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Milliardaires et célibataires

De
416 pages
Une demande inattendue, Trish Wylie
Alors qu’elle n’a jamais quitté son Irlande natale, Kerry décide de changer de vie et de faire le tour du monde. Mais voilà qu’en chemin elle rencontre Ronan O’Keefe, un globe-trotter aux allures de play-boy. Fascinée par cet homme audacieux, elle lui demande de lui servir de guide... en tout bien tout honneur ! 
 
Rencontre sous les étoiles, Ally Blake
Que fait-il donc ici ? Au planétarium où elle-même travaille ? Jamais Rosie n’aurait imaginé revoir Cameron Kelly, l’héritier de la plus grande fortune du pays. Ni voir renaître aussi vite les sentiments si intenses qu’elle éprouvait pour lui, adolescente… Au contact de son amour de jeunesse, Rosie se prend soudain à rêver : se pourrait-il que Cameron s’intéresse enfin à elle ?
 
Le rendez-vous de l’amour, Melissa McClone
Contrainte par son patron d'étudier un site de rencontres concurrent, Dani s'inscrit sur Blinddates.com. Pas question pour elle, cependant, d'accepter le moindre rendez-vous. La quête de l'âme sœur, elle n'y croit pas du tout ! Seulement voilà, lorsqu'un certain Bryce la contacte et lui propose un dîner, Dani, intriguée, consent à le rencontrer. Pour des raisons strictement professionnelles, bien sûr...
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Couverture : Trish Wylie, Une demande inattendue, Harlequin
Page de titre : Trish Wylie, Une demande inattendue, Harlequin

1

Kerry Doyle se considérait comme une femme plutôt patiente. N’avait-elle pas attendu des années pour réaliser le voyage de ses rêves ? Des années à faire des recherches, à organiser, planifier jusque dans les moindres détails ce circuit qui commençait à peine ?

Mais si le passager assis juste à côté d’elle lui donnait un autre coup de coude — un seul ! —, elle se mettrait à crier, comme elle en avait envie depuis un certain temps. Elle avait acheté des billets en classe affaire sur un long courrier précisément pour jouir d’un peu plus de confort. Et le vol Dublin New York lui paraîtrait interminable s’il ne se déroulait pas dans les meilleures conditions possibles.

Son voisin lui donna un nouveau coup de coude. Elle se contenta de soupirer. Ce n’était pas à proprement parler un coup de coude. Pas plus que les précédents, d’ailleurs. Mais tout de même…

— Désolé.

— Peut-être que… si vous vous orientiez davantage vers le couloir…, suggéra-t-elle.

Il se tourna vers elle et lui adressa un sourire qui ne laissait certainement pas indifférentes la plupart des femmes.

— L’hôtesse de l’air m’a déjà heurté deux fois avec son chariot. Je ne suis pas vraiment bâti pour ce genre de siège…

Kerry hocha la tête. Elle aurait eu du mal à le contredire. Lorsqu’il était entré dans l’appareil et avait rangé son bagage à main dans le coffre prévu à cet effet, elle n’avait pu que remarquer qu’il était grand et doté de larges épaules. Très grand, même. Assez en tout cas pour avoir des difficultés à se glisser à l’emplacement qui lui était réservé. Elle avait même esquissé un sourire de sympathie en le voyant grimacer.

— Il semblerait, admit-elle. Mais j’avoue avoir un peu peur de commander un thé tout à l’heure… et de vouloir le boire au mauvais moment !

D’autant plus que la garde-robe qu’elle emportait avec elle devrait lui durer un certain temps. Comme toujours, elle examinait la situation d’un œil pratique. C’était ainsi que fonctionnait son esprit.

Résolue à ne pas se faire un ennemi de l’homme à côté duquel elle voyagerait pendant de longues heures, Kerry accompagna ses propos d’un sourire poli. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il la fixe avec une telle intensité, et moins encore à ce que ce regard ait sur elle un tel impact.

