Pour l'amour d'un prisonnier

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Grâce à son charme, lord Wyndham, est toujours parvenu à s’extirper des situations les plus embarrassantes... jusqu’au jour où il est condamné à dix ans d’emprisonnement pour avoir séduit la femme d’un membre du gouvernement au cours d’une brève mission d’espionnage. Après avoir purgé sa peine, il n’est plus que l’ombre de lui-même. Son plus grand défi sera de conquérir le cœur de Cassie Fox, la jeune femme envoyée pour le libérer – la seule capable de guérir son âme. Mais cette espionne de haut vol peut-elle vraiment se lier à un homme de sa condition ?

« Enivrant et parfaitement romantique : vous serez complètement envoûtés. » Eloisa James


Publié le : mercredi 22 octobre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782820518590
Nombre de pages : 504
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Mary Jo Putney
Pourl’amour d’un prisonnier
La Confrérie des Lords – 4
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Wanda Morella
Milady Romance
Au Consultant du désordre, pour sa patience et sa bonté. Il n’est pas toujours simple de vivre avec un écrivain !
Chapitrepremier
Londres, janvier 1813 L’heure était venue de danser une fois encore avec le diaDle. À la porte de chez Kirkland, Cassie fit résonner le heurtoir figurant une tête de dragon, curieuse de savoir quelle mission l’attendait. On lui ouvrit. Après l’avoir identifiée, le majordome la fit entrer en esquissant une révérence. — Milord est dans son Dureau, Miss Fox. — Je connais le chemin. Elle se dirigea vers l’arrière de la maison, songeant qu’il était temps pour son employeur de la renvoyer en France. es années durant, elle avait effectué des déplacements secrets entre cette nation et l’Angleterre, en tant que messagère et espionne sous les ordres de Kirkland. La tâche était dangereuse et funestement gratifiante. Oisif et Don vivant en apparence, cet Écossais était un maître de la collecte de renseignements et de l’analyse. Il avait retenu Cassie à Londres plus longtemps qu’à l’accoutumée cette fois, l’ayant intégrée à une équipe qui s’était efforcée de mettre au jour un complot contre la famille royale. À la suite de leur succès, on avait céléDré un mariage, puis Noël, et à présent, la jeune femme ne tenait plus en place. Travailler à miner le régime de Napoléon donnait un sens à sa vie. Elle frappa à la porte et entra lorsque Kirkland l’y invita. Il était assis à son Dureau, élégamment haDillé, comme toujours. Il se leva poliment quand elle apparut. Avec ses cheveux Druns, ses larges épaules et ses traits réguliers, cet homme était toujours séduisant, mais ce jour-là, son visage était creusé d’anxiété, malgré son sourire. — Vous semDlez plus transparente que d’haDitude, Cassie. Comment parvenez-vous à une telle fadeur ? — Le talent et la pratique ; l’anonymat est si utile pour un espion, rétorqua-t-elle en s’installant dans un fauteuil en face de lui. Quant à vous, monsieur, vous incarnez la mort en plein après-midi. Si vous ne prenez pas davantage soin de vous, vous serez Dientôt terrassé par un autre accès de fièvre, et nous découvrirons si vous étiez ou non indispensaDle. — Personne ne l’est, dit-il en se rasseyant. RoD Carmichael pourrait prendre ma place si cela se révélait nécessaire. — Certes, mais il ne le souhaiterait pas. Il préfère largement rester dans la rue et fracasser des crânes. C’est ce que ce dernier lui avait confié – ils étaient tous deux Dons amis, et parfois plus encore que cela. — Et il excelle en la matière, concéda Kirkland. Mais je ne vais pas glisser de mon perchoir de sitôt. Il commença à jouer avec sa plume d’oie. — Cela ne vous ressemDle pas d’être aussi agité, fit-elle remarquer. Avez-vous une mission particulièrement périlleuse à me confier ? Il esquissa un rictus morose. — Envoyer mes employés en France est toujours dangereux. Mes scrupules décuplent lorsqu’il s’agit plus d’une requête personnelle que d’un travail d’intérêt vital pour la Grande-Bretagne.
