Médecins, papas et célibataires

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Un père pour Jeremy, Abigail Gordon

Déterminé à obtenir la garde de son neveu, le petit Jeremy, le Dr Dylan Curtis se rend chez Andrina Bell à qui le bébé a été provisoirement confié. Il veut convaincre la jeune femme de lui laisser Jeremy. Mais une fois sur place, son cœur se serre : Andrina semble s’être déjà tendrement attachée à l’enfant…

Une famille pour le Dr Costa, Alison Roberts

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Une femme et un enfant à aimer, Caroline Anderson

Sans savoir pourquoi, le Dr Patrick Corrigan, chirurgien, ressent le besoin impérieux de protéger Audrey, jeune infirmière et maman d’une fillette de huit ans qu’elle élève seule. Oui, il voudrait la protéger, et même l’aimer. Hélas, quoiqu’il fasse, Audrey le tient à l'écart. Comme si elle avait quelque chose à craindre de lui…
Publié le : jeudi 15 mars 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280249386
Nombre de pages : 416
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Quand les paupières bordées de cils dorés s’abaissèrent délicatement sur les petites joues rebondies, Andrina soupira de soulagement. Après un mois de nuits sans sommeil, de tétées interminables et de chaos domestique, elle avait pensé être tirée d’affaire, mais le bébé en avait décidé autrement. Perturbé par un problème digestif, il ne lui avait pas laissé un seul instant de répit depuis la veille, et pour calmer son inquiétude, elle avait préféré demander l’avis d’un de ses confrères. Le médecin avait heureusement conîrmé son diagnostic : un léger embarras gastrique qui disparaïtrait naturellement avec une diète de quelques heures. Malheureusement, Jeremy n’avait pas du tout apprécié d’être mis au régime et il avait protesté vigoureusement de toute la force de ses minuscules poumons. Elle avait donc dû le bercer pendant toute la nuit jusqu’à ce que le sommeil l’emporte enîn. Après l’avoir déposé dans son berceau, Andrina gagna la cuisine où régnait un désordre indescriptible. De la vaisselle sale traïnait dans l’évier, et sur la table, trônaient les trois biberons qu’elle n’avait pas eu le temps de stériliser. Renonçant à s’en occuper sur-le-champ, elle brancha la bouilloire électrique avant de se rendre dans la salle de bains pour se rafraïchir. Elle eut du mal à se reconnaïtre dans le miroir. Rougis par la fatigue, ses yeux noisette dévoraient son visage aux traits
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tirés et amaigris. Machinalement, elle passa sa main dans sa chevelure brune ébouriffée aîn de tenter, sans grand succès, de la discipliner. Malgré elle, des larmes roulèrent sur ses joues. Elle avait eu si peur que Jeremy ait contracté quelque chose de grave. Il était si vulnérable… Et il n’avait qu’elle. Ravalant ses pleurs, elle se ressaisit. Ce n’était pas le moment de ancher. Elle avait juste besoin d’un bon petit déjeuner. Après, elle pourrait s’attaquer au ménage. Elle s’apprêtait à sortir la théière quand la sonnette carillonna à l’entrée. Il s’agissait certainement de Ruth, l’inîrmière à domicile, la seule personne à venir s’assurer que tout allait bien avec Jeremy. Elle ouvrit pour se retrouver nez à nez avec un inconnu campé sur son paillasson. Interloquée, elle le dévisagea. D’épais cheveux blonds encadraient un visage énergique éclairé par des yeux d’un bleu étonnant… myosotis, en fait. Grand et mince, il respirait la santé et la joie de vivre. Sa tenue impeccable lui ît regretter un bref instant de n’avoir pas pris le temps de se changer. Mais avait-elle le cœur à s’intéresser à de telles frivolités ? — Oui ? s’enquit-elle, soudain pressée de se débarrasser de l’importun. Le sourire qu’il lui décocha en retour l’irrita davantage encore. L’inconnu devait sans doute ignorer jusqu’au sens du mot « souci »… — Andrina Bell ? Elle eut du mal à cacher sa stupéfaction. Comment connais-sait-il son nom ? — Oui, répondit-elle avec méîance. Vous désirez ?… — Je me présente : Dr Dylan Curtis. J’ai un cabinet à Baslow, un petit village du Derbyshire, et j’essaie de retrouver la trace de mon ancienne réceptionniste, Jodie Stewart. Si j’ai bien compris, vous êtes sa plus proche parente. Du moins, c’est ce qu’elle avait inscrit dans son dossier. — Vous cherchez Jo… Jodie ? balbutia-t-elle, étonnée. — Oui. J’aimerais savoir si elle va bien.
