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Passions dans les Highlands

De
416 pages
L’amant des Highlands, Judy Campbell

Après une déception sentimentale, Terry est venue s’installer à Scuola, une petite île écossaise, dans l’espoir de prendre un nouveau départ. Or, en dépit de sa volonté de tenir désormais les hommes à distance, elle ne peut ignorer le désir que son nouveau patron, Alan Brodie, éveille en elle. Hélas, ce dernier se montre inexplicablement hostile à son égard…

Un château sur la lande, Kathryn Jensen

Guide pour des touristes américains en Ecosse, Jennifer se perd avec son groupe dans la lande et se retrouve sur les terres du comte de Winchester, Christopher Smythe, qui lui offre alors le gîte et le couvert. D’emblée, Jennifer est attirée par cet hôte aussi troublant qu’énigmatique. Une attirance à l’évidence réciproque malgré la distance que Christopher s’obstine à mettre entre eux...

Une passion écossaise, Anne Mather

Encore sous le choc d’une perte tragique, Isobel décide d’aller se réfugier dans les Highlands. Mais une fois sur place, ni la magie ni le charme sauvage des lieux ne parviennent à lui procurer l’apaisement qu’elle espérait y trouver. Et pour cause : Rafe Lindsay, le propriétaire du cottage où Isobel séjourne l’intrigue malgré elle. Une fascination qui tourne bientôt à l’obsession…

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1.

Le ferry approchait lentement du quai. D’un bond souple, le matelot sauta à terre et enroula la corde qu’il tenait à la bitte d’amarrage. Quelques minutes plus tard, la passerelle s’abattait sur le sol, libérant son flot de passagers.

Pendant un moment, Terry Younger resta immobile, admirant la baie que survolaient des mouettes criardes.

Elle inspira profondément l’air marin, qui lui fit l’effet à la fois revigorant et léger d’une coupe de champagne. Une bouffée de vent frais balaya ses courts cheveux blonds qu’elle repoussa d’un geste impatient. Après avoir réajusté son sac à dos sur ses épaules, elle saisit la poignée de sa valise à roulettes qu’elle traîna derrière elle pour quitter le bord, en proie à un mélange d’excitation et d’appréhension.

Au-delà du quai, les collines se dressaient juste derrière le petit village constitué de cottages aux couleurs vives et de boutiques. Plus loin, c’étaient les montagnes qui se dessinaient dans la brume teintée de pourpre.

L’île de Scuola, sur la côte ouest de l’Ecosse, aurait difficilement pu être plus différente de la banlieue de Londres que Terry venait de quitter.

C’était le cadre idéal pour prendre un nouveau départ, décider de ce qu’elle allait faire de sa vie, et trouver enfin la paix après l’année dramatique qui venait de s’écouler.

Elle observa le petit groupe de gens venus accueillir les passagers du ferry. On l’avait informée que son nouveau collègue, le Dr Brodie, principal associé du centre médical de Scuola, passerait la prendre. D’après la secrétaire qu’elle avait eue au téléphone, il s’agissait d’un homme entre deux âges, assez grand, aux cheveux blancs. Personne ne correspondant à cette description, elle se dit qu’il avait dû être un peu retardé. Eh bien, il ne lui restait plus qu’à attendre, songea-t-elle en soupirant avant de s’asseoir sur sa valise.

Elle regarda le ferry manœuvrer pour faire demi-tour puis repartir vers le continent. Il ne resta bientôt plus personne sur le quai, excepté un homme en combinaison de cuir assis sur sa moto, en train de téléphoner, un portable à l’oreille.

Contrariée, Terry se releva brusquement puis se rassit. Plus le Dr Brodie tardait à arriver, plus elle se sentait devenir nerveuse en pensant à son nouveau travail.

Dix minutes s’écoulèrent encore. L’homme à la moto faisait maintenant les cent pas, visiblement irrité, consultant sans cesse sa montre. Sa tenue de cuir lui donnait un faux air de mauvais garçon et moulait les muscles de son corps élancé, tandis qu’il allait et venait devant elle.

Pendant une seconde, le souvenir de Max lui revint cruellement à l’esprit. N’y avait-il pas une certaine similitude entre cet homme sur le quai et l’image que son ex aimait projeter ? Terry le voyait à présent tel qu’il était : sexy, arrogant, sûr de l’amour qu’elle lui portait alors, et, par-dessus tout, profondément égoïste.

