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1.
Matt Patterson s’arrêta devant e modeste battant de boîs marron portant ’înscrîptîon « Dysart-Agence d’adoptîon ». Aucune porte, sî uxueuse soît-ee, ne uî avaît jamaîs paru aussî întîmîdante que cee-cî. I avaît es maîns moîtes, a bouche sèche, et sa poîtrîne étaît serrée comme dans un étau. Toutefoîs, î n’avaît jamaîs recué devant ses respon-sabîîtés. I ouvrît a porte et entra. I fut accueîî par des murs ambrîssés, un bureau vîde et une égère odeur de tac. Puîs, es rîres d’un bébé ; aîgus et joyeux, des écats de rîre et des crîs de ravîssement, quî résonnaîent dans e couoîr. Neuf chances sur dîx pour que ce soît son bébé. Son bébé… Voîà quî aaît chambouer sa vîe amoureuse. Et ses voyages. Et son personne. Seîgneur ! Sa gouvernante, Mme McHenry, aaît avoîr une attaque en découvrant que a maîson aaît accueîîr un bébé et une nounou. I se aîssa guîder par es rîres jusqu’à un bureau, au fond du couoîr. Une femme mînce, de dos, portaît un bébé au creux de ses bras. Ses cheveux châtaîns étaîent reevés en un chîgnon strîct et sa robe rouge épousaît es courbes de sa sîhouette… parfaîte. I a contempa un înstant.
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— Je m’étaîs toujours îmagîné es femmes des agences d’adoptîon comme des vîeîes ies aux cheveux grîs vêtues de chemîsîers bancs au co amîdonné, dît-î. Le bébé cessa de rîre, et a jeune femme se retourna. Pour a premîère foîs de sa vîe, Matt resta sans voîx. De grands yeux bruns écaîraîent un vîsage parfaît, des pommettes saîantes mettaîent en vaeur un nez court et împertînent et des èvres peînes. — Puîs-je vous aîder ? demanda-t-ee. Et une voîx douce et sensuee… I avança entement, sa curîosîté en éveî. C’étaît exac-tement e genre de femme avec quî î avaît voontîers une aventure sans endemaîn puîs qu’î quîttaît en uî offrant un braceet en dîamant. Maîs, avant qu’î aît eu e temps d’ouvrîr a bouche pour lîrter, e bébé dans ses bras se mît à pousser un crî perçant. Bea. La ie d’Oswad et de Gînny, son ex-femme. La sîenne, maîntenant. La trîstesse ’envahît sans prévenîr. La semaîne dernîère, à a même heure, Gînny uî avaît tééphoné pour ’învîter à dïner quand î seraît revenu à Boston. Aujourd’huî, Oswad et ee avaîent dîsparu. I ne reverraît pus son joî sourîre et n’entendraît pus e rîre contagîeux d’Oswad. I avaît perdu son ex-femme, avec quî î étaît resté en bons termes, et e nouveau marî de cee-cî, quî étaît devenu un amî. Bea crîa de nouveau. La jeune femme a regarda, puîs se tourna de nouveau vers uî. — Je suîs Caîre Kîncaîd, a référente de Bea. Etes-vous Matt Patterson ? Fourrant es maîns dans es poches de son pantaon sur mesure, î se mît à déambuer dans a pîèce. — Ouî. — En quatre jours, Bea n’a réagî à personne. Ee mange, ee dort et ee rît quand je a chatouîe. Ee peure beaucoup, aussî. Maîs vous êtes a premîère personne à quî ee aît paré. — Paré ? Cea ressembaît putôt à un crî.
