Motek Sheli

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L'amour n'est pas cette chose douce dont tout le monde parle. Un soir de septembre, Alexandre rencontre sur le net Sarah, cette princesse juive si secrète. L'amour va naître entre eux amenant Alexandre à percer le mystère de Sarah.


Publié le : jeudi 26 février 2015
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EAN13 : 9782332890900
Nombre de pages : 130
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ISBN numérique : 978-2-332-89088-7

 

© Edilivre, 2015

Citations

 

L’Amour nous donne les ailes pour vivre tout le bonheur que l’on n’imaginait même pas ressentir. On se surpasse, on se transforme, on vit des moments délicieux dont parfois on ne me mesure pas l’importance et qui peuvent s’évanouir sans que l’on y goûte à sa juste valeur. C’est furtif, on oublie souvent.

Mais l’Amour n’est pas cette chose douce dont tout le monde parle !

Le mal d’Amour nous donne les plumes pour écrire toute la souffrance que l’on ne soupçonnait même pas éprouver. On se renferme, se découvre, on vit des moments intenses de douleur dont on croit ne jamais en voir la fin. C’est profond, on oublie jamais.

Prologue

Sarah. C’est le prénom de la seule femme que j’ai profondément aimée dans ma vie.

Sarah ; juive comme son prénom.

Sarah ; princesse comme la signification de son prénom.

J’ai aimé une princesse juive.

De famille modeste, elle était montée à Paris à l’âge de 16 ans et grâce à sa beauté et son intelligence, elle s’était construite une vie à son image. Unique.

Elle a côtoyé des hommes illustres ; plasticiens, metteurs en scène, hommes politiques, en puisant en chacun d’eux le meilleur sans jamais perdre la simplicité qui faisait son charme.

Un soir de Septembre, un de ces soirs qui auraient pu ressembler à tous les autres si le destin ne s’était pas mêlé, nos chemins se sont croisés.

 

 

Les beaux jours

Homme à femmes, cœur d’artichaut, Casanova ou Don Juan ; peu importe, j’assume ma passion pour les femmes. Ce sont elles qui ont façonné l’homme, dicté mes émotions, inspiré mes choix de vie.

Blondes ou brunes, jeunes et moins jeunes, petites, grandes, salopes ou cul-pincé, je les ai toutes aimées. Si les femmes ont été créées par Dieu, c’est pour les admirer. On dira que je suis leur plus grand admirateur…

J’ai été aimé, sans toujours le rendre à sa juste valeur mais j’ai toujours respecté la femme, surtout ma dernière qui a tout abandonné pour moi.

Je l’avais connue à Mykonos lors d’un de mes voyages, elle était tombée folle amoureuse de moi au point de quitter son mari et la vie de rêve qu’elle s’était forgée là-bas. J’avais enlevé la belle Hélène à ma façon.

Mais ma femme n’aimait pas vivre à Paris, elle aimait trop la Grèce. Elle dansait et chantait comme elle, elle se nourrissait de son pays et dépérissait si elle s’en éloignait trop longtemps.

D’un commun accord nous avons décidé qu’elle vivrait là bas et que j’irai la rejoindre, une à deux fois par mois.

J’avais alors une vie que beaucoup d’hommes rêveraient d’avoir : j’avais ma vie à Paris rien qu’à moi et une femme qui m’attendait pour ne vivre que le meilleur. Mon expérience m’a prouvé que c’est le quotidien qui tue l’amour. Je n’en avais pas. J’étais donc libre et aimé.

Tel un marin grec, une femme dans chaque port.

Au port de Paris, j’avais Sandra, très belle du haut de ses 26 ans, étudiante, modèle photo à ses heures perdues, saine : tout ce que les hommes aiment avoir dans leur lit.

Moi je l’avais, je passais d’agréables soirées avec elle selon mes disponibilités, mais aussi des escapades dans les différentes capitales européennes au gré de nos envies.

