Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Mosaïque

De
198 pages
Après 7 mois en poste, un cas compliqué échoua sur son bureau. Portant ses vêtements fétiches pour cette enquête et ayant sous la main son calepin Rhodia et sa plume Rotring, elle se plaisait à penser qu’elle était la future Colombo (la série télévisée américaine) ou Navarro (la série télévisée française). Sur place, elle découvrit une personne défigurée à coups d’un objet contondant qui gisait sans vie dans son lit. Aucune trace d’effraction. Une panoplie de suspects se présentera à elle, tous ayant plus ou moins une raison de le tuer. Plusieurs de ses collègues rêvent de s’approprier de ce cas et sont prêts à lui jouer dans le dos. Fort heureusement, quelques jours après un début cahoteux d’enquête, Bernard son supérieur immédiat lui rappela: «c’est ton enquête, ta première, ta vraie enquête. Elle t’appartient». Cette phrase lui redonna confiance. Oui, elle le savait. Le métier d’enquêteur usait l’âme et déjà elle en ressentait les premiers effets.
Sur une trame de roman policier, vous découvrirez la nature perturbée de Martine
ainsi que ses hésitations et ses malaises. Bien des déceptions sur ses amours, sa
copine Catherine et sur son métier d’enquêtrice se pointeront. Viendront-elles à l’ébranler? Une voix l’aidera à surmonter toutes ces difficultés. Quelle est donc cette
voix?
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

AVERTISSEMENT : Les personnages et les situations de ce roman sont purement fictifs. Toute ressemDlance avec des faits connus ou des personnes existantes serait entièrement fortuite et indépendante de la volonté de l’auteure. Les lieux ne respectent pas l’exactitude historique ou actuelle concernant l’adresse, le type de commerce ou tout autre détail des Dâtiments. Pour des fins littéraires, les procédures policières et d’enquêtes ne reflètent pas la réalité. Ceci est une œuvre de fiction, et non un documentaire. Copyright © 2013 anielle umais Copyright © 2013 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François oucet Révision linguistique : Mélanie arveau Correction d’épreuves : Carine Paradis, Katherine LacomDe Conception de la couverture : Paulo Salgueiro Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : SéDastien Michaud ISBN papier 978-2-89667-766-5 ISBN PF numérique 978-2-89683-809-7 ISBN ePuD 978-2-89683-810-3 Première impression : 2013 épôt légal : 2013 BiDliothèque et Archives nationales du QuéDec BiDliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, Doul. Lionel-Boulet Varennes, QuéDec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : .G. iffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : .G. iffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SOEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition.
Gouvernement du QuéDec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SOEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada umais, anielle, 1952-L’âme d’une détective L’ouvrage complet comprendra 3 v. Sommaire : 1. Mosaïque -- 2. éesses de glace. ISBN 978-2-89667-766-5 (v. 1) ISBN 978-2-89667-767-2 (v. 2) I. Titre. II. Titre : Mosaïque. III. Titre : éesses de glace. PS8607.U441A83 2012 C843’.6 C2012-942360-2 PS9607.U441A83 2012
Conversion au format ePuD par:
www.laDurDain.com
Samedi 2 octobre
1
UNE VISION DE BONHEUR
