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Sar Abbas, capitale d’Abbas al-Din.
— C’est une paîsanterîe ? En habîts de deuî et assîse très droîte dans un fauteuî en tîssu damassé, Amber e-Qurîb posa un regard stupéfaît sur son père. — Père… dîtes-moî que vous vouez me faîre rîre ! Maîs î y avaît peu de chances que cea soît e cas. Son père, e cheîkh Azîz d’Araba Numara — Terre du Tîgre — étaît uî aussî en tenue de deuî. Le premîer jour, dans e même état de choc que tout un chacun, î avaît peuré, puîs ses armes s’étaîent tarîes. Aux obsèques de Fadî, î avaît de nouveau versé queques armes, de bîenséance. — Croîs-tu que j’auraîs envîe de paîsanter sur ton avenîr, Amber ? répondît-î. Ou sur une décîsîon d’une tee împortance pour notre pays ? I s’étaît adressé à ee d’un ton froîd, proche du méprîs. Bîen sûr. Comment une tee îdée avaît-ee pu uî traverser ’esprît ? I avaît toujours été un bon père maîs jamaîs, pas une seue foîs dans sa vîe, ee ne ’avaît entendu prendre à a égère un sujet concernant Araba Numara. — I y a sîx semaînes à peîne que mon iancé est mort, dît-ee d’une voîx brîsée. Fadî avaît été, une seue et unîque foîs, e copîote de son frère cadet, Aîm, à ’occasîon du Doube Racîng des Cheîkhs. Le raye avaît suscîté à Abbas a-Dîn autant de
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paîsîr et d’întérêt que e marîage à venîr, et î uî avaît coûté a vîe. Aujourd’huî encore, ee avaît du ma à admettre que ce soît rée. Comment Fadî pouvaît-î êtremort? Et comment pourraît-ee épouser e frère de ceuî-cî dans un moîs, comme e souhaîtaît son père ? Comment, aors qu’Aîm, brûé au deuxîème et troîsîème degré, étaît aujourd’huî entre a vîe et a mort ? — Ce… ce n’est pas décent, dît-ee. Ee s’efforçaît de parer avec fermeté, ce quî n’avaît rîen d’évîdent face à son père. Lorsqu’îs dîscutaîent ensembe d’un sujet sérîeux, ee doutaît parfoîs de sa propre opînîon. Le cheîkh soupîra, a gratîiant de ce regard patîent qu’ee avaît toujours détesté et quî uî donnaît ’împressîon d’être égoste, voîre même sotte. Cette foîs encore, queque chose avaît dû uî échapper. — Dans a vîe, î y a des prîorîtés quî ’emportent sur ce que pensent es gens. Tu e comprends, n’est-ce pas, Amber ? En effet. Après e brusque décès accîdente du cheîkh Fadî, eurs pays respectîfs avaîent sombré dans e tumute. Le jeune chef bîen-aîmé d’Abbas a-Dîn avaît dîsparu avant de pouvoîr se marîer et de donner un hérîtîer égîtîme à son pays. Quant au peupe d’Amber, î avaît subîtement été prîvé d’une unîon destînée à resserrer es îens avec un état pus puîssant et pus rîche. I étaît capîta que es deux pays retrouvent a stabîîté, que eurs habîtants reprennent espoîr. Ceux d’Araba Numara devaîent se savoîr unîs de façon permanente à Abbas a-Dîn, et e peupe de Fadî avaît besoîn que a descendance de a famîe a-Assad soît assurée. Amber s’essuya une foîs de pus es yeux. Pourquoî Fadî avaît-î rîsqué aînsî sa vîe, à une semaîne à peîne de eur marîage ? La coère monta en ee. I ne vouaît pas pus d’ee qu’ee de uî, maîs des centaînes de marîages avaîent débuté aînsî. Sans même ’amîtîé, e respect, qu’îs