Comme beaucoup de femmes de son âge, elle recherchait un père car le sien n’avait pas été à la hauteur suite au décès de sa mère. Et c’était moi.

Notre relation était belle, sincère, mais j’avais besoin de « cul neuf ». On ne se refait pas.

Mes démons refaisaient surface et pour occuper mes soirées d’homme seul, je chassais sur le net où je « chattais », avide de mieux connaître les femmes, curieux de découvrir leurs pulsions, leurs démons, leurs coins retranchés, leurs fantasmes inavoués. Les femmes se mettent beaucoup plus facilement à nu derrière un écran.

Une rencontre inattendue…

Je me souviens parfaitement, ce soir du mardi 10 septembre 2013 où le pseudo « danstonreve » a conversé avec moi : nous avons échangé quelques banalités, puis des photos mais il était tard et j’avais envie d’aller me coucher.

Alors que je lui disais que j’allais me déconnecter, elle a insisté pour venir. Cette jeune trentenaire voulait me rencontrer. Pouvais-je laisser filer un si joli corps, un si beau fessier ?

Une heure plus tard, nous buvions le thé ensemble dans ma cuisine. Cette pièce a toujours été mon refuge, là où je me sens le mieux. Je pouvais y passer des journées entières avec mon fidèle compagnon, mon ordinateur.

De prime abord, elle ne me plaisait pas. Ce n’était pas mon style. Mais elle dégageait quelque chose d’étrange et d’attirant qui me poussait à chercher qui était réellement la jeune femme assise en face de moi.

Une voix très douce, qui s’exprimait peu et bien.

Une jolie peau bronzée de velours qui traduisait de récentes vacances au soleil, et surtout de jolis grands yeux brillants qui en disaient long.

Le regard d’une femme peut me faire chavirer. Pas ce regard de louve légèrement lubrique dont certaines peuvent abuser pensant qu’il suffit à faire fondre un homme. Non, moi j’avais besoin d’un regard intelligent et pur dans lequel on pouvait plonger pour y lire l’âme. Elle avait ce regard là. Je disparaissais dans son âme au travers de ces deux billes noires.

Son regard ne trichait pas, il parlait pour elle. En quelques secondes, il pouvait vous scanner, vous tuer ou vous rendre fou. Un regard dont j’ai compris plus tard qui lui servait à repérer ses proies en un éclair.

Son regard si perçant se transformait parfois en regard innocent, enfantin, presque triste et rêveur. Elle était experte dans l’art de se camoufler. Qui était-elle vraiment ?

Thé après thé, elle attisait ma curiosité. Elle paraissait si secrète.

« Histoire de l’art » me dit-elle. Elle avait étudié l’histoire de l’art mais la vie l’avait amenée à travailler comme assistante dentaire d’orthodontie dans un quartier chic de la capitale.

Je l’ai testée sur ses connaissances de l’art. Elle m’a vite cloué le bec, notamment sur l’art moderne. Elle avait l’air d’être experte et, pris à mon propre jeu, je changeai de sujet en lui parlant de voyages, mais là aussi j’ai été collé !

Elle semblait avoir roulé sa bosse partout. Même sur Israël, pays que j’affectionnais particulièrement, elle en savait un bout.

Je lui ai alors posé la question : es-tu juive ?

Avec une infime hésitation, elle a fait un signe de la tête que « oui », elle était juive. A ce moment précis, j’avais commencé à l’apprécier.

Je n’ai jamais su pourquoi j’avais depuis ma plus tendre enfance une attirance pour tout ce qui était juif. Mes meilleurs amis l’étaient et ce de façon spontanée et aucunement calculée. Or cette femme l’était et cela a renforcé mon attirance pour elle.

Reçue à ce premier examen de passage, nous sommes passés à des choses plus intimes et j’ai pu apprécier l’odeur de sa peau, une saveur de sable chaud mélangée à du sel. Sarah commençait à m’enivrer.

