Pour l'amour du Dr Robinson - Le fils qui a changé sa vie

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Pour l’amour du Dr Robinson, Dianne Drake

Qui aurait cru que son séjour en Toscane aurait de telles conséquences ? Shana ne s’attendait certes pas à y faire la connaissance du Dr Ben Robinson… ni à en tomber immédiatement amoureuse, sans oser lui avouer ses sentiments. Alors aujourd’hui, sa décision est prise : elle va postuler comme médecin dans l’hôpital que Ben dirige… en Argentine. Oui, elle est prête à aller au bout du monde pour le retrouver, car, elle en est convaincue, il est l’homme de sa vie. Même s’il ne le sait pas encore.

Le fils qui a changé sa vie, Jennifer Taylor

Le Dr Legrange, ici, à Brides’Bay ? Emily a du mal à y croire. La dernière fois qu’elle l’a vu, c’était à Paris, trois ans auparavant, pour lui annoncer que l’enfant qu’elle portait était le sien… et il l’avait injustement accusée de mensonge, la chassant de chez lui. Profondément blessée, elle s’était alors juré de ne plus jamais évoquer son nom, et d’élever seule son fils Théo. Pourtant, aujourd’hui que le Dr Legrange a réapparu, Emily se sent perdue, car c’est l’occasion pour Théo de connaître enfin son père. Mais comment trouver la force de faire face à celui qui lui a fait tant de mal, et qu’elle aime toujours, malgré tout ?
Publié le : lundi 15 avril 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280294522
Nombre de pages : 288
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Ben Robinson ouvrit les volets de bois et respira l’air frais du matin. Durant la nuit, la neige était tombée sur la vallée, et il s’en réjouissait puisque ce serait sa dernière journée de ski. Depuis toujours, il rêvait de voir la Toscane en hiver, et ces vacances avaient été véritablement parfaites. En cinq ans, c’était la première fois qu’il prenait un congé, la première fois qu’il se détendait. Il avait fait la grasse matinée tous les matins et, tous les soirs, il avait dégusté ses plats favoris… des pâtes, des sauces et des desserts. Dans la journée, il avait visité des villages de contes de fées qui n’avaient pas changé depuis deux siècles avec leurs petits refuges pour les bergers dans les pâturages et cette incroyable succession de vieilles églises, de monastères, de châteaux et de forteresses. Et puis, il avait fait la connaissance de Shanna. Ils avaient partagé des repas, visité ensemble quelques sites, mais il ne s’était rien passé entre eux. Ben ne s’était pas réveillé auprès d’elle, il ne l’avait pas embrassée, il ne lui avait même pas dit qu’il partait le lendemain. C’était sa politique… Il gardait ses distances, proïtait des moments d’amitié, mais rien de plus. Il rentreraitseulchez lui, en Argentine. Il continuerait d’exercerseulson métier de médecin et de vivre sa vie tout seul. Quant à Shanna… Il laissa échapper un soupir. Il espérait qu’elle viendrait prendre son café avec lui, ce matin, comme
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elle le faisait depuis deux semaines. S’il la voyait une dernière fois, la journée n’en serait que meilleure. — Cette chaise est prise ? demanda une voix familière vingt minutes plus tard. — C’est bien possible, répliqua-t-il sans lever les yeux. A condition que ce soit la bonne personne et qu’elle le demande poliment. — Qui cela pourrait-il bien être ? — Quelqu’un qui accepterait de changer ses plans, de skier avec moi aujourd’hui et de faire les boutiques demain, quand je serai parti, précisa-t-il simplement. Shanna Brooks… emmitouée jusqu’aux yeux dans son écharpe, le front dissimulé sous son bonnet d’où s’échap-paient quelques mèches cuivrées. Lorsqu’elle s’assit en face de lui, Ben ne put s’empêcher de plonger son regard dans les grands yeux verts. — Cela