Pour le sourire d'Hannah - Un patient si troublant

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Pour le sourire d’Hannah, Lucy Clark

Depuis qu’elle élève seule sa petite Hannah, Lorelai n’a guère eu l’occasion de songer à ses propres sentiments. Mais aujourd’hui, elle est impatiente, émue, troublée. Car le Dr Moon-Pie est de retour, pour faire un remplacement dans le cabinet médical où elle travaille. Cela fait trois ans qu’elle n’a pas revu cet homme qui a été son rayon de soleil, avant de devenir l’objet de ses fantasmes. Dans quelques heures, il sera face à elle, et Lorelai ne peut s’empêcher d’espérer qu’il restera auprès d’elle et de sa fille – pour toujours…

Un patient si troublant, Allison Leigh

Tout avait commencé par un baiser. Un baiser qui n’aurait jamais dû avoir de suite… Lorsque Courtney découvre que le patient qu’elle a accepté de soigner à domicile n’est autre que Mason Hyde, l’homme avec qui elle a eu une aventure un an plus tôt, elle est sous le choc. Pourtant, il est trop tard pour renoncer : Courtney exercera son métier d’infirmière comme elle l’a toujours fait - avec professionnalisme. Et peu importe si son cœur vibre chaque fois que Mason pose son regard sur elle…

Publié le : jeudi 15 mars 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280248983
Nombre de pages : 288
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1.
— Maman, j’ai îni de manger. Bien qu’elle ait entendu l’appel de sa îlle, Lorelai ne bougea pas. Debout devant le miroir de la salle de bains, elle regardait son reet sans le voir. Pour la première fois de sa vie, elle n’avait aucune envie d’aller travailler. En réalité, elle n’avait tout simplement pas le courage de rencontrer le nouveau remplaçant. Si elle travaillait dans un grand hôpital, il lui serait facile de téléphoner pour se faire porter malade, personne ne saurait qu’elle mentait. Mais elle était l’associée d’Edward Goldmark dans le modeste cabinet médical d’Oodnami-naby, un village de la région des Snowy Mountains. Si elle restait chez elle, la moitié des habitants viendrait frapper pour prendre de ses nouvelles, et l’autre lui préparerait un repas et lui offrirait de l’aide ! C’était ce qu’elle adorait ici : ce souci que la commu-nauté avait de ses membres. Cependant, un jour comme aujourd’hui, elle aurait préféré l’anonymat. — Ce n’est pas juste, murmura-t-elle en saisissant la brosse pour se la passer dans les cheveux. Deux ans et demi auparavant, durant la sombre période où elle s’était sentie si vide et inutile après l’abandon puis la mort de John, Woody Moon-Pie avait été son rayon de lumière. Le jour du drame, il l’avait soutenue, s’était occupé d’elle et d’Hannah après l’accident de voiture qui
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avait coûté la vie à son mari. Après cette terrible tragédie, il lui avait prouvé qu’il existait des hommes sur lesquels on pouvait compter. Grâce à lui, lors de cette nuit tragique où il était resté pour lui tenir compagnie, elle n’avait pas tout à fait perdu sa conîance en elle. Depuis, elle s’était souvent surprise à penser à lui, se demandant dans quel coin de la planète il se trouvait et ce qu’il y faisait. Quelquefois même il apparaissait dans ses rêves. Là, il était le héros qui arrivait sur un cheval blanc, la prenait dans ses bras et lui demandait où elle s’était cachée pendant tout ce temps… Ce n’était qu’un fantasme, bien entendu, mais c’était pour cela justement qu’elle manquait tellement de courage pour se retrouver dans un peu moins d’une demi-heure face au vrai Woody. Car il commençait à travailler au cabinet médical aujourd’hui. Et elle avait beau se répéter que même s’il avait joué autrefois le rôle du chevalier accouru à son secours, il n’était rien de plus que le frère de sa meilleure amie, elle ne pouvait s’empêcher d’être nerveuse à la perspective de le revoir. De toute façon, elle était certaine qu’il ne lui avait pas accordé une seule pensée depuis. Elle n’avait surement rien à voir dans sa décision de travailler un temps au cabinet. Il s’était simplement proposé pour remplacer sa sœur et son mari, car Honey, enceinte de cinq mois, avait envie de voyager un peu avec Edward avant la naissance du bébé. Et c’était donc elle, Lorelai, qui se retrouvait seule avec le beau chirurgien… — Maman ? Tu viens m’aider à mettre mon manteau ? Dans la voix d’Hannah perçait un soupçon d’impatience. — Je viens. Lorsqu’elle se pencha, la îllette lui entoura le cou de ses bras. — Je t’aime, maman ! Lorelai la contempla, un large sourire aux lèvres.