Le front collé à la vitre d’une fenêtre, une silhouette en vêtements de jogging se tenait dans l’ombre d’un appartement. Elle frappa à de nombreuses reprises la surface vitrée de sa main droite. Au sixième coup, elle cessa. Elle gri-maça de dégoût. Elle releva la tête et porta son regard au loin. Elle fixa une fenêtre entrouverte située au troisième étage, de l’autre côté de la rue. Un rideau de dentelle blanc s’en échappait et volait au vent comme le voile d’une mariée la défiant. Manifestement, le locataire de ce logement l’avait ouverte pour aérer son appartement. « Il est toujours vivant », se dit l’être tapi dans l’ombre. Il s’éloigna de son poste d’observation. Désorienté et perdu, il s’assit brutalement sur une chaise droite au milieu de la place vide. Puis, il croisa les mains à l’arrière de sa nuque et courba l’échine. Cette masse sombre recroquevillée se demandait pourquoi, oui pourquoi, il vivait encore. Elle regarda sa grosse montre Guess aux chiffres fluorescents. Il était près de minuit. Au-dehors, des sifflements sinistres et angoissants déferlaient par intermittence le long de la rue Saint-Denis, une artère vivante et achalandée de Montréal. Ce soir-là, elle était pratiquement déserte en raison de la pluie glaciale et incessante. Du haut du troisième étage, l’individu légèrement calmé avait quitté sa position assise et était revenu à son poste. Il se tenait dans un noir absolu. Un objet retint son attention. Une cannette de bière vide roulait bruyamment sur le trottoir en émettant des notes claires et hautes. Elle finit momentanément par s’immobiliser contre un poteau métallique, puis reprit sa course folle pour tenter une autre traversée hasardeuse de la rue. Elle finit subitement son escapade sous les roues d’une voiture en produisant un ploc sinistre. — Quel vendredi misérable, froid et ennuyeux ! Fini les belles promenades au clair de lune sous un vent chaud et humide, murmura-t-il. Quelques passants emmitouflés et s’abritant sous un parapluie sérieusement malmené regrettaient leur sortie et marchaient d’un pas rapide. De temps en temps, des feuilles poussées par le vent tombaient sur la chaussée mouillée. Le va-et-vient des véhicules finissait par les propulser le long de la chaîne de trottoir. Dans ce charmant quartier de Montréal situé à la limite du centre-ville huppé et du début des cafés et des bars populaires de la rue Saint-Denis et du boulevard Saint-Laurent, ce personnage étrange analysait les allées et venues de chacun. Il nota que le parc du Carré Saint-Louis, situé en face, était calme et vide. — C’est très bien ainsi, murmura-t-il. À peine quelques semaines auparavant, à cette heure-ci, ce petit coin de verdure en pleine ville était rempli d’amoureux qui se bécotaient, de fumeurs nonchalants et d’amateurs d’espaces verts. « Quel contraste en si peu de temps ! » pensa-t-il. Il plaça à nouveau son front sur la vitre froide et il étudia les déplacements de la foule clairsemée. Il hésitait à quitter l’appartement. Il préféra se donner un peu plus de temps et fumer une dernière cigarette avant d’affronter cet air froid et humide.
Lumières éteintes, il observait en toute quiétude le faible grouillement de foule. L’édifice semblait endormi et le cliquetis métallique des plinthes chauffantes se faisait rassurant. Aucun bruit et aucun son ne parvenait de l’étage du dessous. Le sommeil avait dû s’emparer des locataires de l’étage inférieur. Il s’écarta légèrement de la fenêtre et tira une longue bouffée sur sa cigarette. Une lueur rouge brilla à son extrémité et quelques volutes de fumée bleutée s’échappèrent au fur et à mesure que le disque incandescent perdait de sa puissance. La masse noire s’appuya à nouveau contre la boiserie de la fenêtre et lâcha un soupir douloureux. Par mesure de sécurité, l’ombre avait revêtu des vêtements foncés. Elle portait un immense chandail noir et des pantalons de la même couleur. De cette façon, personne ne pouvait la remarquer de l’extérieur. Il était difficile de discerner si cet humanoïde était un homme ou une femme. Ses cheveux mi-longs étaient attachés en arrière avec un élastique et son habillement ample cachait sa morphologie. Son obsession à fixer inlassablement les allées et venues des piétons à l’extérieur démontrait qu’il planifiait une bassesse quelconque. Le nez aplati sur la vitre, il attendait patiemment que la rue se vide. Fatiguée de son garde-à-vous, l’ombre décolla sa figure de la surface froide et projeta sa fumée