pourrait être moi, dit-elle en ôtant l’une après l’autre les couches de tissu qui la dissimulaient. Lorsqu’il y repensait, il s’étonnait de sa bêtise, la première fois qu’il l’avait rencontrée : dès qu’elle l’avait abordé, il s’était levé pour s’installer ailleurs. Pour sa défense, il était resté le lendemain et les jours suivants, se délectant du spectacle qu’elle offrait lorsqu’elle ôtait successivement foulard, couvre-chef et gants. — La question est de savoir si c’est bien vous, insista-t-il. Elle fronça son petit nez, comme si elle rééchissait. — Avez-vous envisagé que vous pourriez m’accompa-gner dans les magasins, au lieu de me demander de skier avec vous ? — Non. Je suis en mission… Douze jours de ski sans me casser une jambe. — Et si votre chance tournait, aujourd’hui ? Si vous ïnissiez en bas de la pente avec une fracture du tibia ? — Ouverte ? — Trop de risques d’infection, répliqua-t-elle en baissant la fermeture Eclair de sa veste. Je pense à quelque chose
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de plus net, par exemple entre le genou et la cheville. Que diriez-vous d’une fracture du plateau tibial ? — Non. Je craindrais de souffrir d’arthrite, par la suite. Pourquoi pas une fracture du pilon tibial ? C’est tout aussi grave, la rééducation est de même durée, mais on est moins exposé à des problèmes ultérieurs. — Bonne idée, dit-elle avec un grand sourire. Après l’opération, je vous promets d’être là, avec tous mes paquets parce que ce matin, je compte bien faire les boutiques. — Vous allez encore vous acheter des écharpes et des bonnets ? — Une ïlle n’en a jamais assez. — Mais sachant que je vais me blesser sur les pentes, aujourd’hui, vous me préférez vos emplettes ? Ben avait conscience de s’aventurer sur le terrain miné du irt. Depuis deux semaines qu’il connaissait Shanna, il ne savait toujours pas pourquoi elle avait démissionné de son poste de médecin hospitalier. — C’est parce que je ne vais pas tarder à m’en aller, moi aussi, dit-elle. Ben feignit l’exaspération. — Vous avez créé mon traumatisme. Le moins que vous puissiez faire, c’est de me soigner. — Ce n’est pas ma spécialité. — Quelle est-elle ? Je veux dire… avant que vous ayez donné votre démission. Elle ne le lui avait pas dit. En fait, ils se connaissaient depuis cinq ou six jours, lorsqu’elle avait laissé échapper qu’elle était médecin. Elle savait déjà qu’il l’était aussi. C’était sans doute la seule chose qu’il lui avait révélée sur lui-même. — Ce n’était pas les os, dit-elle. Le regard de Shanna s’était fait distant. — Remarquez, je ne m’y suis jamais vraiment intéressé moi-même, reprit-il. En tout cas, pas après que je me suis cassé le gros orteil. Elle posa sur lui un regard distrait. — Au ski ?
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— Vous n’avez jamais entendu parler du syndrome du turf toe, une entorse du gros orteil avec lésion de la capsule articulaire ? Une lueur d’intérêt s’alluma dans les yeux de la jeune femme. — Vous faisiez du rugby ? Du foot ? — Ni l’un ni l’autre. Je tentais d’attraper une chèvre angora. — Je ne suis pas certaine de vouloir savoir pourquoi. Ben se mit à rire. — Mes parents élevaient des moutons et des chèvres, pour leur laine. L’une d’elles s’était enfuie. — Il s’agissait d’un ligament endommagé, pas d’une fracture. — J’ai eu droit aux deux. — Pauvre Ben ! commenta-t-elle en riant. Vous ne pouvez même pas vous gloriïer d’un accident du sport ! Je suppose que vous n’avez pas crié sur les toits votre mésaventure. Ce devait être très gênant. — Uniquement si quelqu’un me faisait remarquer combien ça l’était, répliqua-t-il. Il adressa un signe à la serveuse qui leur apporta aussitôt deux tasses de café. — Je propose que nous prenions une liqueur de mimosa puisque