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Petite Mouette

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Elle a 17 ans, il en a presque le double… Amandine, ado solitaire en vacances sur la côte Atlantique, rencontre un homme dont elle tombe amoureuse. Tandis que Paul se débat entre désir et morale, Amandine, tout feu tout flamme, le pousse dans ses retranchements. Leurs errances croisées vous emmèneront à travers les paysages de la presqu’île guérandaise, entre Mesquer-Quimiac et Piriac-sur-Mer et montreront que les choses ne sont pas toujours aussi simples qu’il n’y paraît de prime abord...
La plupart des personnes ont tendance à juger sans savoir un traître mot des faits. Or, comment peut-on appréhender la réalité si on n’envisage pas tous les tenants et les aboutissants, si on ne regarde pas les différentes versions de l’histoire, si on ne prend pas en compte les choses dans leur globalité ?
Ce n'est pas parce qu'Amandine aime Paul qu'elle est une « lolita »… et un homme attiré par une adolescente n’est pas forcément un monstre en puissance ou un pervers notoire : il peut être aussi question de sentiments, d’amour, de choses pures, en somme. Alors, saurez-vous dépasser vos préjugés ?
"Un livre qui est une véritable déclaration d’amour à l’océan et qui se place sur un ton résolument optimiste."
"Beaucoup de lumière dans les sentiments, les descriptions. Rien de glauque dans ce qui est raconté, malgré la situation ambiguë. Un roman qui aime la vie, positif, lumineux, avec en plus la Bretagne sous un beau jour."
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Lynda Guillemaud
Petite Mouette
© Lynda Guillemaud, 2017
ISBN numérique : 979-10-262-0583-8
Courriel : contact@librinova.com Internet :www.librinova.com
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À maman, ma petite sœur et mon petit frère,
en mémoire de nos souvenirs d'enfants
en vacances à Quimiac...
Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances.
René Descartes,Discours de la méthode, 1637
Les choses ne sont pas toujours telles qu'elles paraissent.
Le premier aspect trompe bien des gens, mais un esprit éclairé soulève le voile et découvre la pensée de l'auteur. er Phèdre,Fables ésopiques(livre 4, fable 2 "La belette et les rats"), 1 siècle
Première partie Sa solitude en bandoulière
CHAPITRE 1
Café du Port
Leur rencontre avait été tout ce qu’il y a de plus banal. Ce fut pourtant une de ces rencontres qui, d’une poignée d’heures, remplissent de leur ombre le reste d’une existence. De ces rencontres qui laissent une empre inte, comme une impression en filigrane, imperceptible, mais omniprésente, presqu e subliminale. Quand on s’en rend compte, il est déjà trop tard : ces instants précie ux ont gravé leur texte inaltérable dans la mémoire sans qu’on en ait conscience.
Depuis son arrivée en fin d’après-midi sur l’esplan ade piétonne du port de La Turballe, Amandine n’avait quasiment pas levé les y eux de son gros livre. Attablée à la terrasse du Café du Port, elle sirotait une limonad e dont les bulles pétillaient en éclatant à la surface. Le premier jour de juillet se termina it, marquant le début officiel des vacances scolaires, même si, pour la jeune fille de dix-sept ans, les vacances avaient commencé après sa dernière épreuve du bac de França is.
Amandine soupira en refermant un instant son livre sans perdre sa page et regarda autour d’elle, alertée par les cris des mouettes et des goélands qui s’amplifiaient. Là-bas, près du quai, un chalutier rentrait au port, s uivi par des dizaines d’oiseaux marins qui braillaient. La jeune fille posa son menton sur sa main et observa sans rien dire le bateau qui s’amarrait avec lenteur. Elle avait beau être là depuis seulement quelques jours, elle aimait déjà l’ambiance du petit port sa rdinier de La Turballe. C’était à la fois calme et animé, toujours immuable et pourtant diffé rent. Devant elle se dressait l’imposant bâtiment de la criée et les dernières ré sidences turballaises masquaient à demi les rochers vers Piriac-sur-Mer.
