Nigrigudja

De
Publié par

Le peuple du village Tagaflu, situé sur le continent Ifrik, s'est cotisé pendant plus de dix ans pour mettre en place un puits d'eau potable. Le roi Nigrigudja veut confisquer tous les fonds pour restaurer sa Fiozi, ou chaise royale. La prêtresse, conscience collective du peuple, va alors exiger une consultation populaire. Le verdict issu des urnes conduira les membres de la cour royale à s'entretuer. Cette pièce, mise en scène par l'auteur à deux reprises à l'Institut français du Togo à Lomé en 2006 et 2012, fait partie d'une trilogie libre.
Publié le : vendredi 1 février 2013
Lecture(s) : 12
EAN13 : 9782296516373
Nombre de pages : 122
Prix de location à la page : 0,0076€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

Koshi Akoubia
Niia
Nigrigudja
Pièce en 3 actes
Le peuple du village Tagafu, situé sur le continent Ifrik,
s’est cotisé pendant plus de dix ans pour mettre en place un
puits d’eau potable. Yaokuma, le collecteur de fonds, porte la
nouvelle à son oncle Nigrigudja, roi des Tagafu. Ce dernier
va vouloir confsquer tous les fonds pour restaurer sa Fiozi ou
chaise royale en mauvais état. A cet effet, la prêtresse de la
déesse Babamina, conscience collective du peuple, va exiger
une consultation populaire : le peuple va devoir choisir entre la
réalisation du puits d’eau potable et la restauration de la Fiozi.
Le verdict issu des urnes va amener les membres de la cour
royale à s’entretuer, y compris le roi.
La pièce de théâtre Nigrigudja a été mise en scène par
l’auteur à deux reprises à l’Institut français du Togo à Lomé en
2006 et en 2012. Elle fait partie d’une trilogie libre.
Koshi Akoubia est originaire du Togo. Il est titulaire d’un
doctorat en sociologie et d’un DEA en droit et politique de
l’environnement. Il est enseignant-chercheur à la faculté des
lettres et sciences humaines de l’université de Lomé.
Préface de Marie Ketline Adodo
Illustration de couverture : 294
© Depositphotos / Jalka studio
ISBN : 978-2-336-00853-0
Prix : 13,50 €
djgjr
Niiguda Koshi Akoubia
Théâtre des 5 continents
gu gr











































NIGRIGUDJA


Théâtre des 5 Continents
Collection dirigée par Robert Poudérou

Dernières parutions

293 – François JOXE, La passion du vieil Hundosh, 2013.
292 – Émilie BOUGHANEM, La Petite Aveugle, 2013.
291 – Luc SZCZEPANIAK, Dehors, 2012.
290 –Frédéric PRZYBYL, L’Œil de Caïn, 2012.
289 – Françoise VILLERS, Le temps qu’il reste, 2012.
288 – N’ZENZO KISALA, La bombe d’amour, 2012.
287 – Lionel ARMAND, Sacs de pluie, 2012.
286 – Annie VERGNE et Clarissa PALMER, Olympe de
Gouges porteuse d’Espoir (D’après les écrits d’Olympe de
Gouges), 2012.
285 – Suzie PELTIER, Le paradis des salopes, 2012.
284 - Christophe BUREAU, Elucubrations, 2012.
283 – Bernard H. RONGIER, Elégance des naufragés, 2012.
282 - Laura & Stéphane LIBRIZZI-HURT, Katrina, 21
scénarios pour une catastrophe, 2012.
281 – Lucette JASON, Appel à la fraternité, 2012.
280 –Sylvie JOPECK, La main invisible, 2012.
279 – Jean-Pierre BARBIER-JARDET, L’effroyable chanson
du poète voyant, 2012.
278- Jacques KRAEMER, Kassandra Fukushima, suivi de
Prométhée 2071, 2012.
277 – Jean LARRIAGA, Ceux du périmètre, 2012.
276 – Henri MELON, Chapeau pour notre époque ! (Mi lépôk,
papa !), 2012.
275 – Laurence CIRBA, Filiation, 2012.
274 – Emmanuel LAMBERT, Cie Bulles de Zinc, Exil. Exit.,
suivi de L’Afrique en collection Harlequin, 2012.
273 – Charles DJUNGU-SIMBA K., Mikoshi, Divertissement
en XII tableaux, 2012.
272 – Ambass RIDJALI, A part ça, tout va bien à Mayotte !,
2012
271 – Jean-Loup PHILIPPE, Monsieur le Monde, 2012.
270 – Ak Abram’s, L’Ombre d’une nuit, 2012.
Koshi Akoubia










NIGRIGUDJA
Pièce en 3 actes








Préface de Marie Ketline Adodo








































































































































































© L’Harmattan, 2013
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-336-00853-0
EAN : 9782336008530