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— Tu sais t’y prendre avec moi, ma chérie ! Après tout, ce qui l’attendait dans la journée n’avait pas tant d’importance. Ce qui comptait, c’était sa îlle et l’amour réciproque qu’elles se portaient.
— Si je ne m’abuse, ça sent le café ! Woody entra dans la cuisine, chipa un toast qui sortait du grille-pain et mordit dedans à belles dents. — Hé ! C’était pour moi ! Egoste ! s’écria Honey en frottant son ventre rebondi. Aucun égard pour ton futur neveu ou ta future nièce ! En s’esclaffant, il beurra ce qui restait de la tartine grillée et prit la tasse que sa sœur lui tendait. — Je te promets de ne jamais enlever le pain de la bouche de ton enfant une fois qu’il sera né, mais quant au tien, frangine, c’est une autre histoire. Honey lui lança sa serviette, qu’il esquiva. — Je te surprends en train d’ennuyer ma femme ! s’exclama Edward qui entrait en chaussettes, après avoir ôté ses chaussures à l’entrée et accroché sa veste au portemanteau. — Pas du tout. De taquiner ma sœur, nuance. Il regarda son beau-frère s’approcher d’Honey pour l’embrasser sur la bouche avant de poser ses lèvres sur son ventre. Il était si heureux de leur bonheur ! Cela lui redonnait espoir. Peut-être un jour… Il secoua la tête. — Quel temps fait-il ce matin ? A-t-il reneigé cette nuit ? — Pas beaucoup. La neige fond. — Faites attention sur la route, tous les deux. — Et toi, sois gentil avec Lorelai, répliqua Honey. — Moi ? Je le suis avec tout le monde, et surtout avec elle. Nous nous sommes tout de suite bien entendus. Peut-être même un peu trop bien, songea-t-il. Mais
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inutile d’en informer sa sœur. Il n’était pas prêt à répondre à la multitude de questions que déclencherait cet aveu. — C’était sans doute le pire moment de sa vie… — Et je l’ai soutenue du mieux que je pouvais. — Oui, mais tu es parti sans même lui dire au revoir ! Dans la voix d’Edward, il perçut un léger reproche. Il savait celui-ci particulièrement attentif envers son associée. Bien qu’ils ne soient pas du même sang, ils avaient été élevé ensemble, et ses frères et lui considéraient Lorelai comme leur sœur. — Elle en a été très contrariée, poursuivit son beau-frère. Woody haussa les épaules avec une feinte nonchalance, tout en ayant conscience qu’il ne trompait personne. Lorelai avait été contrariée ? Première nouvelle ! Qu’était-il donc pour elle ? Pourquoi aurait-elle eu envie de dire au revoir à celui qui l’avait assistée au moment de la mort de son mari ? — On m’avait rappelé d’urgence à Tarparnii rappela-t-il. Il fallait que je parte sans attendre, Honey secoua la tête, dubitative. — Hmm. C’est ce que tu as dit, mais tu ne m’empê-cheras pas de croire qu’il s’agissait d’un prétexte. Elle but une gorgée de tisane tout en jetant un coup d’œil à l’horloge. — Mon Dieu ! Elle est à l’heure ? Il faut que j’aille me préparer ! Elle posa sa tasse et se leva, mais il fut plus rapide. Il sauta de sa chaise et embrassa sa sœur avant qu’elle ne disparaisse dans la salle de bains. — Je dois îler moi aussi, si je ne veux pas être en retard pour mon premier jour. Sinon, Lorelai aura une piètre opinion de moi. — Oui, en effet, ce serait dommage, dit son beau-frère sur le même ton protecteur. Elle est tout à fait remise à présent. Elle possède une force intérieure étonnante.