Nous avions convenu de nous revoir sans préciser quand.

Au travail je ne cessais de penser à elle.

Quoi de plus facile en 2014 que d’envoyer un SMS « bonjour, ça va ? Veux tu qu’on dîne ensemble vendredi ? ». Je n’ai pas hésité et lui ai envoyé.

Fébrile, j’ai attendu quelques heures avant que sa réponse n’apparaisse sur mon écran, un « oui mais » car c’était Kippour ce vendredi 13 donc elle ne pouvait se libérer que tard, après le traditionnel repas familial.

J’ai accepté, mon désir de la voir était trop pressant.

Le vendredi à l’heure dite, je l’attendais impatient au bout de la rue Montorgeuil scrutant au loin dans le noir sa silhouette que je vis arriver presque à l’heure. Elle dérogeait à la règle selon laquelle en général les femmes sont en retard. Tout était prétexte à rendre cette femme différente des autres, exceptionnelle.

Dans la pénombre de la salle des trois mailletz, le seul endroit dans Paris où j’aime sortir, je la dévisageais, la trouvant de plus en plus attirante.

Ses grands yeux expressifs et brillants, ce grand front d’où partait en arrière une longue chevelure châtain légèrement ondulée, typiquement juive comme j’aimais, son nez fin, sa bouche délicate : tout en elle me plaisait.

A un moment où je me tenais debout derrière elle et m’appuyais sur ses deux épaules, je lui ai pris la main, et j’ai ressenti ce que Piaf vous décrit « ça vous rentre dans la peau par le bas par le haut ». Une chaleur m’envahit. Un bien-être enveloppa mon corps.

C’est à ce moment précis que Sarah venait de rentrer dans ma peau !

Je suis toujours surpris de tout ce que peut faire un homme lorsqu’il est amoureux : rien ne paraît difficile, déplacer des montagnes n’est plus insurmontable. On est surpris par la découverte de facettes que l’on ne soupçonnait même pas. C’est drôle et léger le bonheur.

Elle me subjuguait. Nous partagions les mêmes centres d’intérêts. Elle était belle, intelligente, cultivée, à l’aise partout, mesurée, mais restait toujours très secrète sur elle même. Elle tenait son rôle à la perfection.

Le lendemain de cette soirée envoûtante, elle venait me chercher dans son coupé mercedes dont elle semblait si fière. Elle avait choisi la closerie des Lilas pour notre déjeuner, sous le regard d’Apollinaire et de la bande des Dadaïstes, le soleil de septembre brillait. Mon cœur chavirait.

Elle correspondait tout à fait au type de femme dont on n’a pas peur de se montrer vu mon âge. Elle faisait femme et non pas jeune femme, et appartenait à la catégorie de ces femmes qui portent l’élégance en elle. Un simple vêtement qu’il fût de Monoprix ou de chez Hermès lui sciait à merveille. C’est vrai, j’étais fier de me montrer en sa compagnie.

Sarah s’intéressait à tout et j’avais cerné ses goûts : Les expositions d’art, les musées, l’Opéra, le théâtre, les bonnes tables, les voyages et surtout Israël.

Je voulais absolument lui plaire en lui offrant tout cela. Être avec elle me paraissait la chose la plus essentielle dans ma vie et je nous voyais partager ensemble ces doux moments qu’allait nous accorder l’existence.

J’étais conquis.

Mais notre histoire aurait pu s’arrêter là. Le deuxième soir où elle dormait chez moi, tard dans la soirée alors que nous étions couchés, mon téléphone sonna.

C’était Sandra, “une de mes ex” comme elle disait, qui me téléphonait de New York et qui voulait me donner de ses nouvelles.

Le regard sévère de Sarah me jugea aussitôt et elle me lança comme un défi « si tu veux, je peux repartir ». Traduction : je ne partage pas, chasse gardée.