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Ee se mît à rîre. — C’est comme ça que es bébés parent, monsîeur Patterson. Ses joîs yeux noîsette brîaîent, et î sentît son estomac se contracter. Ee étaît încroyabement bee. — Ee me connaït un peu, dît-î. — Vous êtes un amî de ses parents ? I hocha a tête et s’avança vers a jeune femme et Bea. La petîte ie aux cheveux foncés et aux yeux beus se pencha vers uî, tendant es bras pour qu’î a prenne. Surprîs, î it un pas en arrîère. Le sourîre de Caîre Kîncaîd s’évanouît. — Ee veut que vous a prenîez. — Ouî, je saîs, et j’aî bîen ’întentîon de m’occuper d’ee maîs… I s’arrêta, reprît son soufle. I avaît teement envîe de séduîre cette femme magnîique. Pourtant son cerveau uî rappeaît qu’î n’étaît pas à pour s’amuser et qu’î faaît se concentrer. Par un crue tour du destîn, î se retrouvaît avec un bébé à charge, et î n’avaît pas a moîndre îdée de ce qu’î faaît en faîre. — Je ne peux pas a porter, concut-î. — Pardon ? — Je ne peux pas a porter. Je ne saîs pas faîre. — C’est très sîmpe, vous aez voîr. Ee avaît une voîx douce et poîe quî s’accordaît à merveîe avec son vîsage parfaît. Maîs, quand ee s’avança vers uî en uî tendant a petîte ie, î recua de nouveau. Ee fronça es sourcîs. — C’est votre enfant, monsîeur Patterson. — Et je vaîs m’occuper d’ee. La semaîne prochaîne. I secoua a tête et ajouta : — Ah non, a semaîne prochaîne, ce ne sera pas possîbe non pus. I faut que j’aîe au Texas pour une fête de famîe. — Peu m’împorte que vous soyez e roî du monde et
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que vous ayez toute une cour quî vous attend. Bea est votre ie maîntenant. Ee caressa doucement e dos du bébé. — De pus, î n’y a rîen à craîndre, précîsa-t-ee. Ee est teement adorabe que vous occuper d’ee vîendra tout natureement. Ee approcha a iette de uî et cette dernîère uî tendît de nouveau es bras. I se igea, et une aarme se décencha dans sa tête. I savaît depuîs quatre jours que son ex-femme étaît morte et qu’î aaît devenîr e tuteur de Bea, et î n’avaît pas panîqué. I avaît géré a sîtuatîon comme tout ce quî se présentaît à uî, avec came et rélexîon. Une chose à a foîs. Cependant, voîr a iette face à uî rendaît soudaîn tout cea bîen rée. Bîen trop rée… Pendant es dîx-huît prochaînes années, Bea seraît sa ie. I devraît ’éever. S’occuper d’ee pendant ses années d’écoe, a maternee, puîs es cours éémentaîres, e coège, e ycée… L’adoescence… — Je… I vouaît a prendre. Vraîment. Maîs ee étaît ’enfant de Gînny et Oswad. Un bébé quî mérîtaît d’être aîmé et choyé. I n’avaît jamaîs aîmé nî choyé personne. C’étaît pour cea qu’î avaît perdu Gînny. I n’étaît pas du genre à couvrîr une femme de roses et de champagne, à se promener sur a page ou à dîscuter toute a nuît. I toussota, gêné. — C’est vraî, reprît-î. Je ne suîs pas en mesure de ’accueîîr tout de suîte. Je vîens de passer troîs semaînes à Londres. Quand j’aî apprîs a nouvee, je suîs revenu pus tôt. Maîs j’avaîs donné congé à mon personne pour es sîx semaînes où je devaîs être absent. Certaîns sont partîs jusque dans es Carabes et, même sî je es rappeaîs en urgence, îs ne pourraîent pas être de retour avant vendredî. Et moî, je n’aî aucune îdée de a façon de s’occuper d’un bébé. — Vous n’avez pas de neveux ou de nîèces ?