vers le plafond. Les lèvres en rond, elle s’amusa à former des cercles de fumée. Trois cercles parfaits montèrent. Satisfaite, elle tira une autre bouffée et refit d’autres cercles. Elle se retourna et se pencha pour soulever une tasse de café à moitié vide. Elle secoua la cigarette au-dessus de cette dernière et la cendre lâche tomba en émettant un faible bruissement au contact du liquide froid. Malgré l’obscurité, l’ombre distinguait le profil d’un téléphone au centre d’une table basse. Une envie irrésistible la prit. Les réverbères jetaient assez de lumière pour naviguer aisément vers cet appareil. Elle s’y rendit et s’assit à une extrémité du sofa. Elle déposa sa cigarette entamée dans le cendrier près du téléphone. Elle mit sa main sur le combiné, en tremblant d’inquiétude. Elle la retira. Puis elle se ravisa. D’une main assurée, elle composa un numéro qu’elle connaissait parfaitement. Elle attendit et fut surprise qu’au troisième coup, on décroche. Rageusement, elle raccrocha. Furieuse, elle grogna longuement. Toujours en position assise, elle frappa sa tête contre ses genoux à plusieurs reprises. La rage au cœur, elle se leva et courut à la fenêtre. Elle s’obstinait à fixer cette fenêtre du dernier étage de l’autre côté de la rue, qui était toujours entrouverte de plusieurs centimètres. Un rideau d’un blanc pur flottait à l’extérieur. Il battait allégrement au vent comme un drapeau blanc demandant une trêve. Personne à part elle ne se préoccupait de ce bout de tissu malmené. Il claquait contre le mur de pierre rugueux. Il commençait à s’élimer et à se déchirer. Un morceau pas plus gros qu’une hostie s’en détacha et pendant un instant, il tournoya près de l’ouverture, puis il s’éleva dans le ciel et s’envola au loin. Elle mordilla un de ses doigts avec acharnement au point qu’un peu de sang s’écoula. « Comment se fait-il qu’il ne soit pas encore mort ? Je n’en peux plus de le sentir vivant. Il doit mourir et ce sera ce soir ou jamais. Tu dois y aller, tu dois le faire. Tue-le ! » se dit-elle. L’ombre tira une longue et dernière bouffée ; un halo cramoisi s’intensifia, puis s’assombrit au centre en laissant un anneau extérieur rouge et brillant qui perdit rapidement de sa luminosité. L’ombre lança son mégot dans la tasse de café. Un son flasque suivi d’un pétillement dura quelques secondes. Elle se pencha pour ramasser une batte de baseball déposée près de la porte. Elle la caressa doucement et éprouva une sensation agréable au toucher. La lumière extérieure découpait ses gestes comme lors d’une projection d’ombres chinoises. S’il y avait eu des spectateurs dans cette salle, ils auraient compris que l’acteur s’en allait accomplir un acte dégoûtant. Allait-il se raviser ? Aurait-il des meilleures dispositions ? Immobile, il sourit. Des images de parties de baseball à l’école primaire firent surface dans
son cerveau dérangé. « Que de souvenirs heureux ! » pensa-t-il. Ce n’est qu’à l’adolescence que tout s’est gâté. Préoccupé par une image de prestige, cet individu n’aimait pas ses parents, des gens modestes, sans culture, vivant misérablement en banlieue. Il espérait s’élever au-dessus de cette médiocrité et mener une vie mondaine et prospère et, si possible, devenir une célébrité adulée. Soucieux de son apparence, il s’habillait avec des vêtements bien coupés et griffés. Pris par le courant de ses rêveries, il continuait à caresser tendrement la batte. Brusquement, il arrêta de la flatter et comme pour tester sa solidité, il la frappa brutalement dans la paume de sa main. Il le refit. Il ressentit une vive douleur à la main en raison de la force de l’impact. Il entendit un bruit fort et ferme, pas un son discordant et fragile. Un bruit rassurant. Le test était concluant. L’ombre était enfin prête à tuer. Ce corps mince et souple se déplaça, revêtit un immense et long imperméable foncé et camoufla l’arme sous les plis de son manteau.
