Orphée nègre

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La trame de cette pièce s'inscrit dans la légende d'Orphée et d'Eurydice. La distorsion baroque à laquelle ce mythe grec fut soumis, signale quelques interrogations toujours en attente de réponses... Aujourd'hui comme hier, il est sain qu'au sein d'un concert de louanges, un son - comme celui-ci - discordant, se fasse entendre.
Publié le : jeudi 1 avril 2010
Lecture(s) : 310
EAN13 : 9782296253650
Nombre de pages : 95
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ORPHEE NEGRE et
LES VOIX DES SIRENES

@ L'Harmattan, 2010 5-7, rue de l'Ecole polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanl@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-11617-7 EAN : 9782296116177

Daniel

BOUKMAN

ORPHEE NEGRE

et

LES VOIX DES SIRENES

L'HARMATTAN

Bibliographie
* Des voix dans une prison suivi de Orphée nègre, de Les voix de sirènes sous le titre générique de Chants pour hâter le temps de la mort des Orphée, théâtre, éditions P.J Oswald 1967, réédition 1993.. théâtre, éditions l'Harmattan, 1971 ; * Les Négriers, réédition 1993. * Ventres pleins Ventres creux, théâtre, l'Harmattan, 1971 ; réédition 1993. la dernière pulsation de nos veines, * Et jusqu'à théâtre, éditions l'Harmattan, 1976; réédition 1993. * Anba fey, poésie, éditions Radio Mango, 1987. * Bé a ba jou démaré, manuel d'alphabétisation en créole, éditions Radio Mango, 1989. * Pawol bwa sek, poésie, éditions Zandoli, 1992. * Chiktay pawol, poésie, éditions Mabouya, 1994. 1995. * Délivrans ! théâtre, éditions l'Harmattan, Zizinng pawol, poésie, éditions Mabouya, 1998. * in * Fables d'ésope, traduction en créole martiniquais, Zayann II, PLB éditions 2002. * Maskoko, arts plastiques, éditions Mabouya, 2003. * La véridique histoire de Hourya, théâtre, éditions l'Harmattan, 2005. Migannaj, poésie, éditions Mabouya, 2005. * * Es lakou dô ? ou Une petite lampe dans la nuit, théâtre, éditions l'Harmattan, 2005. Agoulouland suivi de Les 10 doigts des 2 mains, * théâtre, éditions l'Harmattan, 2006. L'homme endormi ou et de nouveau la bête * immonde, théâtre, K. Éditions, 2007. * Mas, poésie, K. Éditions, 2007. * Poulbwa ek bwabwa, théâtre, K. Éditions, 2008 * Les Théâtreux suivi de Misié Agoulou ek Ti Sonson,

théâtre, K. Editions, 2008

Comme Orphée nègre, Les voix de sirènes, s'inscrit dans le prolongement de mon insoumission en octobre 1961. Dans un étrange tribunal un homme enfermé dans un silence obstiné sera soumis aux pressions d'un juge et de ses comparses qui vont employer toute une gamme d'arguments alliant à la menace un jeu subtil de séductions pour obtenir de l'homme l'officiel reniement de son acte signal d'une délivrance capitale. (Aujourd'hui, il m'est légitime de donner du sens à cette délivrance dont lejeune homme que j'étais en reçut l'onction lorsque, en pleine guerre coloniale d'Algérie, il refusa de revêtir l'uniforme militairefrançais.) Une fois affranchi de ces premières tentations, l'homme sera soumis à de nouvelles voix de sirènes tel le chant charmeur du personnage du Passé et c'est en cela qu'une des thématiques de Les voix de sirènes et d'Orphée négre se côtoient, celle de l'appel (aux jours d'aujourd'hui par certains encore entendu) du voyage à rebours ramenant au bord des rivages africains. L'usage de la langue créole en était à ses premiers balbutiements, selon une graphie dont je ne résiste pas à l'envi d'en réparer la naïveté

Cinquième vision
(Dans une clairière, danse un sorcier - antillo-africainau son d'un tambour au milieu d'un cercle d'esclaves fugitifs)

JOdi-a latè las tété san neg bra-nou las saklé kann pou bétjé dépi an tan djab té tibolonm neg té lib kon lafimen. An gran van vini épi chayé lafimen-an épi chenn pann an bra neg kon kolié-chou an kou fanm. Jodi-a sous mon lanmè yich-nou kon nou yich manman-nou
(il ouvre un sac, en tire une poignée de terre (d'Afrique) qu'il mêle à la terre antillaise)

Kon lariviè ka tonbé an lanmè latè-tala épi latè-tala mayé kon fanm mayé épi nonm kon lanmo ka rété bà lavi latè-tala latè-tala sé lariviè ka viré nan lanmè.

Les voix des sirènes
Aux victimes de la répression coloniale. (Martinique, décembre 1959).

(Le récitant est devant le rideau ou bien se trouve cerné par la tache lumineuse d'un projecteur... Il frappe de son bâton trois coups.)

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LE RÉCITANTA Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, s'il vous plaît, écoutez!... Il fait l'heure favorable au récit. L'heure est douce et belle... Je vous convie au bord de mon navire. Et je dis au vent: ccSouffle souffle! T'appelle la voile du navire! » Aux eaux dormeuses de l'océan, je dis: « Abattez vos barrières» Il commence un long voyage!
(Tam-tam, rideau (ou lumière). Musique lugubre... leux dil lumières. Le récitant chante ce qui suit.) LE RÉCITANT A Nous sommes au moment la mer bleu rêve d'enfant engloutit le soleil. Violacées ses tentacules de lumière s'accrochent aux nuages... Le ciel se penche pour mieux voir. Lui crache au visage la rouge plainte du soleil fracassé... où

Un silence lourd éclate. Mouette blessée
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