A Daniel Goudjo


Préface

Avec Nigrigudja, Koshi Akoubia, nous livre le premier
fruit de son talent et de son œuvre de dramaturge. L’au-
teur marque éloquemment sa foi dans les propriétés théra-
peutiques des arts et singulièrement du théâtre. Il allie le
grotesque et l’ironie pour faire rire en épinglant les vices
et en dénonçant les déviances dans la sphère de la gou-
vernance des affaires de la cité.
Le pays du peuple Tagaflu va mal ! Comme tant d’au-
tres pays où les soleils des indépendances se sont couchés
sur des espoirs « éventrés » ! Nigrigudja prend un aspect
fictionnel. L’action se déroule dans un temps flou, un es-
pace géographique volontairement imprécis qui laissent
reconnaître des personnages et des situations d’Afrique et
d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui.
Nigrigudja s’inscrit dans le contexte de la « littérature
de combat » que prescrit Franz Fanon. Cette pièce théâ-
trale résonne comme « un tam-tam de guerre », selon la
conception de Bernard Dadié. Le but de l’auteur est de
combattre la mal gouvernance en critiquant les excès et les
abus qui font que la politique appauvrit la majorité au lieu
de contribuer au bonheur des populations.
C’est un théâtre moraliste et dogmatique avec une sché-
matisation des comportements et des situations. Les per-
sonnages sont taillés tout d’une pièce et leur interaction
traduit une distinction radicale entre le bien et le mal, le
bon et le mauvais.
Les principaux personnages sont animés par un seul et
unique mobile : le profit individuel. L’égoïsme du roi Ni-
grigudja s’appuie sur celui de son entourage et s’en nour-
rit, des personnages également mus par leurs intérêts per-
9

sonnels, qui semblent ignorer, ou en tout cas négligent les
intérêts du peuple. Zanuvi, l’épouse, se réjouit d’être « née
pour ne faire que la fête » ; le but de son existence, comme
son rôle auprès de son époux, se résume en une seule rè-
gle : plaire et se faire plaisir. Habida, le conseiller du roi,
a aussi raison de se réjouir : « Mon destin ne s’était pas
trompé en me mettant dans le même paradis que vous ».
L’auteur a opté pour un décor sobre et une mise en
scène dépouillée pour cette pièce en trois actes. Tout se
passe autour de la Fiozi, le siège royal, le signe du pou-
voir. La Fiozi trône comme le siège du pouvoir, au sens
propre et au sens figuré. L’auteur emploie ici le procédé
de distanciation décrit par Bertolt Brecht qui consiste à
opérer « une union intime entre une situation et un signe
qui exprime cette situation ».
Si la Fiozi vacille, c’est que le pouvoir est chancelant.
Et si le pouvoir chancelle, c’est la faute de personnes mal-
veillantes ou des esprits maléfiques ! « Qu’est-ce qui a pu
me jeter ce mauvais sort ? » se demande Nigrigudja avec
une sincérité qui serait presque touchante si elle ne reflé-
tait une parfaite inconscience. C’est le sens même de la
gouvernance qui est faussé, avant qu’elle puisse être jugée
bonne ou mauvaise. Ainsi donc, ce « déséquilibre de la
Fiozi » ne suscite aucune interrogation intérieure pour les
profiteurs du peuple puisque leurs agissements semblent
s’inscrire dans l’ordre, on dirait naturel, des choses.
Zanuvi l’épouse et Habida le conseiller ont toutes les
raisons de vouloir restaurer la Fiozi, et de soutenir le roi,
parce qu’ils lui doivent tout, l’argent et tous les privilèges
attachés au pouvoir. Il y a là une forme de négation du
principe de solidarité qui fonde la plupart des sociétés
africaines traditionnelles où les autres comptent autant que
soi et parfois doivent passer même avant soi.
10

Le roi Nigrigudja ne peut célébrer ses quatre décennies
de règne avec une Fiozi branlante. Il faut consolider les
pieds de la Fiozi qui symbolise le pouvoir. Et le pouvoir
est conçu et vécu comme un moyen privilégié de se servir
même de l’indigence du peuple.
C’est l’argent du peuple Tagaflu qui sera détourné pour
restaurer la Fiozi. Et c’est l’argent que le peuple a mis des
années à épargner qui servira à la célébration de quarante
ans d’un règne qui ne leur aura rien apporté même pas
l’accès à l’eau potable.
Zanuvi et Habida parlent le même langage celui des
« souteneurs indéfectibles ». Leurs voix se répandent en
écho pour magnifier « Sa Majesté » et lui signifier leur
soutien sans limites et sans réserves. Mais en bons courti-
sans, ils surveillent et se surveillent. Bien que leurs rangs
diffèrent, leurs intérêts s’entrecroisent et se heurtent lors-
que survient une perspective de gain. Qui tiendra le cordon
de la bourse pour l’organisation de la fête devant marquer
les quarante ans de règne du roi Nigrigudja ?
Alors intervient Yaokuma, le cousin du roi, qui connaît
la volonté du peuple et défend ses intérêts. Les deux « sou-
teneurs » du roi ont intérêt à semer le doute concernant la
loyauté et la fidélité de Yaokuma, comme si les intérêts du
roi et ceux du peuple étaient inconciliables. « Ces derniers
temps, Yaokuma fait montre de quelqu’un qui défend les
intérêts du peuple au lieu de vous servir ».
Le roi en est lui-même convaincu « Si vous m’aimiez
vous ne refuseriez pas de me donner ce que je récla-
me », c’est-à-dire : l’argent du peuple.
Par la voix de Yaokuma, l’auteur exprime sa concep-
tion de l’exercice du pouvoir et de la meilleure façon de
gérer les affaires de la cité. « C’est de partager équitable-
11

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.