Parce que je t'aime encore - L'ombre d'une menace (Harlequin Black Rose)

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Parce que je t’aime encore, de Lisa Childs
Bouleversée d’apprendre qu’il a échappé de peu à la mort, Lindsey Warner comprend que ses sentiments pour Dylan Matthews sont restés intacts. En dépit de leurs dix années de séparation. Et malgré les rumeurs qui courent sur lui : tous, en effet, dans la petite ville de Winter Falls, pensent qu’il est à l’origine de morts suspectes, survenues en série depuis qu’il est de retour. Mais, pour Lindsey, cet homme intègre et droit est incapable de commettre un meurtre, qui plus est de sang-froid. Alors, parce qu’il est son premier amour, et parce qu’elle l’aime encore, elle va mettre tout en œuvre pour l’innocenter. Une promesse solennelle…

L’ombre d’une menace, de Marie Ferrarella
L’agent Kyle O’Brien est furieux. Pourquoi a-t-il fallu que ce soit à lui qu’on assigne Jaren Rosetti, la nouvelle recrue ? Comme s’il n’avait déjà pas assez de problèmes, avec ce meurtrier qui sévit en ville depuis quelques semaines ! Car, pour lui, Jaren est bien un « problème » — c’est-à-dire, une jeune femme très séduisante pour laquelle il se surprend, d’emblée, à éprouver une trop vive attirance. Pourquoi lui plaît-elle tant ? Parce que, malgré son inexpérience, elle fait preuve d’une exceptionnelle intuition professionnelle ? Ou, bien pire, parce qu’il la trouve incroyablement sexy, avec ses cheveux d’or et son sourire mutin ? Qu’importe ! Kyle n’a pas d’alternative : s’il veut se concentrer sur sa mission, et arrêter le monstre qui sème victime après victime sur son passage, il doit tout faire pour chasser Jaren. Par exemple, en la faisant renvoyer…
Publié le : dimanche 1 août 2010
Lecture(s) : 11
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280289306
Nombre de pages : 480
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Prologue

Dylan Matthews reconnut, à travers l’écrin de flocons, la voiture de police garée dans son allée. Son gyrophare projetait une lueur bleu et rouge sur les troncs des arbres qui bordaient l’allée de gravier.

Sa main trembla sur la clé de contact tandis qu’il arrêtait son moteur. Il ouvrait sa portière quand un grésillement, puis des voix au ton impersonnel montèrent de son émetteur-récepteur radio. Une ambulance avait été appelée. Mais le shérif informait l’équipe de secours qu’il était trop tard.

Jimmy était mort.

Dylan ferma les yeux et fit taire la sirène de son véhicule de patrouille. Il devait au moins assumer le rôle qui lui incombait, en tant que jeune recrue de la police de Winter Falls. Il avait déjà échoué à protéger son frère.

Il prit une profonde inspiration, allant puiser au fond de lui le détachement qui l’aiderait à surmonter cette épreuve. Comme toutes celles qu’il avait endurées en vingt-deux ans d’existence. Il bascula alors dix ans en arrière, dans l’indicible souffrance qui l’avait submergé, alors qu’il était prisonnier d’une voiture accidentée. Il entendait encore l’écho de ses propres cris et la voix de son père, qui l’exhortait en vain à se calmer.

A l’aide d’une autre inspiration, Dylan ravala la panique et le désarroi qu’il sentait l’envahir et les relégua provisoirement au plus profond de lui-même. Avec tout le reste.

Enfin, il sortit de sa voiture, écrasant sous ses pas le tapis de feuilles mortes qui jonchaient l’allée. Les premiers flocons étincelaient sur leur surface roussâtre. L’automne était là.

Il remarqua à peine le crissement de pneus qui accompagna l’arrêt brutal d’une voiture, derrière lui. Se forçant à émerger de sa stupeur, il se retourna et découvrit Lindsey Warner, la fille du directeur de La Dépêche de Winter Falls, au volant de sa jeep. Cela faisait plusieurs mois qu’il feignait d’ignorer les avances de l’adolescente. Par esprit chevaleresque… ou par simple instinct de conservation.

Mais, sous son apparente indifférence, il n’avait que trop bien remarqué la jeune fille. Son corps aux courbes délicates. Sa cascade de boucles brunes. Sa bouche pulpeuse. Le problème, c’était qu’elle n’avait que seize ans — ce qui n’avait pas empêché Jimmy de le taquiner, affirmant qu’il avait tort de ne pas prendre ce qu’elle lui offrait.

Surgissant hors de sa jeep, Lindsey s’exclama :

— Je viens d’entendre ce qui est arrivé dans le récepteur radio de mon père. Ce n’est pas possible !

Dylan se détourna de la jeune fille. Il n’avait ni le temps ni la force de lui parler.

Il fallait qu’il entre dans la maison. Qu’il sécurise la scène du crime. Surtout, il devait s’assurer que ce qui lui avait été annoncé par radio était bien vrai. Il devait constater de ses propres yeux que son frère était mort, avant de pouvoir accepter l’horrible réalité.

Luttant contre l’angoisse, le cœur battant la chamade, il passa sans la voir devant la voiture du shérif. A peine eut-il fait trois pas de plus que Lindsey le rattrapait. Elle glissa sa main dans la sienne. Ses doigts étaient glacés et ses grands yeux assombris par l’horreur. La même horreur que celle qu’il aurait éprouvée s’il s’était autorisé à ressentir la moindre émotion.

— Sergent Matthews… Dylan, ça va ? murmura-t-elle.

Avant qu’il ait le temps de répondre, le shérif Adams vint à leur rencontre.

— Dylan, n’entre pas. Ne reste pas là. Je m’occupe de tout.

Mais il devait voir son frère. Cela faisait si longtemps — depuis bien avant le décès de leur père — que Jimmy et lui affrontaient la vie côte à côte. Allait-il trouver la force de l’affronter sans Jimmy ?

Il se rendit compte que, sans le vouloir, il avait continué à serrer la petite main froide de Lindsey. Il n’était plus qu’à quelques mètres de la porte arrière de la maison. Les jambes tremblantes, il parvint à l’atteindre. A travers la vieille moustiquaire déchirée, il vit alors son frère étendu sur le sol, devant le réfrigérateur resté entrouvert. Une tache rouge vif s’étendait sous son corps et sur les lames usées du parquet.

Jimmy semblait le fixer de ses grands yeux bleus. Il n’y avait pas de souffrance dans son regard. Seulement de la surprise. Parce qu’il n’était pas arrivé à temps pour lui sauver la vie ? s’interrogea Dylan. Cela n’avait pourtant rien d’étonnant. En tant que policier, il avait pour mission d’aider et de protéger ses concitoyens. Mais il n’avait jamais été capable de sauver aucun des êtres qui lui étaient chers. Il n’avait pas été capable de protéger son frère.

Il lâcha la main de Lindsey.

— Dylan, je suis désolée, l’entendit-il murmurer.

Dans la lumière vive du porche, il vit des larmes jaillir de ses yeux.

C’était lui qui aurait dû pleurer. Mais ses yeux étaient désespérément secs.

— C’est moi qui suis désolé. Vous n’aviez pas à voir ça, répliqua-t-il, en désignant la scène, derrière la moustiquaire.

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