c’est notre dernière matinée. — Je me contenterai d’un café, marmonna Ben. Elle le ïxa comme si elle venait de comprendre quelque chose. — Vous ne buvez jamais d’alcool, n’est-ce pas ? — Comment le savez-vous ? — Quand nous avons dîné ensemble, j’ai bu quelquefois du vin, alors que… Vous avez raison, ajouta-t-elle en haus-sant les épaules. Le café est sufïsant, mais vous auriez dû m’en parler, Ben, je n’aurais pas… je sais que nous nous connaissons à peine, mais nous aurions pu en discuter. — Il n’y a rien à dire. Ce qui était un énorme mensonge, mais pourquoi gâcher un irt léger, quelques repas agréables et quelques descentes à
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skis par des conïdences ? Il n’y avait rien eu de sentimental, entre Shanna et lui, cependant il avait apprécié les moments qu’il avait passés avec elle parce qu’ils contribuaient au dépaysement. — Rien, sauf un problème d’alcool ? Résolu, je suppose. Si j’avais été au courant, je n’aurais pas commandé de vin. — Et pourquoi donc ? Je ne suis pas inuencé par ce que les autres font ou ne font pas autour de moi. — Je veux bien vous croire, mais j’aurais fait preuve d’un peu plus d’altruisme, si… — Si je m’étais conïé à vous, nos relations auraient été modiïées. Vous auriez été sur vos gardes ou vous vous seriez demandé ce qui m’a amené à devenir alcoolique. C’est ce que je souhaitais éviter. Déjà, un certain malaise s’installait entre eux, alors que cette dernière journée s’annonçait sous les meilleurs auspices. Elle avait découvert l’un des secrets de Ben Robinson. Oui, il lui arrivait d’être tenté, bien qu’il n’eût pas bu un verre depuis dix ans. Oui, cela constituait une barrière sociale. — Vous auriez pu mentionner ce problème en passant. Les gens ne sont pas tous impitoyables, Ben. Croyez-moi, je sais comment les faiblesses passagères peuvent se succéder ou s’aggraver. Mais vous avez raison sur un point : nous ne sommes nullement tenus de nous faire des conïdences. J’ai beaucoup apprécié de pouvoir discuter avec un homme qui parle le même langage que moi, ajouta-t-elle en tendant la main pour presser la sienne par-dessus la table. Je me réjouis que vous ayez réussi à surmonter cette épreuve. Le lâchant, elle se tourna vers la fenêtre pour contempler les montagnes. Un peu plus tard, ils prirent un petit déjeuner en discutant de choses insigniïantes. Ensuite, ils se ïrent leurs adieux et Ben alla skier pendant que Shanna faisait les boutiques. Il passa les trente-six heures suivantes en avion ou dans les aéroports, à se demander pourquoi il n’avait pas mieux proïté de l’instant présent, pour une fois.
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— Parce que la réalité s’impose inéluctablement, marmonna-t-il pour lui-même. Il boucla la ceinture de son siège avant d’entamer la dernière partie de son voyage au cours de laquelle il aurait amplement le temps de rééchir et d’avoir des regrets. — Vous voulez du café, du thé, une boisson non alcoo-lisée ? demanda l’hôtesse. Ou bien un cocktail, monsieur ? Nous avons du gin, de la vodka, du whisky… Ben jeta un coup d’œil aux petites bouteilles disposées sur le plateau. Des soirs comme celui-ci, sa détermination faiblissait, mais il ne savait plus s’il luttait contre l’alcool ou contre lui-même. Il évoqua alors les yeux verts de Shanna, la façon dont ils brillaient lorsqu’il l’avait vue pour la première fois. Il avait décidé d’abandonner sa réserve pour la durée de son congé, d’entrouvrir la porte pour laisser quelqu’un entrer, mais maintenant, les vacances étaient ïnies et Shanna n’était plus qu’un souvenir. Comme chaque fois qu’il avait été tenté, il inspira profondément et se rappela ses responsabilités. — Donnez-moi un verre d’eau, s’il vous plaît. Ce sera parfait.