Elle frissonna et secoua brièvement la tête, formant le vœu ne plus jamais avoir affaire à ce genre d’homme. D’ailleurs, elle n’était pas venue à Scuola pour se rappeler ce qui lui était arrivé à cause de lui, mais au contraire pour l’éliminer définitivement de son esprit.

Le motard s’arrêta un instant non loin d’elle et passa la main dans ses cheveux bruns ébouriffés en regardant vers le continent d’un air renfrogné. L’examinant plus attentivement, Terry dut reconnaître que c’était un homme très séduisant, qui semblait déborder d’une énergie contenue.

Au moment où il se remettait à faire les cent pas, un stylo tomba de sa poche et Terry se pencha pour le ramasser.

— On dirait que nous avons été laissés en plan tous les deux, observa-t-elle en le lui tendant.

Il fit volte-face et elle fut frappée par la profondeur de ses yeux bleus.

Bleus comme des saphirs, songea-t-elle. Elle se rendit immédiatement compte qu’il n’avait rien à voir avec Max. Le regard de ce dernier était certes beau, mais aussi calculateur, comme s’il cherchait à vous évaluer pour voir ce qu’il pouvait tirer de vous. L’homme qui se tenait devant elle avait un air ouvert et engageant.

A son grand étonnement, Terry sentit des picotements sur sa nuque sous l’intensité de son regard.

— Ah, merci, répondit-il en saisissant le stylo. Je suppose que celui que j’attends se trouve sur le prochain ferry. Si ce n’est pas le cas, je n’aurai plus qu’à repartir. Je ne peux pas me permettre d’attendre plus longtemps.

Sa voix assez grave avait des inflexions mélodieuses, nettement écossaises. Il s’appuya sur le muret de pierre longeant une partie de la jetée, ses longues jambes étendues devant lui.

— Vous aussi, on vous a fait faux bond ? s’enquit-il.

Ses cheveux, un peu trop longs sur le devant, retombaient sur son front, lui donnant l’air un peu juvénile. Cependant, il y avait en lui quelque chose de fort et de déterminé.

Terry se retint de sourire : en matière d’hommes, elle ne pouvait pas vraiment se fier à son jugement !

— La personne que je devais rencontrer a dû m’oublier, dit-elle. Je ferais mieux de prendre un taxi.

— A moins qu’elle ne pense aussi que vous êtes sur le prochain ferry que j’aperçois déjà au loin… Dans ce cas, elle ne devrait pas tarder.

Il s’approcha du bord de l’eau, le regard fixé sur le bateau dont la taille grossissait à vue d’œil. Terry se demanda si c’était un touriste venu sur l’île pour pratiquer la pêche ou quelque autre sport. Elle l’imaginait bien parcourant à grands pas les chemins de randonnée ou faisant vrombir sa moto sur les routes de montagne.

Tous deux assistèrent à l’accostage du ferry et au débarquement des passagers, mais l’ami du motard ne se manifesta pas plus que le Dr Brodie. Ils attendirent néanmoins jusqu’à ce que les trois véhicules qui se trouvaient à bord débarquent à leur tour. Le dernier était une petite voiture à deux portes, qui ne réussit pas à dépasser le rebord de la passerelle et cala avant de repartir en arrière.

La conductrice, une jeune femme, regarda anxieusement par la fenêtre.

— Appuyez davantage sur l’accélérateur ! conseilla le matelot qui surveillait la manœuvre.

Elle s’exécuta si bien que, cette fois, la voiture fit un bond en avant et vola littéralement par-dessus la passerelle. Terry s’aperçut avec horreur qu’elle se dirigeait droit sur elle. Incapable de réagir, elle resta clouée sur place, les yeux écarquillés d’effroi.

Au dernier moment, deux bras puissants l’enlacèrent et elle se sentit soulevée de terre avant de retomber rudement sur le sol avec son sauveur. Il y eut un grand choc et un bruit de verre brisé, suivi d’un silence impressionnant. Le corps au-dessus d’elle se redressa précipitamment et elle aperçut la voiture, encastrée dans le mur longeant le quai.

— Bon sang ! Il s’en est fallu d’un cheveu ! grommela une voix grave.

Terry leva la tête et plongea dans le regard d’un bleu si intense qu’elle avait remarqué quelques minutes auparavant.

— Est-ce que ça va ? lui demanda le motard.

Une longue éraflure ensanglantée lui barrait le menton.

— Laissez-moi vous aider, ajouta-t-il.