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— Je m’en suis aperçu en la voyant soigner la maïtresse de son mari. Incroyable ! Il tira de la penderie un manteau, un chapeau et une écharpe et ît un signe de tête à Edward. — Faites bon voyage et donnez des nouvelles. — Compte sur nous. Lorsqu’il fut dehors, l’air froid l’enveloppa et emplit ses poumons. Il expira et regarda la buée qui sortait de sa bouche. — Super ! s’écria-t-il en souriant. C’était une nouveauté pour lui qui avait grandi sous des climats tropicaux, près des plages, et qui était accoutumé à la chaleur humide de la jungle de Tarparnii. C’était l’été quand il était venu rendre visite à sa sœur trois ans plus tôt… Il se mit à marcher d’un pas décidé. Lors de son précédent séjour, il avait vite pris ses repères à Oodnaminaby. Comme il avait été invité à dïner presque tous les soirs, il avait parcouru les rues en tout sens. Puis il avait remplacé quelques jours Edward et Honey et s’était habitué au trajet jusqu’au cabinet médical situé au centre du village. Il s’était tout de suite senti chez lui ici. Un exploit pour lui qui ne parvenait même pas, quelque temps auparavant, à considérer l’Australie comme son pays. Car son métier l’avait conduit assez jeune à Tarparnii, cette ïle où il était resté beaucoup plus longtemps que prévu… Bien que quatre ans se soient écoulés depuis la tragédie qui avait détruit sa vie, il avait du mal à aller de l’avant. C’était en partie ce pourquoi il avait accepté de remplacer sa sœur et son beau-frère pendant qu’ils partaient en voyage : peut-être était-ce la diversion dont il avait besoin ? En même temps, il appréhendait un peu de se retrouver à travailler seul avec Lorelai. Trois ans plus tôt, un lien étrange s’était créé entre eux, si vite que c’en était surprenant. Et depuis, chaque fois
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que le monde lui semblait une jungle hostile, il pensait à cette femme : à son courage, à sa résolution, à la lueur de déî dans ses yeux bleus. Il devait reconnaïtre qu’il l’admirait. Sur une impulsion, il obliqua pour prendre la direction de sa maison, espérant secrètement la rencontrer. Il ignorait l’heure à laquelle elle partait pour le cabinet, qui gardait Hannah pendant qu’elle travaillait… Et si elle avait retrouvé un compagnon. Mais chaque fois que sa sœur lui avait parlé de Lorelai et de sa îlle, il avait écouté avec attention, et il ne lui avait pas paru entendre mentionner un nouvel homme dans sa vie. Pourquoi en avait-il le cœur si réjoui ? Il ne pouvait nier qu’elle l’attirait, sans trop savoir jusqu’à quel point… Encore sous le coup d’une relation passionnée qui s’était terminée de façon dramatique, il n’était pas prêt à s’engager de nouveau. D’autre part, vu les responsabilités qu’il avait ailleurs et les gens dont la survie dépendait de lui, il était hors de question qu’il exige d’une femme qu’elle endure cette situation. — Viens vite, maman, on va être en retard chezTonnie! Il regarda dans la direction de la petite voix qui ne parvenait pas pour l’instant à prononcer les « c ». Une îllette qui devait approcher de trois ans déboucha de l’allée pour s’arrêter sagement au bord du trottoir. Elle était vêtue d’un manteau rose, d’une écharpe et de gants violet et rouge et d’un bonnet assorti dont s’échappaient des boucles blondes. Impossible de se tromper, c’était Hannah. Même emmitouée dans ses vêtements d’hiver, elle ressemblait à Lorelai de façon frappante. Ralentissant le pas, il observa l’enfant qui tapait du pied pour marquer son impatience, et il eut un sourire en coin. Aussi volontaire et tenace que sa mère… — J’arrive !
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Il fut surpris du frisson qui lui parcourut l’échine au son de cette voix. Une porte claqua, et il retint son soufe. Enîn, il vit Lorelai qui avançait à grands pas, son manteau boutonné à la diable, portant un grand sac à main, un petit sac à dos rose, une écharpe rouge et un trousseau de clés. Ses cheveux blonds, plus courts qu’au-trefois, encadraient son visage et brillaient sous le soleil d’hiver. Elle se pencha vers sa îlle pour lui donner son sac, puis elle se redressa. Ce fut alors qu’elle se retourna et posa les yeux sur lui. Instantanément, il fut ébloui. Deux ans et demi après, elle était toujours aussi belle, et peut-être même davantage si c’était possible. Il frémit des pieds à la tête, sentit une grosse boule se former dans sa gorge et s’éclaircit la voix. — Salutations du matin, dit-il en lui souriant largement, le regard rivé au sien. Lorelai rougit. — Woody ! Bonjour… Ses dents étaient aussi blanches que la neige tombée dans la nuit. Il sentit son cœur s’emballer et s’efforça de se calmer : ce n’était qu’une collègue d’Honey et d’Edward à qui il venait apporter son aide. — En route pour le cabinet ? — Oui, mais je dois d’abord déposer Hannah chez Connie, une voisine. Il écarquilla les yeux, feignant l’étonnement le plus total. — Hannah ? C’est bien Hannah ? Il s’approcha de la îllette et s’accroupit pour être à sa hauteur. — Bon sang, ça ne peut pas être le bébé que je connais. Elle est encore plus belle qu’avant ! Hannah hocha la tête avec enthousiasme et brandit trois doigts. — Si, c’est moi ! J’ai trois ans.