Un peu plus loin sur la gauche, la jetée crevait la mer s’ébattant de l’autre côté du port, sur la longue plage des Bretons, jusqu’à la p ointe de Pen-Bron qui ouvrait les marais salants. Une plage qui tournait délibérément le dos aux bétons de La Baule et de la côte d’Amour, où se trouvaient ses parents po ur la soirée.
— Pas trop chaud, ma grande ? questionna la patronn e du café en venant déployer le parasol de la table voisine.
— Merci, Marianne, mais c’est encore supportable, l ui répondit Amandine en souriant. C’est pour faire taire les esprits chagri ns qui prétendent qu’il pleut toujours en Bretagne ?
La patronne la regarda avec un sourire. Depuis une semaine qu’elle était arrivée, Amandine se réfugiait presque tous les jours au caf é du Port ; elle posait sa bicyclette contre les balustrades de la terrasse, de l’autre c ôté du trottoir, et prenait une limonade.
— On est en Loire-Atlantique, dis donc ! reprit Marianne.
— Ben, c’est la Bretagne historique, non ?
À chaque fois, la patronne venait lui faire un brin de causette. Au début, Amandine pensait qu’elle agissait par esprit commerçant, mai s elle s’était rendu compte que Marianne ne faisait pas de même avec tout le monde. Au début peu loquace, la jeune fille, au fil des jours, s’était ouverte. Depuis to ujours, elle ne trouvait d’intérêt qu’aux conversations des adultes, au premier rang desquels ses profs, qui saluaient régulièrement son dynamisme en classe. Amandine s’é tait toujours mieux entendue avec des gens plus vieux qu’elle. — Je vois que mademoiselle connaît ses classiques… — J’habite à Nantes, en même temps, rétorqua Amandi ne en lui rendant son sourire.
— Tu es là en vacances, alors ? — Oui, mes parents viennent d’acheter un appartemen t… Je préfère La Turballe à Nantes, c’est plus mignon et moins bourge…
Marianne éclata de rire. Amandine aimait bien la je une femme, grande brune dynamique qui ne ménageait pas son énergie, avec qu i elle s’était tout de suite sentie à l’aise. Elle ne savait pas trop pourquoi elle avait jeté son dévolu sur la terrasse du Café du Port, le premier jour. Peut-être parce que la te rrasse était plus petite, coincée entre celle d’un autre bar crêperie plus important et d’u n restaurant, et qu’il n’y avait pas trop de monde. Elle aimait les endroits calmes et elle v oulait avant tout lire tranquillement, face à la mer. Pas faire des rencontres.
— Tu as raison, la presqu’île guérandaise est un en droit inégalable ! reprit Marianne en souriant.
— Et encore, je n’en ai pas vu grand-chose… — Patience, tu as toutes les vacances devant toi ! La patronne s’éclipsa vers le comptoir en laissant la jeune fille pensive. Autour d’elle, l’effervescence de la station balnéaire l’amusait. Elle regardait les gens passer, les familles bruyantes avec les gamins qui réclamaient des glaces, les jeunes garçons bronzés et gominés à l’affût des jeunes filles – à moins que ce ne soit l’inverse, les retraités cheminant à petits pas paisibles. En quel ques jours, Amandine avait remarqué qu’il y avait des moments où c’était plus calme : t ôt le matin et en milieu d’après-midi, lorsque les enfants étaient à la sieste et les autres touristes à la plage.
Elle se replongea dans son gros livre après avoir p ris une nouvelle gorgée de limonade, ne levant les yeux que par intermittence, lorsqu’un bruit plus fort que les autres la sortait de sa lecture. Son regard errait alors sur la foule environnante, s’attardant parfois sur une personne, une silhouette, un sourire.