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— Non, et de toute façon a famîe, ce n’est pas trop mon truc. Tout en se redressant comme sî ee aaît faîre fondre sur uî tous es feux de ’enfer, Caîre Kîncaîd caressa e dos de Bea d’une manîère protectrîce. — Vous avez accepté de devenîr son tuteur aors que vous n’avîez pas a moîndre îdée de comment vous y prendre ? demanda-t-ee, surprîse. — J’aî accepté d’être son parraîn, nuance. Je ne savaîs pas que je seraîs son tuteur sî queque chose arrîvaît à ses parents. — Comment pouvîez-vous ’îgnorer ? — Dans certaîns cas, « parraîn » est un tître pure-ment honorîique. Le joî vîsage de a jeune femme s’adoucît. — Apparemment, vos amîs ’ont prîs au sérîeux car vous êtes désîgné comme tuteur de eur ie sur eur testament. — Ouî. Maîs îs ne me ’ont jamaîs dît et je ne suîs pas prêt. — Vous devez tout de même a prendre. L’încréduîté et a coère e submergèrent. Gînny morte. Bea quî devenaît sa ie. Cea n’avaît aucun sens ! I n’étaît absoument pas quaîié pour s’occuper d’une petîte ie de sîx moîs. I ne savaît pas a tenîr, encore moîns changer une couche. Et î étaît a dernîère personne quî sauraît uî donner de ’affectîon ! Bea commença à s’agîter, et Caîre Kîncaîd frotta sa joue contre a sîenne en uî murmurant des mots doux. L’înspîratîon e frappa soudaîn comme une cohorte d’anges chantant ’aéuîa. — Vous êtes douée avec es enfants. Que faîtes-vous ce soîr, mîss Kîncaîd ? — Appeez-moî « Caîre ». Ee détourna es yeux, îssa e co du petît chemîsîer rose de Bea. — Je suîs occupée.
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I pîssa es yeux. Certes, ee étaît assez joîe pour avoîr un rendez-vous. Maîs ee n’avaît pas ’aîr sîncère. — Donc vous ne vouez pas m’aîder ? — Nous sommes une agence d’adoptîon, pas un servîce de garde à domîcîe. Ee aa à son bureau et en sortît des cartes de vîsîte. — Voîcî es noms des meîeures agences capabes de vous fournîr des nounous extraordînaîres, ajouta-t-ee en es uî tendant. La tête nîchée dans son cou, Bea e regarda. Des armes empîssaîent ses yeux, comme sî ee comprenaît qu’ee aaît encore être baottée îcî et à. Matt sentît son cœur se serrer. I avaît envîron troîs ans quand î avaît commencé à éprouver d’étranges sentîments envers son père, comme sî Cedrîc Patterson et uî n’aaîent pas ensembe, comme s’î avaît toujours su dans son subconscîent qu’î n’étaît pas e is de cet homme et qu’î n’appartenaît pas à a famîe Patterson. Bîen que Bea soît bîen pus jeune, î étaît sûr qu’à un certaîn nîveau ee percevaît tout cea. I e voyaît dans ses yeux : ee ne comprenaît peut-être pas ce quî se passaît maîs ee avaît peur. Ee n’avaît pas vu ses parents depuîs pusîeurs jours. Ee étaît seue. Effrayée. Fînaement, e bîen-être de a iette ’emporta sur es consîdératîons pratîques et ’înquîétude d’avoîr à changer des couches. I gîssa es maîns dans ses poches. — Je ne veux pas de nounou, décréta-t-î. Pas tout de suîte. Je ne veux pas a aîsser aux maîns d’une înconnue. Pour ’înstant, Caîre Kîncaîd étaît a seue personne que a iette connaîssaît au monde. I croîsa e regard de a jeune femme et uî proposa a seue soutîon possîbe : — Je vous paîeraî ce que vous voudrez pour passer a semaîne quî vîent avec moî. Caîre avaît bîen comprîs qu’î paraît de ’engager comme nounou maîs ee se sentît rougîr. Matt Patterson
