Pièces Fauves

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L'errance du peuple juif et de très simples questions: Comment c'était là-bas ? Pourquoi sont-ils partis ? ces trois pièces, en forme d'interrogations ouvertes, mettent en perspectives des situations historiques diverses. Dans Les Voisins c'est la juxtaposition sanglante dans un même espace théâtral d'un couple de vieux nazis, d'une famille de fourreurs d'Europe centrale et d'une secte néo-fasciste. Qui se souvient de Jonathan est une construction complexe et L'ensevelie se déroule à l'époque de l'inquisition.
Publié le : dimanche 1 février 1998
Lecture(s) : 48
EAN13 : 9782296357778
Nombre de pages : 144
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PIÈCES FAUVES

Collection Théâtre des Cinq Continents dirigée par Maguy Albet et Kazem Shahryari Déjà parus

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Aouad Basbous Thérèse, H20. Aouad Basbous Thérèse, Seuls comme l'eau. Aouad Basbous Thérèse, La coïncidence. Driss Bias, Absences. Aba Noureddine, Une si grande espérance. Reza Ghassemi, Portrait. Reza Ghassemi, À vous de jouer; Mercutio ! Couao-Zotti Florent, Ce soleil où j'ai toujours soif. Kazem Shahryari, Aller/Retour. Jocelyne Sauvard, Matèré. Philippe Caspar, Peer Gynt. Daniel Boukman, Délivrans! Michel Ecoffard, L'écrabouilleuse ou la révolte des gueux". Caya Makhele, Lafable du cloître des cimetières suivi de Picpus ou la danse aux amulettes. 15- Kazem Shahryari, Sans la voie lactée. 16- Edith Habersaat, La cellule des ombres. 17- Thérèse Aouad Basbous, La nonne et le téléphone. 19- Philippe Caspar, Beethoven. 20- Abdul Ali War, Génial Général Président. 21- Huguette Gray, Zee ou la joie de vivre suivi de Camp secret. 22- Michel Ecoffard, Oratorio pour une jeune fille et 26 sculptures. 23- José Pliya, Negrerrances suivi de Konda le roquet et Concours de circonstances. 24- Bisikisi Tandundu, Les fiançailles suivi de J'ai mission de mourir. 25-Bisikisi Tandundu, Les promesses de l'aube. 26- Kazem Shahryari, Parle-moi du soleil et des oliviers Les immigrés... France 1997. 27- Odile Pedro Leal, La chanson de Philibert ou les gens simples. 28- Thérèse Aoyad Basbous, Pour un homme seul. 29- Omesco, Le fumet de la chimère. Trois drames. 30- Michel Ecoffard, La légende de la vie ou fous le camp Bouffon. 31- Henri Michel Boccara, Pièces claires.

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@ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-6306-1

HENRI MICHEL BOCCARA

PIECES FAUVES
Les voisins Qui se souvient de Jonathan? L'ensevelie

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Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L 'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

Du même auteur
ITINERRANCES, Editions EDDIF 1993 (roman) L'OMBRE et autres balivernes, L'Harmattan 1994 (récits) TRAVERSÉES, L'Harmattan 1996 (roman) ICI ET D'AILLEURS (association "Théâtrales") PIÈCES CLAIRES, Théâtre, L'Harmattan

aux Neuf aux six fois neuf

PRÉFACE
Un écrivain d'ici et de là bas

Quoi de plus périlleux que de préfacer une œuvre dramatique Mais les risques méritent d'être pris lorsque les raisons ressortissent à l'amitié. Car l'amitié implique la ~ympathie et sans celle-ci aucune complicité intellectuelle n'est possible. Mais pour grand que soit le capital affectif, l'œuvre ne demande pas moins que l'on sy penche et qu'on en parle. L'une des aventures de l'esprit la plus marquante de ce que l'on appelle la Modernité est d'avoir fait éclater toutes les normes de l'écriture, poétique, dramatique et romanesque; Cependant, si par exemple le roman est revenu des expériences des années cinquante pour renouer avec le récit "classique", le théâtre, en

