Plaisirs secrets (Harlequin Audace)

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Plaisirs secrets, Elizabeth Bevarly

En voyant Sam Maguire boire à la tasse de porcelaine où elle venait de poser les lèvres, Rosie sentit une secrète excitation l'envahir. Pourquoi fallait-il que, de tous les hommes, ce soit celui sur lequel elle fantasmait depuis des mois qui soit entré dans sa boutique ? Et, surtout, qu'il insiste pour partager le thé qu'elle était en train de déguster, loin de se douter qu'il s'agissait d'un thé aphrodisiaque dont elle venait de mettre la recette au point ? Elle retint sa respiration tandis qu'il avalait la boisson, et, quand il reposa la tasse sur le comptoir et leva les yeux vers elle, elle sut qu'elle était perdue. Car dans son beau regard si sombre, brillait la même étincelle qui la faisait frémir quand elle songeait à lui. Celle du désir. Pur. Brut. Irrépressible.

Publié le : mardi 1 avril 2008
Lecture(s) : 185
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280268097
Nombre de pages : 224
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1.

— Bien. A présent, mesdames, on augmente la cadence. Un, deux, trois… musique.

En collant et justaucorps, regard braqué sur son reflet dans l’immense miroir habillant un mur entier du studio, Rosie répéta docilement — et plus rapidement — les gestes et mouvements que venait de leur montrer Alice, leur professeur d’aérobic.

Près d’elle, six ou sept femmes faisaient de même, dans le martèlement sourd que généraient leurs baskets ou tennis sur le plancher de bois clair.

Au contraire de Rosie, dont les pieds nus ne faisaient aucun bruit même s’ils battaient le sol au même rythme que ceux des autres femmes. Enlever ses chaussures dès que l’occasion se présentait était et avait toujours été pour elle une deuxième nature. Un reste de son enfance, sans doute.

Repoussant les souvenirs, elle se secoua et se concentra sur ses mouvements.

— Tête droite, Juliane ! recommanda le professeur. Veillez toujours à tenir la tête droite, mesdames. Comme ça. C’est parfait.

Tête plus droite que jamais, Rosie vérifia furtivement dans le miroir la posture des autres élèves avant de se concentrer de nouveau sur son reflet.

Ces séances d’aérobic hebdomadaires lui permettaient non seulement de se maintenir en forme, mais également de relâcher un peu cette tension qui semblait ne jamais vouloir la laisser tranquille.

Cependant, ce matin, au contraire des autres fois, elle ne pouvait chasser une impression tenace. Celle de ne pas être seule. Ou plutôt d’avoir une autre compagnie que celle des femmes qui suivaient habituellement le cours de danse athlétique.

Un autre bref coup d’œil dans le miroir lui apprit ce qu’elle savait déjà. Aucune nouvelle élève ne s’était adjointe au groupe. Alice, leur professeur, était allée se placer à côté de Juliane, petite boulotte manquant de souplesse, pour l’aider à exécuter ses mouvements.

Mais alors, pourquoi avait-elle le sentiment persistant d’être observée ?

*  *  *

Les yeux posés sur la parade incessante de ces corps de femmes moulés dans des justaucorps suggestifs, tourbillonnant au rythme frénétique d’une musique électrofunk, Sam Maguire poussa un long soupir tandis qu’une étrange sensation de chaleur l’envahissait. Décidément, la vie dans une petite ville ne correspondait pas vraiment à ce à quoi il s’était attendu. Dans les grandes villes, les femmes qui dansaient presque nues sur des rythmes endiablés le faisaient pour gagner leur vie, et, bien sûr, ce n’était pas le cas ici. Si ces femmes se trémoussaient sur la piste, c’était pour se maintenir en forme. Pour autant, le résultat était tout aussi troublant.

Car un corps de femme presque nu restait un corps de femme, qu’il se déhanche sous les stroboscopes d’un cabaret de Boston ou, comme ici, sous les appliques art déco du club d’aérobic de la minuscule cité de Northaven. En tout cas, ces corps lui faisaient le même effet que ceux, beaucoup plus dénudés, qu’il avait eu maintes fois l’occasion d’observer à Boston, dans ces cabarets où il avait si souvent été envoyé en mission.

D’ailleurs, songea-t-il avec un sourire, ici aussi, il était en mission, et une mission de surveillance était une mission de surveillance, que ce soit à Boston ou à Northaven. Même si, il fallait bien l’admettre, les délits n’étaient pas exactement du même ordre ici qu’à Boston. Quelques cambriolages et des chiens volés ou perdus… On était loin des milieux du crime qu’il avait connus avant de demander sa mutation à Northaven, un an plus tôt, et les adolescents qu’il prenait la main dans le sac n’avaient pas grand-chose de commun avec les criminels endurcis qu’il traquait à Boston.

Le cas qui l’occupait aujourd’hui était encore plus simple. Alice, le professeur d’aérobic, venait de se séparer de son mari, Don, et, à l’évidence, celui-ci ne parvenait pas à l’accepter. Il s’était réfugié dans l’alcool, et, à plusieurs reprises, il lui avait passé des coups de téléphone menaçants. Certes, songea Sam avec un petit sourire sarcastique, Don n’était pas vraiment dangereux — la plus épouvantable de ses menaces ayant été de dépenser sans compter tout l’argent du compte joint qu’ils partageaient encore si Alice ne lui offrait pas une chance de se faire pardonner sa conduite avec la caissière de l’épicerie —, néanmoins, Sam avait promis à Alice qu’il ferait un tour par sa maison et aussi par son club d’aérobic au cours de ses rondes quotidiennes, histoire de s’assurer que Don ne se livrerait pas à quelque excentricité de mauvais aloi.

C’était pour cela que Sam se trouvait là en train de contempler ces corps de femmes, pour surveiller que tout se passait bien. D’accord, il ne se pressait pas trop pour partir et continuer sa tournée, mais ça n’avait rien à voir avec le fascinant spectacle dont il ne parvenait pas à détacher les yeux. Non, s’il restait encore un peu, c’était pour protéger Alice, et ses intérêts…

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