Pour une danse

De
Publié par

Ed Maurer se remet doucement de la blessure qui a mis fin à sa carrière de footballeur. Il hait son emploi de bureau, mais adore son travail de bénévolat au centre communautaire... sauf qu’il ne cesse d’y croiser Laurie Parker, l’irascible professeur de danse. Autrefois célèbre danseur de ballet, Laurie donne des cours gratuits pour échapper aux machinations de sa mère. Lorsqu’ils doivent faire équipe pour un concours de danse, Ed et Laurie se découvrent amis, puis amants. Les démons du passé seront-ils plus forts que cet amour naissant ?


Publié le : vendredi 27 mai 2016
Lecture(s) : 5
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782820525987
Nombre de pages : 480
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Heidi Cullinan
Pour une danse
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marianne Durand
Milady Romance
Pour Susan Danic et Rebecca Lee.
« De l’amour de la danse à l’amour, il n’y a qu’un pas. » Jane Austen
Note de l’auteure pour la seconde édition
Depuis la publication de la première édition de ce roman en 2010, les droits LGBT ont considérablement évolué dans le monde. Cinq ans plus tard, le Minnesota a lancé deux campagnes sur le mariage pour tous : la première pour inscrire la discrimination dans leur constitution (un échec), la seconde pour offrir l’égalité maritale complète à l’État (un succès). La Cour suprême des États-Unis nous a accordé l’égalité à l’échelle nationale entre le moment où j’ai envoyé cette seconde édition à mon éditrice et celui où elle me l’a renvoyée. Le mouvement des droits LGBT est passé de vaguelettes à raz-de-marée. Sans parler duAffordable Care Act, dont l’entrée en vigueur aurait également eu un impact phénoménal sur cette histoire. Me voilà donc confrontée à un merveilleux problème : nombre des intrigues principales dePour une dansesont techniquement inexactes. Ce roman est à la fois contemporain et historique, car les aspects de l’histoire concernant les termes juridiques du pacte civil et les logistiques du mariage ne constituent plus des obstacles aujourd’hui. J’ai envisagé de modifier l’histoire pour refléter ce changement, mais j’ai vite considéré que ce serait trop la transformer. Même si le contexte a évolué depuis la première publication,Pour une danseest malgré tout devenu une illustration de l’importance de la lutte pour l’égalité.
OUVERTURE
Premier match pe la saison pe football semi-rofessionnel pe l’été 2009. La soirée pe mai était fraîche, mais la sueur pégoulinait le long pe la nuque p’Ep Maurer, et son souffle se conpensait en nuages sur son masque pe rotection. L’énergie pe la foule brûlait en lui, le cœur pu match battait en rythme avec le sien. Le cors p’Ep vibrait comme une corpe pe iano. Jamais il n’avait été aussi concentré, aussi en harmonie avec le jeu lui-même. Il savait, avec une certitupe qu’il n’aurait su exliquer, qu’il jouait le match pe sa vie. Le ballon traversa les airs en pirection pu receveur éloigné, qui se réciita entre Ep et le cornerback. Avec un large sourire, Ep fonpit sur la balle, roulsé ar l’excitation pu match, semblable à pe l’électricité pans ses veines. Championnat international de danse de salon 2005 à Toronto. Seules ses années d’entraînement permettaient à Laurie Parker de garder son calme tandis qu’il attendait Paul en coulisses. Ce soir, il allait faire voler les conventions du monde et danser sur leurs débris. Ce soir, il allait changer à jamais le monde de la danse. Le présentateur appela leurs noms, et Paul le conduisit dans la lumière sur la piste. Il entendit les murmures de la foule se teinter de surprise. À son côté, Paul tressaillit, et Laurie serra son bras. Cela devait commencer ainsi, oui, mais se terminer différemment. C’était leur révolution. La musique commença, Paul se mit en place, et Laurie s’abandonna à la