Je l’ai regardé, un simple oui de ma part aurait peut être suffi ce soir là pour que cette histoire n’aie jamais existé.

Je n’ai pas dit oui et l’ai prise dans mes bras.

Ma faiblesse

Je me souviens, c’était le soir du samedi du 21 septembre, jour de shabbat et nous voulions dîner au restaurant, mais uniquement kasher car Sarah respectait les consignes alimentaires de sa religion.

Ces restaurants étant fermés en général en ce jour, elle s’est souvenue qu’il y en avait un ouvert le samedi soir, « La boule rouge » dans le 9ème. Nous nous y sommes précipités pour déguster un bon couscous et sentir l’ambiance Séfarade puisqu’il appartenait à Enrico Macias.

C’est là vers la fin du repas, qu’avec des mots choisis, elle commença à me parler de ses difficultés financières, de son compte constamment à découvert. Elle ne pouvait même plus se servir de sa carte de crédit qu’elle « avait fait chauffer pendant ses vacances » et que cela lui pesait au quotidien. Elle en parlait comme un sujet de conversation quelconque, sans rien me demander.

Mais ma nouvelle princesse venait de m’exposer le problème qui la tourmentait et je voulais faire de sa vie une existence exempte de soucis, surtout matériels.

A la vue de mes revenus de médecin, cela ne m’a pas paru un problème insurmontable que de lui donner un petit coup de pouce pour deux à trois mois, et en beau seigneur lui ai aussitôt tendu une de mes trois cartes gold, en lui disant que je lui faisais confiance pour qu’elle en fasse bon usage, et qu’elle me la rendrait dés sa situation financière améliorée.

Son visage s’illumina aussitôt. Cela me rendait heureux.

Puis nous avons continué notre soirée, agréable comme toujours avec Sarah.

Mais au bout de quelques jours, surveillant régulièrement mes comptes sur internet, j’ai été étonné des dépenses anormales qu’elle réalisait avec ma carte.

Peut être, pensais-je, ayant été privée suite à ses difficultés financières, elle se lâchait un peu, voulait en profiter. Femme jusqu’au bout des ongles, les dépenses pour les vêtements de marque et autres produits de beauté défilaient sur mon écran.

Mais sa folie dépensière ne cessa pas, je me rendais compte de son addiction pour l’argent au fil des jours, des mois. Je n’ai rien dit. Je savais qu’elle avait été gâtée par les hommes qui avaient partagé sa vie, je n’avais pas envie de passer pour le radin de service.

Quand on aime, on ne compte pas. C’est ma devise, ma faiblesse.

Première escapade…

Pour notre première escapade, le week end du 12 et 13 octobre nous avons choisi Londres, ville que j’ai toujours affectionnée. J’avais prévu un programme à la hauteur de notre premier séjour en amoureux.

Cela a commencé la veille de notre départ, avec une pièce de théâtre de Weber « Cher trésor » et que je voulais voir depuis longtemps. Très pris professionnellement en semaine et partant les week ends libres rejoindre ma femme, j’avais depuis pas mal de temps laissé tomber les sorties Parisiennes.

Comme toujours dans les pièces de Weber, dont l’humour me plaisait, le rire était à l’honneur ce soir là ; le week end débutait bien.

A la sortie, malgré l’heure tardive, l’atmosphère de Paris encore estivale nous incitait à profiter d’un rafraîchissement sur une terrasse.

La pièce nous avait beaucoup plu, nous avions ri comme des enfants, nous étions détendus. Elle commença alors à distiller des choses vécues de sa vie, des hommes qu’elle avait bien connus, et pour commencer, G.I. chirurgien célèbre dans le monde entier et que j’avais aperçu une fois à Juan les Pins lors d’un congrès.

Elle avait l’air de l’avoir connu pendant une dizaine d’années quand elle avait vingt ans, le nommant par son simple prénom comme on parle d’un copain, semblait même...

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