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Percevant sans doute son trouble, il sortit son portefeuille de sa poche et lui montra une photo qu’elle observa avec attention. Au centre du cliché îgurait une Jodie souriante, encadrée par deux hommes qui la tenaient par les épaules. Tous deux avaient les mêmes cheveux dorés, le même sourire éclatant, et elle reconnut sans hésiter son interlocuteur. Elle recula d’un pas. — Il vaut mieux que nous continuions à l’intérieur. Mais surtout ne faites pas de bruit, ajouta-t-elle en l’invitant à entrer dans le salon. — Merci, murmura-t-il d’un air perplexe. J’espère que je ne vous dérange pas ? Elle haussa les épaules. Bien sûr qu’il la dérangeait, mais elle ne pouvait pas le laisser dans l’ignorance de ce qui était arrivé à sa demi-sœur. — Jodie était enceinte quand elle a quitté le cabinet pour s’installer à Londres, expliqua-t-il en promenant son regard autour de lui. Je lui ai rendu visite plusieurs fois, mais il y a trois semaines, comme je n’arrivais pas à la joindre sur son portable, je suis allé chez elle et j’ai découvert que l’immeuble était vide : tous les occupants avaient été expulsés pour cause de démolition. Personne n’a pu me dire où Jodie se trouvait. C’est pour ça que je suis venu vous voir. Normalement, elle devrait accoucher d’ici à quelques jours… Quelque chose dans ses cheveux la fascinait. Soudain, elle comprit. Ceux de Jeremy possédaient cette même blondeur dorée particulière. — Vous êtes le père du bébé ? s’enquit-elle, la gorge nouée par l’angoisse. Si c’était le cas, nul doute qu’il lui enlèverait le petit, ce qui lui briserait le cœur. Visiblement décontenancé par sa question, il resta bouche bée un moment. — Jodie ne vous a donc pas mise au courant ? demanda-t-il enîn en fronçant les sourcils.
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— Je n’avais pas eu de contact avec elle depuis plus de sept mois quand je l’ai vue la dernière fois… Sa voix se brisa sur ces mots et elle mit quelques secondes à se ressaisir. — Et là, c’était trop tard… Elle… elle était morte. Il blêmit. — Morte ? Jodie est morte ? répéta-t-il, horriîé. Mais… comment ?… — Un accident de la route. — Et le bébé ? — Jeremy est né par césarienne juste avant son décès. C’était il y a un mois… Alors qu’il se laissait tomber sur une chaise, hébété, Andrina se remémora cette soirée où sa vie avait basculé. Ce jour-là, comme souvent en juillet, le temps avait été lourd et d’une chaleur suffocante dès le matin. Lorsqu’elle s’était couchée, le tonnerre qui roulait au loin l’avait empêchée de plonger dans le sommeil malgré son épuisement. Oppressée par le manque d’air et l’électricité ambiante, elle s’était résignée à attendre que l’orage éclate en observant les éclairs devant la fenêtre quand le téléphone avait sonné. Elle avait décroché aussitôt, bien décidée à rabrouer son interlocuteur. Il n’était pas question qu’elle retourne à l’hôpital. Après avoir travaillé depuis l’aube, elle avait bien gagné quelques heures de repos, surtout si elle voulait être efîcace le lendemain. Mais ses protestations n’avaient pas franchi ses lèvres… — Ici le service des urgences de l’hôpital St Mary à Londres, avait annoncé une voix féminine. Vous êtes bien Andrina Bell ? — Oui, avait-elle répondu, un peu surprise. Bien qu’elle ait posé sa candidature sur le Net, elle avait bien précisé qu’elle cherchait un poste de médecine générale dans un cabinet. — D’après ma îche, vous êtes la plus proche parente de
