Mariée pour l'honneur - Troublante revanche - Un fascinant inconnu

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Mariée pour l’honneur, Penny Jordan
Pour laver l’honneur de sa famille, et selon les coutumes du Fortenegro, Ionanthe n’a pas le choix : elle doit prendre la place de sa sœur et épouser le ténébreux prince du royaume. Un homme froid et insensible qu’elle méprise profondément…

Troublante revanche, Nathalie Rivers
Quand Claudia voit Marco De Luca s’inviter dans son refuge au bord de la mer, elle sent la colère l’envahir. Comment ose-t-il se présenter devant elle, alors qu’il a disparu de sa vie quatre ans plus tôt, sans un mot d’explication ? Même s’il semble éprouver pour elle le même désir qu’autrefois, Marco lui cache, elle en est certaine, la véritable raison de sa présence…

Un fascinant inconnu, Jennie Lucas
Alors qu’elle s’est isolée quelques minutes pour échapper à la foule qui se presse à son mariage, Rose est prise à partie par un troublant inconnu, qui lui fait une révélation stupéfiante : celui qu’elle vient d’épouser est un imposteur, un homme déjà marié…
Publié le : lundi 1 février 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280359320
Nombre de pages : 416
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Prologue

— Et si je refuse de vous épouser ?

Ionanthe avait beau faire de son mieux pour rester impassible, elle savait que sa voix tremblait légèrement.

Max la dévisagea, imperturbable.

— Je crois que vous connaissez la réponse à cette question.

Les rayons du soleil couchant, pénétrant par la fenêtre de la tour, réchauffaient la masse sombre des cheveux de la jeune femme et baignaient d’un éclat doré ses traits fins, d’une beauté classique. C’était une femme du XXIe siècle, prisonnière de traditions sauvages et archaïques, songea Max.

L’intensité des émotions qu’elle éveillait en lui le prenait de cour. C’était un dangereux mélange de désir et de compassion, deux sentiments qu’il n’aurait pas dû ressentir.

En particulier le désir.

Immédiatement, il se détourna, pareil à un adolescent un peu trop enthousiaste trahi par ses hormones. A ceci près qu’il n’était plus un adolescent. Et il était parfaitement capable de se contrôler. Il se promit en silence de ne plus se faire surprendre.

Ce n’était pas par plaisir qu’il était là, dans cette pièce, avec cette femme. Sa tâche était ingrate et il ne l’accomplissait que par devoir. Il méprisait les circonstances qui les avaient réunis, il méprisait ce qu’il avait à faire. Mais c’était soit la sacrifier elle — et lui au passage, d’ailleurs —, soit sacrifier son peuple tout entier.

Le choix était vite fait. Le doute était un luxe et il ne pouvait se permettre, dans sa position, d’écouter ses émotions. Son devoir passait avant tout. Et ce devoir, il l’avait accepté le jour où il était devenu le prince régnant du Fortenegro. Il devait servir son peuple. Et Ionanthe également.

Ses émotions de nouveau sous contrôle, il se tourna vers elle. L’avenir d’un pays tout entier reposait sur ses épaules. Il aurait préféré se montrer honnête avec elle mais comment le pouvait-il, connaissant la famille de Ionanthe ? Son grand-père, il le savait, avait été un intrigant de premier ordre. Ses petits-enfants avaient immanquablement hérité de ses qualités. Il était bien placé pour le savoir !

Elle le dévisageait sans ciller, la mine hostile.

— Vous voulez dire que je serai jetée en pâture aux loups, c’est ça ? Je serai livrée au peuple, qui me fera payer la dette d’honneur que ma famille a contractée envers vous ?

Max ne répondit pas et elle partit d’un rire amer.

— Et vous osez prétendre que vous êtes un homme moderne ?

— Je ne suis responsable ni du crime, ni du châtiment. J’ai les mains liées, tout comme vous.

Elle baissa les yeux. Il avait raison. La seule façon d’expier les crimes de sa sœur était d’accepter de l’épouser et de lui donner un héritier mâle. Ou d’être livrée à la populace pour subir une punition féodale qui n’avait de justice que le nom.

Comme elle tardait à répondre, Max se perdit dans ses pensées, revoyant les événements qui les avaient tous deux conduits dans cette impasse…

1.