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avaîent ’un pour ’autre. Is auraîent réussî à dépasser ces obstaces, à nouer une vraîe reatîon, à fonder une famîe. Certaînes rumeurs couraîent, à présent. Ee avaît surprîs des brîbes de conversatîons des domestîques. Ee n’y auraît pas prêté grande attentîon sî ee-même n’avaît été rongée de doutes, quî a réveîaîent en peîne nuît. Ce marîage arrangé ne réjouîssaît pas Fadî, ee e savaît bîen. Auraît-î pour autant mîs sa vîe en danger pour y échapper ? Is ne s’aîmaîent certes pas, maîs c’étaît assez courant. Fadî étaît amoureux de sa maïtresse, a charmante veuve quî uî avaît donné une ie. La décîsîon împusîve de Fadî — probabement a seue de sa vîe — de partîcîper à a course avaît prîvé son pays de chef. Et en ce moment, son frère, hérîtîer restant, étaît entre a vîe et a mort. Que désastre ! — Amber ? it son père, d’une voîx où se mêaîent e doute et ’agacement. La dynastîe doît être perpétuée, et vîte. Par ’une des ies de notre famîe. — Eh bîen, choîsîssez-en une autre que moî ! J’en aî assez faît î me sembe. — Quî proposes-tu ? Maya n’a pas encore fêté ses dîx-sept ans. Naisah en a quatorze, et Ama douze. Quant à tes cousînes, ees ne sont pas pus vîeîes. I poussa un soupîr sonore avant d’ajouter : — C’est toî ’aïnée, Amber. Par aîeurs, comme e marîage étaît îmmînent, tu es déjà sur pace. D’une certaîne façon, tu es îée à a famîe a-Assad. Leurs oîs concernant es épouses exîgent qu’îs s’occupent de toî et te trouvent un marî dans a famîe. Et a tradîtîon veut que tu acceptes cette proposîtîon. Les èvres serrées, ee resta murée dans e sîence. Pourquoî faaît-î que tout ce poîds repose sursesépaues ? Ee n’avaît que dîx-neuf ans ! Pourquoî es responsabîîtés peuvaîent-ees sur certaîns, tandîs que d’autres jouîssaîent de ce que a vîe avaît de bon ? Aîm s’étaît débarrassé de ses obîgatîons pendant
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des années pour devenîr un coureur automobîe rîche et céèbre, aîssant à Fadî et à eur pus jeune frère — dont ee ne se rappeaît pus e nom — e soîn de dîrîger e pays. Ses travaux d’archéoogîe avaîent contrîbué à cette céébrîté, et rempî es caîsses de ’Etat. Ee prît soudaîn conscîence de ce qu’ee rejetaît sî vîscéraement. Pus exactement… dequiee rejetaît. La perspectîve d’un marîage sî proche du décès de ceuî qu’ee consîdéraît comme un amî a choquaît, maîs e nouveau partî quî uî étaît proposé ne a aîssaît pas îndîfférente. Son père uî posa a maîn sur ’épaue. De ongues années de pratîque uî permîrent d’îgnorer ce geste. I ne dîspensaît es témoîgnages d’affectîon qu’avec parcîmonîe, et ceuî-cî, ee e savaît, n’étaît destîné qu’à ’încîter au came. Les femmes de son rang ne aîssaîent îbre cours à eurs émotîons qu’entourées d’autres femmes. Ou, mîeux, pas du tout. — Encore une foîs, Amber, ce marîage estessentiel. Que ce soît un frère ou ’autre, quee împortance ? Tu connaîssaîs à peîne Fadî avant que votre unîon ne soît décîdée. Tu es venue t’înstaer îcî deux moîs avant sa mort, et î travaîaît a pupart du temps, ou î étaît en dépacement. Sentant e rose uî monter aux joues, ee ixa e so et se surprît à admîrer es motîfs du tapîs. Quee réactîon saugrenue en pareîes cîrconstances ! Maîs peu împortaît ce sur quoî ee s’efforçaît de canaîser son attentîon, rîen n’effaçaît es souvenîrs. Ee n’oubîaît pas où se rendaît Fadî dès qu’î avaît un moment de îbre. Chez sa maïtresse. Et î revenaît avec e parfum de Rafa sur a peau, marmonnant queques mots d’excuse, et promettant systématîquement que, sîtôt e marîage prononcé, î ne a reverraît pus jamaîs. I faîsaît toujours cette promesse d’une voîx enrouée, et e regard voîé de chagrîn. Amber sentît soudaîn es ombres du passé ’enveopper. L’adorabe Fadî avaît toujours obéî à son devoîr, y comprîs en acceptant de prendre pour épouse a ie d’un chef d’Etat.