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Jodie Stewart, avait poursuivi l’inîrmière sur un ton prudent. C’est exact ? Andrina se rappela que, prise d’un terrible pressentiment, elle avait vacillé sur ses jambes et avait dû s’adosser au mur. — Oui, je suis sa demi-sœur. Pourquoi ? Que se passe-t-il ? — Jodie a perdu le contrôle de sa voiture et a percuté un arbre. Quand on nous l’a amenée, il y a une heure, elle a pu nous donner votre nom et votre numéro de téléphone… — C’est grave ? l’avait interrompu Andrina. Inutile de me ménager, je suis médecin, avait-elle précisé en sentant son interlocutrice hésiter. — Son état est désespéré. Elle n’en a plus pour très long-temps… — Je pars immédiatement. J’habite Gloucester. Je serai donc à Londres dans… environ deux heures. — Je vais laisser des instructions pour que quelqu’un vous conduise auprès d’elle dès votre arrivée, docteur Bell. Comme Andrina roulait sous la pluie battante, des souvenirs étaient remontés à sa mémoire. Quand elle avait douze ans, sa mère, après un long veuvage, s’était entichée de Morgan Stewart, un acteur de théâtre shakespearien, veuf aussi et père d’une îllette. Peu de temps après, elle l’épousait. Ensuite, pendant que leurs parents respectifs jouaient à Roméo et Juliette, Andrina s’occupait de la petite Jodie. Elle ne pouvait pas faire un pas sans que sa demi-sœur la suive comme un jeune chiot, exigeant toute son attention et tout son temps libre. Dans ses moments d’amertume, elle avait souvent songé que son beau-père, en rencontrant sa mère, avait non seulement gagné une femme en adoration devant lui, mais aussi une baby-sitter. Une situation qu’elle s’était empressée de fuir en allant poursuivre ses études à la faculté de médecine. Cinq ans plus tard, Jodie l’avait imitée, pour s’interrompre toutefois un an plus tard. D’une instabilité quasi maladive, elle s’était par la suite essayée à des métiers aussi divers que
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coiffeuse, secrétaire ou scripte de cinéma. Andrina la voyait cependant trop peu souvent pour suivre sa carrière fantaisiste. Leurs parents vivaient maintenant en Espagne ; depuis que Morgan avait eu une attaque, sa mère veillait sur lui avec dévouement. Etant donné la situation, ils ne lui seraient d’aucun secours dans l’immédiat. Et ce n’était certainement pas par hasard que Jodie l’avait déclarée comme étant sa plus proche parente en dépit du fait qu’elles n’avaient aucun lien de sang. A peine arrivée au service des soins intensifs du St Mary, Andrina, à l’expression de l’inîrmière qui l’avait accueillie, avait compris qu’il était trop tard. — Désolée, avait murmuré celle-ci d’une voix compatis-sante. Jodie s’est éteinte, il y a une demi-heure. Nous avons fait tout notre possible, mais ses blessures étaient trop sévères… Voulez-vous la voir ? Vous avez l’air épuisée… Peut-être vaudrait-il mieux que j’aille d’abord vous chercher un café ? Andrina secoua la tête. — Non, vous êtes gentille… Conduisez-moi auprès d’elle, s’il vous plaït. Le cœur plein de regrets, elle était restée longtemps au chevet de Jodie. Pourquoi n’avaient-elles pas réussi à se retrouver au moins pour les derniers adieux ? Que d’années perdues… Retenant ses larmes, elle lui avait alors pris la main et s’était mise à évoquer en chuchotant les souvenirs heureux de leur enfance. Parce qu’il y en avait… et même beaucoup plus qu’elle ne le croyait… Elle n’avait quitté la pièce qu’après avoir recouvré une certaine paix avec elle-même. — Vous ne m’avez pas demandé des nouvelles du bébé, avait dit gentiment l’inîrmière qui la guettait dans le couloir. Il est sorti d’affaire, à présent. — Le bébé ? avait répété Andrina, éberluée. Sous le coup de cette avalanche d’émotions, elle avait chancelé et la jeune femme l’avait aidée à s’asseoir. — Vous ne saviez pas que votre sœur était enceinte ?
