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Pavés de nos jeunesses

De
126 pages

Alice, jeune étudiante lyonnaise, profite de sa majorité avec ses amis et rencontre un garçon qui la tourmente. Commence alors entre eux une relation qu'elle ne sait ni gérer, ni assumer. Perdue dans ses sentiments, elle doit aussi faire face aux réalités de la vie. N'arrivant pas à dire adieu à ce monde de l'enfance qui ne lui appartient plus, elle n'arrive pas à rentrer dans celui des adultes, qui demande maturité et responsabilité...


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-90672-4

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

« Vivre est la chose la plus rare au monde, la plupart des gens ne font qu’exister. »

Oscar WILD

Pavés de nos Jeunesses

 

 

« N’oublie jamais ceci : jouer du jazz, c’est comme raconter une histoire. »

De Maxence FERMINE

Fin Août, la rentrée des classes approche. Cette année, j’entre en première année d’école de commerce à Lyon. Je suis la petite jeunette.

Aujourd’hui, j’emménage avec Zoé, ma meilleure amie et depuis deux jours, ma nouvelle colocataire. Je sais d’avance que ça va envoyer du lourd. On est deux folles, littéralement. On est maladroites, naturelles, simples, et malgré nos majorités, on sait encore être de vraies gamines.

On s’installe rue Lainerie dans le quartier du Vieux Lyon. Avec le métro à quelques pas, on ne pouvait pas rêver mieux.

On se situe dans un appartement dans ces vieux immeubles en pierre aux toitures bleues ; avec de grandes fenêtres et des parquets qui grincent. Appartement 5.

Il a deux chambres, donc je n’aurai pas à m’enfermer dans un placard pendant que madame fera ses galipettes. Une salle de bain, une cuisine avec un coin salle à manger et un petit salon. Je l’aime bien notre appartement.

Il est 14 heures, et on a la musique à fond. Vidant les cartons un par un au rythme de The Virgins, chaque objet trouve sa place. Le salon n’a qu’une fenêtre et une cheminée en marbre noir. On y a mis un canapé en lin gris et deux vieux fauteuils en velours bordeaux trouvés au marché aux puces. Comme table basse, on a pris une vieille cantine militaire noire sur laquelle on a posé un grand plateau pour y mettre toutes nos bricoles. N’ayant pas de sous pour collectionner les Van Gogh ou les Manet, on s’est contentée d’accrocher plein de photos polaroïds. Des photos de nos familles, d’amis, de soirées, de vacances… mais aussi, des billets de concerts, de trains, de cinéma ; des couvertures de vinyles, des post-it avec des petits mots, une guirlande lumineuse, quelques posters publicitaires de groupes. C’est notre mur de souvenir, et nous connaissant, il n’est pas prêt d’être terminé.

Zoé est en train de ranger les DVD sur une étagère. On ne reçoit pas le câble, mais elle a pu récupérer une vieille TV pour lire cassettes et DVD. Elle est marrante. Elle dandine des fesses en les rangeant un par un alors qu’elle pourrait aller beaucoup plus vites en les rangeant deux par deux ou trois par trois. Je ne cherche même plus à savoir comment elle fonctionne parfois.

Zoé, c’est ma meilleure amie. Vraiment. On a plein de points communs, mais on n’est pas pareilles ; on se complète. Elle sait faire la cuisine et pas la lessive alors que moi c’est le contraire. Je peux lui recoudre n’importe quel vêtement, mais je lui ferais brûler ses toasts le matin. Elle est toute mince alors que moi je suis un peu plus pulpeuse. Elle n’est pas très sportive alors que moi si, je ne suis pas du tout portée sur la croyance et la religion alors qu’elle est pratiquante. Du coup, on trouve un équilibre qui nous va bien.