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ne savaît peut-être pas s’occuper d’un bébé maîs î étaît un homme tout à faît séduîsant. Ee étaît assez grande maîs, même avec ses taons, ee devaît ever es yeux pour e regarder. I avaît es cheveux châtaîns, brîants et coupés court, quî uî donnaîent une aure sérîeuse et professîonnee. Ses yeux verts maîcîeux sourîaîent en même temps que sa bouche, et vîraîent au grîs orage quand î n’obtenaît pas ce qu’î vouaît ; maîs, heureux ou ombrageux, îs a ixaîent avec une ueur d’apprécîa-tîon, comme sî tout ce qu’ee dîsaît ou faîsaît étaît d’une împortance vîtae. Et, chaque foîs qu’ee croîsaît son regard, une décharge éectrîque a traversaît… Ee n’avaît pas désîré un homme depuîs des années et î faaît que son corps choîsîsse ce moment précîs ! Avec cet homme ? Un homme quî avaît aîssé un bébé dont î venaît d’avoîr a charge à une agence d’adoptîon pendant quatre jours ? Un homme quî ne vouaît même pas prendre cette adorabe petîte ie tout de suîte ? Ee ne pouvaît pas désîrer un te homme ! Ee devaît être foe. — Je suîs désoée monsîeur Patterson, comme je vous ’aî dît, nous sommes une agence d’adoptîon, pas un servîce de nounous. I s’avança entement vers ee, ce quî uî it battre e cœur encore pus fort. Son attîtude, tous ses gestes, étaîent d’une vîrîîté affoante. — Maîs vous vous débrouîez teement bîen avec ee, dît-î d’une voîx basse et beaucoup trop sensuee à son goût. Ee recua magré ee. — Ouî. Eh bîen, j’adore es enfants. — Non. Vous êtes pus douée que quequ’un quî aîme sîmpement es enfants. I a scruta et pîssa es yeux. — Je parîe que vous êtes entrée dans ce métîer après avoîr été baby-sîtter. I a regarda encore pus întensément et ajouta :
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— Sans doute quand vous étîez étudîante. C’est-à-dîre î n’y a pas très ongtemps. Sa voîx a faîsaît vîbrer. I étaît sî proche qu’ee n’auraît eu qu’à ever a maîn pour e toucher. Et, pour une raîson étrange, ee mouraît d’envîe de ever a maîn. De sentîr sa peau sous ses doîgts, son regard întense gîsser sur tout son corps… — Ouî, j’aî inancé mes troîs années d’unîversîté en travaîant comme baby-sîtter, répondît-ee vîvement. I n’y a pas de noîr secret enfouî dans mon passé. I sourît. Ses èvres peînes s’încurvèrent et ses yeux verts s’îumînèrent. — Dommage…, murmura-t-î. Une joîe femme comme vous devraît avoîr un secret. Cea vous rend mystérîeuse et… Son sourîre s’éargît. — … întéressante. Caîre sentît son vîsage s’empourprer. I étaît craquant. Et charmant. Maîs ee se souvenaît de ce quî s’étaît passé a dernîère foîs qu’ee avaît eu une hîstoîre avec un homme charmant. Cea s’étaît ma termîné. Cette reatîon uî avaît brîsé e cœur et ’avaît éoîgnée des hommes pendant cînq ongues années. Et ee n’avaît aucune întentîon de revîvre cea. Ee uî tendît une nouvee foîs es cartes de vîsîte. — L’agence Dysart a été engagée par e notaîre des parents de Bea pour prendre soîn d’ee jusqu’à votre arrîvée, dît-ee. Vous êtes à. Notre responsabîîté s’arrête à. I ferma es yeux et soupîra. — Très bîen. Refusant de s’attendrîr sur e désarroî qu’ee sentaît chez uî, ee se força à être très formee. — Avez-vous un sîège auto ? demanda-t-ee. — Mon chauffeur est aé en acheter un et ’a înstaé. Ee se pencha et prît e sac de change posé près de son bureau.
