Petite Mouette

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Elle a 17 ans, il en a presque le double… Amandine, ado solitaire en vacances sur la côte Atlantique, rencontre un homme dont elle tombe amoureuse. Tandis que Paul se débat entre désir et morale, Amandine, tout feu tout flamme, le pousse dans ses retranchements. Leurs errances croisées vous emmèneront à travers les paysages de la presqu’île guérandaise, entre Mesquer-Quimiac et Piriac-sur-Mer et montreront que les choses ne sont pas toujours aussi simples qu’il n’y paraît de prime abord...
La plupart des personnes ont tendance à juger sans savoir un traître mot des faits. Or, comment peut-on appréhender la réalité si on n’envisage pas tous les tenants et les aboutissants, si on ne regarde pas les différentes versions de l’histoire, si on ne prend pas en compte les choses dans leur globalité ?
Ce n'est pas parce qu'Amandine aime Paul qu'elle est une « lolita »… et un homme attiré par une adolescente n’est pas forcément un monstre en puissance ou un pervers notoire : il peut être aussi question de sentiments, d’amour, de choses pures, en somme. Alors, saurez-vous dépasser vos préjugés ?
"Un livre qui est une véritable déclaration d’amour à l’océan et qui se place sur un ton résolument optimiste."
"Beaucoup de lumière dans les sentiments, les descriptions. Rien de glauque dans ce qui est raconté, malgré la situation ambiguë. Un roman qui aime la vie, positif, lumineux, avec en plus la Bretagne sous un beau jour."
Publié le : dimanche 19 juin 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026205838
Nombre de pages : non-communiqué
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Lynda Guillemaud
Petite Mouette
© Lynda Guillemaud, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0583-8
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans la vie se défaire de toutes les opinions qu'on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. René Descartes,Discours de la méthode, 1637. Les choses ne sont pas toujours telles qu'elles paraissent.
Le premier aspect trompe bien des gens, mais un esprit éclairé soulève le voile et découvre la pensée de l'auteur. er Phèdre,Fables ésopiquessiècle.(livre 4, fable 2 "La belette et les rats"), 1
à ma maman, ma petite sœur et mon petit frère,
en mémoire de nos souvenirs d'enfants
en vacances à Quimiac...
PROLOGUE
Quai Saint-Pierre, La Turballe Leur rencontre avait été tout ce qu'il y a de plus banal. Leur histoire, elle, le fut beaucoup moins. Ce fut une de ces rencontres qui durent quelques heures, une poignée de minutes seulement, mais qui remplissent de leur ombre le reste d'une existence. De ces rencontres qui laissent pourtant leur empreinte. Comme une impression en filigrane, imperceptible mais sans cesse sous les yeux, presque subliminale. Parce que c'est grâce à cette rencontre, à ces riens, que deux êtres qui ignoraient tout l'un de l'autre vont découvrir qui ils sont, en se révélant à eux-mêmes.
Attablée à la terrasse d'un café de La Turballe un gros livre à la main, elle sirotait une limonade dont les bulles pétillaient en éclatant à la surface. Le premier jour de juillet se terminait. Le soleil de plomb semblait n'être là que pour démentir les esprits chagrins prétendant qu'il pleut toujours en Bretagne (et même si on se trouvait là en Loire-Atlantique...).
Il passait devant l'esplanade piétonne surplombant le port où s'égrenaient cafés, crêperies et restaurants. Devant lui se dressait l'imposant bâtiment de la criée, les dernières résidences turballaises, puis les rochers vers Piriac-sur-Mer. Derrière lui, la jetée crevait la mer s'ébattant de l'autre côté du port, sur la longue plage des Bretons, jusqu'à la pointe de Pen-Bron qui ouvrait les marais salants. Une plage comme il les aimait, qui tournait délibérément le dos aux bétons de La Baule et de la côte d'Amour.
Ce soir-là, sa solitude avait été comme appelée par une autre. Cette jolie jeune fille, là-bas. Elle était installée à la table qu'il aimait occuper sur la terrasse du Café du Port, quand il venait y boire un verre de temps en temps. Le regard bleu avait croisé les yeux verts. Ce fut comme une fulgurance. Une sorte de connivence d'esprit fit s'opérer l'étrange alchimie ; elle avait souri la première. Il se souviendrait toujours de ce sourire, un peu triste et en même temps d'une luminance impalpable. Il ne se rendit compte que c'était trop tard que lorsque ces instants eurent gravé leur texte inaltérable dans leur mémoire. Il ne sut ni pourquoi, ni comment il s'y prit pour lui proposer un verre. Ils avaient parlé. Longtemps. Trop, peut-être.
CHAPITRE 1
Sa solitude en bandoulière Amandine venait de fêter ses dix-sept ans. Elle était en vacances. Ses parents venaient d'acheter un appartement à La Turballe, comme résidence secondaire. Amandine aimait beaucoup le petit port sardinier sans prétentions, dont l'ambiance était sans cesse troublée par les cris des mouettes et des goélands qui suivaient les bateaux rentrant de pêche. Cela la changeait de Nantes et du quartier bourgeois où elle vivait le reste de l'année. Depuis une semaine qu'elle était arrivée, Amandine se réfugiait souvent au café du Port ; elle posait sa bicyclette contre les balustrades de la terrasse, de l'autre côté du trottoir, et prenait une limonade. La patronne venait souvent lui faire un brin de causette. Il n'avait pas fallu longtemps à Marianne pour deviner qu'Amandine portait sa solitude en bandoulière, à côté de ses livres et de son téléphone. Amandine aimait parler littérature, rêver dans son coin et se promener... Depuis toujours elle vivait dans sa bulle et ne trouvait d'intérêt que dans les conversations qu'elle avait souvent avec des adultes, au premier rang desquels ses profs, qui saluaient régulièrement son dynamisme en classe. Amandine s'entendait mieux avec des gens plus vieux qu'elle. Peut-être cela expliquait-il pourquoi elle n'avait pas rechigné devant l'invitation de Paul, ce soir-là. Il avait bien trente-cinq ans, même si on lui en donnait facilement dix de moins.
