Nuit secrète

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Un client… Monica est atterrée. Quand, une semaine plus tôt, elle a cédé au désir fou que lui inspirait l’envoûtant inconnu rencontré dans un aéroport, elle n’imaginait pas une seconde le revoir à la fête de Noël donnée par l’entreprise pour laquelle elle travaille… et encore moins à ce qu’il soit un client ! Mais, face aux promesses qu’elle voit briller dans le regard de Kit Bladwin, son angoisse laisse bientôt place à un trouble bien différent… et délicieux.
Publié le : mercredi 10 décembre 2014
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EAN13 : 9782280335133
Nombre de pages : 61
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— J’ai programmé la photo de famille pour jeudi après-midi. Je compte sur toi pour être à la maison à midi au plus tard.

Installée derrière son grand bureau d’acajou au trente-sixième étage de la Willis Tower de Chicago, Monica Newell, le téléphone collé à l’oreille, écoutait sa mère lui détailler ses projets pour les fêtes à venir.

— Souviens-toi que, cette année, nous serons tous en vert, disait-elle. Tu as bien reçu l’échantillon de couleur que je t’ai fait parvenir, n’est-ce pas ?

— Oui. Il est arrivé la semaine dernière.

— Fais en sorte de trouver la bonne teinte. A moins que tu ne préfères me laisser choisir un pull pour toi. A vrai dire, ce serait infiniment plus facile.

— Je suis capable d’acheter un pull, dit Monica d’un ton ferme, tout en étant consciente de l’inutilité de sa remarque.

Sa mère avait fort probablement déjà trouvé, et acheté, le pull du vert parfait pour la photo de famille, dans l’éventualité où elle se présenterait pour la photo de famille dans une tenue risquant d’être qualifiée d’inappropriée. La perfection était l’obsession de Phyllis Newell. Monica avait décroché la position de directrice financière de l’une des plus anciennes compagnies d’assurances de Chicago, mais cela n’avait strictement aucune valeur aux yeux de la matriarche du clan Newell.

— Si tu insistes, répondit Phyllis avec un soupir. Prends simplement garde à ne pas acheter un col en V ; tu sais à quel point ce genre de vêtements est peu flatteur sur toi.

— Evidemment, dit Monica d’un ton pincé.

Elle prit des notes pendant que sa mère poursuivait l’énumération de son programme pour les fêtes — cinq journées méticuleusement planifiées pour occuper convenablement toute la famille. A l’écouter, la terre s’arrêterait de tourner si quelqu’un oubliait de porter un toast. Tout devait se dérouler d’une certaine manière, et l’intégralité de la famille se devait d’être là. Sinon… En fait, jusqu’à présent, personne n’avait eu le culot de demander ce qu’il adviendrait si le programme n’était pas respecté.

— Samedi, il va falloir décaler le brunch de Noël, ton père doit passer un appel apparemment indispensable en Chine, dit Phyllis d’une voix où la déception était patente. A propos, t’ai-je dit que Michael n’a pas obtenu ce gros compte sur lequel il travaillait ?

— Ah ? Non, je n’en savais rien.

Le frère de Monica avait une agence immobilière à Manhattan. Cela faisait six mois qu’il tentait d’arracher un gros contrat de ventes à un immense consortium.

— Sois un amour, n’en parle pas, dit Phyllis. Le sujet est sensible, et les fêtes sont par définition un temps de réjouissances.

— Tu peux compter sur moi.

Tout en écoutant le quasi-monologue de sa mère, Monica jeta un coup d’œil à la pendule de cristal posée sur son bureau. La fête annuelle de l’entreprise avait commencé depuis presque une heure. John Stryker devait déjà être en train de passer les équipes en revue, elle ne voulait pas être le seul membre du comité directorial à manquer à l’appel. John était persuadé que les réceptions aidaient grandement la motivation et le travail d’équipe chez Stryker & Associates. Il voyait donc d’un très mauvais œil ceux qui se défilaient — surtout s’il s’agissait d’éléments de son équipe dirigeante.

— Donc, quand t’envoles-tu pour LaGuardia ? demanda sa mère.

— Mercredi soir. Enfin je l’espère, sinon ce sera jeudi matin.

— Tu devrais venir mercredi. Ça me déplairait que tu aies l’air stressé sur la photographie, après avoir tout fait pour arriver en vitesse dans la matinée. En plus, on ne peut jamais savoir si la 95 ne sera pas embouteillée.

— Je vais faire de mon mieux.

Elle écouta encore sa mère revenir sur des détails de dernière minute et promit de la rappeler très vite. Une fois le téléphone enfin raccroché, elle estima qu’elle avait terminé sa journée de travail. Elle allait pouvoir descendre à la réception.

