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Nightshade (Tome 1) - Lune de sang

De
507 pages
Calla appartient à la meute des Nightshade. Comme tous les siens, elle a le pouvoir de se transformer en louve. Mais alors qu'elle est promise à Ren, loup alpha de la meute rivale, elle viole les lois de ses maîtres pour sauver la vie de Shay, un jeune lycéen. En suivant son cœur, Calla risque-t-elle de tout perdre?
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Andrea Cremer
Nightshade 1. Lune de Sang
Traduit de l’américain par Julie Lopez
Tître orîgîna :Nightshade Édîtîon orîgînae pubîée par Phîome Books, Penguîn (États-Unîs) © Andrea Cremer, 2010, pour e texte © Gaîmard Jeunesse, 2010, pour a traductîon françaîse © Gaîmard Jeunesse, 2012, pour a présente édîtîon
Loî n° 49-956 du 16 juîet 1949 sur es pubîcatîons destînées à a jeunesse.
Pour Garth,le premier à avoir lu ce livreet à l’avoir aimé.
Quant aux sorcîères, je ne pense pas que eur sorce-erîe soît un vérîtabe pouvoîr. Thomas Hobbes,Le Léviathan.
Un
J’avaîs toujours accueîî a guerre à bras ouverts, maîs dans e feu de a bataîe, a passîon surgîs-saît sans prévenîr. Le rugîssement de ’ours empît mes oreîes. Son haeîne brûante assaîît mes narînes, attî-sant ma soîf de sang. Derrîère moî, e garçon haetaît, un bruît désespéré quî me it enfoncer mes grîffes dans a terre. Je montraî es crocs au prédateur quî me domînaît en taîe, e mettant au déi de passer devant moî. Qu’estce qui me prend, bon sang ? Je rîsquaî un coup d’œî au garçon et mon pous s’accééra. I comprîmaît sa cuîsse entaîée de sa maîn droîte. Du sang couaît entre ses doîgts, et son jean devînt sî sombre qu’on auraît dît qu’î avaît été aspergé de peînture noîre. Les ambeaux de sa chemîse dîssîmuaîent à peîne es acéra-tîons rouges sur sa poîtrîne. Un grondement monta dans ma gorge. Je me ramassaî sur moî-même, es musces tendus, prête à attaquer. Le grîzzy se hîssa sur es pattes arrîère. Je ne bougeaî pas. Calla ! Le crî de Bryn retentît dans ma tête. Un oup marron et agîe surgît de a forêt et mordît e lanc
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découvert de ’ours. Le grîzzy se retourna, retom-bant à quatre pattes, cherchant son assaîant învîsîbe. De a saîve jaîît de sa gueue. Bryn, aussî rapîde que ’écaîr, esquîva e coup du pré-dateur. À chaque foîs que ’ours tentaît de a frapper de ses membres épaîs comme des troncs, ee ’évîtaît, se dépaçant avec une seconde d’avance sur uî. Lorsque ’ours me tourna e dos, je m’éançaî et arrachaî un morceau de son taon. I it vote-face, es yeux révusés, empîs de doueur. Bryn et moî tournîons autour de uî, ’encer-cant. Son sang brûaît ma gueue. Mon corps se tendît. Nous contînuâmes notre danse, nous rap-prochant sans cesse. Les yeux de ’ours nous suî-vaîent. Je sentaîs ses doutes, sa peur quî s’éveîaît. Je poussaî un aboîement court et rauque, et je sortîs es crocs. Le grîzzy grogna, se détourna et s’enfonça dans a forêt en boîtant. J’aî evé e museau et huré de trîomphe. Un gémîssement m’a ramenée sur terre. Le randon-neur nous dévîsageaît, es yeux écarquîés. La curîosîté m’a poussée vers uî. J’avaîs trahî mes maïtres, brîsé eurs oîs. Pour uî. Pourquoi ? J’aî baîssé a tête et humé ’aîr. Le sang du ran-donneur couaît sur sa peau et sur e so. Son odeur métaîque créaît un brouîard enîvrant dans ma conscîence. J’aî utté contre a tentatîon de e goûter. Calla ? L’înquîétude de Bryn détourna mon attentîon du garçon bessé. Vat’en.