— Tu n'as pas de frère ni de sœur ? s'enquit Paul.
— Non... Ma mère n'a jamais eu le temps de m'en faire !
Paul retint un rire quand il comprit qu'Amandine ne plaisantait même pas. A trente-quatre ans, Suzanne Delperrier était l'archétype même de la femme d'affaires avisée : elle dirigeait une grosse boîte de papeterie, fréquentait les milieux d'affaires nantais, manipulait beaucoup d'argent, se dépensait énormément pour son entreprise et passait des heures avec ses clients dont l'un d'eux était devenu son mari. Rien de bien romanesque dans leur union, puisqu'ils avaient fêté en même temps que leur mariage la fusion de leurs deux sociétés. L'amour avait peu de place dans sa vie. Il fallait que les affaires marchent avant tout !
— En fait, c'est ma grand-mère qui m'a élevée, confia Amandine comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Ma mère m'a eue à seize ans... Autant dire que je n'étais pas prévue !
Paul fronça les sourcils, cette fois. Il sentait, dans le ton de la voix de la jeune fille, une certaine rancœur, certes compréhensible mais qui l'interpellait. Amandine avait en réalité très peu côtoyé ses parents, se réfugiant sans scrupules sous l'aile tendre et aimante de la mère de Suzanne.
— Elle était nounou, expliqua Amandine d'une petite voix. Je passais plus de temps chez elle que chez mes parents, en fait, même quand j'ai passé l'âge d'être gardée par quelqu'un ! Heureusement, elle habitait juste à côté. Elle m'aidait à faire mes devoirs, elle me faisait à manger, elle m'emmenait me promener... C'était une femme merveilleuse, courageuse, douce comme un agneau. Je ne l'ai jamais vue se mettre en colère...
— Elle était ? demanda Paul, en devinant le pourquoi de cet imparfait.
Le regard d'Amandine s'embua et il sut qu'il avait vu juste.
— Elle est morte l'année dernière.
En même temps que la vieille dame, Amandine avait perdu son refuge, son cocon. Chez ses parents, elle avait l'impression de ne pas exister puis, d'autres fois, ils avaient des attentions touchantes qui conjuraient ses doutes.
Une mouette se posa sur le bord du trottoir, Amandine tourna la tête. L'oiseau sautillait et son œil noir, alerte et brillant, amusait la jeune fille. Quelqu'un passa et le volatile disparut,
happé par le ciel.
— Ils doivent me voir comme ce piaf, murmura-t-elle, ses yeux verts dans le vague. Je ne fais que passer, ne vous dérangez pas pour moi !
— Tu exagères peut-être un peu, non ? fit Paul, conciliant. Tu ne profites pas un peu de leur présence, en vacances ?
La jeune fille ne répondit pas tout de suite et haussa les épaules. Pendant ce mois de vacances, rien ne changeait vraiment. Le rythme était moins soutenu, mais Eric Delperrier en profitait pour faire des opérations de relations publiques et sa femme le suivait sans rechigner.
— Tu vois, ce soir, ils sont en repas d'affaires avec un gros client, lâcha-t-elle. Les bouffes de trois heures au resto à parler chiffres et stratégies, très peu pour moi ! Alors je reste toute seule. Et j'attends.
Paul secoua la tête, médusé.
— Tu n'as pas d'amis ?
Amandine secoua la tête et le jeune homme soupira, l'air soucieux. Non, elle n'avait pas d'amis. Est-ce qu'elle préférait la solitude ? Sans doute pas. Qui aime la solitude ? Mais elle s'y était habituée, comme on s'accoutume à un handicap, à une infirmité. Elle n'avait pas trouvé d'amis. Elle n'avait pas vraiment cherché, en vérité...
Elle préférait se promener à vélo le long des plages, guetter les mouettes et les goélands, regarder la mer, tout simplement. Rêveuse, elle incitait au calme par sa seule présence. Son visage reflétait on ne savait quel mystère, quelle ambiguïté insondable. Il émanait d'elle comme une quiétude bienfaisante.
Amandine regarda la mousse redescendre le long des parois embuées du verre de Paul et regarda son portable. Vingt-et-une heure douze. Pas encore temps de songer à rentrer. Ses parents ne seraient pas de retour avant minuit et elle pouvait encore traîner un peu. Paul sourit. Être si indépendante à dix-sept ans ?
— Je n'ai pas le choix...
— Dans cinq minutes, tu vas me dire que tu ne le regrettes pas ?
— A quoi ça servirait ? Ça ne me donnera pas plus de compagnie, répliqua suavement Amandine, son regard étrangement clair au fond des yeux bleus du jeune homme.
Paul fit une grimace. La lucidité de cette fille le sidérait et le fascinait en même temps. L'existence d'Amandine n'était-elle donc que solitude, déception et incertitudes ? A l'âge où n'importe quel ado rebâtissait le monde avec des châteaux de sable, Amandine savait déjà que la mer les recouvrirait de son eau bleu-vert. Elle était malheureuse, le savait très bien, mais faisait comme si de rien n'était pour ne pas inquiéter les autres. Mais à part ça, tout allait bien.
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