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— Non, avait-elle balbutié, en proie à la confusion la plus totale. — Elle a donné naissance à un magniîque petit garçon juste avant de mourir. Bien sûr, nous avons dû procéder à une césarienne. — Vous voulez dire que Jodie a laissé un bébé ? Mais que vais-je faire de lui ? J’habite un appartement dans une tour et je travaille plus de dix heures par jour… La prenant par la main, l’inîrmière l’avait aidée à se relever avec sollicitude. — Je suis sûre que vous trouverez une solution. Cet enfant est tout ce qu’il vous reste de Jodie et il a besoin de vous. Quand elle avait découvert le petit être sans défense couché dans une couveuse, Andrina avait senti toute incertitude la déserter. Son cœur avait choisi pour elle. Même si elle n’avait aucune obligation légale vis-à-vis de lui, elle prendrait soin du bébé de Jodie. Elle reporta son attention sur Dylan Curtis qui semblait toujours aussi désemparé. Des larmes avaient roulé sur ses joues qu’il ne prit même pas la peine d’essuyer. — Vous voulez voir Jeremy ? demanda-t-elle doucement. — Oui. Alors qu’il regardait pensivement le bébé dans son berceau, elle éprouva de nouveau un sentiment de malaise. — Etes-vous le père ? insista-t-elle lorsqu’ils sortirent de la chambre. — Non. Jeremy est le îls de… mon frère, Jonathan, expliqua-t-il d’une voix étranglée. Andrina se raidit. — Votre frère? Mais… Pourquoi n’était-il pas là au moment où Jodie avait besoin de lui ? — Une leucémie foudroyante a emporté Jonathan alors qu’elle était enceinte de six mois. Il était mon associé au cabinet, et après sa mort, comme elle ne supportait plus de vivre là où ils avaient été si heureux ensemble, elle a décidé de partir à Londres. J’ai eu beau la supplier de rester au moins
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jusqu’à l’accouchement, elle n’a rien voulu entendre et elle a plié bagage le lendemain de l’enterrement. Dans la mesure du possible, j’ai essayé de garder le contact avec elle, mais je la sentais s’éloigner un peu plus chaque semaine. Alors vous imaginez mon inquiétude quand j’ai découvert qu’elle avait disparu… Vous ne vous êtes jamais demandé qui était le père de cet enfant ? — Si, bien sûr. Mais depuis la nuit où Jodie a eu cet accident, ma vie a été complètement bouleversée. J’ai dû demander un congé sans solde pour prendre soin de Jeremy… Je n’ai vraiment pas eu le temps de m’intéresser à autre chose… — Dans quelle branche travaillez-vous? s’enquit-il, soudain intrigué. Si ce n’est pas indiscret, bien sûr… Pour la première fois depuis qu’elle lui avait ouvert la porte, la jeune femme sourit et Dylan en resta ébahi. Préoccupé par le sort de Jodie, puis désespéré par l’annonce de sa mort, il ne s’était pas aperçu que sa sœur était une femme séduisante malgré son épuisement évident. Pendant une brève seconde, ses traits îns s’étaient illu-minés et ses yeux noisette où dansaient des paillettes dorées s’étaient adoucis. — Il semble que nous ayons deux intérêts en commun, dit-elle. Un bébé et un métier. Je suis médecin, moi aussi. J’exerce aux urgences de l’hôpital qui est à deux pas d’ici. Mais mon intention est de devenir généraliste… Décidément, il allait de surprise en surprise. Elle semblait si fragile. Comment trouvait-elle la force de s’occuper de ses patients avec le stress qui régnait dans ce genre de service ? Comme si elle avait lu dans ses pensées, elle redressa les épaules en signe de déî. Fragile peut-être, mais résolue sûrement… Sa curiosité était irrésistiblement piquée. — Drôle de concidence, n’est-ce pas ? ironisa Andrina, consciente que le désordre du salon risquait de lui porter préjudice aux yeux de Dylan Curtis. Pas question qu’il aille s’imaginer qu’elle n’était pas capable d’assumer ses responsabilités à l’égard de Jeremy.