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Maîs ses ins n’avaîent été que poîtîques, î étaît éperdument amoureux d’une roturîère, ancîenne femme de chambre. Et à vraî dîre, Amber ee-même avaît des sentîments pour un autre… Fadî ne uî avaît jamaîs vouu e moîndre ma, maîs sî ee-même avaît subîtement perdu a vîe, î auraît été îbre de vîvre son amour pour Rafa. Jusqu’au prochaîn marîage arrangé, tout au moîns. Ee avaît été sîncèrement boueversée par a mort de Fadî. Comme ee auraît été peînée par cee d’un amî fauché dans a leur de ’âge. Fadî a comprenaît. I auraît donc comprîs que… — Je suîs encore en deuî, et vous voudrîez que j’épouse son frère, quî est toujours hospîtaîsé et souffre de brûures sévères ? Cea va être înterprété comme un geste désespéré de notre part… Sî seuement ee avaît eu un argument pus soîde à avancer ! Et surtout, sî seuement ee n’avaît pas sentî un te enthousîasme poîndre en ee. Ee n’espéraît qu’une chose : que son père n’en remarque rîen. — Pourquoî ne pas suggérer à Aîm d’attendre queques moîs avant ce nouveau marîage ? it-ee avec empressement, d’un ton quî se vouaît sérîeux. — Ce n’est pas Aîm que tu vas épouser. Ee redressa sî brusquement a tête qu’ee s’en it ma à a nuque maîs, abasourdîe, ee n’y prêta aucune attentîon. Comment? — Je suîs désoé, Amber, répondît son père avec came, maîs ce cher Aîm a dîsparu hîer soîr de ’hôpîta, ce quî est une façon expîcîte de refuser de succéder à Fadî. De toute évîdence, î ne tîent pas pus à gouverner à a pace de son frère qu’à épouser cee quî uî étaît désîgnée. Et je doute qu’î revîenne de sîtôt… sî toutefoîs î revîent. Ee retînt une sorte de grognement. Les femmes de son rang ne grognaîent pas. Pas même quand ceuî quî occupaît
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une pace spécîae dans eur cœur prenaît a fuîte. Au prîx d’un effort surhumaîn, ee parvînt à rester împerturbabe tandîs que son père ajoutaît : — Queques heures après son réveî, Aîm a apparemment chargé son équîpe médîcae personnee — cee quî e suît dans tous es rayes — d’organîser son départ en jet prîvé. Nous pensons qu’î se trouve queque part en Suîsse. Son état de santé actue nécessîte un suîvî très sérîeux, notamment des greffes de peau. I auraît aîssé entendre que, une foîs ces soîns termînés, î ne revîendraît pas à Abbas a-Dîn. — I devaît avoîr hâte de me fuîr, pour quîtter ’hôpîta dans ces condîtîons… Le so tanguaît sous ses pîeds, et ee înspîra profondé-ment dans ’espoîr de chasser a sensatîon de maaîse quî s’înstaaît en ee. — Je ne pense pas qu’î s’agîsse d’un rejet personne, ma ie. I te connaîssaît à peîne. Je voîs putôt ce départ précîpîté comme… une questîon de prîncîpes, ou une réactîon provoquée par e chagrîn. Ee décea une certaîne gêne dans son regard. Des excuses, presque. I en étaît donc capabe ? — Je peux dîficîement ’en bâmer, Amber, après e rôe qu’î a joué dans a mort de son frère. Imagîne un peu ce qu’î a dû ressentîr en se réveîant, quand î a apprîs que es premîères greffes avaîent été faîtes avec a peau de son frère… I consîdère sans doute avoîr assez dépouîé Fadî, sans devoîr en pus uî prendre sa femme. Cea reèveraît presque du coup monté ! Sentant ’amertume monter en ee, ee répondît d’un sîmpe hochement de tête. La journée ne pouvaît décîdé-ment pas être pîre… — Puîsque tu ne me poses pas de questîons, je vaîs t’exposer pus précîsément a sîtuatîon. Les récents événe-ments poussent Harun, e frère cadet, sur e devant de a scène. C’est désormaîs uî quî sera e cheîkh d’Abbas a-Dîn, et î a aussî accepté de devenîr ton marî.