— Je… Je vais bien, répondit-elle en s’aidant du bras secourable qu’il lui tendait pour se relever.

Elle avait les jambes en coton, le pantalon et la parka salis, mais, grâce à cet homme, elle était encore en vie.

Il l’examina brièvement, puis hocha la tête.

— Bien. Dans ce cas, je vais voir ce qui est arrivé à la conductrice.

Sans perdre une seconde, il courut jusqu’à la voiture, jeta un coup d’œil à l’intérieur et tenta d’ouvrir la portière. Terry fut étonnée de la vivacité de ses réactions et de la rapidité avec laquelle il s’était ressaisi pour s’inquiéter des autres. A son tour, elle courut le rejoindre.

L’état de la voiture était épouvantable, avec l’avant complètement enfoncé. Visiblement choquée, la conductrice tourna lentement la tête vers eux. Une bosse de la taille d’un œuf ornait son front et du sang coulait d’une entaille au-dessus de l’œil.

Elle porta une main tremblante à sa tête.

— Que… Que s’est-il passé ? J’ai juste appuyé sur l’accélérateur et la voiture a décollé…

Le motard passa la main à travers la vitre ouverte et coupa le contact.

— Vous savez, ces boîtes de vitesses automatiques ne sont pas toujours très souples, répondit-il gentiment.

Il lui prit le menton, tournant son visage vers la lumière.

— Comment vous appelez-vous ?

— Maisie… Maisie Lockart, murmura-t-elle.

Soudain, ses yeux s’arrondirent, comme si elle venait de se rappeler quelque chose. Elle poussa un cri et tenta de se retourner pour regarder sur le siège arrière.

— Oh ! mon Dieu ! Mon bébé… Ma petite fille… Est-ce qu’elle va bien ? Sortez-la de la voiture, je vous en prie !

Horrifiée, Terry se rendit compte que, sous l’effet du choc, le siège du passager avait reculé. Vu de l’extérieur, il ne restait plus beaucoup d’espace à l’arrière, même pour un jeune enfant.

L’homme étouffa un juron. Dans un effort désespéré, il réussit à ouvrir la portière de quelques centimètres. Glissant la tête dans l’entrebâillement, il poussa un soupir de soulagement.

— Le bébé va bien, annonça-t-il. Vous n’allez pas le croire, mais elle vient même de me faire un sourire !

Il se redressa et pressa la main de la conductrice.

— Ne vous inquiétez pas, elle a l’air en forme et remue les pieds et les bras.

La jeune maman s’appuya contre l’appuie-tête et ferma les yeux.

— Dieu merci…, soupira-t-elle. Pouvez-vous la prendre ?

Terry tapota l’épaule de l’homme.

— Puis-je vous aider ? Je suis médecin.

Il se tourna vers elle, l’air surpris.

— Quelle coïncidence, moi aussi ! N’est-ce pas amusant ? ajouta-t-il à l’intention de la conductrice. D’habitude, vous pouvez attendre une journée entière avant de voir arriver un médecin, et là, vous en avez deux qui se présentent en même temps !

Elle esquissa un faible sourire.

— Alors, nous sommes en de bonnes mains…

L’homme se pencha vers Terry.

— Comme vous avez pu le constater, dit-il, baissant le ton, elle a un gros hématome à la tête et je ne serais pas étonné qu’elle ait eu le coup du lapin. Il va lui falloir une radio et un sérieux check-up. Pourriez-vous vous occuper d’elle pendant que j’appelle une ambulance ? Il vaut mieux ne pas la bouger pour l’instant.

— Que faisons-nous du bébé ? s’enquit Terry. Nous ne pouvons pas le laisser sur le siège arrière. D’un autre côté, je suis d’accord avec vous : c’est trop risqué de déplacer Maisie, en cas de vertèbre fracturée ou de luxation partielle.

— Exactement. Nous devons être prudents.

Pendant une seconde, ils se consultèrent du regard, s’efforçant de peser le pour et le contre.

— Pour l’instant, la petite semble aller plutôt bien, dit finalement Terry d’un ton décidé. Je vais la surveiller tout en m’occupant de la blessure de sa mère pendant que vous prévenez les secours.

— Entendu. Cela ne prendra que quelques minutes…

Dans son sac à dos, elle trouva un paquet de mouchoirs qu’elle appliqua sur la blessure.

Maisie se mit à trembler et des larmes roulèrent sur ses joues.

