Plage, Disputes et Fan-Attitude

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Deuxième épisode du Trio infernal

Sophia part en vacances à la Grande-Motte avec ses deux meilleurs amis, Estée et Paul. Dès leur arrivée, la cohabitation s’avère compliquée : Paul est trop maniaque de l’avis des deux filles, et celles-ci se crêpent le chignon en plein supermarché. Côté cœur, Estée est déterminée à rester seule, tandis que Paul a rapidement repéré un jeune maître-nageur qui lui plaît. Quant à Sophia, elle continue de leur cacher les récentes évolutions de sa vie sentimentale. Mais, lorsqu’elle reçoit un appel surprise d’Antton, elle se retrouve au pied du mur...

17 000 mots (nouvelle)


Publié le : jeudi 27 août 2015
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EAN13 : 9782924624029
Nombre de pages : non-communiqué
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TrioInf2

Résumé

Sophia part en vacances à la Grande-Motte avec ses deux meilleurs amis, Estée et Paul. Dès leur arrivée, la cohabitation s’avère compliquée : Paul est trop maniaque de l’avis des deux filles, et celles-ci se crêpent le chignon en plein supermarché.

Côté cœur, Estée est déterminée à rester seule, tandis que Paul a rapidement repéré un jeune maître-nageur qui lui plaît. Quant à Sophia, elle continue de leur cacher les récentes évolutions de sa vie sentimentale. Mais, lorsqu’elle reçoit un appel surprise d’Antton, elle se retrouve au pied du mur…

De la même auteure
aux Éditions Laska

Le Trio infernal - épisode 1 : Beaux Gosses, Histoire-Géo et Fan-Attitude



LE TRIO INFERNAL - ÉPISODE 2 :
PLAGE, DISPUTES ET FAN-ATTITUDE

Julie Forgeron

Éditions Laska
Montréal, Québec
Courriel : info@romancefr.com

Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive.

Tous droits réservés
© Julie Fabre, 2015

Aucune reproduction ou transmission, totale ou partielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des droits et de l’éditeur.

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Design de la couverture : Jeanne Corvellec
Photo de couverture © PeopleImages

ISBN : 978-2-924624-02-9

Droits d’auteur

Chapitre 1

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Chapitre 6

Merci !

L’auteure

Chapitre 1

« Sophia, je t’aime. »

Ses mains sont posées sur ma taille, ses yeux noirs brillent dans la lumière tamisée de mon salon, son visage s’approche du mien et…

« Sophia ! »

Le ton est si péremptoire que je sursaute. Je décolle mon front de la vitre et m’arrache à la contemplation du paysage. Encore à moitié dans mon rêve, je tente de porter toute mon attention sur Estée, assise côté passager.

« Cela fait cinq fois que je t’appelle. Tu es dans la lune, aujourd’hui.

— Excuse-moi, je réfléchissais.

— On est bientôt arrivés », se réjouit mon amie.

En effet, j’ai déjà aperçu les flamants roses qui pataugent dans les marais. Ça sent l’été et le sel des embruns, et je suis certaine que, si je tendais l’oreille, j’entendrais le cri strident des mouettes. Enfin, tout est relatif : je doute qu’avec Madonna à fond, je parvienne à percevoir quoi que ce soit. Avec Estée, nous avons bien essayé de convaincre Paul de ne pas mettre sa musique, mais il nous a rembarrées : sa voiture, sa playlist.

Je sais que je ne me trouve qu’à une heure de chez moi, mais la Grande-Motte possède cette aura dépaysante propre à la Camargue. Une ambiance de vacances règne sur les lieux. La plage, les terrasses des bars, les menus des restaurants, la démarche nonchalante des touristes contribuent à cette impression générale que tout le monde se trouve ici pour se reposer et s’amuser. Même les travailleurs saisonniers ont bonne mine.

Antton me manque. J’ai conscience d’être en couple avec lui depuis hier au soir seulement, mais ce genre d’émotion ne se contrôle pas. Il m’a embrassée durant des heures sur mon canapé. Il m’a répété sans cesse qu’il m’aimait. Bien sûr, je ne lui ai pas retourné ses sentiments, il est trop tôt. J’ignore si je suis amoureuse de lui. En tout cas, je me sens bien avec lui, comme apaisée, à ma place.

Il n’a pas tenté quoi que ce soit, pas le moindre geste vers le sud. Je me demande s’il s’est abstenu de peur que je le repousse. Parce qu’en toute honnêteté, je n’aurais pas dit non. Cependant, il s’est montré sage. Ses mains sont restées sur ma taille ; parfois, elles se sont nichées dans mon cou ou ont caressé mes bras. Bien que j’aie remarqué son excitation, je n’ai pas osé l’encourager, craignant de passer pour une fille entreprenante. Il est parti à regret peu avant minuit, de peur de se faire gronder par ses parents s’il rentrait après l’heure autorisée.

Ça m’a un peu refroidie de réaliser que je sors avec un mec qui a un couvre-feu. Mais il est si adorable que je ferme les yeux sur cet aspect. Après son départ, je n’ai pas réussi à m’endormir ; du coup, j’ai pu terminer de préparer mes bagages. J’ai juste rajouté une petite mallette pour mes produits de beauté et mon maquillage.

Lorsque Paul a vu mes affaires supplémentaires, il a grimacé, puis râlé. Néanmoins, je lui ai bien expliqué que ma « trousse de toilette » était indispensable. Comment croyait-il que j’allais me laver les dents ? J’ai mieux compris sa mauvaise humeur quand il a ouvert le coffre et que j’ai reconnu sa modeste valise (à lui) et l’énorme sac parme (d’Estée) accompagné d’une jolie besace assortie. Finalement, Paul a pu caser mon vanity ainsi que mes affaires. Nous nous sommes installés pour le voyage et Paul a enclenché sa radio. Madonna s’est mise à hurler dans l’habitacle. Impossible de tenir une conversation dans ces conditions. J’ai alors contemplé le paysage et pensé à Antton.