— Votre camarade Wyndham, lança-t-elle aussitôt. Remisez votre culpaDilité. En tant qu’héritier du duc de Costain, il vaudrait la peine qu’on prenne quelques risques, même s’il n’était pas votre ami. — J’aurais dû me douter que vous devineriez, répondit-il en reposant soigneusement la plume à sa place. ComDien de pistes sérieuses avez-vous déjà suivies le concernant ? — eux ou trois, avec un taux d’échec singulier. Et Cassie n’était pas le seul agent en quête de preuves que cet homme depuis longtemps disparu était mort ou vif. Kirkland n’aDandonnerait pas tant qu’il ne serait pas assuré de l’un ou l’autre. — Je n’ai jamais voulu l’admettre, mais je crains qu’il n’ait été tué lorsque la paix d’Amiens a été rompue et que tous les Anglais ont été internés afin de les empêcher de rentrer au pays, avoua-t-il dans un soupir. Il ne se serait pas laissé faire sans protester. Il a aussi Dien pu être aDattu en résistant lors de son arrestation. On n’a plus entendu parler de lui depuis mai 1803, quand la guerre a repris. — Puisqu’il n’est pas à Verdun avec le reste des détenus et qu’il n’y a aucune autre trace de lui, c’est l’explication la plus crédiDle, confirma Cassie. Mais c’est la première fois que vous acceptez tout haut cette éventualité. — Il déDordait toujours d’une telle vitalité, déclara Kirkland d’un air méditatif. Cela paraissait impossiDle qu’il se fasse tuer Dêtement. Même si, Dien entendu, je pouvais m’en douter. Mais j’avais l’impression que prononcer les mots ne ferait que concrétiser les faits. Il était surprenant d’entendre l’Écossais parler de la sorte, car il était connu pour son esprit légendairement aiguisé et oDjectif. — ites-m’en plus sur lui, demanda-t-elle. Pas concernant son rang ni sa fortune, mais sur le genre de personne qu’il était. Kirkland se décrispa. — C’était un charmeur aux cheveux d’ange qui aurait pu amadouer un serpent jusqu’à lui faire tomDer ses écailles. Taquin, mais jamais malveillant. Lord Costain l’a envoyé à la Westerfield Academy en espérant que lady Agnes serait capaDle de s’occuper de lui sans se laisser ensorceler. — Y est-elle parvenue ? Cassie avait rencontré cette formidaDle directrice, et estimait que celle-ci pouvait se sortir de tout emDarras avec n’importe qui. — RaisonnaDlement Dien. Elle l’aimait Deaucoup. Tout le monde l’appréciait. Mais elle n’acceptait aucun comportement scandaleux de sa part. — Vous devez avoir une nouvelle piste, autrement vous ne m’en parleriez pas. Kirkland se remit à triturer sa plume. — Vous souvenez-vous de l’espion français que nous avons démasqué lors de notre enquête sur le complot contre la famille royale ? — Paul Clement. Elle le connaissait vaguement, ayant des contacts parmi la communauté d’expatriés. — Vous a-t-il fourni la moindre information sur Wyndham ? poursuivit-elle. — Il avait ouï dire qu’au moment même où la trêve avait pris fin, un aristocrate anglais s’était heurté à un représentant du gouvernement, un certain Claude urand, répondit Kirkland. J’ai déjà entendu son nom, mais je n’en sais guère plus. Et vous ? Elle acquiesça. — Il est issu de la Dranche mineure d’une lignée de noDles français. Lorsque la Révolution a éclaté, il est devenu radical, a dénoncé son cousin, le comte, et a assisté à son exécution. En guise de récompense, il a récupéré une partie de la fortune et le
château familiaux. Il est désormais haut fonctionnaire au ministère de la Police. Il a la réputation d’être d’une grande Drutalité et d’une loyauté indéfectiDle envers Bonaparte, ce qui ferait de lui un homme dangereux à croiser. — Wyndham a peut-être perdu la vie d’avoir contrarié un tel individu. Mais Clement avait cru comprendre que urand avait enfermé le lord Dritannique dans son propre donjon. S’il s’agissait de notre ami, il reste un espoir qu’il soit en vie. Cassie n’avait guère Desoin de souligner à quel point les chances étaient minces. — Vous souhaitez que j’enquête sur les informations de cet espion ? — Oui, mais ne prenez aucun risque, ordonna-t-il en la regardant d’un air grave. Je m’inquiète pour vous. La