Noces de papier (Harlequin Horizon)

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Noces de papier, Teresa Carpenter

Abandonnée par son fiancé alors qu'elle vient tout juste d'apprendre qu'elle est enceinte, Jesse se voit contrainte de renoncer à son rêve le plus cher : fonder une famille solide et unie. Bien décidée à assurer malgré tout à son bébé à naître un avenir digne de ce nom, elle prend un travail de serveuse, en attendant mieux... C'est alors qu'elle rencontre Brock Sullivan, un homme merveilleux qui, sans vraiment la connaître, lui propose très vite de l'épouser et de donner son nom à son enfant... Mais que cherche-t-il réellement ?

Publié le : dimanche 15 mars 2009
Lecture(s) : 24
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280273473
Nombre de pages : 224
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1.

Salut bébé,

On s’est bien amusés, mais c’est terminé. Je ne suis pas prêt à être père. Comme tu ne cesses de me le répéter, je ne suis encore qu’un gamin. Bonne chance avec le bébé et sois heureuse.

Tad P.-S. : Tu peux consulter tes comptes en ligne sur l’ordinateur de Tracy. Ton mot de passe est « au revoir ». J’ai pris l’argent que tu me devais.

Jesse Manning enleva le billet collé au test de grossesse encore intact et le roula en boule.

Message reçu.

Avec un sentiment d’effroi, elle se précipita sur l’ordinateur de Tracy et se connecta à son compte en banque. Il était vide.

Tad l’avait quittée. Il avait pris son argent et l’avait laissée seule et peut-être même enceinte. Pourvu que ce ne soit pas le cas !

Prenant une profonde inspiration, elle balaya une mèche de ses cheveux roux et essaya de se ressaisir.

Elle ne devait pas d’argent à Tad. Comme toujours, c’était lui qui lui en devait. Face à l’ironie de la situation, un rire à moitié hystérique lui échappa. Tad n’avait cessé de la pousser à mettre son argent à la banque, plutôt que de le laisser dormir dans une boîte à chaussures. Et au moment où elle s’était résolue à suivre son conseil, il lui avait suffi d’un clic de souris pour la mettre sur la paille.

Pour couronner le tout, Tracy lui avait emprunté ce matin cent cinquante dollars afin de payer sa propre part du loyer. Jesse sentit qu’elle était sur le point de s’effondrer.

Elle appela le banquier pour tenter d’annuler la transaction. Celui-ci lui conseilla d’écrire une lettre de réclamation et de contacter la police pour porter plainte.

Elle ne manquerait pas de le faire. Elle en avait assez de protéger Tad et de lui trouver des excuses. Il avait été trop loin, cette fois.

Sa fuite ne la surprenait pas. Il aurait pu choisir un meilleur moment pour partir, mais en réalité, cela faisait des mois que c’était fini entre eux. Elle l’avait quitté un an plus tôt et était partie s’installer à San Diego pour entamer une nouvelle vie. Mais il y a trois mois, il s’était matérialisé sur le pas de sa porte et elle avait commis la grossière erreur de croire qu’il avait changé.

Il avait volé ses rêves en même temps que son argent. Une fois de plus. Elle voulait enseigner et économisait dans l’espoir de pouvoir bientôt se payer des cours…

Elle allait devoir tout recommencer à zéro, songea-t-elle avec une grande lassitude.

Ignorant le test de grossesse — elle n’avait ni le temps, ni la force de s’en préoccuper dans l’immédiat —, elle se passa un coup de brosse dans les cheveux et courut pour ne pas rater son bus. Elle refusait de se laisser affecter par le départ de Tad. Elle n’allait sûrement pas regretter la perte d’un homme trop puéril pour s’apercevoir qu’elle était la meilleure chose qui lui soit jamais arrivée.

*  *  *

Tout en assurant le service des tables de la Toque Verte, un bar-restaurant situé non loin du port militaire de la Marine nationale, Jesse ne cessait, malgré ses bonnes résolutions, de broyer du noir en songeant au départ de Tad et au piteux état de son compte en banque. Alors, quand Stan lui confia qu’il manquait de personnel pour la soirée, elle accepta, sans enthousiasme, d’assurer un deuxième service.

— Hé, la rouquine, l’interpella un homme. On a soif ici.

Jesse serra les dents en entendant ce vieux surnom stupide, et fit un signe de tête pour indiquer qu’elle arrivait. Elle surprit le regard de son patron au bar, qui affichait un sourire radieux pour lui rappeler d’être aimable avec les clients.

Consciencieusement, elle obéit, la mâchoire toujours crispée.

Elle ne fut pas étonnée de commencer son deuxième service avec un terrible mal de tête. Un grognement sourd provenant de son estomac lui rappela qu’elle n’avait rien mangé depuis le matin. Mais, ventre vide ou pas, elle n’avait pas faim.

Elle savait qu’elle ferait mieux de prendre des forces. Ces derniers temps, elle s’était sentie fatiguée. Elle ne s’en était pas inquiétée… jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle avait un mois de retard.

Toutefois, elle refusait de penser qu’elle était peut-être enceinte. Elle mit son manque d’appétit sur le compte du stress. Le seul fait de songer à de la nourriture lui donnait la nausée, ce qui rendait d’autant plus difficile son travail de serveuse. Bien avant 22 heures, elle regrettait déjà d’avoir accepté ce travail supplémentaire.

Elle avait commencé à 15 heures et la longue et épuisante nuit ne faisait que commencer. Passer la soirée à essayer d’éviter les mains indiscrètes des marins surexcités pouvait, en effet, être considéré comme du sport…

— Jesse, les clients attendent.

Espérant calmer son estomac, elle prit une gorgée de coca et retourna travailler.

*  *  *

Cherchant un endroit pour boire un verre, le capitaine Brock Sullivan de la Marine nationale entra à la Toque Verte. Il fut accueilli par le bruit assourdissant d’une musique country et par une appétissante odeur de viande grillée et d’oignons.

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