— Très bien… Qui êtes-vous vraiment, Ben Robinson ? Deux jours s’étaient écoulés depuis que Ben avait laissé Shanna assise à cette table de café. Il était clair qu’elle n’avait pas gagné sa conïance, et pas seulement en ce qui concernait l’alcool. Ils avaient partagé de bons moments, mais elle avait toujours senti qu’il conservait une certaine distance. Ils avaient pris le même remonte-pente, dîné face à face et fait quelques promenades côte à côte, mais d’une certaine façon, ils étaient seuls ensemble. — Qui êtes-vous ? demanda-t-elle à l’écran de son ordinateur tandis qu’elle entrait le nom du médecin dans le moteur de recherche. Et pourquoi vivez-vous en Argentine ? La grande question était : où, en Argentine ? Parce qu’elle s’était aperçue après son départ qu’elle l’ignorait. Elle n’avait même pas son numéro de téléphone. Il n’avait
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été qu’un étranger de passage, repartant sans établir aucun lien avec quiconque. Sauf qu’il en avait noué un avec elle. Shanna ne savait pas trop pourquoi, mais elle cherchait des informations sur Ben Robinson sans déterminer exactement ce qui l’attirait en lui. Lorsqu’elle l’avait rencontré, elle était totalement perdue, ayant découvert que son équilibre reposait sur une illusion. Il avait sufï d’une seule secousse pour qu’elle anche. Mais Ben avait anché, lui aussi. Les cicatrices sur son cou semblaient indiquer qu’il avait affronté de dures épreuves. Il avait guéri, pourtant, tout comme il avait surmonté l’emprise de l’alcool. C’était ce qu’elle cherchait : comment guérir, comment repartir de zéro ? Désormais, elle n’avait aucun endroit où aller et rien à faire jusqu’à ce qu’elle trouve le moyen de devenir quelqu’un d’autre. Ben avait déjà accompli ce parcours puis accédé au détachement, et c’était ce qu’elle devait faire, si elle voulait continuer d’exercer la médecine. Ou bien elle parvenait à se blinder, à abandonner toute passion, ou bien elle devrait s’engager dans une autre voie. Ben la fascinait pour cette raison. Dès leur première rencontre, elle avait deviné qu’il avait réussi ce clivage. Il était parvenu à une sorte d’insensibilité incompatible à première vue avec la profession. Pourtant, il était médecin et il possédait même un petit hôpital. — Je suis sans doute folle, Ben, murmura-t-elle, mais je ne crois pas que nous en ayons terminé, tous les deux. Si je vous trouve… Etes-vous mon Ben Robinson ? demanda-t-elle à la photo qui apparaissait sur l’écran. L’homme était beau, avec ses cheveux bruns et bouclés, ses yeux marron et son nez droit, mais son sourire n’était pas particulièrement amical. Il portait des lunettes, et une barbe de trois jours ombrait ses joues. — Dr Benjamin Robinson, propriétaire et directeur de… Shanna laissa échapper un soupir de soulagement. Non, elle n’était pas folle, mais elle cherchait simplement le chemin pour rentrer chez elle et Ben pourrait le lui indiquer.
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Ce fut avec cette pensée en tête que le Dr Shanna Brooks acheta un billet d’avion, ït ses valises et s’envola pour l’Argentine.
— Tu as repris le rythme, ou tu as besoin d’un peu de temps pour t’y remettre ? demanda Amanda Kenner à son frère. — Une autre semaine en Toscane serait la bienvenue, mais comme c’est impossible, ne t’inquiète pas, je suis dans le bain. L’hôpital, du nom de Caridad, pouvait accueillir quarante malades. Pour l’instant, il n’y avait pas d’épidémie grâce au mari d’Amanda qui avait enrayé la contagion de lambliase, une maladie causée par des vers intestinaux, mais les patients afuaient néanmoins et Ben était content de se retrouver en terrain connu. Là était sa place et il avait beau adorer la Toscane, il serait d’accord pour attendre encore cinq ans avant de prendre des vacances. Bien que… Ses pensées dérivaient souvent vers Shanna. Des pensées pleines de regrets et d’occasions manquées. Il était normalement constitué, il avait des rêves et des désirs d’homme. Mais chaque fois qu’il se regardait dans une glace, la réalité s’imposait à lui et cela ne changerait jamais. — Tu aurais été incapable de t’absenter plus longtemps, répliqua Amanda avec malice. En fait, je suis même étonnée que tu aies tenu aussi longtemps loin d’ici. — L’endroit était vraiment sympathique. On y mangeait bien et les pentes étaient idéales, pour le ski. — Je sens comme de la tristesse, dans ta voix. Il secoua la tête. — C’est l’épuisement. Le voyage était long. Tout en parlant, les deux médecins avaient franchi les portes de l’unique service que comportait l’hôpital. — Tu as rencontré quelqu’un, n’est-ce pas ? reprit Amanda. — Oui, mais ce n’est pas ce que tu crois.