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— Waouh, déjà une grande îlle ! Eh bien, moi, c’est Woody, annonça-t-il en tendant sa main gantée. La îllette posa sa paume dans la sienne avec solennité. Il la porta à ses lèvres et y déposa un baiser, ce qui la ît rire. — Tu es drôle, Woody ! — Merci. J’essaie de satisfaire mon public. Il regarda Lorelai et fut récompensé par un sourire éblouissant. — Eh, j’ai vu une photo de toi ! s’écria Hannah comme si elle avait peur qu’il l’oublie. C’est tante Honey qui me l’a montrée. Tu es son petit frère. Elle l’examina des pieds à la tête. — Mais… Tu es bien plus grand qu’elle ! Il s’esclaffa. — C’est vrai, mais je suis quand-même son petit frère, parce qu’elle est beaucoup plus vieille que moi, et… — De trois ans, le coupa Lorelai en riant. Si elle était là, elle t’aurait donné un coup de poing ! Il se redressa et lui présenta son épaule, ravi du tour décontracté qu’avait pris cette première rencontre. — Ne te gêne pas, fais-le à sa place, venge son honneur ! En réponse, elle sourit. — Toujours aussi blagueur. — C’est pas bien de frapper les autres, énonça sa îlle d’un ton sentencieux. Il hocha la tête avec gravité. — Tu as raison. Je constate que tu es aussi intelligente et adorable que ta maman. En prononçant ces mots, il leva les yeux vers Lorelai en souriant. Son regard croisa le sien, mais aussitôt elle se détourna. — Nous devons nous mettre en route, sinon nous serons en retard. — Quoi ? A Oodnaminaby, il faut un quart d’heure
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pour faire le tour de la ville. J’ai chronométré, la première fois que je suis venu. Tonniem’attend, expliqua Hannah. On peut pas être en retard ! — Oh ! alors il ne reste plus que le tapis volant. Les grands yeux bleus d’Hannah s’arrondirent. T’est-cetec’est, un tapis volant ? En riant, il s’accroupit de nouveau et la souleva pour la poser à califourchon sur ses épaules. Elle hurla de joie et frappa dans ses mains, avant d’écarter les bras pour maintenir son équilibre. — Voilà. C’est ça, un tapis volant, princesse. Où allons-nous, aujourd’hui ? — Par là, par là ! Tenant fermement les petites chevilles, il s’avança dans la rue.
Tout en les suivant, Lorelai ne put que constater que sa îlle, d’ordinaire plutôt méîante envers les étrangers, s’entendait déjà à merveille avec Woody. Evidemment, il était tellement gai et sympathique ! En fait, si cette facette de lui l’avait séduite, c’était loin d’être la seule. Dans les atroces circonstances où elle se trouvait quand elle l’avait connu, elle avait eu l’occasion de percer à jour sa personnalité profonde, empreinte de compassion et d’une secrète mélancolie. Etait-il passé devant chez elle délibérément ? Elle savait qu’il connaissait le trajet le plus court pour se rendre de chez Edward au cabinet médical. Impossible qu’il se soit trompé… Elle poussa un soupir. Allons, c’était ridicule d’avoir de pareilles pensées. Un homme de sa trempe n’avait que faire d’une femme comme elle. Si elle-même se sentait à l’aise dans la petite
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ville où elle était née, Woody était un aventurier, toujours en partance pour l’autre bout du monde. Il ne manquait jamais de donner de ses nouvelles à Honey, et elle prêtait une oreille attentive lorsque celle-ci évoquait les divers endroits du globe où il se trouvait. Quand son amie, les yeux brillant d’excitation, narrait tel ou tel épisode effrayant ou amusant qui les laissait toutes deux haletantes d’effroi ou de rire, elle se régalait. Woody travaillait pour une organisation nommée Medicall PaciIcqui fournissait des postes aux médecins ou aux chirurgiens désireux d’apporter leur aide dans les endroits en difîculté. Il avait participé aux sauvetages après le tsunami en Asie. Il passait au moins six mois de l’année à Tarparnii, mais récemment il était allé en Afghanistan, au Japon, au Mozambique… Elle pouvait bien se l’avouer, Woody était l’homme le plus audacieux et le plus séduisant qu’elle connaissait, et elle était plus qu’à moitié séduite. Mais elle était également consciente que s’il l’avait soutenue le jour du drame, alors qu’elle était dans un état lamentable, c’était tout simplement parce qu’il ne pouvait s’empêcher de voler au secours des êtres en détresse. Inutile de se faire des illusions, il n’éprouvait rien de particulier pour elle. La preuve, s’il en fallait une, c’était que le lendemain de la mort de John, il était parti sans même lui dire au revoir. D’abord, à son réveil, elle avait cru que Woody était rentré chez Edward prendre une douche et se changer. Mais quand Honey lui avait annoncé qu’il était déjà reparti pour Tarparnii, la première surprise passée, elle s’était sentie gênée et honteuse de s’être îguré qu’un lien s’était créé entre eux. Non, il était simplement retourné à sa propre vie après l’avoir secourue, et il n’était plus revenu jusqu’à… Jusqu’à aujourd’hui. Elle secoua la tête. Pas question de commencer à espérer Dieu sait quoi de
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