Il avait de beaux yeux. Plus que beaux : superbes. D’un bleu gris dont la pâleur était accentuée par des cils noirs, très fournis. Ce ton très doux était strié de filaments d’un bleu plus soutenu, comme de fins traits d’aquarelle qui se seraient dilués dans l’iris.

— Je propose que nous établissions une sorte de code.

Elle cligna des paupières, revenant brusquement à la réalité, puis opina en souriant. Un peu d’humour ne pourrait que détendre l’atmosphère entre eux, et rendre ce voyage plus plaisant.

— « Collision à bâbord », par exemple ?

— Pourquoi pas ? Vous pouvez aussi, tout simplement, me donner un coup de coude dans les côtes quand j’envahirai votre territoire.

— Ma foi… c’est assez tentant, dit-elle lentement.

Tentant, son immense voisin l’était aussi. Agréable à regarder, il paraissait également d’agréable compagnie. Ce long voyage se présentait sous d’heureux auspices. En outre, bien que vêtu d’une tenue très décontractée — jean et T-shirt —, il avait les moyens de s’offrir une place en classe affaire, ce qui ne gâchait rien.

Les tueurs en série ne voyageaient pas en classe affaire.

Les kidnappeurs en revanche… peut-être. Ils gagnaient sans doute mieux leur vie.

Il se pencha alors vers elle, et, sans la moindre gêne, souleva la jaquette du livre de poche qu’elle tenait ouvert entre ses mains. Ses lèvres charnues s’étirèrent en un sourire.

— Ce guide vous plaît ?

Kerry posa le livre sur sa tablette.

— Il est très complet. Presque trop, pour l’usage que j’en aurai. Mais j’ai lu pas mal d’ouvrages de ce genre ces derniers mois, et celui-ci compte parmi les meilleurs.

— Pour quelle raison le trouvez-vous « trop complet » ?

— Eh bien, par exemple, il y a des dizaines et des dizaines d’endroits à voir, notés à la fin, et quand on ne connaît pas les lieux, on a du mal à choisir. Surtout pour une escale courte.

Il ne fit aucun commentaire, et ils passèrent les instants suivants à se dévisager. La couleur de ses yeux la fascinait. Et cette façon qu’il avait de la fixer la déstabilisait. Les notes vertes de son after-shave, mêlées à l’odeur de sa peau, augmentaient son trouble. Ils étaient si proches l’un de l’autre…

Etre assise à côté de quelqu’un dans un avion n’avait décidément rien d’anodin. La griserie du voyage ajoutée à cette proximité…

— Quels changements proposeriez-vous pour le rendre plus utile ? dit-il brusquement, la faisant presque sursauter.

Elle s’éclaircit la voix et reprit le guide pour en feuilleter les dernières pages.

— Je ne sais pas… Il faudrait peut-être affiner les chapitres.

— Selon quels critères ?

— En fonction du nombre de jours passés sur place. Il y aurait alors une liste des lieux incontournables pour un séjour de quarante-huit heures, de quatre jours, et ainsi de suite.

Comme son voisin ne répondait pas, elle se tourna de nouveau vers lui. Les sourcils froncés, apparemment plongé dans ses pensées, il lui offrait un magnifique profil. Pas celui, très lisse, des mannequins qui posaient pour les publicités de parfum. Un profil plus marqué, plus viril, qui aurait mieux convenu à des réclames pour des bracelets-montres ou des voitures de sport.

Pour tout dire un homme, un vrai.

Elle en était là de ses pensées lorsqu’il reprit soudain :

— Une liste d’affaires à emporter en fonction de la durée du séjour pourrait aussi être utile. Ainsi qu’une sélection des lieux à visiter selon ses goûts. Ce qui plaira à un aventurier ne plaira pas forcément à un amateur d’art… Ce serait bien, en outre, de cerner les attentes des personnes accompagnées d’enfants.

Il avait l’air de se parler à lui-même, et Kerry sourit.

— Envisageriez-vous par hasard de réécrire ce guide ?

Lorsqu’il reporta son attention sur elle, il souriait aussi.

— Peut-être bien…

Son sourire s’élargit tandis qu’il lui tendait la main.