mort ne vous effraie pas assez. Elle haussa les épaules. — Je ne la cherche pas. Mon instinct m’empêche de faire des Dêtises. Cela ne devrait pas être très compliqué de localiser le château en question et de savoir auprès des gens de la région s’il y est détenu un Anglais Dlond. Kirkland hocha la tête. — Les donjons ne sont pas prévus pour que l’on y survive très longtemps, mais avec un peu de chance, vous pourrez découvrir si Wyndham est – ou a été – emprisonné là. — Avait-il la force d’endurer des années de captivité ? demanda-t-elle. Pas seulement physique, mais également mentale. Ces endroits peuvent rendre un homme fou, surtout s’il y est enfermé seul. — Je n’ai jamais su quelles ressources intérieures recélait Wyndham. Tout lui était si facile – le sport, les études, les amitiés, les femmes qui tomDaient sous son charme. Il n’a jamais eu de concurrence. Peut-être est-il armé d’une résistance insoupçonnée. À moins que la première réelle pression qu’il ait rencontrée ne soit parvenue à le Driser. Après une longue pause, il ajouta calmement : — Je ne pense pas qu’il aurait Dien supporté le confinement. Mieux vaudrait qu’il se soit fait tuer sans tarder. — La vérité peut se révéler éprouvante, mais il est préféraDle de savoir ce qui s’est passé et d’accepter le deuil plutôt que d’être à jamais rongé par l’incertitude, fit remarquer Cassie. Il ne peut y avoir Deaucoup de lords anglais enfermés dans des geôles privées pour avoir contrarié de puissants fonctionnaires. S’il est – ou a séjourné – au Château urand, ce ne devrait pas être difficile de découvrir ce qu’il est advenu de lui. — J’ai du mal à croire que nous aurons peut-être Dientôt la réponse, songea l’Écossais. S’il est vraiment là-Das et encore en vie, faites ce qu’il faut pour l’en sortir. — Je partirai d’ici à la fin de la semaine. L’espionne se leva, réfléchissant à ce qu’elle aurait à préparer. Elle se sentit oDligée d’ajouter : — Même si, par miracle, il est vivant et que vous le faites revenir, il aura énormément changé après toutes ces années. Kirkland poussa un soupir las. — N’est-ce pas le cas pour chacun de nous ?
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Paris, mai 1803 — C’est l’heure de se réveiller, mon beau chérubin, murmura la voix rauque et tentatrice. Mon mari sera bientôt de retour. Grey Sommers ouvrit les yeux et adressa un sourire endormi à sa partenaire. Si l’espionnage se révélait toujours aussi agréable, il en ferait une carrière, plutôt qu’une simple activité en dilettante. — « Chérubin », Camille ? Je pensais avoir prouvé que j’étais loin d’être un ange. Elle éclata de rire en rejetant en arrière une mèche de cheveux bruns et emmêlés. — En effet. Je devrais vous appeler mon bel étalon. Hélas, il est temps que vous partiez. Il y aurait peut-être consenti si les caresses de sa compagne n’étaient soudain devenues provocantes, lui faisant ainsi perdre tout sens commun. Jusque-là, il avait soutiré peu de renseignements à l’affriolante Mme Camille Durand, mais ses connaissances dans l’art amoureux s’affûtaient. Son époux était haut fonctionnaire au sein du ministère de la Police, et Sommers avait espéré que celui-ci aurait confié quelques informations confidentielles à sa conjointe. Plus précisément, avait-il évoqué la paix d’Amiens, et la reprise de la guerre ? Mais cette femme ne s’intéressait pas à la politique. Ses talents résidaient ailleurs, et Grey était plus que désireux d’y goûter de nouveau. Une fois de plus, céder au désir le mena à la somnolence. Il se réveilla lorsque la porte s’ouvrit violemment et qu’un homme en furie fit irruption, un pistolet à la main, et deux gardes armés à sa suite. Camille poussa un hurlement et se redressa en position assise. — Durand ! L’amant glissa du lit à baldaquin du côté opposé au mari de sa maîtresse en songeant, au bord de la nausée, que cette scène semblait tout droit sortie d’un vaudeville. Mais l’arme que son ennemi brandissait n’avait rien d’une farce. — Ne le tuez pas ! supplia-t-elle, ses longs cheveux retombant en cascade sur ses seins. C’est