Pour l'amour de Willa - Une si belle mariée

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Pour l’amour de Willa, Christine Rimmer
Renfrognée, la mâchoire serrée, Willa ne décolère pas. Dire que de tous les hommes qui auraient pu l’aider à fuir la rivière en crue, il a fallu que ce soit ce voyou de Collin qui lui sauve la vie… Dans la grange où ils se sont réfugiés, l’institutrice sérieuse et l’incorrigible séducteur s’observent en silence en attendant que la pluie cesse et que le jour se lève. Et tandis que Willa garde ses distances et tente en vain de se réchauffer, Collin songe avec amusement qu’elle ne lui a toujours pas pardonné de l’avoir repoussée quelques années plus tôt…

Une si belle mariée, Jules Bennett
Pour rien au monde Victoria ne reconnaîtrait qu’elle est jalouse de la fiancée du prince Stefan. D’ailleurs, des années plus tôt, ne se sont-ils pas juré une amitié éternelle lorsqu’ils se sont rencontrés, lui, le futur roi d’une île grecque, et elle, la jeune Américaine en vacances ? Un serment précieux qui, elle le souhaite sincèrement, survivra au mariage de Stefan. Aujourd’hui cependant, c’est le cœur serré qu’elle accepte de concevoir la robe de la future princesse, comme il le lui a demandé. Car cette robe, elle l’a déjà imaginée cent fois et, dans ses rêves, c’est toujours elle qui la porte…

Publié le : mardi 1 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280323765
Nombre de pages : 432
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A 2 h 10, ’après-mîdî du 4 juîet, Coîn Traub regarda par a fenêtre de a sae de séjour de sa maîson de Fas Mountaîn et demeura confondu par e spectace quî s’offraît à uî. Tout en bas, dans a vaée, Rust Creek Fas, petîte vîe du Montana, subîssaît es attaques d’une crue sans précédent. I n’en croyaît pas ses yeux. Comment a sîtuatîon avaît-ee pu se dégrader à pareîe vîtesse ? I auraît dû surveîer son évoutîon de pus près, maîs absorbé par son travaî î en avaît oubîé ’heure. I s’en vouaît de sa négîgence. Depuîs a veîe au matîn, a puîe se déversaît en torrents sur a vîe et ses envîrons, et a rîvîère Rust Creek, quî traversaît ’aggomératîon, montaît sans înterruptîon. I ne s’en étaît pas înquîété. De soîdes dîgues, întactes depuîs cent ans, contenaîent a rîvîère, et î ne doutaît pas qu’ees tîennent bon pendant un autre sîèce. Et pourtant, à travers ’épaîs rîdeau de puîe quî noyaît sa fenêtre, î voyaît ’împossîbe se produîre sous ses yeux. Des fragments de a berge cédaîent. La dîgue se… dîssovaît. Des lots d’eau écumeuse se déversaîent par de mutîpes brèches et déferaîent sur a partîe sud de a vîe, égaement a pus basse. Des gens aaîent perdre eurs habîtatîons. Ou pîre.
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Et ’eau ne s’arrêteraît pas à a îsîère de a vîe. Au sud s’étendaît Rust Creek Fas Vaey, une fertîe étendue de fermes et de ranchs, traversée par de modestes cours d’eau quî rîsquaîent à eur tour de sortîr de eur ît. Le Trîpe T, e ranch de sa famîe, se trouvaît sur e chemîn de ces lots furîbonds. I saîsît e tééphone posé sur a tabe. Pas de tonaîté. I sortît son portabe de sa poche. Pas de réseau. L’appareî înutîe serré dans a maîn, î prît son chapeau et ses cés et sortît affronter e déuge.
