Nouveau bonheur en famille - Pour l'amour de Sara

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Nouveau bonheur en famille, Jennie Adams

Le hasard fait parfois bien les choses : au moment où Jess cherchait un travail, elle a fait la connaissance de Dan, qui lui a proposé de l’embaucher comme gouvernante pour ses cinq enfants, ce qu’elle a bien sûr aussitôt accepté ! Et elle ne regrette pas : Les enfants sont adorables, et Dan se montre charmant à son égard… A tel point que, bientôt, l’attraction grandissante qu’elle ressent pour lui devient trop forte pour qu’elle puisse l’ignorer. Et elle se prend à rêver : se pourrait-il que ses sentiments soient réciproques ? Pourraient-ils former, tous ensemble, une nouvelle famille ?

Pour l’amour de Sara, Nina Harrington

Quand Sara apprend que les serres dont elle s’occupe vont être détruites au profit d’un hôtel, elle est catastrophée. Mais, bien vite, une idée lui vient : et si elle demandait de l’aide à Léo Grainger, riche homme d’affaire rencontré quelques jours plus tôt ? Il peut sûrement lui donner de précieux conseils ! Au grand soulagement de Sara, Léo accepte. Et, au fil des jours passés côte à côte, Sara se sent tomber sous le charme mystérieux de cet homme si séduisant. Mystérieux, car bien qu’il semble lui aussi éprouver de l’attirance, il reste constamment sur la réserve. Cacherait-il un secret ?