Elle retoucha rapidement son maquillage, se dirigea vers la salle de bal improvisée, et fut agréablement surprise. La soirée commençait à peine. Regroupés autour du buffet, les gens en étaient encore à se servir à manger, autrement dit elle n’avait rien manqué d’essentiel. Soulagée, elle entra dans la salle et salua quelques-uns de ses pairs afin que sa présence fût remarquée.

— Vous avez enfin terminé ! dit Laura, son assistante, en se matérialisant près d’elle. J’étais sur le point de monter voir si vous aviez besoin d’un coup de main.

— J’ai dû régler quelques problèmes de dernière minute, mais c’est bon à présent, je pense avoir fini ma journée.

— Excellente nouvelle. Venez manger.

Laura la conduisit vers le buffet, où elles prirent chacune une assiette et observèrent les plats proposés.

— Prenez des pâtés impériaux indonésiens de Leonora tant qu’il en reste. Ils sont divins. Les boulettes de viande sont sucrées-salées, et ces ramequins qui font penser à de la crème anglaise, ce sont des œufs en cocotte qu’a apportés Carol Peterson.

— Qu’y a-t-il dedans ? fit Monica en plissant le nez.

— Eh bien des œufs bien sûr, des légumes et de la viande. Du porc, peut-être. Je n’en suis pas certaine, mais ça a apparemment plu à tous ceux qui les ont goûtés.

Monica prit un pâté impérial mais décida de faire l’impasse sur la pseudo-crème anglaise. Elle inspectait la table afin de repérer quelque chose de plus identifiable — et comestible — quand son regard s’arrêta sur une boîte blanche familière au couvercle agrémenté du logo LB.

— Il y a des petits-fours de chez Lady Baltimore ? demanda-t-elle, étonnée.

— Oui. C’est Nick Castle qui les a apportés.

Nick, tu es un prince.

Elle en posa un sur son assiette, marqua une hésitation, puis s’aventura à en prendre un deuxième. Dans son univers, le chocolat équivalait aux gemmes les plus précieux, et les petits-fours de Lady Baltimore étaient le diamant Hope. Son opinion quant au buffet remonta de plusieurs crans.

Elle acheva de se servir et passa la demi-heure suivante à se mêler au personnel et à discuter avec ses subordonnés. Ayant terminé en même temps son assiette et son verre de vin blanc, elle se retrouva seule devant les fenêtres à réfléchir à la semaine qui venait de s’écouler — les dates butoir, les tempêtes de neige, la précipitation pour achever une première version des rapports de fin d’année. Rapports qu’elle entendait bien revoir pendant le week-end. Oui, la semaine avait été extrêmement stressante. Mais une chose était sûre, cette semaine particulière avait merveilleusement bien commencé !

Le souvenir de son récent voyage en Floride et de la tempête de neige qui s’était abattue sur Chicago lui arracha un petit sourire. Celle-ci l’avait coincée à Jacksonville, l’obligeant à passer la nuit dans l’hôtel de l’aéroport.

Coincée, oui, mais dans les bras du cow-boy sexy rencontré à peine quelques heures plus tôt.

Cette simple évocation lui mit le feu au corps. Non seulement il avait su lui donner du plaisir, mais elle avait éprouvé une folle satisfaction en s’offrant une aventure d’une nuit avec un parfait inconnu. Evidemment, sa mère ferait une attaque si jamais elle l’apprenait. Quant à ses subordonnés, dont la plupart la considéraient comme la bourreau de travail coincée par excellence, ils en resteraient comme deux ronds de flan !

Jusqu’à lundi soir, elle n’avait jamais cédé à ce genre de pulsions sexuelles — et surtout pas avec un ouvrier agricole texan ! Elle avait défini la place du sexe et des relations sentimentales dans sa vie avec la même précision qu’elle planifiait l’organisation de ses placards. Elle avait toujours minutieusement sélectionné ses partenaires masculins dans un panel de relations d’affaires et autres collaborateurs de l’univers des assurances. Toutefois, si le choix de chacun d’entre eux avait été parfaitement rationnel, correspondant à une certaine position sociale, aucun ne l’avait enflammée comme l’homme coiffé d’un Stetson qu’elle avait croisé dans le salon d’attente de l’aéroport de Jacksonville.

Cela avait débouché sur une nuit de sexualité quasi-primitive et d’une telle passion débridée qu’elle s’était enfuie aux premières lueurs de l’aube, terrifiée, ne laissant derrière elle qu’un petit mot de remerciement assez sec.

C’était honteux, vraiment. Jamais elle n’aurait traité personne de manière aussi cavalière, et encore moins un homme avec qui elle avait fait l’amour. A sa décharge, elle avait été prise de panique. C’était la toute première fois qu’elle couchait avec un parfait inconnu, elle n’avait donc aucune idée de la façon adéquate de se comporter le lendemain. Au lieu d’assumer la situation avec l’assurance, le professionnalisme dont elle faisait preuve au bureau, elle s’était esquivée telle une adolescente effrayée, trop gauche et gênée pour seulement envisager une autre façon de réagir.

