Pour deux petits sourires - Une nuit pour te séduire

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Pour deux petits sourires, Elizabeth Lane
 
Dragan Markovic est le pire être sur terre ! D’abord, il a licencié Tessa pendant sa grossesse et, maintenant, il l’empêche de se rendre avec ses filles à Anchorage, où a lieu le procès qui les oppose ! Certes, il n’y peut rien si son avion a été pris dans une tempête et qu’ils ont dû atterrir en urgence en plein cœur de l’Alaska… Mais le résultat est le même : la voilà coincée avec lui dans un petit chalet… Blottie avec ses jumelles au coin du feu, Tessa surprend pourtant dans le regard de l’arrogant Dragan une lueur de tendresse insoupçonnée. Et son charme, couplé à l’aura de danger qui l’entoure, ne fait que renforcer son attirance irrésistible pour ce mystérieux ennemi…
 
Une nuit pour te séduire, Karen Booth
 
Melanie a une mission : transformer l’image du futur P-DG de Langtel, Adam Langford. Et, pour cela, elle est bien décidée à ne pas lésiner sur les moyens : plan presse, séances photo, fiancée officielle… Tout doit être mis en œuvre pour faire oublier le scandale qui l’a frappé. En effet, aujourd’hui, c’est la réputation du cabinet de conseil en image de Melanie qui est en jeu… Alors, tant pis si elle doit effacer de sa mémoire les souvenirs de la nuit magique qu’ils ont passée ensemble, des années plus tôt, ignorer la troublante sensualité qui émane d’Adam, et se retrousser les manches. Car, même pour le seul homme capable de faire battre son cœur, elle refuse de mettre sa carrière en péril.
Publié le : mercredi 1 juin 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280357487
Nombre de pages : 384
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- 1 -

Seattle, Etat de Washington Fin septembre

Assis derrière son immense bureau, Dragan Markovic sentit la colère monter en lui.

— Etes-vous en train de me dire qu’elle nous poursuit en justice ? s’exclama-t-il. Nous avons fait un pont d’or à cette femme. Cela ne lui suffit donc pas ?

Le jeune avocat, qui avait récemment rejoint la Trans Pacific, se mit à tripoter nerveusement son stylo.

— Selon son avocate, ce n’est pas juste une question d’argent. Mlle Randall veut que le pays tout entier soit mis au courant du traitement injuste qu’elle a subi. Elle est déterminée à se battre pour qu’à l’avenir aucune femme ne soit plus jamais licenciée parce qu’elle est enceinte.

Dragan se renfrogna.

— Mais son renvoi n’était pas lié à sa grossesse. On m’a indiqué qu’elle avait été congédiée parce qu’elle n’était pas en mesure d’assumer ses fonctions.

— Tout à fait, et c’est ce que nous expliquerons au juge. Son travail impliquait des déplacements en Extrême-Orient, or son état ne lui permettait pas de tels voyages.

— Dans ce cas, pourquoi ne l’a-t-on pas affectée à un travail de bureau ?

L’avocat cligna des yeux.

— Voilà précisément l’argument que va utiliser son avocate contre nous. C’est son supérieur qui a pris la décision de renvoyer Mlle Randall. Apparemment, il y avait des tensions entre eux.

Dragan poussa un juron et, bondissant de son confortable fauteuil en cuir, se posta devant l’immense baie, derrière sa table de travail. Son bureau d’angle, au dernier étage du gratte-ciel qui abritait le siège de sa société, lui offrait une vue époustouflante sur le front de mer de Seattle, sur les entrepôts, les embarcadères et de gigantesques grues. Deux énormes cargos portant le logo de la Trans Pacific étaient amarrés, en attente de chargement. Au-delà, les eaux grises de Puget Sound disparaissaient sous un écran de brouillard.

Bon sang, il avait une entreprise à gérer ! Et pas de temps à perdre avec cette Mlle Tessa Randall — qu’il n’avait d’ailleurs jamais rencontrée — et ce procès susceptible d’entacher la réputation de la Trans Pacific. Pourquoi ne pouvait-elle pas se contenter de prendre l’argent, de signer l’accord de confidentialité et de disparaître ?

— Tout ce que je sais, c’est qu’elle a donné naissance à des jumelles, marmonna-t-il pour lui-même.