revanche, n'a pas cessé d'aller de l'avant, si l'on excepte évidemment les drames bourgeois. Et c'est encore à la Modernité que l'on doit de voir des oeuvres ayant des structures différentes, les unes déconstruisant le monde, les autres en offrant une vision "cohérente", les unes vidant le personnage de toute consistance charnelle, les autres lui donnant un corps, un visage, une identité, s'accommoder d'une simultanéité d'existence qui eut été impossible, il y a moins d'un siècle. Le théâtre de l'absurde côtoie le théâtre engagé qui avoisine celui d'avant-garde qui, à son tour, se joue non loin d'un théâtre où l'on représente une œuvre de Molière ou de Marivaux... Plus encore, on peut entendre un auteur dramatique européen parler de l'influence asiatique ou africaine, pendant que le Japonais ou l'Africain introduisent des éléments propres au théâtre occidental. Et un même spectateur, à moins qu'il ne soit pur et dur pour n'apprécier qu'un genre de drame, peut en une semaine parcourir l'histoire du spectacle en assistant chaque soir à une représentation d'une époque ou d'une culture données. Autrement dit, concernant toutes les formes de l'expression symbolique, nous n'avons plus aujourd'hui ceci ou cela mais ceci et cela. Cette situation marquée par une grande liberté a fait croire à certains que n'importe quoi pouvait être exprimé n'importe comment dès lors que les contraintes étaient levées. D'autres, en revanche, ne se sont pas laissés tenter par ce mirage et ont exploité cette liberté délestée des lourdes contraintes du passé pour entreprendre une aventure artistique plus téméraire.

Et si je devais parler d'Henri Boccara, je dirais que la fluidité des normes esthétiques lui a permis de percevoir toute la richesse qu'il pouvait tirer de son imaginaire sans pour autant oublier les exigences inhérentes à son travail artistique. Liberté et rigueur constituent les caractéristiques premières de ce dramaturge. Son imaginaire se nourrit de plusieurs sources, judaïques certes mais aussi maghrébines, orientales et occidentales. Cette pluralité que l'on souhaite aujourd'hui avec force, mais qui a été une constante dans d'autres cultures notamment arabes et juives, permet à Henri Boccara de poursuivre une quête de l'être à travers les vicissitudes de l'histoire selon un procédé temporel qui juxtapose le présent, l'antiquité, le moyen âge comme si ces époques étaient figées dans l'immobilité du temps, et un procédé spatial qui place le Maroc, L'Egypte, l'Espagne inquisitoriale, la Turquie, l'Amérique dans une proximité qui s'explique par le fait que ses personnages qu'ils soient d'ici, de là ou de là-bas restent possédés par une même interrogation existentielle. Jeunes ou vieux, maîtres ou esclaves, sages ou bouffons, hommes ou femmes, ils semblent marqués par une sourde fatalité qui les place toujours sur le seuil des frontières spatio-temporelles, exigeant d'eux d'aller au delà d'eux-mêmes. Plus encore, portés par un mouvement irrésistible, ils ne sont ni nomades ni sédentaires, mais des résidents provisoires, à la poursuite de l'étape, mais déjà prêts au départ. Cette constante dans l'œuvre dramatique d'Henri Boccara se retrouve dans ses romans, hantés également par l'oscillation de l'être entre l'errance et l'enracinement parce que toutes ces terres évoquées

plus haut, gardent la trace, ou le souvenir d'un passage. Néanmoins, plutôt que de subir cette destinée en se laissant porter par elles, les personnages décident en quelque sorte d'en faire un destin librement choisi, sinon motivé par une quête supérieure, si bien qu'il est difficile de dire si leur départ d'un lieu vers un autre a été librement consenti ou forcé par la persécution tant la coïncidence entre les deux est frappante. Tragique au regard de l'histoire, cette ambiguïté prend dans l'œuvre d'Henri Boccara, une dimension où souffrance et bouffonnerie, gravité et parodie, s'entremêlent pour donner une esthétique fractale, tant il est difficile de démêler dans cet imbroglio de l'histoire, le hasard de la cause, l'ordre et le désordre des sociétés de ceux de la raison, laquelle, prise bien souvent à l'improviste, s'acharne à cerner ce qu'elle n'est pas: le grain insolent du temps. Khireddine Mourad Écrivain

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LES VOISINS

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