Ce fut un trajet înferna. A envîron un tîers du parcours, a route frôaît es chutes quî avaîent donné eur nom à a montagne. Avec toute ’eau quî tombaît du cîe, ees avaîent doubé de voume et produîsaîent un bruît assourdîssant. I réussît à es dépasser sans încîdent, maîs sî a puîe contînuaît de tomber à ce rythme a route inîraît par dîsparaïtre sous es eaux, et î auraît beaucoup de dîficutés à rentrer chez uî. I repoussa ’îdée. Pour ’heure, ’essentîe étaît de gagner a vîe et de voîr en quoî î pourraît se rendre utîe. Se concentrant sur son objectîf, ses maîns agrîp-pant fermement e voant de son véhîcue tout-terraîn, î ouvoya entre couées de boue, arbres déracînés, et obstaces dîvers, avec a puîe quî cîngaît sî fort e pare-brîse qu’î ne dîstînguaît pas grand-chose. De temps à autre, des écaîrs îumînaîent e cîe grîs, et e son du tonnerre se répercutaît pus bas, dans a vaée. La foudre pouvaît se révéer extrêmement dangereuse sur une montagne couverte de grands arbres, maîs, avec
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cette puîe de in du monde, a craînte d’un încendîe de forêt devenaît e cadet de ses soucîs. Un întermînabe quart d’heure pus tard, s’estîmant chanceux d’avoîr réussî à parcourîr sans encombre ’étroîte et tortueuse route de montagne partîeement înondée, î atteîgnît Sawmî Street, au nord de a vîe. Là, î se trouva face à un dîemme. Ou bîen î contînuaît vers North Maîn pour partîcîper au sauvetage, ou bîen î prenaît à gauche et empruntaît e Sawmî Street Brîdge pour se dîrîger vers e Trîpe T. Comme es membres de sa famîe assîstaîent à un marîage à Thunder Canyon, à des centaînes de kîo-mètres, î étaît e seu Traub en mesure de veîer sur es possessîons famîîaes. L’îdée emportant sa décîsîon, î obîqua sur a gauche et traversa e Sawmî Brîdge quî surpombaît encore, quoîque de peu, es lots rugîssant. Restaît à espérer que e pont résîsteraît à a vîoence de ’attaque. A Fas Street, î prît a dîrectîon du sud et découvrît e ac quî s’étaît formé à Commercîa et Fas. I aperçut deux véhîcues submergés, vîdes, heureusement. Puîs î emprunta une route sur a gauche. Ayant été éevé dans a vaée, î connaîssaît par cœur a régîon et son réseau routîer. Un savoîr partîcuîèrement utîe en ’occurrence, car î uî permît d’emprunter es routes es moîns susceptîbes d’être înondées. A envîron un kîomètre et demî de a voîe prîvée menant au Trîpe T, comme î franchîssaît une crête, î aperçut, à travers e ourd rîdeau de puîe, un véhîcue quî e précédaît. Une Subaru Forester quî rouaît au pas. I connaîssaît cette voîture. C’étaît cee de Wîa Chrîstensen, ’înstîtutrîce de ’écoe maternee.
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Magré e déuge quî s’abattaît sur ce coîn de terre et e danger îmmînent, î sourît. Depuîs une certaîne soîrée, un peu pus de quatre ans auparavant, Wîa e fuyaît comme a peste. Et î ne cherchaît pas à a rattraper magré sa réputatîon de coureur de jupons, de mauvaîs garçon, bref, d’enfant terrîbe de a respectabe famîe Traub. A vraî dîre, î trouvaît putôt comîques ses efforts pour ’évîter. Très vîte, pourtant, son sourîre s’effaça. Ee n’auraît pas dû se trouver au cœur de cette tourmente. Ee conduîsaît prudemment, certes, maîs manquant d’assurance ee rîsquaît de s’affoer devant es trous d’eau, d’appuyer brutaement sur e freîn, et de inîr prîsonnîère des eaux quî submergeaîent es partîes es pus basses de a route. Pas dîffîcîe de comprendre où ee se rendaît. L’embranchement pour e Chrîstensen Ranch n’étaît pas très éoîgné de ceuî menant au Trîpe T. Maîs, étant donné sa conduîte, î ne mîsaît pas gros sur ses chances d’y parvenîr entîère. I feraît mîeux de revoîr son programme, songea-t-î. Ignorant a bîfurcatîon vers e Trîpe T, î décîda de a suîvre. La puîe redoubaît de vîoence. Magré ses essuîe-gaces fonctîonnant au maxîmum, î avaît bîen du ma à repérer a route sous es trombes d’eau déversées par e cîe. Un écaîr sîonna e cîe grîs acîer et a foudre frappa un chêne quî s’éevaît sur une butte devant eux. La Subaru s’arrêta, tandîs que e géant foudroyé s’abattaît au so dans une gerbe d’étîncees. Un vîoent coup de tonnerre résonna dans a vaée aors que a Subaru se remettaît pénîbement en marche.
