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Plus que Blonde

De
147 pages
Dans Plus que Blonde, Sophie Kandinsky, 16 ans, assiste à l’éclatement de son univers: papa quitte la maison pour devenir sobre; maman se replie sur elle-même; Luke, son premier amour, est contraint de se marier; elle se sent même menacée dans son dernier refuge, le basketball. Et pour couronner le tout, son propre corps la trahit à tout moment! Heureusement, les Blondes adorées de Sophie et ses tantes audacieuses s’avéreront d’un soutien précieux pour l’aider, avec humour et amour, à naviguer entre les écueils et à composer avec d’étonnants secrets. Campé dans les années 1970, mettant en scène des personnages dynamiques et attachants, le roman Plus que Blonde est la conclusion forte et captivante d’une série tout à fait originale.
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Copyright © 2010 Teresa Toten Titre original anglais : Beyond Blonde Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Penguin Group, New York, NY Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Catherine Vallières Révision linguistique : Féminin Pluriel Correction d’épreuves : Carine Paradis, Nancy Coulombe Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Mathieu C. Dandurand ISBN papier 978-2-89733-584-7 ISBN PDF numérique 978-2-89733-585-4 ISBN ePub 978-2-89733-586-1 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Toten, Teresa, 1955-[Beyond blonde. Français] Plus que Blonde (Blondes ; 3) Traduction de : Beyond blonde.
Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89733-584-7 I. Vallières, Catherine, 1985- . II. Titre. III. Titre : Beyond blonde. Français. IV. Collection : Toten, Teresa, 1955- . Blondes ; 3. PS8589.O675B4914 2014 jC813'.54 C2013-942424-5 PS9589.O675B4914 2014 Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
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En souvenir de Janja Vukovic Maman
Toujours dire la vérité. Même s’il faut l’inventer. Auteur inconnu
Prologue Maman fait couler l’eau dans la baignoire, dans l’e sDoir d’étouffer le bruit de ses Dleurs. Ça ne marche jamais. Les murs de l’aDDartement sont minces comme des feuilles de DaDier, Dresque transDarents. Sur l’avenue Euclid, ma chambre avait de suDerbes m urs éDais, mais c’était avant les années de Drison. L’aDDartement serait Dour Dlus ta rd. Cette chambre était géniale — à mon humble avis. Jesaisque les murs étaient géniaux, car DaDa et moi les avions Deints d’un orange vif, un dimanche, alors qu’il se trouva it dans sa zone de confort, entre quatre et seDt brandys. Je ne me souviens Dlus exactement d’aucun autre détail. L’image de ma chambre orange fluo se confond avec les souvenirs d es cinq autres chambres que j’avais habitées deDuis, avant notre arrivée ici. À l’aDDartement, ma chambre est beige, la couleur l a Dlus Dathétique qui soit dans tout l’univers connu. Nous sommes ici deDuis Dresque tro is ans, maman, moi et, Dendant une minute et demie, DaDa, et Dourtant c’est comme si m a chambre était encore Dresque nue. Je m’assis lourdement sur mon matelas, Dosé sur le Dlancher, et observai la Dièce d’un regard accusateur. Au moins, j’avais cette suDer la mDe à bulles d’huile que tante Eva m’avait donnée Dour mes 16 ans. Les bulles violette s flottent sur une Dile de volumes de l’encycloDédieBritannica, reDrésentant les lettres A à P. Je n’arrive Dlus à me raDDeler si nous ne Douvions nous Dayer la suite ou si les gens deBritannica avaient Derdu notre trace, avec tous ces déménagements. ComDte tenu du reste de la Dièce, la lamDe semblait déDloyer beaucouD troD d’efforts Dour se faire remarquer. Je savais comment elle se sentait. J’avais aussi le miroir de DaDa, qu’il m’avait fabr iqué Dour mon huitième anniversaire sur l’avenue Euclid. Il avait collé, verni et immor talisé les meilleurs souvenirs de mon enfance sur le cadre. J’avais alors un chez-moi. e Duis, je n’avais désigné Dar le mot « chez-moi » aucun des endroits où nous avions demeur é. Mais c’étaitavant. Maintenant, DaDa est encore Darti, et maman est retombée dans s es comDortements de l’éDoque où il se trouvait en Drison. Soit elle est toujours sur m on dos, soit elle Dasse des fins de semaine entières dans sa chambre, à Dleurer aussi d iscrètement qu’elle le Deut. Elle étouffait ses sanglots deDuis maintenant trois heur es. Je m’étendis. Seigneur Jésus, même le Dlafond était beige ! Je ne l’avais jamais remarqué avant. N’y a-t-il Das une règle quelconque de décoration stiDulant que les Dl afonds doivent être blancs ? Il va revenir lorsqu’il sera sobre. C’est ce qu’il a dit. Il a mis dans une valise ses chemises, ses livres de Doésie, une Dartie de mes œ uvres d’art et tous ses rires. Puis, il est Darti, emDortant ce don qu’il a de me faire sen tir comme une Drincesse. Son alcoolisme, son déDart, leur « séDaration », le s Dleurs de ma mère — rien de tout cela n’est de ma faute. Je le sais, car j’ai regard é tous les éDisodes d’Afterschool Specials, cette émission de Dsychologie Dour enfants et ado s qui Dasse à la télévision en fin d’aDrès-midi aDrès l’école. Malgré tout, il doi t y avoir certaines Detites choses que j’aurais Du faire, que j’aurais dû faire, mais que je n’ai Das faites. Les Densées merdiques se bousculent dans ma tête. J’ai besoin de quelque chose. J’ai besoin de quelqu e chose Dour combler le vide à l’intérieur de moi — ou, à tout le moins, Dour en a ssourdir l’écho. Pas de boisson, ni de drogue, ni même d’un garçon…, maisquelque chose. J’ai certainement besoin de quelque chose. Sur un Dlan Dositif, toutefois, il ne me reste Dlus de secrets à cacher. Sauf si l’on comDte ceux que l’on se cache à soi-mê me. Les Blondes dissimulent encore assez de secrets Dou r imDloser. Bon, d’accord, Madison s’est ouverte sur son adoDtion, mais elle f ait encore Dasser sa grand-mère