un lord anglais, l’abattre vous causerait des ennuis ! — Un lord anglais ? Il s’agit sûrement de cet imbécile de Wyndham. J’ai lu les rapports de police faisant état de vos faits et gestes depuis votre arrivée en France. On ne peut guère vous qualifier d’espion, mon garçon, fit-il remarquer, les lèvres pincées d’un air malveillant tandis qu’il armait le chien de son pistolet. Ce que pensent les Britanniques n’a plus aucune importance. Grey se redressa de tout son long, conscient qu’il ne pouvait vraiment rien faire pour sauver sa vie. Ses amis s’esclafferaient s’ils apprenaient qu’il avait vécu ses derniers instants nu comme un ver dans la chambre de l’épouse d’un autre homme. Non. Ils ne riraient pas. Une étrange sérénité s’empara de lui. Il se demanda si tous ses congénères se sentaient ainsi face à une mort inévitable. Par chance, il avait un frère cadet qui hériterait du comté. — Je vous ai trahi, citoyen Durand, déclara-t-il, fier de sa voix posée. Personne ne niera que vous avez de justes raisons de me tuer. La rage meurtrière animant le regard de son ennemi céda la place à une froide cruauté. — Oh, non, répondit doucement ce dernier. Il serait bien trop miséricordieux de ma
part de vous abattre.
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Londres,1813 Cassie retourna à la pension privée que Kirkland tenait à disposition de ses agents, près de Covent Garden. Elle séjournait au 11, Exeter Street dès qu’elle se trouvait à la capitale ; c’était pour elle l’endroit qui se rapprochait le plus d’un foyer. Préparer ses bagages ne lui prenait jamais longtemps, car chaque fois qu’elle revenait de France, ses vêtements étaient nettoyés, repassés, pliés et remisés dans son armoire en vue de sa prochaine mission. Puisque c’était l’hiver, elle choisit ses tenues les plus chaudes et des bottines. Toutes ses affaires étaient de bonne facture, mais de couleurs ternes, son but étant de passer inaperçue. Elle achevait sa sélection lorsque l’on frappa à la porte et qu’une voix féminine lança : — C’est pour le thé, ma chère ! Identifiant cette intonation, l’espionne ouvrit la porte à lady Kiri Mackenzie, qui portait un plateau contenant une théière, des tasses, et une assiette de gâteaux. C’était une belle et grande femme, riche, bien née et d’une assurance viscérale. Cela paraissait incroyable qu’elles soient devenues amies. — Comment saviez-vous que j’étais là ? demanda Cassie. Je pensais que sir Damian, notre chevalier fraîchement adoubé, et vous-même étiez encore en lune de miel dans le Wiltshire. — Nous sommes revenus en ville hier. Puisque j’étais à côté de Covent Garden, j’ai décidé de tenter ma chance et de voir si vous étiez ici, expliqua Kiri en posant le plateau sur une table. Mrs Powell m’a informée que c’était le cas, me voici donc avec le thé ! Cassie s’en versa un fond, puis estima qu’il faudrait le laisser infuser plus longuement. — Je suis enchantée que vous soyez rentrée à temps pour me rendre visite. Je pars d’ici à la fin de la semaine. Le visage de lady Kiri se figea. — Pour la France ? — C’est là-bas que l’on a besoin de moi. — Soyez très prudente, répondit sa compagne, l’air soucieuse. Avoir brièvement exercé votre activité m’a fait voir combien elle pouvait être risquée. Cassie goûta de nouveau le thé et le jugea prêt à boire. — Les circonstances étaient particulières, fit-elle remarquer en remplissant les tasses. La majeure partie de mon travail est assez banale. Son amie ne parut guère convaincue. — Combien de temps pensez-vous être absente ? — Je ne sais pas vraiment. Deux mois, peut-être plus, répondit l’espionne en remuant le sucre dans sa boisson avant de s’enfoncer dans son fauteuil. Rappelez-vous que je suis à moitié française, je ne pars donc pas en terrain étranger. Vous qui avez des origines indiennes comprenez sûrement cela. Kiri réfléchit. — J’entends votre argument. Mais mon pays est dangereux même si j’y ai des racines. C’est la même chose pour vous. Davantage, d’ailleurs, puisque les deux nations sont en guerre. Cassie attrapa une pâtisserie.