— Exact. Deux petites filles qui se ressemblent trait pour trait, et qui ont seize mois à présent, renchérit l’avocat.

Il essuya ses lunettes, avant de les replacer sur son nez.

— Elles sont nées sept semaines avant terme. A l’époque, Mlle Randall n’était plus assurée, et les frais médicaux…

— Mais nous avions proposé de les prendre en charge ! s’insurgea Dragan.

— Absolument. Cependant, son avocate réclame des dommages et intérêts très élevés : elle prétend que c’est le stress occasionné par la perte d’emploi de sa cliente qui a déclenché son accouchement un mois plus tard.

— Est-ce qu’elles peuvent le prouver ?

— Sans aucun doute. Tout cela va nous porter préjudice et peut nous coûter cher, commenta l’avocat en farfouillant dans ses documents. Puis-je me permettre une suggestion, monsieur Markovic ?

— Je vous écoute.

— Je conçois que vous n’ayez pas envie de vous mêler de cette affaire, mais, si vous consentiez à rencontrer Mlle Randall et à lui présenter éventuellement des excuses au nom de l’entreprise, alors il se pourrait qu’elle accepte de…

— C’est hors de question ! s’écria-t-il en se retournant. Je n’ai pas de temps à consacrer à cette femme, pas plus que je n’ai à m’excuser auprès d’elle. Quand sommes-nous assignés devant le tribunal ?

— Dans une semaine. Etant donné que Mlle Randall dépendait d’un de nos bureaux en Alaska, le procès doit se tenir à Anchorage. Il est encore temps pour vous de…

— Je viens de vous dire non ! C’est à vous de régler cette affaire. C’est pour cela que je vous paie, vous et vos collègues. Bien sûr, si vous n’êtes pas capable d’effectuer votre travail…

Il s’interrompit, laissant la menace suspendue dans l’air.

— Ce sera tout pour l’instant, ajouta-t-il.

— Très bien, monsieur Markovic. Nous ferons de notre mieux.

Et, reprenant fébrilement ses documents, l’avocat sortit de son bureau.

Une fois la porte refermée, Dragan se tourna de nouveau vers la baie vitrée. Il jura alors en croate, sa langue natale, puis se mit à scruter le brouillard. Il était si remonté qu’il avait envie de renvoyer tous les avocats de la Trans Pacific et de se payer les services d’un grand homme de loi qui connaissait le système. Car, au train où allaient les choses…

Le gémissement mélancolique d’une corne de brume le fit soudain sursauter et le rappela à l’ordre : il gaspillait son temps pourtant précieux ! Fort de cette pensée, il se rassit à son bureau, alluma son ordinateur et rechercha dans les archives le fichier personnel de Tessa Randall. Il ne l’avait jamais ouvert, mais, comme son équipe juridique semblait se trouver face à une impasse, il était temps qu’il jette lui-même un œil à ce dossier.

La photo révélait une rousse à la crinière léonine, d’une beauté surprenante, et dotée d’un regard noisette qui semblait vous mettre au défi. En un mot, elle était sacrément sexy.

Son statut indiquait qu’elle était célibataire, et ne mentionnait ni mariage ni divorce durant ses six années d’exercice à la Trans Pacific. Cependant, comme elle était tombée enceinte, il y avait forcément un homme tapi dans l’ombre, mais il n’apparaissait nulle part. En revanche, le dossier rengorgeait d’excellentes références. Non seulement Mlle Randall parlait couramment le japonais, mais elle possédait des qualités de négociatrice hors pair. Compte tenu de tous les cargos de la société en partance pour le Japon, chargés notamment de bois, d’acier et d’autres matériaux de construction, il n’avait pas dû être aisé de la remplacer.

Intrigué, il parcourut le reste du fichier. Il n’y avait aucune précision au sujet de son licenciement, juste la date. Curieux. Une partie du dossier avait-elle été détruite ?

Selon les dernières données enregistrées, la jeune femme résidait actuellement à Bellingham, à une centaine de kilomètres de Seattle. Quoi qu’il en soit, elle devrait se rendre à Anchorage pour le procès. La question pour lui était de déterminer si l’affaire lui tenait à cœur au point qu’il dégage un créneau dans son agenda pour y aller lui aussi.