Comme ce jeune homme au regard bleu qui se dirigeai t vers la terrasse du Café. Ce fut comme une fulgurance. Une sorte de connivence d ’esprit fit s’opérer l’étrange alchimie et Amandine sourit la première. Leurs yeux se happèrent un instant jusqu’à ce que la patronne du café vienne à la rencontre du je une homme. — Salut, Paul, ça fait un bail ! s’exclama Marianne en l’embrassant sur les deux joues. Je te sers un demi ? — Avec plaisir ! — Désolée, ta table préférée est prise, dit-elle en désignant Amandine sans cesser de sourire. Tu vas devoir déménager… Amandine sourit en se rendant compte qu’elle s’étai t fait des films en pensant qu’il l’avait remarquée ; en fait, c’était juste parce qu ’il connaissait la patronne ! Malgré sa méprise, elle le regarda avec sympathie et fit une chose qu’elle n’aurait jamais faite en temps normal. — On peut aussi partager la table, je vais vous fai re de la place ! fit-elle vivement en enlevant son livre. Le jeune homme sembla hésiter imperceptiblement pui s écarta les mains en signe d’assentiment.
— Merci, répondit-il en s’asseyant. Je ne suis pas trop encombrant, ça devrait aller… Amandine se mit à rire joyeusement tandis que Maria nne apportait une bière pression et une autre limonade. À partir de là, ils avaient parlé. Longtemps.
Trop, peut-être.
CHAPITRE2
Quai Saint-Pierre Paul ne savait pas ce qui l’avait interpellé dans c ette jeune fille installée à la table qu’il aimait occuper sur la terrasse du Café du Por t, quand il venait y boire un verre de temps en temps. Il se souviendrait toujours de son sourire, un peu triste et en même temps d’une lumière impalpable. C’était comme si le urs solitudes s’étaient appelées et répondues.
Au début, Amandine parla peu, ne livrant que des br ibes d’elle-même, réduisant ses réponses au strict minimum sans se dévoiler. Pruden ce louable qui ne choquait pas Paul, bien au contraire : il comprenait que cette j eune fille hésitât à se confier ainsi à un parfait inconnu.
Pourtant, au fil de leur conversation, il sentait q u’Amandine avait envie de discuter et de se livrer ; le flot ininterrompu de ses paroles en disait plus long sur la solitude qu’elle portait en bandoulière comme d’autres portent leur besace de cours.
— Ce n’est pas pesant, d’être toujours toute seule, à la longue ? s’enquit Paul.
Amandine le regarda suavement avec un silence avant de répondre.
— J’ai toujours été seule… — Tu n’as pas de frère ni de sœur ? — Non… Ma mère n’a jamais eu le temps de m’en faire !
Paul retint un rire quand il comprit qu’Amandine ne plaisantait même pas. À trente-quatre ans, la mère d’Amandine était l’archétype mê me de la femme d’affaires avisée : Suzanne Delperrier dirigeait une grosse boîte de pa peterie, fréquentait les milieux d’affaires nantais, manipulait beaucoup d’argent, s e dépensait énormément pour son entreprise et passait des heures avec ses clients d ont l’un d’eux était devenu son mari. Rien de bien romanesque dans leur union, puisqu’ils avaient fêté en même temps que leur mariage la fusion de leurs deux sociétés. L’am our avait peu de place dans sa vie. Il fallait que les affaires marchent avant tout !
— En fait, c’est ma grand-mère qui m’a élevée, conf ia Amandine comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Ma mère m’a eue à seize ans… Autant dire que je n’étais pas prévue !
Paul fronça les sourcils, cette fois. Il sentait, d ans le ton de la voix de la jeune fille, une certaine rancœur, certes compréhensible mais qu i l’interpellait. Amandine avait en réalité très peu côtoyé ses parents, se réfugiant s ans scrupules sous l’aile tendre et aimante de la mère de Suzanne.
— Elle était nounou, expliqua Amandine d’une petite voix. Je passais plus de temps chez elle que chez mes parents, en fait, même quand j’ai passé l’âge d’être gardée par quelqu’un ! Heureusement, elle habitait juste à côt é. Elle m’aidait à faire mes devoirs, elle me faisait à manger, elle m’emmenait me promen er… En fait, je vivais quasiment chez elle. C’était une femme merveilleuse, courageu se, douce comme un agneau. Je ne l’ai jamais vue se mettre en colère… Et pourtant, il y aurait eu de quoi ! — Elle était ? demanda Paul, en devinant le pourquo i de cet imparfait. Le regard d’Amandine s’embua et il sut qu’il avait vu juste.
— Elle est morte en début d’année.
En même temps que la vieille dame, Amandine avait p erdu son refuge, son cocon,
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