Lorsque nous arrivons sur le site du camping, le poste crache encore la musique de Paul. Nous nous garons sur le parking visiteurs. Estée et moi laissons Paul récupérer les clés du mobile home pendant que nous discutons dans la voiture. Voilà plus d’une heure que la puissance des haut-parleurs nous muselait ! Estée dresse la liste exhaustive de ses projets pour la semaine, qui se résument à : bronzette, shopping et bronzette. J’évite soigneusement le sujet de la drague, car je n’ai pas révélé à mes amis que je sortais désormais avec Antton… J’ai envie de garder encore un peu cet évènement secret, et puis j’ai surtout peur qu’ils me sermonnent et me persuadent que je me lance dans une folie : après tout, il est si jeune ! Sous cet angle, il ne ressemble pas exactement à l’homme idéal.

« Le voilà qui revient », annonce Estée.

Je me redresse pour observer Paul, qui marche vers nous avec les papiers de la location, un trousseau de clés et un seau rempli de produits d’entretien.

« Tu crois qu’il est déjà dans sa phase ménage ? me demande Estée.

— Tu plaisantes ? Il a dû en rêver cette nuit », dis-je en pouffant.

Paul ouvre la portière.

« Je peux savoir ce qui vous fait rire ? questionne-t-il tout en s’asseyant.

— Rien », réplique Estée, malicieuse.

Paul conduit jusqu’à notre petit chez-nous. Estée se précipite à l’intérieur pour visiter la maisonnette. Comme l’année dernière, nous trouvons deux chambres, une pièce à vivre et une salle de bain. Le tout tient dans un mouchoir de poche. Heureusement qu’il y a une terrasse avec un barbecue ! De toute façon, nous ne comptons pas passer tout notre temps ici.

Estée et moi choisissons d’emblée la chambre la plus grande. Et là, Paul le maniaque de la propreté entre en action. Il pose son seau sur le sol et ouvre sa valise, dans laquelle il a glissé une éponge neuve et des gants Mappa. Comme d’habitude, il a tout prévu. Dans un minuscule placard, il trouve un balai, qui atterrit entre mes mains. Il demande à Estée de nettoyer l’intérieur du frigo, puis il disparaît dans la salle de bain.

« Tu crois qu’il va désinfecter combien de fois la lunette des toilettes ? lance Estée.

— Je préfère ne pas savoir », réponds-je, avant de m’atteler à la tâche qui m’a été assignée.

Quand nous terminons notre travail, Paul est encore enfermé. Nous en profitons pour aller chercher nos bagages dans son Alfa Romeo. Nous traînons les sacs jusque dans les chambres, et autant dire que, vu leur poids, l’aide d’un homme n’aurait pas été de refus ! Sauf que l’homme en question brique en ce moment même les sanitaires.

Je remarque qu’Estée s’impatiente. Au moment où je décide de détourner son attention avec la liste des courses, elle se dirige d’un pas décidé vers la salle de bain en marmonnant :

« Il va me rendre dingue. »

Elle pénètre dans la petite pièce. Par l’embrasure, je vois Paul à quatre pattes qui récure une baignoire éclatante de blancheur.

« Arrête, Paul, tu vas entamer l’émail.

— J’ai presque fini.

— Paul ! Tu as promis ! »

J’entends de l’eau couler. Puis le silence.

Enfin, Paul reparaît, avec Estée dans son ombre.

« Il reste les fenêtres et le pavé, et puis l’évier », s’enthousiasme Paul en saisissant un chiffon et le produit pour vitres.

Mais Estée lui arrache ses accessoires.

« Je me suis déjà occupée de l’évier et le sol n’est pas sale. »

Pourtant, Paul refuse d’entendre raison, et nous l’autorisons finalement à passer la serpillière. Pendant qu’il remplit le seau d’eau chaude, j’ouvre toutes les fenêtres, puis je m’installe sur la terrasse avec Estée. Nous commençons la liste des courses ; un petit supermarché se trouve à quelques kilomètres à peine. Tandis que j’énumère les produits de première nécessité — l’alcool, les chips, le chocolat… —, je jette un œil à l’intérieur pour voir où en est Paul.

Je jure sur ce que j’ai de plus cher que je n’ai pas fait exprès de regarder, mais, après tout, je suis humaine : il est là, juste devant moi, baissé, le popotin bien mis en évidence par un string noir qui dépasse de son jean. Je manque m’étrangler en avalant ma salive de travers. Constatant que je m’étouffe, Estée accourt pour me taper dans le dos. Je parviens finalement à revenir à mon état normal. À nouveau capable de parler, je chuchote à Estée :

« Tu savais qu’il portait des strings, toi ? »

Le visage d’Estée s’éclaire. Je suis sûre qu’Alexander Fleming a eu la même expression le jour où il a découvert la pénicilline. Elle me pousse sans ménagement de devant l’entrée pour admirer la vue.

« Il faut que je voie ça.

— Arrête ! Il va remarquer qu’on lui mate les fesses. »

Je parle bas pour éviter que Paul m’entende ; cependant, je m’aperçois que ce n’est pas la peine quand il nous crie depuis le fond de la pièce :

« Je ne suis pas sourd ! »

Mince, je suis mal à l’aise, maintenant ! J’ai honte. Il y a des limites à ne pas franchir en amitié, et l’une d’elles est de reluquer le cul de son meilleur pote. Même si, bon, je me le suis permis une ou deux fois (mais...

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