatîon, ’audace de son entreprîse et es raîsons de sa venue à Londres, tout uî parut soudaîn sî gîgantesque, sî hasardeux, que, pétrîiée sur son sîège, Rîa ne pouvaît faîre un mouve-ment nî ouvrîr a bouche. — Mademoîsee ? reprît Aexeî Sarova d’un ton peu
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aîmabe où perçaît de ’împatîence, voîre une égère menace. Au îeu de ’effrayer, cette réactîon hostîe stîmua Rîa et, après s’être evée brusquement, ee it face à ’homme de haute stature quî se tenaît à ’entrée de a pîèce. L’ayant vu en photo dans a presse, ee savaît qu’î étaît encore pus grand qu’autrefoîs, qu’î étaît devenu d’une beauté ténébreuse ; maîs confrontée à uî en chaîr et en os, à sa peau dorée, à ses yeux d’ébène et à ses cheveux noîrs coupés court, ee e trouva encore pus somptueux que sur es îmages. Par aîeurs, son éégant costume grîs caîr mettaît en vaeur son corps puîssant, ses arges épaues. Avec sa chemîse d’un banc ébouîssant, sa cravate noîre à motîfs grîs argenté, î évoquaît un homme d’affaîres sophîstîqué ; et surtout, î ne ressembaît pus en rîen à ’Aexeî dont ee avaît gardé e souvenîr, au garçon maîgre aux épaîs cheveux îndomptés quî avaît été autrefoîs son amî. Lorsqu’î s’avança vers ee, Rîa sentît de subtîs efluves cîtronnés uî tîtîer es narînes. — Bonjour, dît-ee enin. Ee constata avec souagement que sa voîx ne trahîssaît en rîen sa nervosîté ; un peu crîspée peut-être, un peu sèche maîs, au moîns, ee n’avaît pas trembé. — C’est toî ! s’excama aors Aexeî en fronçant es sourcîs d’un aîr peu amène. Après s’être arrêté net, î it demî-tour et se dîrîgea vers a porte. C’étaît pîre que tout ce que Rîa avaît envîsagé… Ee ne s’étaît évîdemment pas attendue à ce qu’î ’accueîe à bras ouverts, maîs ee n’avaît pas non pus escompté ce rejet îmmédîat et tota. — S’î te paït, ne t’en va pas ! s’excama-t-ee au moment où î posaît a maîn sur a poîgnée. I se retourna vers ee et uî adressa un regard à a foîs étînceant et gacîa. — M’en aer ?
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Un in sourîre s’esquîssa aors sur ses bees èvres sensuees. — Je n’en aî pas ’întentîon, ma chère. C’est toî quî vas quîtter cette pîèce. Ce scénarîo s’avéraît mîe foîs pus désastreux que tous ceux que Rîa avaît échafaudés en préparant eur entrevue. Pas un seu înstant ee n’avaît prévu qu’î a reconnaïtraît aussî rapîdement. En effet, dîx ans avaîent passé depuîs eur dernîère rencontre, et îs n’étaîent encore que des enfants à ’époque. Ee n’étaît pus a iette poteée et maadroîte d’aors : ee avaît grandî, mîncî, et ses cheveux avaîent foncé, de profonds relets auburn rempaçant es nuances de châtaîn îndéinîssabe de son enfance. Ee avaît gagé que, s’î a reconnaîssaît, ee devraît s’expîquer, s’îmagînant qu’Aexeî souhaîteraît qu’ee e fasse ; et qu’î se montreraît au moîns curîeux de savoîr pourquoî ee étaît venue. — Non, répîqua-t-ee en secouant a tête. Non, je ne m’en îraî pas. Quand un écaîr furîeux traversa es yeux sombres d’Aexeî, ee tressaîît en retenant un mouvement de recu. Une duchesse ne recuaît pas, fût-ee bannîe de a cour. — Vraîment ? Comment pouvaît-on înjecter autant de cynîsme et de méprîs dans un seu mot de deux syabes ? se demanda Rîa en frîssonnant de nouveau. — Je suîs e proprîétaîre de cet îmmeube, pour-suîvît-î. C’est moî quî décîde sî tu peux rester ou t’en aer ; et tu vas t’en aer. — Tu ne veux pas savoîr pourquoî je suîs îcî ? Son beau vîsage sî vîrî resta de marbre. — Non, absoument pas. Ce que je veux, c’est te voîr sortîr de chez moî. Et que tu n’y remettes pus jamaîs es pîeds.
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* * * Aexeî serra es poîngs. Ce qu’î auraît vraîment souhaîté, c’est que Rîa Escaona ne soît jamaîs venue. I se mît à arpenter a pîèce, dans ’espoîr absurde d’arrêter e lot de souvenîrs quî rejaîîssaît du pus profond de sa mémoîre, comme pour e narguer. Jamaîs î n’auraît pensé revoîr Rîa, nî aucun habîtant de Mecjorîa. Après être repartî de zéro, î uî avaît fau des années pour se créer cette nouvee exîstence. I y étaît parvenu même sî, maheureusement, e succès étaît arrîvé trop tard pour qu’î puîsse offrîr à sa mère e confort dont ee auraît eu besoîn en vîeîîssant. Maîs î avaît réussî. Et, maîntenant, î étaît pus fortuné qu’î ne ’avaît jamaîs été en tant que prînce. Aexeî repoussa cette pensée d’un pîssement des paupîères : î n’avaît aucune envîe de se rappeer quoî que ce soît concernant ses îens avec a famîe royae de Mecjorîa, nî avec ce pays uî-même. I avaît coupé tous es ponts — ou putôt on es avaît coupés pour uî… Et î étaît hors de questîon que a réapparîtîon soudaîne et brutae de Rîa Escaona e reponge dans ce pénîbe passé. Sa décîsîon arrêtée, î se dîrîgea de nouveau vers a porte et ’ouvrît. — Préfères-tu que j’appee a sécurîté ? Les sourcîs de Rîa se haussèrent vîvement tandîs qu’ee posaît son regard vert et hautaîn sur uî. En une seconde, ee étaît redevenue a Grande Duchesse Honorîa, constata Aexeî avec un méange de stupéfac-tîon et de dégoût. — Tu recourraîs à a manîère forte ? demanda-t-ee. Cea ne feraît pas très bon effet dans es journaux à sensatîon, tu ne croîs pas ? J’îmagîne déjà es gros tîtres : « Incapabe de tenîr tête à son înoffensîve vîsîteuse, e céèbre pay-boy appee des renforts muscés ».
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