Publié le : lundi 15 octobre 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280250290
Nombre de pages : 288
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1.
— Après avoir vu les canards, nous continuerons notre porte-à-porte, ma chérie. Tu préférerais sans doute rester à la maison, mais je crains que nous n’ayons pas le choix. Sa fille Ella était évidemment trop jeune pour comprendre, mais cela rassurait Jessica Baker d’entendre le son de sa propre voix. Elle aimait se rappeler que, malgré leur situation désastreuse, elle avait un plan, et qu’elle l’appliquait scrupuleusement. La vie continuait, qu’on ait peur ou pas. Et elle ne pouvait s’offrir le luxe d’avoir peur. Pas avec une petite îlle à élever seule. Ni avec la montagne de factures impayées et de traites en retard sur la maison. Le père d’Ella lui avait offert la maisonnette à la naissance de leur îlle, en échange du serment ofîciel qu’elle ne lui réclamerait jamais rien pour élever leur enfant. C’était sa manière à lui de s’assurer qu’il n’aurait plus aucune obligation légale à leur égard. Un gros soupir échappa à Jessica. Comment avait-elle pu se tromper à ce point sur cet homme ? En ayant un bébé avec lui, pour commencer. Et en imaginant qu’il respecterait sa promesse… Peter avait trouvé une maisonnette à un prix raisonnable auprès de l’ofîce des logements sociaux, mais, contrairement à ce qu’il lui avait afîrmé, il n’en avait payé qu’une partie. Aussi se
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retrouvait-elle brusquement à devoir régler des mensua-lités totalement imprévues, qui dépassaient largement son maigre budget ! L’employé du bureau des logements sociaux avait été formel : si ces traites n’étaient pas honorées, il ferait saisir sa maison et il la jetterait à la rue avec sa petite îlle. Comme un ennui n’arrivait jamais seul, la famille qui l’employait cinq jours par semaines venait juste de quitter Randurra. Le matin même, elle avait reçu son relevé bancaire, qui faisait passer sa situation înancière de « passablement inconfortable » à « franchement inquiétante », aussi avait-elle décidé de prendre le taureau par les cornes. Elle allait directement frapper aux portes des habitants de la ville pour leur demander s’ils avaient du travail à lui proposer. Garder des enfants, faire du ménage, du repassage… Du moment que c’était payé, légal, et que cela lui permettait de garder un toit sur leurs têtes, elle était prête à tout ! Sans résultat, jusqu’à présent… Déterminée à ne pas paniquer, elle s’intima l’ordre de respirer profondément. Puis elle redressa le menton et épousseta le pollen que le vent avait déposé sur sa chemisette de piqué jaune et sa jupe noire. — Tout ira bien, mon cœur, dit-elle en se penchant vers la poussette. Nous allons nous en sortir, tu vas voir ! Ella lui répondit en gazouillant. — Oui, nous allons voir les canards. Tu as été très sage toute la matinée, et tu l’as bien mérité. Le vocabulaire d’Ella était des plus limités, mais il n’y avait aucune ambiguïté possible : « coin-coin » signiîait « Allons au parc pour jeter du pain au canard ». C’était un de ses jeux préférés. Des enfants jouaient déjà près de l’étang du parc municipal de Randurra. Deux jeunes adolescents chahutaient dans l’herbe ; une petite îlle à l’air sérieux
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d’une dizaine d’années tenait la main d’une autre îllette un peu plus jeune et lui expliquait qu’il ne fallait pas s’approcher trop près de l’eau. Une troisième îllette, d’environ quatre ans, ramassait des poignées d’herbe. Un bel homme brun, assis sur un banc à l’ombre d’un arbre, les surveillait tout en parlant au téléphone. Leur père, manifestement. Seul un parent pouvait monter la garde avec cette vigilance instinctive. Il tourna la tête dans sa direction et le cœur de Jess se mit à battre plus fort. Il devait avoir environ trente-cinq ans, un menton carré et d’épais cheveux bruns ondulés qui retombaient dans son cou sur le col de son polo blanc. Son visage aux traits virils dégageait une sensualité qui la troubla instantanément. Son bon sens intervint aussitôt. S’il surveillait ces enfants, c’était qu’il était marié. Du reste, elle ne cher-chait pas un compagnon. Le îasco de Peter lui avait servi de leçon ! — Non, disait l’inconnu dans son téléphone portable, vous êtes un client important et je m’occupe de vos comptes depuis des années, c’est à moi de faire ce travail. Cela ne tombe pas très bien pour moi, mais je vais m’organiser, ne vous inquiétez pas. Pourtant, son regard se posa sur les cinq enfants et son visage exprima une réelle anxiété. Il termina rapidement sa conversation et raccrocha. Quand il tourna le visage vers Jess, elle y lut une détresse qu’elle connaissait. Elle avait dû avoir le même genre d’expression en découvrant le courrier de la banque le matin même. Cet inconnu avait l’air lui aussi dépassé par les événements. Et il cherchait désespérément une solution à son problème. Exactement comme elle. Jess s’assit sur le banc. — Je peux vous aider ? lui demanda-t-elle impul-sivement. Ce coup de téléphone semble vous avoir…
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Elle s’arrêta avant de parler de panique. Il semblait bien trop solide pour céder à un sentiment aussi extrême ! — J’habite ici, reprit-elle. Peut-être avez-vous besoin de renseignements ? — Heu… Bonjour. Merci… Il la regarda comme s’il la voyait enîn. Il avait de beaux yeux, profonds et calmes, qui lui îrent l’effet d’un baume au cœur. Elle n’avait que vingt-deux ans et n’avait pas l’habitude des hommes plus âgés, aussi la manière dont celui-ci scruta son visage la laissa un peu désemparée. La trou-vait-il attirante, ou était-ce juste de la curiosité ? Il parut se reprendre et détourna le regard. — Merci, c’est très gentil à vous. Nous venons juste d’emménager à Randurra et je ne connais pas la ville. Je m’appelle Dan Frazier, dit-il en lui tendant la main. — Jessica Baker, mais mes amis m’appellent Jess, répondit-elle. Je suis arrivée ici il y a quatorze mois, je connais assez bien la ville à présent. Dan avait la peau douce, et l’étreinte de ses doigts la rasséréna. Elle fut soudain plus sensible à ses épaules larges, à ses bras musclés et au charme sensuel et viril qui émanait de toute sa personne. — Papaaa, s’écria la plus âgée des îllettes. Rob et Luke vont tomber dans l’eau ! — C’est pas vrai, Daisy, on ne fait que jouer ! — Alors éloignez-vous de là, répondit Daisy. Vous savez qu’il y a environ cinquante mille microbes diffé-rents dans l’étang ? Jess se mit à sourire en la voyant remonter ses lunettes sur son nez. La plus jeune des îlles courut dans leur direction et vint enlacer les jambes de son père, qui lui caressa tendrement les cheveux. — Peut-être, s’il en existe une en ville, pourriez-vous m’indiquer une garderie ? dit-il. Je pensais avoir
