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Mieux que Blonde

De
145 pages
La vie est presque… disons… potentiellement parfaite pour Sophie Kandinsky. Il s’avère en effet que les Blondes ont été tout aussi éblouies par elle que celle-ci par ces dernières. Sophie entre en dixième année au collège Northern Heights, une année stratégique dans l’échelle du pouvoir. Elle cessera de faire des secrets et de mentir à répétition, mais pour ce qui est des Blondes ― c’est une toute autre histoire. Et les tantes excentriques continueront encore de multiplier les conseils excentriques sur la vie, l’amour et la façon de mettre la main sur l’insaisissable Luke Pearson. Nous apprendrons aussi que les meilleures et les plus surprenantes nouvelles sont aussi les
pires. Après sept ans, le père bien-aimé de Sophie sort enfin de prison. Papa est de
retour à la maison. Le problème…, c’est qu’il est censé être mort. Plus de mensonges? Plus de secrets?
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Copyright © 2007 Teresa Toten Titre original anglais : Better than BlonPe Copyright © 2013 ÉPitions APA Inc. pour la traPuction française Cette publication est publiée en accorP avec enguin Group, New York, NY Tous Proits réservés. Aucune partie Pe ce livre ne peut être reproPuite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite Pe l’éPiteur, sauf Pans le cas P’une critique littéraire. ÉPiteur : François Doucet TraPuction : Catherine Vallières Révision linguistique : Féminin luriel Correction P’épreuves : Carine araPis, Catherine Vallée-Dumas Conception Pe la couverture : Mathieu C. DanPuranP hoto Pe la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Mathieu C. DanPuranP ISBN papier 978-2-89733-272-3 ISBN DF numérique 978-2-89733-273-0 ISBN eub 978-2-89733-274-7 remière impression : 2013 Dépôt légal : 2013 Bibliothèque et Archives nationales Pu Québec Bibliothèque Nationale Pu CanaPa Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, CanaPa, J3X 17 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Imprimé au Canada
articipation Pe la SODEC. Nous reconnaissons l’aiPe financière Pu gouvernement Pu CanaPa par l’entremise Pu FonPs Pu livre Pu CanaPa (FLC) pour nos activités P’éPition. Gouvernement Pu Québec — rogramme Pe créPit P’impôt pour l’éPition Pe livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Toten, Teresa, 1955-[Better than BlonPe. Français] Mieux que BlonPe (BlonPes ; 2)
TraPuction Pe : Better than BlonPe. our les jeunes Pe 13 ans et plus. ISBN 978-2-89733-272-3 I. Vallières, Catherine, 1985- . II. Titre. III. Titre : Better than BlonPe. Français. S8589.O675B4814 2013 jC813'.54 C2013-941457-6 S9589.O675B4814 2013 Diffusion CanaPa : ÉPitions APA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. Pes Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
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À Nikki, mon rayon de soleil
1 On confie nos secrets aux autres pour qu’ils en soient les dépositaires . Elbert Hubbard 1. Traduction libre.
Prologue
J’inspirai si brusquement que j’eus l’impression que mes poumons allaient éclater. Il était toujours beau. Je sais que c’est une chose étrange à dire d’un homme — particulièrement s’il s’agit de son père —, mais c’était bien lui, alors voilà. Durant toutes ces années, il avait été si magnifique dans ma tête. Lorsque les détails de son visage commençaient à s’effacer, je passais des heures à étudier les photos et à observer ses cheveux couleur paille qui tombaient sur ses yeux rieurs. Il souriait toujours, il était toujours si…, mais je n’étais plus une enfant. Jesavaisqu’il aurait l’air différent. Et si je ne le reconnaissais pas ? La prison change un homme. Je le sais. J’ai vu tous les films. DansLe prisonnier d’Alcatraz, il est difficile de reconnaître Burt Lancaster, aux deux tiers de la projection. Il restait figé tout au bout du couloir du pénitencier. Je le reconnus. Et il était toujours beau. Maman m’entraîna vers lui. On aurait dit que papa ne pouvait pas ou ne voulait pas venir dans notre direction. Nous avançâmes dans l’air lourd, saturé de sueur et de Lysol. Papa devenait plus net et précis à chacun de nos pas. Ses cheveux blonds étaient plus foncés çà et là, aux endroits où il avait essayé de les dompter avec un excès de Brylcreem. Je me souvins instantanément qu’il avait toujours fait ça. Maman l’y obligeait. Papa avait déposé à sa droite, sur le plancher, une petite valise couleur tabac. À sa gauche, bien à l’arrière, se tenait un garde, souriant, une liasse de papiers à la main. Papa portait son complet bleu marine, son plus beau, celui que nous lui avions acheté sept années auparavant en vue de son procès. Il était perdu dans ses vêtements. Sa chemise blanche toute propre laissait voir, au col, des ouvertures que le cou aurait dû remplir, et les manches du veston lui couvraient les jointures. Tout de même, au total, c’était le complet qui avait l’air bizarre, et non papa. Il ne cligna même pas des yeux. Il me dévisageait avec une telle intensité. Maman était invisible à ses yeux. Rien de plus normal, pourtant. Il l’avait vue tout ce temps-là, chaque mois. Il ne m’avait pas vue, moi, depuis presque trois ans. Papa suivait mes pas, et non ceux de maman ; il respirait à mon rythme, et non au sien. Seigneur. « Assure-toi d’avoir un très bon jeu de jambes, princesse. Attaque pour prévenir l’attaque. Feinte à gauche, va à droite. » Il avait tellement tort. Je craquais sous les souvenirs qui se fragmentaient autour de moi. Toutes les écoles, toutes les histoires, la peur qu’on découvre la