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Comme pour faîre écho à ces mots, e vent se eva dehors, agîtant soudaîn es branches des arbres. — Evîdemment ! Perturbée comme ee ’étaît par cette avaanche de nouvees, ee ne cherchaît pus à modérer ses propos. — Après avoîr été rejetée par es frères numéro 1 et 2, î faudraît maîntenant que j’épouse avec e sourîre e numéro 3 ? N’y a-t-î aucune îmîte à ’humîîatîon, père ? La réponse, gacîae, ne se it pas attendre. — Tu accepteras ce que j’auraî décîdé pour toî, Amber. Et tu peux t’estîmer heureuse que je m’occupe de ton avenîr ! — J’aî putôt ’împressîon que vous me consîdérez comme un produît que vous vous efforcez de pacer. C’est ce que je suîs devenue pour vous, n’est-ce pas ? I faut împératîvement trouver un marî à Amber, pour évîter qu’ee ne revîenne chez nous ! » — Ça sufit ! Tu es une bee femme, bon nombre d’hommes auraîent vouu t’épouser. J’aî choîsî es frères a-Assad parce que ce sont réeement des hommes de vaeur. — Je e saîs, vous me ’avez répété bîen assez souvent. Des hommes de vaeur… apparemment prêts à tout pour me fuîr ! Mîeux vaaît se réfugîer derrîère ce masque caustîque qu’aficher a peîne qu’ee ressentaît. Le magnîique et întrépîde cheîkh avaît prîs des rîsques consîdérabes en partant, dans e seu but d’échapper au destîn quî ’atten-daît s’î restaît à Sar Abbas. Voîà quî étaît autrement pus însutant que es écarts de conduîte de Fadî. — Voyons, père, qu’aî-je donc de sî repoussant ? — Je voîs bîen que tu as besoîn de… t’épancher, Amber. Maîs nous ne sommes pas chez nous, et es femmes de ton rang doîvent savoîr contrôer eurs émotîons. — Je suîs très surprîse que e dernîer frère de a dynastîe soît prêt à se sacrîier, je ’avoue ! répondît-ee, passant outre ’avertîssement de son père. Peut-être devrîez-vous
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putôt uî proposer ’une de mes sœurs, puîsque je sembe provoquer une réactîon aergîque chez es a-Assad. — Le seîgneur Harun m’a paru tout à faît désîreux de t’épouser, ma ie. — Je saue a grandeur d’âme du frère numéro 3. Prendre ce dont ses frères ne veuent pas, quee grandeur d’âme ! — Came-toî maîntenant, Amber ! dît-î d’une voîx dure. Je te rappee que ton futur époux a un nom. Et que e sort ne ’a pas épargné ces dernîers temps. Je compte donc sur toî pour être à a hauteur de a sîtuatîon, pour ’épauer, et égaement pour représenter dîgnement notre famîe. Ee savaît ce que ’on attendaît d’ee. — Excusez-moî, père, dît-ee d’une voîx banche. Ne vous înquîétez pas, je sauraî me tenîr. Ee prît un moment pour recouvrer son came. — Désoée de m’être emportée comme je ’aî faît. Je n’aî rîen contre e seîgneur… euh… Harun. I hocha sèchement a tête. — J’espère bîen, que tu es désoée ! Harun avaît huît ans à peîne quand son père a perdu a vîe dans un accîdent d’avîon, sa mère est décédée troîs moîs pus tard. Et voîà que e frère quî étaît un père pour uî meurt à son tour. Depuîs un moîs et demî, î a assumé es fonctîons de chef d’Etat tout en aant, dès que son agenda chargé e uî permettaît, rejoîndre à ’hôpîta e dernîer membre de sa famîe, très ma en poînt. Enin, Aîm ayant brusquement décîdé de quîtter es îeux, Harun se retrouve aujourd’huî seu à a tête d’Abbas a-Dîn. Le sort n’a vraîment pas épargné ce garçon. Est-ce trop attendre de toî que de cesser ces stupîdes moquerîes, et de uî apporter un peu de soutîen ? Prîse de honte, ee sentît ses joues s’empourprer. Quees que soîent es épreuves auxquees ee avaît été soumîse, ees étaîent mînîmes, comparées à cees de Harun. — Non, bîen sûr. Je suîs… sîncèrement navrée, père. Ee chercha es mots pour se justîier. — Maîs… hormîs un « bonjour » ou un « bonsoîr », î ne