Si elle n’avait pas pris ses jambes à son cou, si elle était partie avec un numéro de téléphone ou un moyen de reprendre contact, elle se serait peut-être réservé la possibilité de revoir son mystérieux cow-boy. Au lieu de cela, son amant secret allait rester un souvenir des plus délectables.

Et quel souvenir !

— La réception vous plaît-elle ?

Surprise, Monica revint au présent et leva les yeux vers un homme en costume de soie rouge de Père Noël.

— Oh ! oui, merci, répondit-elle, haussant un sourcil devant cette soudaine apparition.

C’était une interprétation originale et intéressante du Père Noël. Cet étrange personnage avait certainement été embauché par Jeannie pour égayer la soirée.

L’homme parcourut la salle des yeux.

— C’est une soirée plutôt festive ; la déco est parfaite, la nourriture somptueuse et la musique fait des merveilles. Pourtant, vous semblez à des années-lumière de tout cela.

— Oui, je suppose que je l’ai été un instant, répondit-elle avec un demi-sourire.

Il caressa sa barbe blanche.

— Ah, être en plusieurs lieux à la fois. C’est un vœu courant à cette période de l’année.

Il lui tendit un bonbon miniature bon marché, une canne en sucre d’orge dans un étui de Cellophane, et l’interrogea de nouveau :

— Et si vous pouviez être n’importe où ce Noël, où seriez-vous ?

Elle réfléchit aux différentes options qui lui passaient par l’esprit — chez elle, pelotonnée dans son fauteuil devant une bonne flambée, un livre à la main ; dans le Connecticut avec sa famille ; ou peut-être en week-end entre filles en Ontario avec son amie Connie. Cependant, quand elle ouvrit la bouche, ce fut l’endroit le plus inattendu qui passa subitement ses lèvres :

— J’aimerais retourner en Floride.

Il plaqua ses deux mains sur sa bedaine conséquente et éclata d’un rire jovial, exactement comme les Pères Noël des films.

— Ah, la Floride. L’Etat où les journées sont les plus chaudes… et les nuits plus brûlantes encore, n’est-ce pas ?

Elle n’en revint pas. Ses oreilles lui jouaient-elles un tour ? Il était difficile d’être sûre avec le brouhaha ambiant, mais l’expression entendue des yeux bleu vif lui fit comprendre que ce n’était pas le cas.

— J’ai bien peur de n’avoir pas de place voyageurs sur mon traîneau, dit-il. Je ne peux donc pas vous emmener en Floride, mais je pourrais peut-être vous apporter un peu de Floride ici même.

Il lui adressa un clin d’œil, et tourna les yeux vers la fenêtre. Elle l’imita, s’attendant presque à ce que le ciel nocturne se mue en grand soleil et que des rangées de palmiers surgissent du lac Michigan. Quel homme étrange, aux propos plus étranges encore. Il y avait entre eux une sorte de secret partagé, comme si, inexplicablement, l’agence d’intérim qui l’employait savait précisément ce qu’elle, Monica, avait fait lundi soir. Ce qui était impossible. Personne ne savait, pour son aventure. Elle n’en avait même pas parlé à sa meilleure amie, alors quelqu’un du bureau…

Elle secoua la tête afin de s’éclaircir les idées. Bah, c’était certainement le résultat de cette semaine de dingue, elle avait des hallucinations. D’ailleurs, elle était justement en train de penser à son éphémère amant texan quand elle avait été interrompue. C’était probablement la raison pour laquelle elle avait perçu des sous-entendus dans ce que lui disait l’homme. En définitive, cela ne voulait rien dire. Cette constatation suffit à calmer son soudain état de nerfs, et elle se retourna. Mais… plus personne ! Le Père Noël avait disparu.

Elle survola la salle du regard mais ne le repéra nulle part. On aurait dit qu’il s’était volatilisé. Sans le sucre d’orge qu’elle avait encore à la main, elle eût pu penser que cette rencontre inattendue n’avait été qu’un tour de son imagination, conséquence de son état de fatigue ou, peut-être, d’un morceau de viande pas très frais du buffet. Cependant, la preuve qu’elle n’avait pas rêvé se trouvait bien là, dans sa main.

La musique cessa, et John Stryker monta sur scène. Il allait se lancer dans son discours rituel de fin d’année. Comme il commençait à parler, l’esprit de Monica revint sur les paroles du Père Noël rigolard.

Des journées chaudes et des nuits plus brûlantes encore ?

Elle aurait pu considérer cela comme un commentaire inoffensif si elle n’avait décelé une lueur taquine dans son regard. Mais comment quelqu’un, n’importe qui, aurait-il pu savoir ce qu’elle avait fait ?