— Je suis désolée. Je ne veux pas faire d’histoires, mais je ne peux pas aller à l’hôpital. J’ai des journaux à livrer. Et que va devenir mon bébé ?

Comprenant que la jeune mère était encore sous le choc, Terry posa une main rassurante sur son bras.

— Ne vous inquiétez pas pour ça, je m’en charge. Comment s’appelle votre bébé ?

— Amy. Elle a quatre mois, et il va bientôt lui falloir son biberon.

— Vous allez toutes les deux être examinées à l’hôpital et rester en observation pendant au moins quelques heures. Là-bas, on s’occupera très bien de votre bébé. Dites-moi où les journaux doivent être remis.

— Chez Mathesons, le marchand de journaux de l’autre côté de la route. Merci, murmura Maisy. Je n’ose pas penser à la réaction de mon ami. C’est sa voiture… En voyant ce que j’en ai fait, il va être furieux.

— Il sera surtout soulagé de vous savoir toutes deux saines et sauves, assura Terry.

Du coin de l’œil, elle vit le médecin faire les cent pas un peu plus loin sur le parking, son téléphone portable à l’oreille. Elle aurait dû se douter qu’il était médecin, policier ou pompier, en tout cas habitué aux situations d’urgence. Il agissait avec l’assurance de quelqu’un qui sait ce qu’il fait — quelqu’un en qui on pouvait avoir confiance, songea-t-elle avec une pointe d’amertume.

Puis l’irritation la gagna. Le fait d’être médecin ne le rendait pas automatiquement plus fiable que n’importe qui d’autre. Ne savait-elle pas mieux que personne que même l’être le plus crédible pouvait vous décevoir et vous gâcher la vie ?

Le motard-médecin la rejoignit bientôt.

— L’ambulance arrive tout de suite, annonça-t-il avant de s’arrêter net, l’air inquiet, en reniflant l’air. Oh non ! Il faut les sortir de là très vite ! Ne sentez-vous pas une odeur d’essence ? Il doit y avoir une fuite. La voiture risque de prendre feu d’un instant à l’autre. Je vais défaire la ceinture de sécurité.

Il se tourna vers un petit groupe de curieux qui observaient la scène à quelques mètres de là.

— Nous avons besoin d’aide ! cria-t-il.

Trois hommes accoururent aussitôt.

— Aidez-moi à sortir la conductrice de là, leur dit-il. Il faudra la soulever avec précaution en maintenant la nuque, et deux d’entre vous porteront ses jambes. Ensuite, nous nous chargerons du bébé qui est à l’arrière.

L’espace d’une seconde, Terry se crut revenue aux urgences de l’hôpital, lorsqu’elle faisait partie d’une équipe et que les décisions devaient être prises en quelques secondes. Naturellement, cet homme avait raison : il y avait un risque d’incendie imminent et la seule chose à faire était d’évacuer la voiture le plus vite possible.

Elle aida à porter Maisie et à la déposer en douceur sur sa parka qu’elle avait rapidement étendue sur le sol, puis lui serra la main d’un geste rassurant. Il était essentiel que la jeune maman reste calme.

— A présent, nous allons chercher votre fille, lui expliqua-t-elle.

L’accès à l’arrière de la voiture était très étroit et aucun homme un peu large d’épaules n’aurait pu s’y glisser.

— J’y vais, dit-elle d’un ton ferme.

— Certainement pas, c’est beaucoup trop dangereux ! répondit le motard en s’interposant entre elle et la voiture. Je vais le faire.

— Vous êtes beaucoup trop carré, rétorqua-t-elle. Inutile de discuter. D’ailleurs, vous avez dit vous-même qu’il n’y avait pas de temps à perdre.

Pendant un bref instant, ils se défièrent du regard, puis il s’écarta à regret pour la laisser passer.

— Bon, entendu. Je vais essayer d’élargir un peu plus l’ouverture.

Il réussit à gagner encore quelques centimètres et, en se tortillant, Terry put atteindre le siège du bébé. Durant ce qui lui parut une éternité, sous les encouragements du motard dont elle entendait la voix grave derrière elle, elle se débattit avec la boucle de la ceinture de sécurité avant de réussir à l’ouvrir.

En voyant une personne inconnue s’approcher d’elle, Amy s’était mise à pleurer. Terry la souleva de son siège et s’efforça d’ignorer l’odeur d’essence qui semblait augmenter de seconde en seconde.

— Tout va bien, mon ange, ne pleure pas, murmura-t-elle. Tu vas bientôt retrouver ta maman.