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Elle étouffa un bâillement. — Il vaut mieux que je vous laisse, dit-il aussitôt en se levant. Embarrassée, elle se sentit rougir. — Désolée, je suis juste un peu fatiguée. J’allais me préparer une tasse de thé quand vous avez sonné. Vous voulez vous joindre à moi ? — Ç’aurait été avec plaisir, mais… j’ai besoin de rassembler mes esprits et de rééchir. La mort de Jodie m’a bouleversé. Jeremy est tout ce qu’il me reste d’elle et de Jonathan, de leur amour et de leurs espoirs… Il hésita un moment avant d’ajouter sur un ton grave : — C’est une grande responsabilité à assumer, pour vous et pour moi. Il va falloir prendre des décisions… — Quelles décisions ? protesta-t-elle, immédiatement sur la défensive. Je me débrouille très bien depuis un mois. — Ne le prenez pas mal… C’est normal que je m’inquiète pour mon neveu, non ? Tenez… Fouillant dans son portefeuille, il lui tendit sa carte de visite. — N’hésitez pas à me téléphoner en cas de besoin. De toute façon, je n’ai qu’une parole : je reviendrai vous voir. Une fois seule, Andrina s’effondra dans un fauteuil, la tête entre les mains. Cette visite risquait de mettre de nouveau sa vie sens dessus dessous. Quel choix allait adopter ce visiteur tombé du ciel ? Bien qu’il ait pleuré devant elle sans aucune honte, elle avait senti chez lui une profonde détermination quant au fait d’assumer ses responsabilités vis-à-vis de son neveu. Non qu’elle ne se sente pas soulagée de ne plus être seule. Mais s’il avait l’intention de lui enlever Jeremy, elle se défen-drait bec et ongles pour en conserver la garde. Dès la seconde où elle avait posé les yeux sur ce petit être, elle avait fondu de tendresse. Se séparer de lui serait un véritable déchirement. Cependant, elle n’allait pas pouvoir continuer à vivre ainsi bien longtemps. Ses économies avaient fondu comme neige au soleil, et il lui faudrait bientôt retourner travailler si elle voulait payer ses factures.
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Se relevant avec détermination, elle se prépara une tasse de thé et déjeuna avant de s’attaquer au ménage. Alors qu’elle rangeait la cuisine, ses pensées se tournèrent vers Jodie. Elle avait toujours considéré que sa vie était plus accom-plie que celle de sa sœur, mais à présent elle en doutait. Sa réussite professionnelle ne pouvait occulter le désert de sa vie sentimentale. Au moins Jodie avait-elle éprouvé les joies d’un amour partagé… Même si son bonheur avait été cruellement écourté, elle avait connu une expérience dont elle-même ignorait tout. Bien sûr, elle avait eu quelques liaisons, mais, chaque fois, si décevantes qu’elle avait înalement renoncé à y consacrer son énergie. Etant donné son manque évident de sociabilité, il était révé-lateur que ce soit en de telles circonstances qu’elle ait rencontré l’homme le plus séduisant qu’elle ait jamais croisé. Jodie ne lui avait d’ailleurs pas caché ce qu’elle pensait de ce qu’elle appelait en se moquant gentiment d’elle sa « vie monacale ». Et même si elle s’en était alors défendue, elle sentait bien que les satisfactions que lui apportait son métier ne remplaceraient jamais le bonheur d’une relation harmonieuse. Andrina se rappela soudain les larmes de Dylan Curtis. Nul doute que son chagrin fût réel : il avait profondément aimé son frère et Jodie.
Alors que Dylan reprenait la route, encore bouleversé par la mort tragique de Jodie, les pensées se bousculaient dans son esprit. Malgré ses efforts pour l’en convaincre, le Dr Bell semblait avoir du mal à faire face à la situation toute seule. Même si elle s’occupait parfaitement de son neveu, elle avait besoin d’être soutenue et une aide înancière ne serait qu’un pis-aller… De toute façon, il n’avait pas l’intention de laisser le îls de Jonathan et de Jodie grandir dans un appartement en ville alors que lui-même possédait toute la place nécessaire pour
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