— Le crime doit être puni, Votre Altesse, déclara le conseiller d’un ton solennel, posant un regard sévère sur Max.

Le comte ne cherchait pas à dissimuler son mépris. Max savait que le vieil homme le considérait comme un bien piètre souverain pour le Fortenegro — la citadelle noire, un nom dû aux falaises sombres qui protégeaient la côte sud de l’île.

— Justice doit être rendue, martela le comte Petronius.

Comme la plupart des conseillers, le comte affichait une soixantaine avancée. La société du Fortenegro était farouchement patriarcale, ses lois dures et parfois cruelles reflétant sa mentalité passéiste. Une mentalité que Max avait bien l’intention de changer.

C’était la seule raison pour laquelle il avait accepté de succéder à son défunt cousin. Il voulait faire ce dont son père avait toujours rêvé : tirer son pays de l’obscurantisme et l’ouvrir à la modernité. Mais cela demanderait, il le savait, du temps et de la patience. Il devait d’abord gagner le respect de son peuple, puis sa confiance.

Et si ce peuple se méfiait instinctivement du changement, que dire de ses conseillers ? Ils étaient pires encore, refusant en bloc tout ce qui menaçait des siècles de tradition. Même quand ces traditions étaient totalement barbares, comme celle qui le préoccupait en ce moment.

— Œil pour œil, dent pour dent, reprit le comte avec un enthousiasme presque pervers. C’est notre loi. Votre peuple attend de vous que vous la fassiez respecter. Sans quoi, comment pourront-ils vous confier leur honneur si vous n’êtes pas capable de défendre le vôtre ?

En silence, Max dévisagea les ministres assemblés autour de la longue table. Il les savait réticents à abandonner le pouvoir que son cousin Cosmo leur avait délégué pour mener une vie de play-boy insouciant.

Mais Cosmo était mort, fauché à trente-deux ans par l’une de ses drogues prétendument « récréatives ». En l’absence d’héritier mâle, le titre était passé à Max.

Justice devait être rendue, concéda-t-il en son for intérieur. Mais pas celle de ces vieillards. Sa justice.

De nouveau, le doyen des conseillers prit la parole.

— Votre peuple attend que vous vous vengiez sur la famille de votre défunte épouse. Elle vous a trahi. Ils doivent payer.

Max n’était pas dupe des motivations du comte Petronius. Ce dernier et le grand-père d’Eloise avaient été ennemis jurés, avec pour seul point commun leur croyance en un code moral rigide et sorti d’un autre âge. A présent qu’Eloise et son grand-père étaient morts, Max était donc censé se venger sur le seul membre de leur famille qui restait, la sœur d’Eloise. Aux yeux de son peuple, c’était autant un droit qu’un devoir.

Mais Max était horrifié à l’idée de s’y conformer. Et pourtant, d’une façon ou d’une autre, il lui fallait gagner l’estime de ses sujets. Sans elle, il ne pourrait jamais moderniser le Fortenegro. Et puis, il n’était pas à un sacrifice près, n’est-ce pas ? Il avait déjà renoncé une première fois à tous ses principes en épousant Eloise.

Il soupira. Son rôle lui pesait parfois plus que de raison. Le statut de prince et le confort matériel qui allait avec ne signifiaient rien pour lui. Il était déjà riche bien avant de devenir prince.

Mais il avait la possibilité de changer les choses. Peut-être n’en verrait-il pas le résultat de son vivant mais l’essentiel était de semer le changement. Les générations à venir en récolteraient les fruits.

Un an plus tôt, il aurait ri si quelqu’un lui avait dit qu’il serait un jour prince du Fortenegro. Bien sûr, il connaissait son pays d’origine, ne serait-ce que parce que son père en parlait tout le temps et employait une grande partie de sa fortune à divers projets caritatifs visant à encourager le développement économique et social de l’île.

Après la mort de ses parents, Max avait poursuivi l’œuvre paternelle en prenant la tête de la fondation familiale. Sous sa direction, et financée par sa fortune personnelle, l’organisation prospérait. Max avait rejoint le club fermé et discret des quelques milliardaires qui employaient leur argent à améliorer le sort des autres, et se gardaient bien de le crier sur les toits. L’anonymat était de rigueur pour ce genre d’entreprise.