En plus elle est magnifique. C’est une jeune femme aux cheveux châtains, coupés au carré. Elle a des yeux dorés avec un iris indigo qui donne à son regard de la profondeur. Son sourire fait des ravages à chaque fois qu’il apparaît et elle a une liste de prétendants qui peuvent en témoigner. C’est le genre de personne qu’on remarque immédiatement lorsqu’elle entre dans une pièce. Mais à côté de ça, c’est la personne la plus gourmande, la plus curieuse, la plus têtue et la plus folle que je connaisse ! Chaque jour avec elle est plein de surprises.

Je ne voyais, par conséquent, personne d’aussi bien qualifié pour être ma colocataire.

Elle est en première année dans l’école Bocuse. Quelque part ça m’arrange, parce qu’elle ne sera pas souvent là en même temps que moi.

Ce soir, on doit retrouver des copines dans un bar sur les quais de Saône. On est une bande de six filles. Je ne traîne pas avec elles tout le temps parce que les choses sont trop compliquées. Il y a eu des histoires et on a des caractères très fort ce qui fait qu’à long terme, on explose.

Il y a Lou, belle est rebelle. Elle est un peu le roc du groupe. La plus culottée de toutes avec une crinière de cheveux bruns et de grands yeux marrons. Elle est le fantasme d’un grand nombre de gars. Elle a cette faille qui la rend vulnérable et qu’elle ne montre pas mais que l’on sent quand on prend le temps de la connaître. C’est une femme fatale en quelque sorte. Elle entre en première année de psychologie et est pompier volontaire. Elle a ce petit quelque chose qui la rend unique.

Vient ensuite Ophélie. C’est la bohème du groupe. Elle est Zoé avec des yeux vairons, ce qui est assez rare. Elle déballe des conversations à la minute. Très sociable, elle est probablement la plus naturelle de toutes. Elle se fout des opinions des autres et n’hésite pas à remettre les gens à leur place. Elle a un humour incomparable. Elle part un an à Londres dans le cadre de son BAFA et compte ensuite intégrer un BTS commerce international.

Et puis il y a Andréa, une jolie bambina à la peau mate et aux longs cheveux foncés et ondulés. Elle est très terre à terre et sophistiquée. Accro à la mode, petite fêtarde et tigresse discrète, elle sait s’imposer auprès des gens. Comme Zoé, elle à ce petit plus qui fait que tous les regards se figent sur elle quand elle fait son entrée.

Jade, une petite blonde à la taille de guêpe et aux yeux verts est la plus réservée de nous toutes. Elle est peureuse car elle redoute ce que l’on peut penser d’elle. En réalité, elle a peur de passer pour une idiote et ne veut pas décevoir les gens. Elle est souvent sous-estimée à cause de la couleur de ses cheveux, et on sait tous ce que c’est… A force que les gens nous répètent que l’on n’est pas assez bien, on finit par le croire, ce qui fait qu’elle-même se sous-estime. Au contraire, elle ne sait même pas toutes les choses qu’elle sera capable de faire. On le voit tous les jours et on la pousse à se surpasser. Elle part pour Singapour à la fin du mois et entre en école d’aéronautique. Elle veut devenir pilote d’avion. Elle va être avec pleins d’asiatiques du coup on en profite pour la charrier !

Je me mets à déballer la salle de bain. Au moment où je place les flacons sur les étagères en verre au rythme de la musique, je reçois un sms de la part de Maxime, un gars que j’ai rencontré en soirée. Il m’envoie une adresse, c’est une friperie en ville qui vient d’ouvrir, où il y a donc une soirée. Je lui réponds gentiment en disant que je m’y rendrai probablement. Maxime, il est du genre beau gosse, blond aux yeux bleus, la barbe de deux jours, sociable, le playboy classique. Mais bon il est sympa donc on ne va pas faire la difficile.

Ce soir on sort toutes ensemble, ça fait un moment qu’on ne s’était pas réunies. On a dit qu’on se ferait belles pour l’occasion donc ma mini-jupe à paillette noire s’impose. On doit se retrouver place Bellecour, au cheval. Elles n’ont pas encore déménagé donc pour la plupart, elles sont toujours chez leurs parents.