2
UNE MORT IMMINENTE
De l’autre côté de la rue, le même soir
Je dormais péniblement. Depuis une semaine, je dépérissais à vue d’œil. Je toussais, transpirais, grelottais et mes poumons me faisaient terriblement mal. Depuis quelques temps, je ne vomissais plus. La vraie raison était que, probablement, je n’avais plus rien à vomir. Voilà pratiquement deux jours que je ne mangeais plus. Je restais allongé dans mon lit en espérant que ma santé s’améliore. Doucement, je murmurai : — Quelle vilaine grippe ! Il y a quelques jours, je pouvais marcher. Je suis même allé à pied voir le médecin. Il m’a dit que j’avais une bien mauvaise grippe. Il m’a prescrit du repos et des médicaments. C’est ce que je fais, mais ça ne s’améliore pas. J’ai pensé appeler ma mère, mais à quoi bon ! Elle va s’inquiéter pour rien. Il faut que je dorme, que je me repose et tout reviendra à la normale. Tiens, le téléphone sonne ! Ça doit être ma mère qui angoisse. Je sortis mollement ma main droite de sous les couvertures et après de nombreux efforts, j’empoignai le combiné au troisième coup de la sonnerie. Il m’échappa. Je roulai sur le côté et saisis le fil de ma main gauche. Exténué, je le remontai lentement pour découvrir qu’à l’autre bout, on avait déjà raccroché. Je sacrai. Je dus m’étirer pour déposer le combiné sur le récepteur téléphonique. J’aurais bien voulu savoir qui m’appelait si tard cette nuit. Était-ce ma pauvre mère morte d’inquiétude ? Elle s’affolait toujours trop pour moi, comme toutes les mères, je suppose. Pour vérifier la provenance de l’appel, je devais me soulever, allumer la lumière et m’étirer pour lire l’afficheur. C’était trop pour moi. Souffrant et à bout de forces, je réussis à peine à replacer le combiné sur sa base. Une autre préoccupation me dérangeait. La fenêtre entrouverte de quelques centimètres refroidissait toute la pièce et le rideau tapait les parois extérieures bruyamment. Grelottant, je fis un effort pour me lever. Mon corps était aussi lourd qu’une enclume. Je me recouchai et consentis à souffrir en silence encore quelques instants. Peut-être que d’ici une heure ou deux, j’aurais plus de force pour aller la fermer. Je fermai les yeux un court instant. Il me semblait que je dormais, mais la fièvre me faisait passer d’un état somnolent à un état éveillé à des intervalles affolants. Pour savoir si je ne rêvais pas, je me parlais à haute voix. Ma propre voix me rassurait et il me semblait que je sentais à nouveau mon sang circuler dans mes veines. Je bavardais ainsi et me questionnais sur la véracité de certains dires : — Est-ce vrai que la mort survient après une longue marche dans un tunnel noir ? Est-ce vrai qu’au contact de cette lumière blanche éblouissante, la vie ne nous appartient plus ? Je me souviens dansPoltergeist, la petite fille voulait rejoindre cette lumière blanche. Quel film ! J’ai ri tout le long. Surtout à la vue des steaks qui se métamorphosaient, je crois que c’est de cette scène que j’ai le plus ri. Je m’esclaffai, mais mon corps me faisait tellement mal que je dus cesser immédiatement de rire. Une multitude de poignards lacéraient chacun de mes muscles. Je me mis à respirer doucement et mes douleurs s’amoindrirent à un point tel que je me sentis relativement confortable. Je continuai mes rêveries.