— C’est mon métier. Ma vocation, en vérité. Le gâteau était savoureux, fourré de noix et de raisins. — D’après ce que je vois, vous y excellez. La jeune sang-mêlé prit une douceur aux épices. On pouvait toujours compter sur la cuisine de Mrs Powell pour fournir une délicieuse nourriture. — Rob Carmichael est-il contrarié que vous vous absentiez aussi longtemps ? poursuivit-elle. L’agent haussa les sourcils avec surprise. — Je vous demande pardon ? Kiri s’empourpra. — Je suis désolée. N’étais-je pas censée connaître la nature de votre… relation ? L’Indienne avait dû voir les deux collègues ensemble. Rien d’étonnant à cela, puisqu’elles avaient toutes deux vécu sous le même toit pendant plusieurs semaines. — Notre « relation » relève de l’amitié, rétorqua Cassie d’un ton caustique. — Et je devrais me mêler de mes affaires, ajouta sa compagne d’une voix chagrinée. Mais c’est un charmant gaillard. Je… je pensais qu’il y avait plus que de la camaraderie entre vous. L’espionne ressentit une vive pointe de… frustration, supposa-t-elle, que son amie puisse croire à l’amour. Certes, celle-ci n’avait pas mené une vie exempte de problèmes. Son père était mort avant qu’elle naisse, et comme elle avait été élevée en Inde et que son sang était mixte, elle avait affronté les préjugés lorsque sa famille était arrivée en Angleterre. Mais elle avait une mère et un beau-père aimants, sans compter sa fortune, son rang et sa beauté pour la protéger d’un monde parfois cruel. Cassie était née avec certains de ces avantages, mais les avait rapidement perdus, tout comme elle ne croyait plus aux fins heureuses. Jeune mariée et éperdument amoureuse d’un homme digne d’elle, Kiri manquait de l’expérience nécessaire pour connaître les nombreuses façons qu’avaient les gents masculine et féminine de s’entendre. Un besoin désespéré de chaleur pouvait rassembler deux personnes, même sans qu’il soit question d’amour. Ne souhaitant guère expliquer cela, l’espionne se contenta de dire : — L’amitié est l’une des plus grandes bénédictions. Elle n’exige pas de devenir plus que cela. — J’en prends bonne note, rétorqua la jeune lady en esquissant une moue. J’apprécie la patience avec laquelle vous m’éduquez sur les choses du monde. — Vous avez vite appris, gloussa Cassie. Kirkland a déclaré qu’il vous embaucherait sur-le-champ si vous n’étiez malheureusement pas une aristocrate. Elle marqua une pause, puis reprit : — Il vous a probablement chargée d’écouter ce qui se murmure auDamian’s, étant donné que de nombreux hauts fonctionnaires et diplomates étrangers choisissent de s’y adonner au jeu. — Cette possibilité a peut-être été abordée, répondit Kiri, l’œil brillant. Après avoir effrité un second gâteau, elle ouvrit son réticule. — Pendant que j’étais à la campagne, j’ai passé quelque temps à m’amuser avec une senteur que vous pourriez trouver utile, dit-elle en sortant de son sac une petite fiole qu’elle lui tendit. Je l’appelle « Antiqua ». — « Utile » ? Cassie prit l’objet avec enthousiasme. Sa compagne descendait d’une longue lignée d’Indiennes créatrices de merveilleuses fragrances. — Je pensais que les parfums ne servaient que le charme et la frivolité. — Reniflez ceci et voyez ce que vous en pensez, repartit son amie d’un air
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