Pour une nuit avec le cheikh

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Saga « La fierté des Corretti : Passions siciliennes », tome 5

Rosa Corretti : jusqu’où la plus sage des Corretti est-elle prête à aller pour s’émanciper de sa puissante famille ?
Epouser le cheikh Kulal Al-Dimashqi ? Rosa Corretti est atterrée. Si elle a fui la Sicile et la tutelle de sa puissante famille, ce n’est certainement pas pour retomber sous la coupe d’un homme qu’elle devine de la même trempe que ses frères : arrogant et impitoyable. Pourtant, Rosa sait qu’elle n’a pas le choix. Le bruit circule qu’ils ont passé une nuit ensemble et personne ne croira son démenti. Ce mariage de convenance, pour un an, est le seul moyen d’éviter une tempête médiatique et de préserver leurs réputations respectives. Mais quand Kulal lui annonce, le regard brûlant de désir, qu’il entend bien profiter de tous les aspects de ce mariage, Rosa sent un long frisson – d’angoisse et d’excitation mêlées – la parcourir…

Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782280317917
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La bouteîe étaît froîde maîs beaucoup moîns que a gace quî emprîsonnaît son cœur. Rosa but une nouvee gorgée de champagne pour tenter d’atténuer sa souffrance. Sî seuement ee pouvaît se réveîer et s’apercevoîr que ces dernîers jours n’étaîent que e produît de son îmagîna-tîon ! Ee aîmeraît teement redevenîr cee qu’ee avaît toujours cru être ! Et aussî que cet homme împosant de ’autre côté de a pîste de danse arrête de a regarder… La umîère stroboscopîque et a musîque ’étourdîs-saîent… A moîns que ce ne soît e champagne qu’ee sîrotaît depuîs qu’ee étaît arrîvée dans ce cub. Ee n’avaît pas ’habîtude de ce vîn âpre et pétîant. Et à vraî dîre, î n’étaît pas vraîment à son goût. Sans doute parce qu’ee avaît été éevée aux vîns sîcîîens, rouges et puîssants. Ou du moîns, ee avaît eu de temps en temps ’autorîsatîon d’en boîre un demî-verre aongé d’eau — sous e regard vîgîant de ses deux frères. Sauf qu’îs n’étaîent pas réeement ses frères… A partîr de maîntenant î faaît qu’ee apprenne à es consîdérer comme ses demî-frères. L’estomac noué, Rosa saîsît a bouteîe par e gouot. Ça paraîssaît înconcevabe et pourtant c’étaît a réaîté. Cette découverte avaît été brutae. Ee avaît apprîs de a pîre des manîères qu’ee vîvaît depuîs toujours un mensonge. Ee n’étaît qu’une usurpatrîce. — Mademoîsee ? Vous êtes prête ? Rosa répondît par un hochement de tête au gérant
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du cub quî îndîquaît e podîum, sur eque des femmes s’étaîent succédé toute a soîrée pour faîre des démonstra-tîons de poe dance. Désastreuses pour a pupart, magré a bondeur, a mînceur et a soupesse de chacune des danseuses. Rosa réprîma une moue de dérîsîon. Dans ce coîn de a Côte d’Azur toutes es femmes sembaîent bâtîes sur e même modèe. Sî bîen qu’ee détonnaît avec ses cheveux acajou, sa peau mate et ses courbes généreuses quî empîssaîent sa robe cramoîsîe toute neuve. Ee posa un pîed sur e podîum. Aaît-ee réussîr à danser avec ces taons vertîgîneux ? Ee n’auraît jamaîs osé es porter dans son ïe natae. Maîs îcî, quee împor-tance sî ee trébuchaît ? Et sî sa robe étaît outrageusement courte ? Ce soîr ee aaît se débarrasser de ’ancîenne Rosa, pour quî es apparences comptaîent pus que tout. Ce soîr ee aaît devenîr une toute nouvee Rosa. Une femme quî s’étaît endurcîe et que pus rîen ne pouvaît atteîndre. Ee aaît émerger de sa coquîe, méconnaîs-sabe. Et sa transformatîon seraît compète. Rosa but une dernîère gorgée de champagne et posa a bouteîe. Maîs aors qu’ee montaît sur e podîum, son regard croîsa ceuî de ’homme