— C’est vrai que j’ai toujours adoré les films à sensation. La vue du sang ne me fait pas peur. Ce ne sont que des effets spéciaux, du trucage, du ketchup. Je ressentis des picotements et des douleurs dans l’estomac. — J’ai tellement mal. C’est terrible. J’ai horreur de la douleur. J’ai tellement mal que je voudrais bien voir le bout de ce tunnel, la fin de cet enfer, voir cette lumière blanche au bout du corridor. Les pensées s’entremêlaient. Je revoyais l’été pénible que j’avais passé. Un été terriblement chaud, et durant lequel j’ai regretté d’avoir un appartement au troisième étage et sans air conditionné. — Quelle idée de prendre un appartement au dernier étage ! Les températures ont grimpé jusqu’à 35 °C à l’extérieur tandis que, dans mon logis, le mercure indiquait un gros 39 °C. Quelle chaleur intolérable ! Heureusement que cette touffeur s’est dissipée ces derniers jours et j’ai pu travailler à mon aise. » Le printemps prochain, je vais l’acheter, mon condo de rêve. De l’espace. Un climatiseur central, le bonheur. Que j’ai hâte de m’installer ! D’avoir enfin mon propre studio dans un immeuble propre, vaste et moderne ! » Pour l’instant, j’ai soif. J’aimerais un bon verre d’eau bien froide. Mes lèvres sont tellement sèches. Il faudrait bien que je me lève. Je fis un effort suprême, mais rien ne bougea. Je me résolus à essayer de dormir malgré les douleurs à la poitrine. — Demain, ça ira mieux. Le son de ma voix résonnait dans ce calme et pourtant, un bruit me surprit. J’entrouvris péniblement mes yeux fiévreux. J’avais de la difficulté à respirer. Une ombre noire se tenait près de moi. Je bredouillai d’une voix forte : — Est-ce toi, l’ange de la mort qui vient me délivrer ? Rien, un silence agaçant planait. Pourtant, j’étais sûr d’avoir parlé assez fort et de distinguer un corps debout près de mon lit. J’écarquillai mes yeux au maximum. — Qui es-tu ? J’entendais une respiration sifflante et peu rassurante. J’hésitais à classer cette forme. Était-elle céleste ou terrestre ? Au bout d’un instant, la forme bougea, s’allongea et devint menaçante. On aurait dit qu’elle brandissait bien haut une épée qui allait s’abattre sur moi. Je devais rêver ou halluciner. — Non, personne n’est ici. J’hallucine. Convaincu de ce fait, je fermai les yeux et songeai à mes projets futurs. Depuis que j’étais à mon compte, les contrats rentraient à un rythme adéquat. Enfin je pouvais espérer mon condo au centre-ville. Mon esprit divaguait. Je pensais acquérir, d’ici quelques années, une jolie maison campagnarde en briques solides entourée de ravissantes fleurs, une jolie maison située près d’un étang dans un paysage enchanteur. J’espérais aussi trouver l’homme de ma vie, un amour éternel. Je n’avais pas encore eu la chance de le rencontrer. Bien des hommes s’étaient présentés à moi. La plupart étaient des prétentieux, sans savoir-vivre et surtout sans culture. Ils étaient terriblement ennuyeux. Puis, une vague de souvenirs de jeunesse déferla dans mon esprit. Je revoyais ma tendre mère, mon père décédé il y a quelques années, ma sœur fugueuse et révoltée, mes sept ans, mon premier bouton d’acné, mes amis au collège et mon ancien patron, un être avare, inculte et aux goûts extrêmement luxueux. Puis, j’essayais d’entrevoir mon avenir. Rien ne venait à mon esprit, un vide abyssal. — Des voyages, j’en ferai beaucoup. Puis, j’eus le goût de me conter une belle histoire qui commencerait par « Il était une fois ». Je n’eus pas le temps de finir que j’entendis un bruit sourd et qu’une douleur au haut de ma tête