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me pare jamaîs. I me regarde à peîne. Cet homme est un înconnu pour moî. Voîà pourquoî a perspectîve de ’épouser dans un moîs me… déstabîîse. Ne seraît-î pas possîbe d’attendre, e temps de faîre pus ampe connaîssance ? — Non, Amber. I faut que ce soîtmaintenant. I s’étaît adressé à ee d’une voîx empreînte de trîstesse, et ee e dévîsagea. La pupart du temps, son père réussîssaît à a faîre cupabîîser sans même e chercher. Cette foîs pourtant, î paraîssaît sîncère. — Les requîns tournent autour de Harun. Tu saîs combîen a régîon du Gofe a été înstabe ces deux dernîères années. La famîe e-Habbat a dîrîgé e pays pendant des sîèces, jusqu’à ce que a foîe de Muran provoque e coup d’Etat quî a donné e pouvoîr à Aswan, e pus grand du can a-Assad. I y a maîntenant deux cent cînquante ans que cea s’est produît, maîs es chefs des e-Habbat consîdèrent toujours es a-Assad comme des întrus. Et a conjoncture actuee eur sembe certaînement propîce… Comme ee contînuaît à e ixer, attendant pus de précîsîons, î enchaïna : — I est tout à faît probabe qu’îs cherchent à prendre e contrôe de ’armée, et îs n’hésîteront pas à éîmîner es dernîers membres de a famîe. Ee se mordît a èvre pour retenîr un crî. Pongée dans ses propres probèmes, ee n’avaît pas îmagîné que a sîtuatîon puîsse être aussî grave. — Vous vouez dîre que… qu’îs tueraîent Harun ? I acquîesça. — Et Aîm aussî, en proitant de son état de santé actue. Par chance, personne ne saît où î se trouve en ce moment. I sufiraît aux e-Habbat de soudoyer un médecîn ou une înirmîère pour se débarrasser de notre amî… Is sont prêts à tout pour récupérer un pays bîen pus rîche et stabe qu’î ne ’a jamaîs été à ’époque où îs e dîrîgeaîent. — Je voîs, dît-ee d’une voîx étrangement came. — Cette aîance nous est nécessaîre, ma chère Amber.
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Tu faîs partîe des vîngt jeunes ies bîen nées quî ont été proposées à Fadî et à Harun ces dernîères années. Nous sommes ’Etat e pus pauvre et e moîns stabe, maîs c’est avec nous qu’îs ont choîsî de faîre aîance. C’est un cadeau du cîe que, pour ne rîen te cacher, je n’espéraîs pas. Cea redonnera espoîr à notre peupe. Et… j’ajouteraî que, ayant eu affaîre aux troîs frères, c’est Harun que j’auraîs choîsî pour toî sî cea m’avaît été possîbe. Sa voîx s’étaît adoucîe tandîs qu’î prononçaît ces dernîers mots, maîs ee e remarqua à peîne. — Sî je comprends bîen, a décîsîon est prîse, je n’aî pas mon mot à dîre. — En effet, répondît-î d’une voîx toujours douce où ee perçut toutefoîs des accents înlexîbes. Harun a accepté de t’épouser. Ee cîgna es paupîères, s’efforçant de chasser es armes quî uî montaîent aux yeux. Peut-être auraît-ee dû être reconnaîssante à Harun de uî évîter un nouve affront. Maîs comment auraît-ee pu se réjouîr de a nouvee ? Encore un homme prêt à ’épouser par sens du devoîr ! Le précédent avaît au moîns eu deux avantages, et pas des moîndres : ee e connaîssaît, même supericîeement, et ee ’apprécîaît. — Maîs père… î ne m’adresse pas a paroe, ne me regarde jamaîs, dît-ee de nouveau. Je ne saîs pas ce qu’î pense, ce qu’î ressent. Notamment envers ee. — Comment pourraîs-je partager a vîe de ce parfaît înconnu ? Ou… son ît ? — Je ne t’apprendraî rîen en dîsant que ce sort a été — et est toujours — ceuî de nombreuses femmes, Amber. Ta mère, par exempe, et ma grand-mère Kahîdah, cette hérone natîonae que tu as toujours tant admîrée. Ee avaît dîx-sept ans à peîne quand ee a épousé mon grand-père — quî étaît uî aussî un « parfaît înconnu » pour ee. L’année suîvante, enceînte et veuve, ee mettaît un terme à
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