Alors que Zoé est déjà en train de courir les fesses à l’air pour prendre sa douche en premièr, je me dépêche de sortir mes affaires de ma valise. Tout n’est pas encore installé malheureusement. Je l’entends déjà qui chante sous le jet d’eau. Si je dois subir ça tous les matins pour le reste de l’année, je ne sais pas combien de temps je vais tenir avant de l’étriper.

(Un de nos points commun, on ne sait pas chanter. Deux casseroles en cœur massacrant le travail reconnu de quelqu’un.)

Une fois sortie, je la vois qui court à nouveau cul nu avec une serviette verte enroulée autour de la tête. Je ne cherche même plus à comprendre à ce stade !

Alors que les gouttelettes ruissellent sur ma peau, je me laisse aller à l’odeur délicieuse de mon gel douche à la pêche. Quand soudain, Zoé fait irruption dans la salle de bain !! Elle vient pour se sécher les cheveux, se maquiller et se pomponner etc… Vive l’intimité !

Je la vois qui s’affaire à s’embellir ! Elle cerne ses yeux avec du gris et du noir, un peu de rouge sur les lèvres, les cheveux en bataille, effet sauvage ! J’attrape une serviette puis je me dirige rapidement vers ma chambre. Je finis de me sécher en vitesse et enfile mes bas noirs ainsi que mes sous-vêtements puis je m’habille très vite. Pendant que Zoé ferme toutes les fenêtres, je me maquille en vitesse. On court dans l’appartement à la recherche de nos affaires… portables, clés, sac à main, porte-monnaie. On se retrouve nez à nez. On se regarde, on est officiellement en retard. On part et on prend le métro direction le centre-ville.

On arrive, et on les voit toutes, magnifiques, en train de fumer leurs cigarettes, au pied de la statue. On se fait la bise et on se sert dans les bras. Ça me fait du bien de les retrouver.

On prend le métro direction Hôtel de Ville, Ophélie nous prévient qu’il y a des filles de son ancien Lycée qui veulent la voir qui risquent d’être dans les parages. L’ironie du sort ; à peine trois mètres après la sortie de métro, on tombe dessus. Elles s’appellent Emilie et Manoah. Elles ont une attitude non verbale qui me déplaît d’emblée. Mais bon, je leur laisse le bénéfice du doute, je ne les connais pas. On marche en direction du quai et on entre dans le bar. Pêcherie je crois, je ne suis pas sûr, c’est Lou qui l’a choisi. On s’installe, et on commande nos boissons. On papote et on en vient aux garçons. Lorsque Emilie me dit qu’elle a le béguin pour un de nos amis, Dorian, je lui avoue que c’est un ex d’il y a un an.

C’était une petite histoire de pas grand-chose mais je le connaissais pas trop mal par conséquent. Elle me regarde de haut en bas du genre de dire « Non, toi pas possible, il ne serait jamais sorti avec toi ! » C’est officiel je la déteste. Et sa copine, c’est pareil. Il n’y a qu’Ophélie qui parle avec elles parce que nous autres, on ne peut pas se les voir.

C’est même physique, on a vraiment du mal avec elles. On pensait qu’elles nous auraient laissé après le bar pour qu’on puisse aller à la friperie tranquillement, mais non ! Elles nous ont collé toute la soirée ! La seule chose qui me remonte un peu le moral, c’est qu’Emilie est jalouse de Lou, c’est maladif. Le pire c’est que Lou ne le fait pas exprès !

En arrivant à la friperie, je repère Maxime au loin. Je me dirige vers lui pour lui faire la bise avec les filles. Alors qu’Emilie lui adresse un bonsoir avec des yeux de biche, je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire. Elle se met à draguer Maxime, mais il n’est qu’intéressé par Lou. Voyant de la fumée s’échapper des oreilles d’Emilie, ma conscience me crie hourra dans la tête tout en applaudissant.

On parle un peu avec tout le monde, mais ayant bu, je ne suis pas tout à fait dans mon état naturel. Je parle avec le DJ en bas avec qui je m’entends super bien, je regarde un peu ce qu’il a comme musique dans son ordinateur.