— Ronan O’Keefe. Pour vous remercier d’avoir acheté un exemplaire de cet ouvrage, j’aurais voulu vous offrir un verre. Mais dans la mesure où les boissons sont comprises dans le prix du billet… je m’engage à ne pas vous les renverser dessus !

Sidérée, la jeune femme entrouvrit les lèvres, lorgna la couverture du guide pour lire le nom de l’auteur, et roula les prunelles.

— Je ne peux que me féliciter de ne pas m’être montrée trop sévère…

— J’aime autant, en effet !

Elle lui tendit la main à son tour, et eut l’impression qu’elle était minuscule dans celle de Ronan O’Keefe. Ils ne se quittèrent pas du regard pendant cette poignée de main, qui lui parut durer assez longtemps.

Il avait une poigne ferme, chaude, de celles qu’appréciait son père et qui, disait-il, inspiraient le respect. Dans l’immédiat, ce n’était pourtant pas du respect qu’elle éprouvait en premier lieu pour l’homme assis à côté d’elle…

Elle toussota de nouveau avant de reprendre la parole.

— M’auriez-vous révélé votre identité, si ma critique avait été plus virulente ?

— J’aurais sans doute attendu un peu avant de le faire…

Et, à en juger par la lueur espiègle de son regard, il aurait pris un certain plaisir à prolonger ce quiproquo.

— J’imagine que ce n’est pas la première fois que vous êtes confronté à une situation pareille ?

— Ce sont les risques du métier ! Voyageant moi-même souvent, il va de soi que j’ai plus d’une fois vu des gens en train de lire l’un ou l’autre de mes ouvrages.

Il se tut une seconde à peine, et, l’œil plus rieur encore, ajouta :

— Il m’arrive aussi, dans les aéroports, de conseiller des voyageurs qui hésitent entre plusieurs guides !

Cet aveu fit rire franchement Kerry. Ronan O’Keefe avait un charme fou. Sans doute passait-il le plus clair de son temps à en user auprès des femmes qu’il croisait au hasard de ses voyages…

— Et… qui me dit que vous ne me mentez pas ? fit-elle, un sourcil levé. Pour le moment, rien ne me prouve que vous êtes bien l’auteur de cette série de guides…

— Ma parole ne vous suffit pas ?

— Votre passeport serait quand même plus fiable…

— Pas sûr. Je pourrais écrire sous un pseudonyme.

— Vous pourriez. Le faites-vous ?

— Non. Je vous trouve bien méfiante, observa-t-il, sans se départir de son sourire. Et en matière de sécurité, permettez-moi de vous rappeler la règle numéro un : ne jamais remettre son passeport à un inconnu quand on voyage seul.

Kerry plissa les yeux.

— Comment savez-vous que je voyage seule ?

— A ma connaissance, les gens qui voyagent ensemble ont tendance à s’asseoir côte à côte…

Evidemment.

— Dans ce cas précis, je m’imagine mal vous arracher votre passeport des mains, et vous enjamber pour m’enfuir !

— Ce scénario ne me déplaît pas.

Il avait baissé la voix, et son sourire s’était fait gourmand.

— Ça ne me dérangerait pas, que vous m’enjambiez. J’essaierais de vous immobiliser dans cette position…

Kerry sentit ses joues rosir, ce qu’elle jugea grotesque à son âge ; elle ne détourna cependant pas le regard.

— Jouez-vous à ces petits jeux de séduction à chacun de vos voyages ?

Il eut un petit rire.

— Ça donnerait lieu à une foule de relations extrêmement courtes…

Elle rit à son tour, tandis qu’il se contorsionnait sur son siège pour finalement sortir de la poche de son pantalon un passeport, qu’il brandit sous ses yeux.

— Voilà. Et n’oubliez surtout pas de me le rendre !

Elle tendait déjà la main pour prendre le document quand il retira la sienne.

— Pas si vite. Je propose un échange…

Kerry partit d’un grand éclat de rire.

— Oh… Non, je ne crois pas !

— Pourquoi ? Vous êtes donc si affreuse, sur la photo ?

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4eme couverture