Bref, il était aussi différent qu’il pouvait l’être de son cousin ! Physiquement, en revanche, il avait hérité de la carrure athlétique et de la beauté sauvage des guerriers qui, autrefois, avaient conquis l’île. Son profil taillé dans le roc et son expression impénétrable avaient le don, il le savait, de dérouter ses adversaires.

La seule chose qui lui venait de sa mère anglaise, c’étaient ses yeux bleus. Tout le reste, comme le disait son père, était « du pur sang royal du Fortenegro ». Et il n’y avait qu’à regarder le profil gravé sur les timbres de l’île pour s’en convaincre.

Mais il avait beau ressembler à ses ancêtres, il n’avait pas l’intention de marcher dans leurs pas. Une tribu primitive avait autrefois décidé de lois martiales, barbares, féodales. Il comptait bien arracher son pays à leur joug. La tâche s’avérait cependant plus ardue qu’il ne l’avait imaginé.

Les vieillards qui formaient le conseil, au lieu de le soutenir, s’opposaient bec et ongles à toute forme de changement, brandissant constamment la menace d’émeutes populaires.

En une tentative désespérée de se faire accepter, Max avait donc épousé la petite-fille de l’un de ses nobles, un mariage arrangé destiné à lui donner un héritier. Ce qu’Eloise avait oublié de lui dire, c’était qu’elle n’avait pas l’intention de changer ses vieilles habitudes consistant à avoir un amant sitôt que l’envie l’en prenait, la plupart du temps des étrangers de passage.

Quelques heures à peine après la mort d’Eloise et de sa dernière conquête — leur voiture avait plongé d’une falaise —, la rumeur de son infidélité s’était répandue comme une traînée de poudre.

A présent, six mois après sa disparition, suivie de près par celle de son grand-père, ses ministres le poussaient à prendre sa revanche.

— C’est votre devoir, avaient-ils insisté. La sœur de votre femme doit payer. Elle doit vous donner l’héritier qui vous a été promis. C’est la loi. Votre femme vous a trahi. Votre honneur ne sera lavé qu’en prenant sa sœur.

— Je doute que la sœur en question soit d’accord avec ça.

Ni Eloise ni son grand-père n’avaient jamais vraiment parlé de Ionanthe. Tout ce que Max savait d’elle, à part le fait qu’elle existait, c’était qu’elle était économiste et vivait quelque part en Europe.

— Elle ne vit plus ici, avait-il ajouté. Et si elle est aussi intelligente qu’elle en a l’air, elle ne va pas rentrer, sachant ce qui l’attend !

— Elle est déjà en chemin, lui avait appris le comte Petronius d’un air satisfait. J’ai pris la liberté de la convoquer en votre nom.

— Et elle a accepté ? avait demandé Max, incrédule et furieux.

— Je lui ai dit qu’il fallait vider les anciens appartements de son grand-père au palais, et qu’elle pouvait venir voir si elle voulait garder quoi que ce soit pour elle.

Max avait été incapable de dissimuler son mépris pour ces tactiques mesquines.

— En d’autres termes, vous l’avez piégée.

— C’est votre destin que vous devez considérer, pas le sien, avait souligné le comte. Votre peuple ne tolérera pas que son prince ait été trompé par sa femme. Il crie vengeance.

« Et si je refuse ? », avait voulu demander Max.

Mais il connaissait parfaitement la réponse.

— Nous vivons des temps difficiles, avait enchaîné le comte. Certains sur le continent surveillent notre île et la convoitent. Si le peuple se dressait contre vous, ces gens seraient ravis. Ils n’hésiteraient pas à exploiter l’avantage que vous leur donneriez.

Max avait froncé les sourcils. Petronius avait beau se montrer pessimiste, il n’avait pas complètement tort. Quelques hommes d’affaires fortunés et peu scrupuleux brûlaient d’envie de prendre pied sur l’île pour en exploiter les richesses. Le Fortenegro regorgeait en effet de minerai et ferait un excellent paradis fiscal. Sans parler de ses plages magnifiques et de ses montagnes enneigées, qui pourraient attirer des touristes toute l’année.

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