En remontant je tombe nez à nez avec lui. Il s’appelle Aurélien Duprés.

Ça va paraître débile ce que je vais dire, mais je suis comme une gamine devant lui. Je rougis pour rien. Il a le visage carré, des cheveux noirs ondulés, des yeux ténébreux, la peau mate, et une barbe de trois jours. MAGNIFIQUE !!! J’ai pris le bus avec lui pendant près de deux ans, et il m’a toujours plu mais bon je me voyais mal aller lui faire la conversation dans le bus en mode « Salut, tu ne me connais pas, mais je te trouve super canon ! Raconte-moi ta vie ! »

On se met à parler mais je sais que je suis ridicule. J’ai bu et j’essaie de l’impressionner parce qu’il me déstabilise et ce n’est jamais une bonne chose. Déjà qu’en règle générale je ne fais pas une bonne première impression, bourrée, je n’ose même pas imaginer ce que ça doit donner… En discutant avec lui, j’apprends que lui ne m’avait jamais remarquée. C’était comme se prendre une porte dans la figure. On commence à parler musique et je découvre qu’il joue du saxophone et que c’est un fan de jazz et de rock. Je lui explique que moi je joue du piano et avec le très peu de connaissance que j’ai en jazz, j’essaie de lui tenir tête… à nouveau idée pourrie ! Je vois déjà ma conscience courir se cacher dans un placard tellement elle a honte pour moi. Il me tend sa cigarette, une Marlboro convertible ce qui passe vu que je suis une fumeuse très inexpérimentée. J’ai de la chance, je ne m’étouffe pas sur la taffe mais bon, je foire quand même mon coup en la faisant tomber.

Alors qu’il prend une bouffée, je lui sors de nulle part qu’il a énormément de charme pour un mec. A mes mots, je le vois sourire, j’en conclus que je l’ai surpris. Il me répond gentiment que c’est de même pour moi, mais je n’ai pas le temps d’entendre la fin de sa réponse parce que je suis déjà partie me chercher un autre verre pour sombrer dans l’alcool tellement j’ai honte de moi.

Non je ne pouvais pas simplement être moi-même. Ce n’était pas possible, il fallait que je me ridiculise de la sorte. J’ai grillé toutes mes chances avec lui, et depuis le temps que je voulais lui parler… mais qu’elle gourde !!

On finit par rentrer en métro, puis les filles en bus. La fin de la soirée est floue, je me souviens juste avoir eu très très envie de faire pipi et d’avoir pleuré dans le métro tellement j’en avais envie.

Le lendemain matin, j’ai l’impression d’avoir un roulement de tambour dans la tête qui n’en finit pas. Je traine hors du lit avec le peu de dignité qu’il me reste mais il ne faut pas longtemps pour que tout me remonte à la tête : la soirée, les filles, les deux copines foireuses, la friperie, Maxime, le Dj, la musique, l’alcool, l’alcool, encore l’alcool, Aurélien, le métro, mon envie pressante, … Ma conscience pointe son nez dessous la couette et me lance un regard de réprimande. Je ne suis pas fière de moi.

Zoé dort encore. Il est 7 heures du matin. Elle sera debout vers 11 heures ou midi. J’ai un peu de temps pour moi. Je mets un pot de café en route, mon seul lot de consolation. Je regarde mon iPhone, j’ai quelques sms des filles d’hier soir, une photo en attaché de la part de Jade (c’est-à-dire moi en train de pleurer dans le métro parce que je voulais faire pipi.) Parfois, j’aimerais pouvoir avoir une meilleure estime de moi. Juste de temps en temps.

Pendant que le pot se remplit, je décide d’aller prendre une douche pour rincer la soirée d’hier.

Une fois sortie, j’enfile une grande chemise en coton bleu clair et un short en jean déchiré. Mes cheveux blonds bouclés dégoulinent dans mon dos et je mets mes lunettes sur mon nez. Les lentilles ne sont pas envisageables à ce...