Mortel baiser

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Fascinants et magnifiques, les vampires séduisent tous ceux qui les approchent…
Depuis la nuit des temps, les vampires de La Nouvelle Orléans sont victimes d’une malédiction qui, tous les cent ans, menace leur existence. Pour Raphael, prince des vampires, la mission est aussi cruelle qu'inéluctable : pour sauver son peuple, il doit séduire une femme, une humaine qui acceptera, par amour pour lui, de faire le sacrifice de sa vie…
Publié le : samedi 1 décembre 2012
Lecture(s) : 17
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280291644
Nombre de pages : 52
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1

Il l’avait enfin retrouvée.

Ils étaient de nouveau réunis.

Cette certitude éveillait en lui une puissante exaltation qui se communiquait à tout son être tandis qu’il fendait la foule pour se porter à sa rencontre.

Les convives de la soirée s’écartaient sur son passage, semblant sentir instinctivement à quel point ce moment était capital pour lui. Ce n’était pas la première fois que Raphaël remarquait cette forme de sixième sens dont la plupart des humains étaient dotés sans même en avoir conscience.

Mais, ce soir-là, il n’y prit pas vraiment garde. Toute son attention était concentrée sur l’odeur familière qu’il avait pistée à travers les rues de La Nouvelle-Orléans. Il n’avait eu aucun mal à la suivre jusqu’ici. Et il lui avait suffi de faire usage de ses pouvoirs hypnotiques pour convaincre l’un des videurs qu’il avait perdu son invitation.

Raphaël contourna l’immense sapin de Noël qui se dressait au milieu de la salle de réception. Il ignora le buffet autour duquel se pressaient des dizaines de personnes et se dirigea droit vers l’angle nord-ouest de la pièce.

Son instinct de prédateur était plus que jamais en éveil. Mais il savait pertinemment qu’il ne s’agissait pas d’un simple jeu. Ce soir, l’avenir de toute son espèce reposait sur ses épaules.

Il renifla discrètement pour s’assurer qu’il était toujours sur la bonne piste. Malgré la présence des deux cent cinquante invités triés sur le volet qui assistaient à la traditionnelle soirée de Noël de la firme Cox & Hotchkiss, Raphaël n’avait aucun mal à isoler la seule odeur qui l’intéressait.

Il l’aurait reconnue entre toutes, de même que le rythme unique des battements de son cœur. Ce sang à nul autre pareil parlait aux strates les plus profondes de son subconscient, éveillant une soif que lui seul pourrait étancher. Il lui fallait faire appel à toute la force de sa volonté pour empêcher que ses canines ne s’allongent, trahissant sa véritable nature.

Il avait repéré l’odeur de ce sang, deux jours auparavant. Au début, cela n’avait été qu’une fragrance distante et agréable. Mais, au fil des heures, l’attrait qu’elle exerçait sur lui s’était mué en véritable obsession, en appel auquel il ne pouvait espérer se soustraire.

Il s’était mis à sa recherche et avait hâte de découvrir à quoi elle pouvait bien ressembler, cette fois-ci.

Est-ce que tu l’as localisée ?

La voix de Janus, l’aîné de son clan, avait retenti dans son esprit. Elle trahissait un mélange d’impatience et d’inquiétude qui ne lui ressemblait guère mais que les circonstances justifiaient amplement.

Je suis sur le point d’entrer en contact avec elle, répondit-il.

Fais vite. Il ne reste plus beaucoup de temps.

Je sais. Mais ne t’inquiète pas : je la ramènerai avant minuit. N’est-ce pas ce que j’ai toujours fait ?

Janus rompit le contact mental qu’il avait établi entre eux, et Raphaël prit une profonde inspiration pour tenter de chasser la nervosité qui l’habitait. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus besoin de respirer, bien sûr, mais cela l’aidait à se détendre.

Cette fois-ci, en revanche, cela ne fit que raviver un peu plus son désir. L’odeur était plus puissante que jamais, plus entêtante, aussi. S’il avait dû la décrire, il aurait probablement évoqué une senteur de jasmin mêlée au bouquet capiteux d’un vin blanc moelleux.

Il contourna un dernier groupe de convives et tomba en arrêt devant elle.

Cette fois, elle était brune. Ses longs cheveux couleur chocolat tombaient librement sur ses épaules dénudées, formant un rideau soyeux dans lequel il brûlait de plonger ses doigts.

Ses traits étaient fins et gracieux. Son petit nez lui donnait un air légèrement mutin qui contrastait délicieusement avec la sensualité de ses lèvres pleines. Elle portait une robe du soir, plus sobre que la plupart de celles qu’il avait remarquées ce soir-là mais dont la coupe mettait en valeur sa silhouette élancée et ses courbes parfaites.

Ses yeux très bleus offraient un contraste fascinant avec ses cheveux et son teint. Ils étaient lumineux, pleins de vie, et lorsqu’ils se posèrent sur lui il eut la délicieuse impression qu’ils le transperçaient de part en part.

Si les battements de son cœur ne s’étaient pas arrêtés depuis bien longtemps, ils se seraient probablement emballés, en cet instant. Il ne put cependant réprimer un frémissement de pur désir.

Cela faisait six cents ans qu’il vivait pour ces instants qu’il attendait et redoutait à la fois. Il se promit pourtant de ne pas réitérer l’erreur qu’il avait commise lors de leur première rencontre.

Il lui avait fallu près de cent ans pour s’en remettre et, s’il recommençait, il n’était pas sûr de pouvoir y survivre…

*  *  *

Avant même de repérer l’inconnu qui s’était immobilisé à quelques mètres d’elle, Evaline St. Croix s’était sentie observée. Elle avait perçu instinctivement le regard qui pesait sur elle, l’enveloppant comme la plus délicate des caresses. Et, lorsqu’elle aperçut enfin celui qui la contemplait de la sorte, elle ne put réprimer un frisson dont la sensualité la prit complètement de court.

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