danse. Ep se jeta sur le receveur. L’imact fit vibrer ses os et carillonner ses oreilles. Il craignit une seconpe que l’autre lui échae, mais le cornerback pe son équie vint terminer ce qu’Ep avait commencé. Ils volèrent pans les airs en une aropie pe samba. Ep tenta pe rouler sur le côté mais les rotections p’éaules renpaient la tâche malaisée et il ne réussit qu’à constituer un bel obstacle. Le receveur lui atterrit violemment pessus, heurtant pe son coupe le côté pu casque p’Ep, qui se torpit légèrement sans causer pe pouleur. Le cou fatal lui fut ponné lorsque le receveur se releva et s’écarta au même moment qu’Ep s’asseyait, lui rojetant en lein visage ses cramons et leur boue. Sans le vouloir, l’homme auya une seconpe fois sa chaussure sur l’éaule p’Ep, accrocha la base pu casque et oussa. Quelque chose craqua horriblement pans le cou p’Ep et, quanp la pouleur surassa l’aprénaline our submerger son cerveau, il hurla. La danse était parfaite. Ils réussissaient chaque virevolte, exécutaient chaque pas avec grâce et précision. C’était pour ce résultat que Laurie avait consacré des mois d’entraînement à cette chorégraphie, qu’il avait eu recours au subterfuge et à la tromperie pour avoir cette opportunité. Il voulait ôter ce dernier voile, se donner tout entier à la scène. Il ne voulait pas être Laurence Parker, la légende du ballet. Il ne voulait pas être un danseur moderne acclamé. Il ne voulait pas de l’apogée vers lequel on le poussait. Pas en tant que ce Laurie dont il se demandait parfois s’il n’était pas taillé dans l’ivoire plutôt qu’un être de chair et de sang. La chanson prit fin, et Paul fit basculer Laurie pour la pose finale. Le cœur de la danse battait encore en lui, et il attendait le rugissement de la foule. Mais celui-ci ne vint pas. Les murmures étaient sombres et colériques, non émerveillés. Contrarié, Laurie se
tourna vers la table des juges et vit la responsable du comité d’organisation en profonde discussion avec les membres, jetant quelques regards occasionnels à la piste. La pouleur péchirait le cou p’Ep et s’étirait en filaments imitoyables our exloser pans son éaule, son pos et sa tête. Un sifflet retentit au loin, mais Ep ne ercevait que la pouleur. Une pouleur telle qu’il n’en avait jamais connu, qui raclait ses os, qui lui ponnait l’imression que ses pents se pésagrégeaient. Lorsque les infirmiers le lacèrent sur une civière, la pouleur était tellement intense qu’il vomit, mais cela ne fit qu’aggraver les sensations. Chaque mouvement était atroce et il savait que le tems p’arriver à l’ambulance, il aurait erpu connaissance. Une ombre aarut rès pe la civière, et une voix familière leine pe sanglots aela son nom.Maman.C’était sa mère. Mais sa voix lui semblait très faible. Les lumières au-pessus pe lui s’éteignirent, et les ténèbres s’abattirent sur une ultime vague pe pouleur. Inquiet et cherchant à se rassurer, Laurie essaya de prendre la main de Paul, qui s’éloigna. Les murmures de la foule montèrent en puissance, faisant naître la peur en Laurie. La responsable du comité se dirigea vers eux, le visage fermé et grave. — Je n’aurais jamais dû te laisser m’entraîner là-dedans, souffla Paul avec un mélange d’angoisse et de colère. La responsable entra dans leur halo de lumière, et la fureur froide qu’affichaient ses traits dissipa les derniers vestiges du fragile espoir de Laurie. Elle désigna du doigt les portes, où d’imposants membres de la sécurité les attendaient pour les escorter hors du bâtiment. Laurie traversa le hall bondé comme dans un rêve. Les appareils photo crépitèrent. Des micros de journalistes furent avancés. La presse suivait chacun de leurs pas, des loups se préparant pour le massacre. Pour Laurie. C’était le domaine de Paul mais Laurie était Laurence Parker, l’étoile de ballet à la renommée mondiale. Il s’était présenté sous le nom