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Je uî montraî es crocs. Le oup s’approcha de moî, ventre à terre, puîs écha e dessous de mamâchoîre. Que vastu faire ?înterrogeaîent ses yeux beus. Ee sembaît terrîiée. Je me suîs demandé sî ee pensaît que j’aaîs e tuer pour mon propre paîsîr. La cupabîîté et a honte battaîent dans mes veînes. Bryn, tu ne peux pas rester là. Vat’en. Maintenant. Ee gémît, maîs s’éoîgna magré tout, dîspa-raîssant sous a frondaîson des pîns. Je me suîs approchée du randonneur. Mes oreîes bougeaîent d’avant en arrîère. I respîraît avec dîficuté, e vîsage crîspé de doueur et de terreur. Des coupures profondes marquaîent ’en-droît où e grîzzy ’avaît grîffé, sur a poîtrîne et sur a cuîsse. Du sang s’écouaît encore de ses bessures. Je savaîs que ’hémorragîe ne cesseraît pas. J’aî grogné, frustrée par a fragîîté du corps humaîn. I paraîssaît avoîr mon âge : dîx-sept ans, peut-être dîx-huît. Des cheveux châtaîns en bataîe, avec des relets dorés, tombaîent autour de son vîsage. Des mèches étaîent coées par a sueur sur son front et ses joues. I étaît mînce, fort – quequ’un quî savaît trouver son chemîn dans a montagne, comme î venaît apparemment de e faîre. Cette partîe du terrîtoîre n’étaît accessîbe que par un sentîer raîde et peu engageant. L’odeur de sa peur ’enveoppaît, aîguîsant mes înstîncts de prédateur, maîs en dessous, î y avaît queque chose d’autre : ’odeur du prîntemps, des feuîes naîssantes et de a terre en peîn dége.
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Une odeur peîne d’espoîr. De possîbîîtés. Subtîe et attîrante. J’aî avancé d’un autre pas vers uî. Je savaîs ce que je vouaîs faîre, même sî cea constîtueraît une seconde, ô combîen pus grave, vîoatîon des Loîs des Gardîens. I essaya de recuer, maîs î poussa un crî de doueur avant de s’effondrer sur ses coudes. Mes yeux parcouraîent son vîsage. Ses mâchoîres cîseées et ses pommettes hautes se tordîrent sous ’effet d’une souffrance atroce. Même aînsî, î étaît magnîique, ses musces se tendaîent et se détendaîent, révéant sa force, a utte de son corps contre une chute îmmînente. Sa torture avaît queque chose de subîme. Le désîr de ’aîder me consumaît. Je ne peux pas le regarder mourir. J’aî changé de forme avant même de ’avoîr décîdé. I écarquîa es yeux en voyant qu’à a pace du oup banc quî ’avaît observé se trou-vaît désormaîs une ie aux cheveux patîne, aux mêmes yeux dorés que ’anîma. Je me suîs appro-chée de uî et je suîs tombée à genoux. Tout son corps trembaît. J’aî commencé à tendre a maîn vers uî puîs j’aî hésîté, surprîse par e tressaîe-ment de mes propres membres. Je n’avaîs jamaîs eu aussî peur. Son soufle haetant me sortît de mes pensées. – Quî es-tu ? I me dévîsageaît de ses yeux coueur de mousse hîvernae, une nuance déîcate entre e vert et e grîs. J’y suîs restée pîégée un înstant. Perdue dans es înterrogatîons quî, par-deà sa doueur, se îsaîent dans son regard. J’aî porté à mes èvres a chaîr tendre de
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