Plaisirs interdits (Harlequin Audace)

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Plaisirs interdits, Sarah Mayberry

Ebahi, Sam dévisagea la jeune femme qui se tenait devant lui. Delaney, sa meilleure amie, celle avec laquelle il partageait tout depuis l'enfance. Sauf que ce n'était plus la Delaney qu'il connaissait. A sa place se tenait la femme la plus sexy qu'il ait jamais vue, juchée sur des talons vertigineux et moulée dans une robe qui ne laissait rien ignorer de ses formes parfaites. Malgré lui, il sentit un trouble intense l'envahir. C'était totalement insensé. Comment pouvait-il désirer à ce point sa meilleure amie ? Jamais il ne s'était autorisé le moindre fantasme à son sujet. Delaney était son amie, sa confidente, et elle avait trop d'importance dans sa vie pour qu'une banale histoire de sexe vienne troubler leur relation. Alors, pourquoi avait-il soudain le sentiment qu'il ne pourrait retrouver la paix s'il ne goûtait pas sur-le-champ à la douceur de sa peau et à la rondeur de son affolant décolleté ?

Publié le : vendredi 1 février 2008
Lecture(s) : 50
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280268042
Nombre de pages : 224
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1.

Sam Kirk se redressa, essuya ses mains couvertes de craie sur son jean et jeta un coup d’œil circulaire à la pièce. Un sourire satisfait illumina son visage. Beau résultat.

Il avait devant lui une authentique scène de crime. Sur la moquette bleu marine du bureau de Delaney, son associée et amie de toujours, se trouvait dessinée la silhouette d’un corps étendu au milieu des dossiers éparpillés. Pour rendre la mise en scène plus vraisemblable encore, il avait vidé une ou deux étagères, renversé quelques objets et ouvert les tiroirs du bureau.

Content de lui, il gagna la porte et déroula le ruban de plastique fourni par un ami commissaire. Il le fixa en travers de la porte, barrant l’accès.

Debbie, la réceptionniste, secoua la tête.

— Delaney va avoir un coup au cœur en voyant ça.

— Je sais, dit Sam, aux anges. Ça va être parfait.

La jeune femme le regarda bizarrement. Elle ne travaillait chez X-Pro, leur magazine de sports de l’extrême que depuis un mois et n’en connaissait pas encore très bien l’esprit. Elle aurait tôt fait de comprendre comment Delaney et lui fonctionnaient. Se faire des farces, se surprendre avec les trouvailles les plus insensées faisait partie de leurs habitudes. Chaque année, lorsque Delaney se trouvait en vacances, Sam inventait quelque chose de nouveau, le plus délirant possible.

Une année, il avait convaincu leur imprimeur de sortir un exemplaire de leur magazine agrafé à l’envers et l’avait négligemment posé sur son bureau. Delaney était devenue hystérique et il lui avait fallu vingt minutes pour la convaincre que les exemplaires expédiés à leurs abonnés ne l’avaient pas été dans cet état. Une autre fois, il avait collé toutes ses fournitures sur son bureau : agrafeuse, pot à crayons et souris d’ordinateur ! Jusqu’à son fauteuil qu’il avait fixé au sol. En se remémorant son air interloqué, il en riait encore aujourd’hui.

Sam se tourna vers ses quatre employés.

— Nous sommes bien d’accord ? Pour que ça marche, tout le monde doit garder son sérieux.

— Sam, tu te fais des illusions. Elle va se douter que c’est toi, lança Rudy, l’infographiste du magazine.

— Mais elle n’en sera pas certaine. Ce que je veux, c’est la voir douter.

Il jeta un bref coup d’œil à sa montre et s’approcha de la fenêtre. La place de parking de Delaney était vide. Elle n’était pas arrivée. Il fronça les sourcils. Elle habitait l’appartement au-dessous de chez lui et il ne l’avait pas entendue rentrer, la nuit dernière. Ceci dit, il ne l’entendait pas toujours. Ce matin, lorsqu’il était sorti, impatient de préparer sa petite surprise, sa voiture était là.

Cela ne lui ressemblait pas d’être en retard, surtout le jour de la reprise, après deux semaines de vacances. D’habitude, elle arrivait aux premières heures, impatiente de retrouver ses activités. C’était l’un des aspects extrêmement positifs d’être son propre employeur. Le travail n’était jamais une corvée, aussi difficile et stressant soit-il.

Sam s’apprêtait à lui téléphoner, mais il se sentit soudain ridicule. Il n’allait tout de même pas la harceler. Elle n’était partie que depuis quinze jours, ce n’était pas le bout du monde. Mais il fallait avouer qu’elle lui avait beaucoup manqué.

Son regard se posa sur la photo qui trônait sur son bureau. Elle représentait deux adolescents, un grand garçon dégingandé aux cheveux clairs et une jeune fille toute mince arborant un œil au beurre noir. Ils étaient tous deux vêtus de maillots de bain et de gilets gonflables et leurs visages bronzés témoignaient de longues journées passées à la mer. Le garçon souriait, un bras glissé autour des épaules de la jeune fille. Elle, en revanche, fixait l’objectif, l’air déterminé. Ils avaient seize ans sur cette photo. Elle avait été prise l’été où il avait enseigné le surf à Delaney. Elle avait récolté cet œil au beurre noir le premier jour, lorsque sa planche lui avait échappé et l’avait heurtée au visage. Elle n’avait pas bronché, il s’en souvenait encore. Elle avait seulement pris le temps de récupérer son souffle et elle était repartie comme si de rien n’était.

C’était ainsi avec Delaney. Lorsqu’elle s’était fixé un but, elle ne faisait jamais les choses à moitié. Elle fonçait. C’était une des raisons pour lesquelles ils avaient tout de suite accroché lorsqu’elle était arrivée dans sa rue. Il venait d’avoir quatorze ans. A peine le camion de déménagement avait-il commencé à décharger les meubles qu’une gamine toute maigrelette était venue rôder autour de lui et de ses copains, en train de jouer au cricket dans le rue. Elle avait attendu que la balle passe tout près d’elle et s’en était saisie d’un geste vif, demandant si elle pouvait jouer. Les autres garçons n’étaient pas d’accord. Elle avait alors proposé un marché. Si elle parvenait à les mettre hors jeu, elle entrait dans la partie. Dans le cas contraire, elle s’en irait sans un mot de plus. Le coup d’essai avait été un tel coup de maître que les gamins, médusés, n’avaient pu que l’accepter.

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