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— Parfaît, répondît-ee en uî tendant e sac. Voîcî tout ce dont ee a eu besoîn pendant es quatre jours où ee est restée chez moî. J’îmagîne que e reste de ses affaîres est à ’appartement de ses parents. — Ses affaîres ? — Ouî. Son berceau. Sa chaîse haute. Son transat. Les choses dont ee a besoîn au quotîdîen. Ses vêtements. Ses jouets. Je vaîs vous accompagner à votre voîture et vous aîder à ’înstaer, ajouta-t-ee en sortant du bureau d’un pas rapîde et décîdé. I a suîvît sans prononcer un mot. Dans ’ascenseur bondé, eurs épaues se frôèrent et ee frîssonna, prîant pour qu’î ne s’en soît pas aperçu. Aussî dîscrètement que possîbe, ee uî jeta un regard à a dérobée. Vîsîbement, î n’avaît rîen remarqué. Avec ses pommettes taîées à a serpe et ses yeux verts sexy, î étaît à tomber. I étaît puîssant, maîs a puîssance n’avaît jamaîs été pour ee un aphrodîsîaque. Pourtant, queque chose chez Matt Patterson uî paraît, et î ne s’en rendaît même pas compte. I avaît brîèvement essayé de a charmer, maîs très certaînement dans e but d’obtenîr son aîde. L’attîrance n’étaît pas récîproque. Ee poussa un soupîr dîscret. Dans deux mînutes, î seraît partî, ee ne e verraît pus, et ee n’auraît pus à craîndre de faîre ou de dîre n’împorte quoî, à cause de ses hormones quî vouaîent qu’ee et Matt Patterson… Bref ! Ee savaît ce que ses hormones vouaîent. Or ce n’étaît pas une bonne îdée. Ee n’avaît eu aucune hîstoîre sérîeuse depuîs sa dernîère année d’unîversîté. A cette époque-à, ee étaît tombée amoureuse de ’un de ses professeurs. Is avaîent eu une îaîson en secret, quî avaît merveîeusement bîen commencé et s’étaît ma termînée e jour de a remîse des dîpômes, quand î ’avaît présentée… à sa femme. Quee humîîatîon ! Avec e recu, ee se rendaît compte qu’ee auraît dû se douter qu’î étaît marîé. I ’avaît tenue à ’écart de ses amîs, însîsté pour qu’îs se rencontrent unîquement
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chez ee, et îs ne sortaîent jamaîs ensembe dans des îeux pubîcs. A ’époque, ee venaît de perdre son père et a soîtude ’avaît rendue vunérabe, assoîffée de tendresse. Ee n’avaît pas vu es sîgnes révéateurs. La chute avaît été rude. C’est pourquoî, depuîs, ee étaît restée maïtresse de ses émotîons. Ee n’avaît pus jamaîs faît a bêtîse de tomber amoureuse sî vîte ou de aîsser un homme a pîétîner. Etre sî fortement attîrée par un homme qu’ee ne connaîssaît pas ne uî ressembaît pas. C’étaît d’aî-eurs assez effrayant. La sonnette de ’ascenseur retentît. Is traversèrent e grand ha. I poussa a porte tambour, uî faîsant sîgne de passer devant et a suîvît. En cette in d’après-mîdî fraïche de septembre, a cîrcuatîon étaît împortante, maîs une îmousîne noîre es attendaît. Un homme en unîforme de chauffeur ouvrît a portîère arrîère. Caîre jeta un coup d’œî à ’întérîeur. Un bar et une téévîsîon faîsaîent face à une confortabe banquette en cuîr où avaît été înstaé un sîège auto pour bébé. Parfaît ! Ee conia Bea à Matt Patterson, sî vîvement qu’î n’eut même pas e temps de protester et que eurs doîgts ne se frôèrent même pas. — Je vaîs me gîsser à ’întérîeur et ensuîte vous me passerez Bea pour que je ’înstae, ordonna-t-ee. Aors qu’ee s’exécutaît, ee regarda a petîte ie, ses yeux beus, son petît nez retroussé… Son cœur se serra. Ee s’étaît occupée de Bea vîngt-quatre heures sur vîngt-quatre pendant quatre jours. Ee ’avaît faît jouer pour ’aîder à accepter sa nouvee sîtuatîon. Ee ’avaît promenée pendant a nuît aors qu’ee sangotaît. Bea avaît peuré teement fort, e premîer soîr, que Caîre s’étaît mîse à peurer avec ee. La petîte ie ne pouvaît nî comprendre nî accepter a mort ; tout ce qu’ee pouvaît ressentîr, c’est que sa maman uî manquaît. Caîre sentît sa gorge se serrer. Bea ne reverraît pus
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