— Je ne sais pas pour vous, mais, quand je dois pelleter la neige jour après jour, je rêve que mon allée soit riquiqui, fit John, mais elle ne l’écoutait que d’une oreille distraite. Et notre pauvre petite Monica, qui s’est retrouvée coincée en Floride…

Elle releva aussitôt la tête, stupéfaite, et aussi embarrassée que si toute l’assistance pouvait lire en elle et savoir ce qu’elle avait fait en ce début de semaine.

— Ils avaient fermé O’Hare, bafouilla-t-elle d’une voix trop aiguë.

D’où lui était venu ce besoin de se défendre ?

Bien sûr, la stridence de sa voix attira l’attention générale sur elle. De nombreux regards se fixèrent sur elle, se demandant sûrement si elle avait perdu la tête.

Allons, tout ceci devenait ridicule ! Déstabilisée par cette petite conversation avec ce crétin de Père Noël, elle se comportait à présent comme une idiote. Aussi naturellement que possible, elle se fraya un chemin vers la sortie et alla s’enfermer aux toilettes. Là, elle poussa un profond soupir et s’aspergea le visage d’eau froide.

S’attarder ainsi, beaucoup plus que nécessaire, sur une aventure d’une nuit, était vraiment puéril. Elle avait couché avec un inconnu. Bon, et après ? De nombreuses femmes faisaient cela tous les jours. Pourquoi elle, en sa qualité de femme d’affaires responsable, n’aurait-elle pas le droit de profiter d’une nuit torride sans être submergée de culpabilité, ou redouter le scandale ?

Bon, d’accord, s’envoyer en l’air comme cela n’était habituellement pas son style. Peut-être son éducation hyper-conventionnelle lui avait-elle inculqué un sens de la bienséance dans laquelle il n’y avait pas de place pour les rencontres torrides avec des ouvriers. Mais n’avait-elle pas réussi à déprogrammer la plupart de ces notions obsolètes de sa vie ?

En tout cas, elle l’avait fait lundi soir, ça, c’était certain. Elle avait trouvé un homme trop sexy pour passer à côté en prétendant ne pas le voir, un homme féroce et passionné, doté d’un sourire canaille et d’immenses yeux bruns dans lesquels une femme pouvait se perdre. Kit Baldwin, tout d’abord très drôle dans le salon de l’aéroport, s’était avéré un magicien entre les draps. Chaque seconde dans ses bras, pendant cette nuit de folie, avait empli Monica de béatitude.

Ça n’avait été qu’à l’instant où, avant de sombrer dans le sommeil, il lui avait demandé son numéro, qu’elle avait senti son monde guindé et organisé se refermer sur elle avec un claquement sec. Dans un brutal accès de panique, elle avait rassemblé ses affaires à la hâte et s’était esquivée au milieu de la nuit.

Si elle avait jamais désiré avoir la preuve qu’elle n’était pas aussi maîtresse d’elle-même qu’elle aimait à le penser…

Et voilà qu’à présent elle était plantée dans les toilettes de son entreprise à essayer de combattre une sensation tenace d’indécence ? Mais, bon sang, qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ?

Elle devait se reprendre ! Bonté divine, cela n’avait été qu’une incroyable partie de jambes en l’air. Quant à ce Kit, il avait probablement déjà oublié jusqu’à son existence.

Moralité : il était grand temps qu’elle oublie aussi la sienne.

Yeux fermés, elle prit de profondes inspirations, recouvra peu à peu ses esprits et se sentit enfin prête à retourner à la réception. Tout cela, c’était à cause de ce Père Noël bizarroïde, voilà tout. Ce personnage avait quelque chose d’étrange qui avait suffi à la déstabiliser… momentanément. Mais elle était à présent prête à reprendre ses fonctions. Rafraîchie, elle vérifia une dernière fois son apparence dans le miroir et regagna la réception de son habituelle démarche assurée.

Elle passa l’heure suivante à discuter avec les employés, de travail ou de projets de vacances. Elle félicita Nick Castle — qui avait remporté le prix du meilleur vendeur de l’année — et remercia les membres de son équipe. Ils n’avaient pas ménagé leur peine pour tenir les délais qu’imposait la fin d’année. Entre la musique, les bavardages et le vin, elle finit par oublier la Floride et sa folle nuit de passion. Elle ne se méfia donc pas le moins du monde quand elle entendit la voix de John Stryker derrière elle.

— Monica, si tu as deux secondes, j’aimerais te présenter quelqu’un.

Elle pivota aussitôt sur elle-même en souriant… et se retrouva face à deux grands yeux bruns… familiers.

— Monica Newell, voici l’un de mes clients préférés, Kit Baldwin, dit John. Kit, je vous présente notre directrice financière, Monica Newell.

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