Poussant un soupir, il referma le dossier et éteignit son ordinateur. Il s’était imaginé que son équipe juridique pourrait rapidement régler ce litige qui lui était apparu au départ fort banal, mais il sentait à présent poindre les ennuis. Au fond, affronter Tessa Randall, au tribunal ou en dehors, serait peut-être la seule façon de donner du poids à sa cause et d’éviter que la réputation de la Trans Pacific n’en pâtisse. A cet effet, il avait besoin d’un plan bien précis, sans compter qu’il lui fallait retrouver les pièces manquantes de l’histoire. S’il découvrait que la jeune femme avait été lésée, il la dédommagerait, bien entendu, mais en aucun cas il ne permettrait qu’on salisse sa société.

Bellingham, Etat de Washington Six jours plus tard

Non, ce n’était pas possible ! Son vol ne pouvait pas être annulé !

Tessa fouilla fébrilement dans son sac pour trouver sa boîte d’ibuprofène, l’ouvrit et balaya des yeux le terminal, en quête d’une fontaine d’eau. En désespoir de cause, elle avala ses deux comprimés à sec, ce qui lui valut un haut-le-cœur.

Cela faisait des semaines qu’elle avait réservé une place sur Alaska Airlines pour un vol à destination d’Anchorage, et ses parents avaient accepté de garder les jumelles pendant quelques jours, le temps qu’elle assiste au procès contre son employeur. Mais, alors qu’elle pensait avoir pris toutes ses dispositions, sa mère était tombée et s’était cassé le pied ! Et, pour couronner le tout, son avocate, Helen Carmichael, l’avait prévenue que, si elles demandaient des dommages et intérêts élevés, l’affaire risquait de traîner en longueur durant des semaines. N’ayant plus d’autre choix que d’emmener ses jumelles à Anchorage, elle avait appelé la compagnie pour réserver deux sièges supplémentaires. Hélas, le vol était complet !

Helen, une merveille d’efficacité, avait alors trouvé un vol charter pour elle et ses jumelles, puis déniché une nourrice qui s’occuperait de ces dernières sur place. Elle avait cru ses problèmes résolus. Jusqu’à maintenant.

Luttant contre les larmes de frustration qui lui montaient aux yeux, elle se dirigea vers la salle d’attente, où son amie Penny, qui l’avait conduite à l’aéroport, surveillait les jumelles.

Attachées dans leur poussette à deux places, Maddie et Missy attiraient l’attention des passagers. Il fallait dire que, vêtues de salopettes roses, avec leurs yeux bleus et leurs boucles rousses, elles étaient vraiment adorables. Toutefois, quand les petites étaient fatiguées, elles pouvaient devenir deux véritables trublions.

Et actuellement elles étaient fatiguées.

Dès qu’elles virent leur mère, elles commencèrent à hurler, et à s’arc-bouter contre les sangles qui les maintenaient dans leur poussette. Et plus Tessa se rapprochait, plus les cris devenaient aigus. Les petites tendaient désespérément leurs bras vers elle, Missy voulant être prise et cajolée, tandis que Maddie souhaitait juste qu’on la libère afin de gambader tranquillement.

Tessa sentit sa migraine augmenter d’un coup, et pesta contre l’ibuprofène qui n’agissait pas assez vite.

— Qu’est-ce qui se passe ? s’enquit Penny.

Sa pétillante amie était elle-même mère d’un enfant de trois ans, au sein d’un mariage paisible et heureux. Et, comme Penny la connaissait bien, elle avait aussi tout de suite deviné qu’il y avait un problème.

— Tu ne vas pas le croire, commença Tessa, mais mon vol est annulé. L’avion a apparemment un problème.

— Et sur quel autre avion a-t-on prévu de t’enregistrer ?

— La réceptionniste s’est contentée de hausser les épaules quand je lui ai posé la question. Incroyable ! Mais, s’ils espèrent s’en sortir ainsi, ils se mettent le doigt dans l’œil. Je vais y retourner et négocier sérieusement l’affaire. Je ne peux pas renoncer à ce voyage ! Comme j’ai senti que la discussion allait être longue, j’ai préféré te prévenir.

— Oh ! ne t’inquiète pas, j’ai tout mon temps ! répondit Penny. Les filles vont bien finir par s’endormir, ajouta-t-elle après un coup d’œil aux jumelles.