vérité, puis la découverte de la vérité. Si seulement il n’avait pas bu, ce soir-là — encore 20 pas. D’un autre côté, je l’avais abandonné, j’avais menti à son sujet. Toutes ces affreuses visites au pénitencier, ces hommes hideux, ces familles hideuses — encore 10 pas. Mais ensuite, j’avais refusé d’y aller. Et finalement, toutes ces années gaspillées pour quelque chose qu’il n’avait pas fait, mais qu’il ignorait — parce que trop soûl — qu’il n’avait pas fait. Je n’avais pas pu me défaire de ma honte. Je n’avais jamais cessé de tergiverser : c’étaitde sa faute, c’étaitde ma faute, et vice-versa. Le garde s’éclaircit la gorge, et un téléphone sonna. C’était comme entendre cette sonnerie sous l’eau. J’arrêtai — il ne restait plus de pasà franchir. Papa me tendit les bras. Puis, j’oubliai. J’oubliai d’être fâchée, de me sentir effrayée, d’avoir honte, et je me jetai dans ses bras, m’enfonçant profondément dans le complet bleu marine. Il me pressa sur lui, me serrant si fort que ça faisait mal. Je lui rendis son câlin, et il m’étreignit encore plus fort. Était-ce lui qui avait fondu, ou moi qui avais grandi ? Tant de choses avaient changé, mais tout demeurait comme avant dans les bras de papa. — Mon bébé, ma Sophia, dit-il en pleurant dans mes cheveux. Ma princesse, tu es devenue une femme. Je ne pouvais pas respirer. Ce n’était pas grave. Je respirerais plus tard. Papa rentrait à la maison.
1 Les Blondes possèdent toutes un journal intime magnifique et parfait, qui se marie à leur personnalité tout aussi magnifique et parfaite. Celui de Madison est fait d’un cuir doux parfaitement souple, de couleur turquoise. Son nom est discrètement incrusté dans le cuir, en lettres argentées qui ne ternissent pas, et la tranche est de cette même couleur argentée super brillante. Le journal de Kit est intensément psychédélique. La couverture est faite de deux feuilles de plastique entre lesquelles se déplacent des flaques de liquide dans tous les sens. Ces flaques sont toutes fluo : orange fluo, jaune fluo, rose fluo, vert fluo, et ainsi de suite. Ce n’est pas tant un journal intime qu’un objet de divertissement. Le journal de Sarah est fait d’une couverture rose vif en fourrure de lapin duveteuse. Elle caresse et manipule cette fourrure de la même manière que tante Radmila s’amuse avec ses grains de chapelet. Il doit secrètement y avoir quelque part la boutique du journal intime absolument parfait, et il faut être Blonde pour en obtenir l’adresse. Je ne le nierai pas, je déteste écrire. Particulièrement à mon sujet. Les Blondes écrivent sans cesse sur tous les détails de leur vie, sur les événements tant glorieux que moins glorieux. Je ne veux même pas songer aux détails de ma vie, encore moins les coucher sur papier. Les mensonges, les déménagements, les écoles, les épisodes catatoniques de maman —quioserait noter tout ça ? Kit dit qu’il est parfaitement acceptable de simplement dresser des listes de choses et d’y inscrire une date, pour au bout du compte obtenir, genre, un registre décrivant fidèlement qui nous étions et ce que nous pensionsà un moment précis de notre vie. Eh bien, ça me donne des sueurs. Tu notes quelques petites choses dans un moment de faiblesse, et te voilà piégée devant ces confidences sur papier qui reviendront à tout jamais te hanter et te rappeler ta profonde superficialité. Sarah dit que n’importe quelle sorte de liste peut faire l’affaire : tes chansons préférées, les garçons que tu apprécies, tes objectifs d’amélioration personnelle. Ces listes me font paniquer. Euh, sauf celles sur les garçons. Je pourrais inscrire le nom de ce magnifique et sublime garçon pour qui mon cœur bat la chamade, Luke Pearson. Mais voilà, l’amour de ma vie sort apparemment encore avec Alison « double D » Hoover. Qui a besoin de lire ça noir sur blanc ? Faire des listes de chansons ne m’intéresse pas non plus. Je sais par expérience que je commence avec la meilleure volonté du monde, puis la réalité me rattrape : si ça se savait, je serais totalement détruite. Ce serait plus facile pour moi de survivre à l’école si tout le monde savait que papa était en prison à Kingston que si tout le monde savait que