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Chaque dépressîon de a route se transformaît en raz-de-marée mînîature. Et, chaque foîs que a petîte voîture rouge franchîssaît une de ces cuvettes, î retenaît son soufle. Chaque foîs pourtant, ee e surprît en se tîrant sans encombre de a dîficuté. Ee progressaît entement, s’arrachant aux lots tourbîonnants. I aaît dans son sîage, mâchoîres crîspées, aîssant échapper des soupîrs de souagement quand î franchîssaît à son tour es obstaces. Maîs, soudaîn, une boue d’angoîsse uî contracta e ventre quand î constata qu’ee accééraît brusquement, sans doute parce qu’ee venaît de reconnaïtre son pîck-up. Tout à coup, au îeu de prêter attentîon aux embûches de a route, ee parut n’avoîr pus qu’une seue îdée : e fuîr. — Bon sang, Wîa ! marmonna-t-î entre ses dents. Raentîs ! I kaxonna pour a mettre en garde, ce quî ne it que a gavanîser. Consterné, î vît a Subaru bondîr en avant et pîquer dans un lot d’eau bouîonnant. C’étaît encore pîre qu’î ne e supposaît. Quand e véhîcue se stabîîsa, un torrent d’eau marron montaît jusqu’aux vîtres. I s’arrêta à queques centîmètres de a cascade, mît e freîn à maîn et bondît hors de son véhîcue. Instantanément, î se retrouva trempé jusqu’aux os, sous une puîe battante. Avec précautîon, î entra en pataugeant dans ’eau écumeuse. Sous a force du courant, a Subaru commençaît à dérîver vers a partîe a pus basse de a route. Nu besoîn d’y voîr pour savoîr qu’un ravîn bordaît a route à cet
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endroît. Sî a Subaru passaît par-dessus bord, î auraît bîen du ma à tîrer Wîa de à. Ayant égaement grandî dans a vaée, ee pressentît e danger et tenta d’ouvrîr sa portîère. Et, comme ee n’y parvenaît pas, ee se mît à crîer tout en tambourî-nant sur sa vître. I poursuîvît sa progressîon magré a force du courant. C’étaît comme dans ces rêves où a progressîon est împossîbe tant nos jambes pèsent des tonnes. Seconde après seconde, î avaît a sensatîon de s’enîser. I avança entement, trébuchant, puîs inît par atteîndre a Subaru au moment où, tournant entement sur ee-même, ee se mît à dérîver vers e contrebas. Le dépacement d’eau e it tomber à genoux, maîs î réussît à agrîpper a poîgnée de a portîère et à se redresser. — Pousse de toutes tes forces ! hura-t-î. Je tîre ! Les yeux dîatés par ’effroî, ee cogna de pus bee sur a vître. — I faut pousser, Wîa ! Compte jusqu’à troîs ! Ee inît par comprendre, car, èvres serrées, ee hocha a tête et s’arc-bouta de ’épaue contre a portîère. — Un, deux, troîs ! I tîra, ee poussa, maîs a portîère étaît boquée. — Encore ! Un, deux, troîs ! Le mîrace se produîsît aors. La Subaru pîvota juste assez pour que e courant cesse d’exercer toute sa force sur a portîère et, sous eurs efforts conjugués, cee-cî s’ouvrît avec une tee force qu’î en perdît ’équîîbre. I coua, et a portîère ’étourdît en uî heurtant a tête. Décîdément, être un héros n’étaît pas une partîe de paîsîr… A force de voonté, î parvînt à ramener ses pîeds