de « Laurie », et ils avaient pensé à une femme. Drame. Tromperie. Scandale. L’histoire s’écrivait pratiquement toute seule. Laurie ne leur répondit pas. Il monta dans la voiture qui attendait et ordonna au conducteur de les emmener loin de l’arène, à l’hôtel. Il ne se laissa pas aller contre le dossier, il resta rigide pendant le trajet à travers la ville qui le ramenait à la sécurité de sa suite d’hôtel. Il débrancha son téléphone et emporta la station stéréo portable de la chambre dans la salle de bains. Au son de la musique réconfortante qui jouait doucement, Laurie entra dans la cabine de douche, sentit l’eau glisser sur son visage, et laissa tomber son masque d’ivoire.
Chapitre premier
abrazo : posture de danse, ou étreinte, dans le tango argentin Octobre 2010 Ed Maurer tapotait son volant du pouce en avançant péniblement dans les embouteillages des villes jumelles, quittant un rude après-midi tandis qu’il se dirigeait vers le Halcyon Center. Trois membres supplémentaires de son département avaient vidé leur bureau, les dernières victimes de la réduction des effectifs. Ed s’était senti déchiré entre la compassion et le soulagement de ne pas avoir été l’un d’entre eux. Son cou était plus raide que la normale, d’autant plus qu’il avait pris quatre ibuprofènes une demi-heure auparavant. Mais c’était probablement dû au stress. Il fit de son mieux pour chasser le travail de son esprit, parce que cette soirée allait être magnifique. Ce soir, il allait servir de professeur à des enfants géniaux qui n’étaient pas assez aidés ni soutenus dans la vie. Son bénévolat au centre lui faisait beaucoup de bien, il s’y sentait utile pour la première fois depuis très, très longtemps. Son humeur s’assombrit légèrement lorsqu’il aperçut les terrains de Payne Avenue, avec deux types qui se faisaient des passes. Son regard s’attarda un peu trop longtemps, autant pour sa sécurité que pour la préservation de son fragile optimisme. Comme en réponse à ses pensées, son cou envoya une décharge de douleur dans le long muscle vulnérable. Ed se força à reporter son regard sur la route. Au bout de quelques secondes, il tendit la main vers le lecteur MP3 branché sur sa radio. Faisant défiler les morceaux entre deux coups d’œil à la route, il lança la piste de la chanson qu’il voulait. Il ne se calma qu’en entendant une voix rauque déclarer :It’s Britney, bitch. Arrivé à Halcyon, Ed se gara sur le parking, attrapa son sac et ses notes, et se dirigea vers le bâtiment. Il adressa un clin d’œil à la réceptionniste, un sourire à un vieux copain accompagné d’un « Salut ! » joyeux et d’une tape dans la main. Il pénétra dans les vestiaires en chantonnant tout bas. — Oh, bordel, du Britney Spears ! Attention, Maurer est là ! Ed éclata de rire et agita la main en direction de la voix sans se retourner. Il voyait du coin de l’œil le jeune moqueur, une ombre beaucoup trop habillée appuyée contre la rangée de casiers. — Comment va, Duon ? Tu restes sage ? — Certainement pas ! Ed lui jeta un coup d’œil, prenant soin de ne pas laisser son regard s’attarder trop longtemps, car Duon détestait qu’on le dévisage. Mais cette simple observation lui révéla une joue meurtrie et une écorchure sous l’œil droit du jeune homme. Ed grimaça. — Vicky a vu cet hématome ? — Oui, répondit Duon avec dédain. Elle a appelé les flics. Comme si ces bâtards allaient réagir ! — Tu devrais te trouver un mec grand et musclé pour te protéger, lança Ed pour alléger la discussion. — Je t’emmerde. C’est moi, le mec grand et musclé ! rétorqua Duon en croisant les bras avec un regard noir. Retenant à grand-peine un sourire, Ed ôta sa chemise avant de la suspendre dans le casier.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Duel ardent

de milady-romance

Délicieuse Effrontée

de milady-romance

Opération Cendrillon

de milady-romance

suivant