— Il y a des gâteaux secs et du jus de fruits dans le sac à langer, précisa Tessa. Ça les apaisera peut-être. Je suis vraiment désolée, Penny, je sais que tu as autre chose à faire.

— Ne t’inquiète pas pour moi. Et ne reviens pas avant d’avoir obtenu un autre vol.

Les jumelles se remirent à hurler de plus belle quand elle s’éloigna, et leurs cris lui fendirent le cœur, mais elle se garda bien de se retourner, de peur d’aggraver les choses. Quel pétrin ! Elle regrettait presque de ne pas avoir accepté la somme généreuse que lui avaient offerte les avocats de la Trans Pacific. Mais, comme Helen, fervente défenseuse du droit des femmes, le lui avait rappelé, il ne s’agissait pas simplement d’argent. Ce procès était censé servir d’exemple et faire jurisprudence pour la Trans Pacific.

Redressant les épaules et serrant les mâchoires, elle se dirigea d’un bon pas vers le comptoir de la Nordwest Charter Air, où elle avait enregistré ses bagages.

— C’est un scandale, commença-t-elle. J’ai mes billets et mes réservations. Je ne partirai pas d’ici tant que vous ne m’aurez pas trouvé un autre vol pour Anchorage.

L’hôtesse derrière le comptoir ne parut pas ébranlée par ses propos.

— Je suis désolée, tout est complet, il n’y a aucun autre avion disp…

— Je peux peut-être vous aider.

La voix de baryton qui venait de s’élever derrière elle résonna dans tout son être, et lui fit l’effet d’une caresse prodiguée par des doigts gantés de velours. Ourlé d’un subtil accent, ce phrasé était aussi sensuel et profond que le ronronnement d’un félin.

Elle se retourna vivement et retint de justesse une exclamation de surprise.

L’homme qui se tenait devant elle affichait une haute carrure et exhalait d’emblée la puissance et la virilité. Il avait les cheveux bruns et les yeux d’un gris acier bien particulier ; avec ses pommettes slaves et ses mâchoires carrées, il en imposait. Il portait un simple jean, une chemise en lainage et une veste en peau de mouton. Toutefois, la Rolex qu’il arborait au poignet en disait long sur sa fortune. Son regard adamantin et son accent d’Europe de l’Est lui auraient aisément permis de jouer le méchant, dans un film d’espionnage hollywoodien.

Elle ne le connaissait pas, elle n’aurait jamais oublié une telle présence, et pourtant il y avait en lui quelque chose de familier. Etait-ce un acteur ? Ou bien un animateur de télévision ? Il ne s’était pas présenté. Avait-il pensé qu’elle le connaissait ?

Se ressaisissant, elle renchérit :

— Pardon ? Vous venez de m’offrir votre aide ?

— Désolé, mais je n’ai pu m’empêcher d’écouter votre conversation, reprit-il. Je décolle pour Anchorage dans quelques minutes, et j’ai beaucoup de place à bord de mon avion privé. Vous êtes la bienvenue. Gratuitement, bien sûr.

— Vous êtes sérieux ?

Elle ne savait qu’en penser. Cette proposition inattendue arrivait de façon on ne peut plus opportune. N’était-ce pas un piège ? Elle ne serait jamais montée dans la voiture d’un inconnu, et en l’occurrence il lui fallait peser le pour et le contre avant d’embarquer dans l’avion de cet homme avec ses deux enfants.

— Mon appareil m’attend à l’extérieur, insista-t-il, vraisemblablement conscient de son débat intérieur. Il se trouve que je suis le copropriétaire de la compagnie charter sur laquelle vous deviez voyager. Si vous craignez pour votre sécurité, Mlle Harris, qui se trouve derrière ce comptoir, peut vous rassurer sur mon compte, n’est-ce pas, Marlene ?

— Oh oui, monsieur ! minauda l’intéressée. Absolument.

— Eh bien, décidez-vous, mademoiselle ! Il faut que nous partions avant que le brouillard ne tombe.

Il s’exprimait en homme habitué à commander et à être obéi.

Comment aurait-elle pu refuser, alors que c’était sans doute son unique chance de gagner Anchorage avec ses jumelles ? Elle sauta le pas.

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