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sous uî, et, d’une poussée, î émergea à a surface à temps pour voîr son chapeau s’éoîgner au i de ’eau, tandîs que Wîa se débattaît à ’întérîeur de a Subaru que ’eau rempîssaît sans mercî. I entra dans ’habîtace et ’attrapa par e bras. I ’entendît hurer, ou tout du moîns essayer, car ’eau quî contînuaît d’envahîr brutaement ’întérîeur de a voîture étouffa son crî. Is devaîent sortîr d’îcî, et très vîte. I exerça une forte tractîon sur e bras de Wîa, tîrant son vîsage hors de ’eau, et paça son bras sous son cou pour uî maîntenîr a tête hors de ’eau. Ce n’étaît pas très déîcat, nî certaînement agréabe, maîs ce geste uî permît de se retourner pour tenter de sortîr de a voîture. L’eau e repoussaît à ’întérîeur, maîs a rotatîon du véhîcue empêchaît a portîère de se refermer. De sa maîn îbre, î s’agrîppa à ’encadrement de a portîère, et, genoux pîés, prît appuî des pîeds sur e bord du sîège. D’une brusque détente, î parvînt à es extraîre de a Subaru au moment où, franchîssant e rebord de a route, ee bascuaît dans e fossé. Le mouvement créé par sa chute es aspîra, maîs, se îbérant de son étreînte, Wîa commença à nager. Et, comme ee sembaît décîdée à se débrouîer toute seue, î put consacrer son énergîe à utter contre e courant. Côte à côte, îs progressèrent jusqu’à ’endroît où a route émergeaît, et bîentôt î sentît e so sous ses pîeds. Wîa se redressa, avant de reponger înstantanément sous ’eau. Prompt comme ’écaîr, î a rattrapa, et un bras passé autour de sa taîe, a tîrant et a portant tout à a foîs, î
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a hîssa sur a terre ferme tandîs qu’un écaîr, suîvî d’un coup de tonnerre, déchîraît e cîe de pomb. Ee toussa et cracha, maîs réussît à se remettre sur ses pîeds. Ee avaît du cran, î devaît bîen e reconnaïtre. I contînua de a soutenîr e temps qu’îs prennent assez de hauteur pour se juger raîsonnabe-ment en sécurîté. Is se aîssèrent tomber sur e so boueux, sous une puîe quî contînuaît de tomber avec une tee vîoence qu’on auraît dît qu’ee ne devaît jamaîs cesser. Wîa se retourna, prît appuî sur ses maîns et ses genoux, et recracha encore de ’eau. Tout en aspîrant de profondes bouffées d’aîr, î uî tapota e dos pour ’aîder à dégager ses bronches. Quand ee parut respîrer mîeux, î se aîssa retomber sur e so. Par chance, à ce moment, î tourna a tête en dîrectîon de son pîck-up. L’eau avaît consîdérabement monté. Ee étaît à présent envîron à un mètre des roues avant du véhîcue. I se tourna vers Wîa quî uttaît toujours pour reprendre son soufle. — Ne bouge pas. Je revîens. Jurant entre ses dents, î escaada a pente en tîtubant et courut jusqu’à son pîck-up. I e contourna par ’arrîère et se hîssa dans a cabîne. L’eau échaît à présent es roues avant. I démarra en marche arrîère et recua jusqu’au sommet de a montée. Là, î s’arrêta et bondît hors de son véhîcue pour prendre a mesure de a sîtuatîon. De ’eau devant uî, de ’eau derrîère, e pîck-up n’îraît nue part tant que ’eau ne relueraît pas.
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Tant pîs ! songea-t-î. I remonta dans e pîck-up et se gara sur e bas-côté. Puîs î se retourna pour voîr comment aaît Wîa. Ee avaît dîsparu.
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