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le temps de m’organiser pour faire garder mes enfants un jour ou deux par semaine, mais ce coup de téléphone a totalement bouleversé mes projets. — Je crois que je pourrais vous aider, répondit-elle, n’en croyant pas ses oreilles. De quoi avez-vous besoin exactement ? — Oh ! pas grand-chose. Juste l’équivalent de Mary Poppins, ît-il en riant. Je dois retourner à Sydney pour mon travail pendant les prochaines semaines et j’ai besoin de quelqu’un qui s’occupe d’eux en mon absence. Ma sœur s’en chargeait lorsque je travaillais à l’extérieur, mais elle aussi a sa propre vie à mener. Ainsi il n’y avait pas de mère dans l’histoire ? Dan était-il veuf ? Ou divorcé ? Qu’un homme élève cinq enfants seul lui parut totalement surréaliste. Peter n’avait-il pas refusé d’être ne serait-ce qu’un père à mi-temps pour leur îlle ? — Si je comprends bien, vous pensiez n’avoir besoin de personne pour vos enfants en venant vous installer ici ? demanda-t-elle. Est-il indiscret de vous demander quel métier vous exercez ? — Je suis comptable, lui répondit-il. Un de mes plus anciens et importants clients veut que je fasse un audit en vue d’un rachat d’entreprise, et il en a besoin très rapidement. Je ne peux en aucun cas lui faire faux bond, c’est très important pour mon avenir professionnel. Il laissa échapper un soupir et regarda ses enfants qui continuaient de jouer. — Je suis venu m’installer ici avec eux pour échapper à l’agitation de Sydney, dit-il un peu plus bas. Je voulais qu’ils grandissent dans une petite ville, où tout le monde se connat et où je pouvais acheter une grande maison. J’espérais avoir le mois de janvier entièrement libre pour m’organiser avant de reprendre le travail. — Vous n’êtes pas responsable de cet imprévu, dit-elle.
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Dans un geste plein de compréhension, elle lui posa la main sur le bras. Un geste que Mary Poppins aurait pu faire après avoir replié son parapluie. Sauf que le contact avec les muscles de Dan la ît frissonner. Elle retira aussitôt sa main et se sermonna mentalement. Il était certes attirant, mais c’était surtout un employeur potentiel que le destin plaçait sur son chemin au moment où elle en avait le plus besoin. Ce n’était pas le moment de gâcher ses chances avec une attitude déplacée ! Près de l’étang, les enfants Frazier cessèrent de jouer les uns après les autres. Cinq paires d’yeux noisette se îxèrent sur Jessica, sur Ella et sur Dan. — Papa discute avec une dame, ît une des îllettes à voix basse. — Oui, ils se tiennent pratiquement la main ! C’est la première fois depuis la mort de maman. — Rob et Mary, taisez-vous, dit l’ané des garçons. Papa ne s’intéresse pas à ellecomme ça. Après avoir jeté un regard noir à Jess, il tourna osten-siblement le dos au couple. Celle-ci, qui avait entendu l’échange des enfants, eut l’impression qu’on lui claquait une porte au nez. — Excusez-les, dit Dan, embarrassé. Ils sont un peu énervés depuis le déménagement. — Aucune importance. Je sais que nous venons juste de nous rencontrer, mais je peux vous aider. Bien sûr, je ne suis pas tombée du ciel comme Mary Poppins, et je n’ai pas non plus de parapluie à tête de perroquet. En réalité, le mien est noir à pois roses, et ses baleines sont tordues depuis que je l’ai coincé sous le siège de ma voiture. Cela n’empêche que j’ai un diplôme de puéricultrice et que je peux également m’occuper d’enfants plus âgés. Elle aurait pu s’arrêter là, mais la franchise la poussa à se montrer plus honnête avec lui. — Il n’y a aucune garderie ofîcielle à Randurra, mais
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vous pouvez aussi vous adresser à deux dames plus âgées que moi. Elles ont des enfants plus grands que ma petite Ella, et ont perdu leur emploi lorsque l’usine de la ville a réduit ses effectifs. Ce ne sont pas des professionnelles, mais elles ont de l’expérience. J’ai vu dans les annonces du supermarché qu’elles cherchaient à garder des enfants ou à faire des ménages. Vous avez le choix ! — Etes-vous en train de me dire que vous êtes libre dès maintenant ? La formulation était ambiguë, et il la contemplait avec une expression si caressante qu’elle faillit lui adresser un sourire amusé. Mais ce n’était pas le moment de irter avec un employeur potentiel ! Le regardant droit dans les yeux, elle afîcha un sourire franc et massif. — Si vous commenciez par m’expliquer ce que vous cherchez exactement ? Dan Frazier parut reprendre ses esprits et elle ressentit une pointe de îerté. Il la trouvait séduisante et tentait de lutter contre cette attraction. Tant mieux. Il était nettement plus âgé qu’elle, veuf, avec cinq enfants à charge, et il était son éventuel futur patron. Quatre bonnes raisons pour garder ses distances. Sans mentionner Peter… — Je cherche quelqu’un qui surveille les enfants cinq jours par semaine chez moi, jusque vers 18 heures environ, pendant environ un mois, sans doute plus. Si cette personne pouvait également s’occuper du linge, des repas et des autres tâches ménagères de base, cela m’aiderait grandement. Ce travail imprévu va m’obliger à passer de longues heures enfermé dans mon bureau, et à retourner souvent à Sydney, peut-être trois fois par semaine, jusqu’à ce que ce contrat de rachat soit signé. Elle ît un rapide calcul. Cinq jours par semaine à temps plein, pendant un mois, cela représentait un salaire qui lui permettrait d’écarter pour un temps la saisie de sa maison.
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— Je serais ravie de travailler pour vous, assura-t-elle. Je garde déjà des enfants le mardi et le samedi, et je peux venir chez vous les autres jours si cela vous convient. Vous comprendrez évidemment qu’Ella doit m’accompagner… Je peux vous donner les coordonnées de plusieurs de mes anciens employeurs pour que vous puissiez vériîer mes références. Dan lui indiqua le salaire tout à fait correct qu’il envisageait de lui verser. — Pour ce prix, je vous demanderais cependant de rester chez moi certains soirs, lorsque je rentrerai tard. Il va sans dire que cela inclut vos repas et ceux de votre bébé. — Cela me semble très raisonnable, répondit-elle. — Alors venez, que je vous présente les enfants. Et… Merci de m’avoir abordé pour me proposer votre aide. — Il n’y a pas de quoi. J’aime bien aider les gens. Comme Ella commençait à s’agiter dans sa poussette, elle la prit dans ses bras et lui embrassa tendrement la tête. — Présentez-moi à vos enfants, Dan. Cela me semble effectivement un bon début.
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