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— Cela ne t’a pas empêché de tomber amoureux et d’avoir une liaison. — Ni liaison ni amour. J’ai seulement passé avec elle quelques heures agréables. Grâce à cette jeune femme, je n’ai pas pris mes repas tout seul. — Pourquoi ce soupir, alors ? — J’ai des patients à examiner et tu me retiens. — Je suis désolée que ça n’ait pas marché, Ben. J’espérais que tu rencontrerais une belle Italienne qui volerait ton cœur au premier coup d’œil. Ensuite, tu aurais eu une aventure passionnée avec elle. Tu l’aurais épousée et tu m’aurais envoyé un mail pour me dire que tu restais là-bas pour fonder une famille nombreuse. S’écartant de son frère, elle essuya une larme qui coulait sur sa joue. — Tout ce que je veux, tout ce que j’ai toujours voulu, c’est que tu sois heureux. — Je le sais et j’apprécie ton affection, mais je suis récon-cilié avec moi-même, Amanda. Il m’a fallu des années pour me résigner, mais c’est un bon choix, tout bien considéré. Maintenant, c’est ton tour d’accepter la situation, d’accord ? Depuis l’âge de quinze ans, il avait choisi d’être seul. Cette résolution s’était conïrmée quand sa ïancée, Nancy Collier, avait poussé un cri d’horreur en le voyant, la première fois qu’ils avaient fait l’amour… ou tenté de le faire. Son expression, les excuses qu’elle avait balbutiées… aucun homme ne voudrait revivre une telle épreuve. Le dégoût manifesté par Nancy à la vue de ses cicatrices avait été déterminant. Il sufïsait d’un seul regard sur le monstre qu’il était, et les gens se détournaient avec horreur, donc il était plus facile de ne pas les laisser le voir. — Non, je ne suis pas d’accord ! protesta sa sœur. Tu es trop dur envers toi-même et cela m’inquiète parce que si une femme merveilleuse se présentait… Une femme merveilleuse comme Shanna… — J’aime ma vie et je ne suis pas seul, trancha Ben en frôlant inconsciemment les cicatrices qui marquaient sa
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nuque. Tu es trop sentimentale, Amanda. La grossesse et les hormones doivent mettre la pagaille dans tes émotions, ou quelque chose comme ça. Comment va mon neveu, à propos ? Il m’a manqué. Je me suis demandé comment il s’adaptait à la vie familiale. Ben faisait allusion à Ezequiel, le garçon de douze ans qu’Amanda et Jack, son mari, avaient adopté récemment. C’était la preuve que les ïns heureuses existaient. — Jack l’a emmené pour faire ses visites. Il a décidé que cela ferait du bien à Ezequiel de passer un peu de temps avec lui quand il ne s’absente pas longtemps. Ils devraient être de retour dans deux jours. Mon nouveau ïls est une véritable éponge, ajouta Amanda avec ïerté. Il absorbe tout et il est avide d’apprendre. Il sera peut-être médecin, plus tard. Hochant la tête, Ben poussa la porte de la salle des femmes. Enfant, il avait tout attendu de la vie, lui aussi, mais un jour, tout s’était arrêté. Il avait abandonné ses espoirs et ses rêves lorsqu’il avait passé un an dans un service pour grands brûlés. Greffe de peau après greffe de peau, il avait lutté pour la vie et combattu bon nombre d’infections. A cette époque, il s’agissait pour lui de survivre durant les minutes suivantes, l’heure suivante et le jour suivant. — Je suis désolée que cela n’ait pas marché, avec cette ïlle, quand tu étais en Toscane, reprit Amanda. Ben ït face à sa sœur. — La question ne s’est pas posée puisqu’il ne s’est rien passé entre elle et moi. Mais si elle m’avait fait la moindre avance, je n’aurais pas donné suite. C’est ainsi, Amanda, et cela ne changera pas. Merci pour tes efforts, mais j’ai des préoccupations plus importantes, à cet instant précis. Pour commencer, je dois examiner une femme diabétique. — Tu te rappelles cette cabane que papa nous avait construite dans un arbre ? — Celle dont l’accès était interdit aux ïlles ? — J’ai toujours réussi à y entrer, Ben. — Et tu laissais tes poupées à l’intérieur. — Je savais que tu ne voulais pas de sœur et que tu
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