cinglée Dour une ancienne femme de ménage. Sarah in siste Dour dire qu’elle est désormais une « néovierge », mais elle croule sous le Doids de toute cette Dureté. Puis, il y a Kit, qui jure sur ses grands dieux qu’elle ne s e fait Dlus vomir. Kit consulte un Dsychologue et suit un Dlan, et elle dit qu’elle es t fidèle aux deux. Peut-être, mais je Deux sentir un secret un mille à la ronde, et on Dourrai t embouteiller l’odeur qui émane d’elle. Pas de moi, Dar contre. Comme je l’ai dit, je n’ai Dlus de secrets. Je suis maintenant la déDositaire deleursmais ce ne sont Das secrets, mes secrets. J’ai déjà caché un secret, un très gros, quand je t aisais que DaDa était en Drison. Luke et moi étions un secret, Deut-être aussi gros, Deut-êt re même Dlus gros. Plus maintenant. Mon Dremier amour est officiellement marié deDuis f évrier dernier,etil est maintenant un tout nouveau DaDa. Alors, c’est fini, terminé, Dour nous deux. Quand je mens, maintenant, c’est Dour les Blondes — Das Dour moi. Ce genre de mensonge ne comDte Das vraiment. C’est davantage comme un service à la communauté. Quand même, entendre maman m’effraie. Je veux dire, et s’il ne lui arrivait jamais rien de mieux ? Ou Dire…, et s’il ne m’arrivait jamais r ien de mieux ? Et si rien de bon n’arrivait jamais aux gens comme nous ? C’est Dossi ble, étant donné que nous sommes immigrants, et aussi vu la Drison, l’alcoolisme, le s déménagements ainsi que ma vie jusqu’à maintenant. Et Duis, je crois…Non…ImDossible. J’exDire, je me lève, et je claque la Dorte de mama n. Ça fonctionne. Elle cesse ses Dleurs.
1 Nous étions à peu près aussi discrètes qu’un cirque à trois pistes dans un monastère. — Ne poussez pas ! — Mais perrrsonne ne pousse ! — Si ! Toi, tu pousses ! — Je n’ai jamais poussé ! — Chut ! Chut ! Si quelqu’un devait le savoir, c’était bien maman. Il était absolument impossible de faire taire les tantes. Certes, elles l’adoraient, et ell es en avaient peut-être même un peu peur, m aispersonnelles avaient déjà oubliépeut faire taire les tantes. C’était comme si e  ne qu’elles avaient accepté, trois minutes auparavant, dans le terrain de stationnement, la main sur le cœur, de se conformer au plan de maman. — Quoi qu’il arrrive… Maman avait regardé chacune d’entre elles. — … une fois surrr place, à la rrrencontrrre des Alcooliques anonymes… Elles avaient hoché la tête avec un enthousiasme qu i avait fait vaciller leur volumineux chignon. — Nous devrrrons êtrrre totalement, parrrfaitement discrrrètes,da? Pa, bien sûrrr ! avait répondu tante Eva en se raclan t la gorge. — Totalement incognito, avait acquiescé tante Radmi la. — Tout le monde crrroirrra que nous sommes vrrraime nt des ivrrrognes ! avait promis tante Luba. Maman avait grimacé. — Souvenez-vous : discrrrètes. Hochements de tête sincères de toutes parts. Hélas, il ne fallait rien espérer. Premièrement, nous venions tout juste de sortir pas très discrètement de la luxueuse limousine de Luigi, une voiture d’un blanc éclatant , hyper longue, décorée de guirlandes lumineuses. On pouvait apercevoir le véhicule depui s la lune. Luigi essayait encore de la faire sortir du terrain de stationnement, tandis qu e nous descendions les marches du sous-sol de l’église. Luigi Pescatore était le plus récent et le plus enthousiaste petit ami de tante Eva. Ils s’étaient rencontrés l’année préc édente, lorsque nous avions fait appel à son service de location de limousines pour le maria ge grandiose de tante Luba avec Mike. Dès le moment où il avait posé les yeux sur t ante Eva dans sa robe de demoiselle d’honneur au modèle unique, de « quasi haute coutur e », il s’était employé à devenir son cinquième mari. Depuis le vendredi précédent, tante Eva avait accepté plutôt à contrecœur d’abréger son supplice. C’était un compr omis boiteux. Ils étaient officiellement officieusement fiancés. Des bijoux a vaient été échangés, mais la date du mariage demeurait floue. Nous étions également — pas très discrètement — arrivées en groupe. Tous les autres alcooliques s’amenaient un à un, ou parfois l’un d’ eux attendait quelqu’un à l’extérieur, puis entrait avec lui. Tante Eva avait choisi une r encontre des A.A. à Rosedale, parce qu’elle était convaincue qu’il y aurait à cet endro it des ivrognes de meilleure catégorie. Et jient tous bien vêtus, bien coiffés, ou, àusqu’alors, elle avait raison. Les alcooliques éta tout le moins, ils étaient propres. Tout de même, aucun d’entre eux, à son allure, n’av ait l’air d’avoir fréquenté le El 1 Mocambo en 1962, contrairement aux tantes, qui portaient e ncore leur tenue urbaine de cette époque-là. Maman était la plus modérée, dans un ensemble rose vif Pepto-Bismol «