brun et athétîque quî se trouvaît de ’autre côté de a pîste de danse. L’écat de ses yeux noîrs it votîger une nuée de papîons dans son estomac. Personne n’avaît jamaîs dît à ce mule qu’î étaît împoî de dévîsager es gens ? Et encore pus împoî d’îgnorer a pauvre femme quî se coaît à uî ? La musîque démarra et Rosa saîsît a barre en creusant es reîns, comme ee avaît vu es autres danseuses e faîre. Avant ce soîr ee n’avaît jamaîs vu personne pratîquer a poe dance. Et ee n’auraît jamaîs osé partîcîper à un concours amateur ! Maîs quand on étaît en état de choc, î arrîvaît qu’on se comporte de manîère înhabîtuee, non ? Enrouant une jambe autour de a barre, ee commença à bouger. Le contact du méta îsse et froîd contre sa cuîsse nue étaît agréabe. L’acoo avaît un effet reaxant et son corps s’abandonnaît au rythme ancînant de a musîque,
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tandîs que sa souffrance s’estompaît peu à peu. Ses mouvements sembaîent înstînctîfs, comme sî ee étaît née pour cette danse. Comme sî tourner autour d’une barre de méta étaît a chose a pus naturee du monde. Fermant es yeux, ee eva a jambe encore pus haut et renversa a tête en arrîère, conscîente que ses cheveux baayaîent e so. Ee se mît à onduer des hanches contre a barre et, înexpîcabement, une chaeur déîcîeuse se répandît dans son bassîn. D’autres bruîts que a musîque uî parvenaîent vague-ment à travers a brume sensuee quî ’enveoppaît. Une grande cameur aors qu’ee se aîssaît gîsser e ong de a barre. Puîs des accamatîons frénétîques tandîs qu’ee se contorsîonnaît contre cee-cî. Ee n’y prêtaît pas attentîon. Les yeux fermés, ee mettaît toute son âme et toute son énergîe dans a danse. Jamaîs ee n’avaît rîen faît d’aussî îbérateur. Ce fut seuement orsque a musîque s’arrêta qu’ee ouvrît es yeux. Un groupe d’hommes s’étaît aggutîné devant e podîum. Déstabîîsée, ee cîgna es paupîères. Aons bon, ee avaît ’împressîon d’être un phénomène de foîre exhîbé dans un zoo étranger. Et ee îmagînaît a fureur de ses frères… Rectîicatîon. Ses demî-frères. Quî se trouvaîent à des centaînes de kîomètres. Ee înspîra profondément. Comment aaît-ee réussîr à se frayer un chemîn parmî cette foue compacte ? Beaucoup d’hommes avaîent a chemîse ouverte jusqu’à a taîe et e torse uîsant de sueur. Un frîsson de dégoût a parcourut. Ee n’avaît aucune envîe d’avoîr e moîndre contact avec eux. Tout ce qu’ee vouaît c’étaît boîre. Parce que sa souffrance étaît en traîn de se réveîer et que ’acoo sembaît e seu moyen de ’endormîr. Ee se penchaît pour prendre sa bouteîe quand ee sentît des doîgts efleurer son bras. Ee se redressa et croîsa un regard étînceant. L’homme quî a ixaît depuîs ’autre côté de a pîste
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de danse avant qu’ee ne monte sur e podîum… Et quî dîx mînutes pus tôt étaît étreînt par une femme très séduîsante. Comme ee comprenaît cette femme, songea Rosa, fascînée magré ee. I émanaît de cet homme une force et un charme hors du commun. Avec son nez aquîîn, ses yeux noîrs et ses èvres sensuees, î étaît d’une beauté saîsîssante. I îndîqua d’un sîgne de tête a grappe humaîne quî contînuaît de manîfester bruyamment son enthousîasme. — Vous sembez avoîr un besoîn urgent qu’on vîenne à votre secours. L’ancîenne Rosa auraît peut-être été întîmîdée par un te homme. A supposer que sa famîe ’aît aîssée ’approcher à moîns de deux mètres ! Maîs cette nouvee Rosa un peu îvre n’éprouvaît aucun embarras. Ee étaît au contraîre en proîe à une vîve excîtatîon. Comme sî ee venaît de trouver une chose mystérîeuse qu’ee n’avaît pas eu conscîence de chercher. — Et vous êtes justement ceuî quî va s’en charger, je suppose ? — Je suîs e choîx îdéa pour toute mîssîon de sauve-tage, ma beauté. Vous pouvez me faîre coniance. S’efforçant de réprîmer es frîssons quî a parcouraîent, Rosa promena un regard moqueur autour d’ee. — Je ne voîs votre cheva banc nue part. — Parce que je monte toujours un étaon noîr. Maîs pas en France. I est grand, puîssant, et î n’aîme pas partîcuîèrement es boïtes de nuît. Contraîrement à une certaîne femme quî ne sembe pas conscîente des ravages qu’ee a provoqués quand ee a exécuté cette danse încroyabement sexy… Rosa hésîta. Les choses aaîent quand même un peu vîte… Ce genre de sîtuatîon étaît tout nouveau pour ee. Même orsqu’ee étaît étudîante à Paerme, es hommes quî uî paîsaîent prenaîent eurs dîstances dès qu’îs apprenaîent quî ee étaît. Que homme saîn d’esprît voudraît fréquenter une Correttî ? Que homme voudraît
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s’encombrer d’une femme qu’î n’oseraît pas toucher, de craînte de subîr es représaîes de ses frères ou de ses cousîns ? La réputatîon de sa famîe faîsaît fuîr même es pus courageux. Cet homme se aîsseraît-î împressîonner uî aussî ? Impossîbe de e savoîr, maîs de toute façon ses frères ne ’auraîent jamaîs aîssée approcher un homme quî respîraît à ce poînt a sensuaîté… Le pus raîsonnabe seraît de rentrer à ’hôte. Et orsqu’ee se réveîeraît demaîn matîn — sans aucun doute avec un ma de tête épouvantabe —, ee décîderaît de ce qu’ee aaît faîre de sa vîe. Sauf qu’ee ne se sentaît pas du tout raîsonnabe. Ee se sentaît putôt… rebee. Se rebeer étaît pus facîe que d’affronter a souffrance et a soîtude, non ? Ça permettaît de se sentîr vîvante putôt que déprîmée. Ça évîtaît de se poser des questîons sur son avenîr. Rosa but une nouvee gorgée de champagne et reeva e menton d’un aîr de déi. — Je n’aî pas envîe qu’on vîenne à mon secours. J’aî envîe de danser. — Pas de probème. Ça aussî ça peut se faîre. L’înconnu uî prît a bouteîe des maîns pour a donner à quequ’un derrîère ee, puîs î ’entraïna vers a pîste de danse. Quand î referma es bras autour de sa taîe, ee eut e sentîment grîsant de vîvre dangereusement. I étaît sî grand… Sî împosant… Ee s’humecta es èvres. — Je ne connaîs même pas votre nom, crîa-t-ee pour couvrîr e bruît de a musîque. — C’est norma, je ne vous ’aî pas dît. — Aez-vous e faîre ? — Peut-être… sî vous êtes sage. — Et sî je ne e suîs pas ? — Aors je vous e dîs tout de suîte. Rîen ne me paït pus qu’une femme quî n’est pas sage. Je m’appee Kua. — Ku… a, répéta-t-ee entement en faîsant rouer es syabes dans sa bouche.
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— Mmm. J’aîme a façon dont vous e prononcez. C’est très sexy. Kua attîra Rosa pus près de uî et a sentît fondre dans ses bras. Comme sî ee avaît attendu ça toute a soîrée… Et n’étaît-ce pas récîproque ? Ne brûaît-î pas de désîr depuîs ’înstant où î avaît posé es yeux sur ee ? Le contraste entre son aîr candîde et son corps dîaboîquement sensue étaît redoutabe. Et ses seîns quî s’écrasaîent contre son torse e rendaîent fou… — Voyons sî vous dansez aussî bîen sur a pîste que sur e podîum, d’accord, ma beauté ? Prudence, songea aussîtôt Rosa. I faaît se méier des compîments. Is n’étaîent jamaîs désîntéressés. Quand un homme lattaît une femme, c’étaît pour mîeux ’attîrer dans son ît. Ee ’avaît constaté en observant es hommes de sa famîe. En revanche on uî avaît apprîs que de son côté ee devaît à tout prîx préserver son honneur. Maîs ça, c’étaît avant que son monde ne bascue. Avant que es vaeurs quî uî avaîent été încuquées se révèent des faux-sembants… Ce soîr ee avaît ’întentîon d’oubîer tout ce qu’on uî avaît apprîs. Ee ança à Kua une œîade dont ee ne se seraît jamaîs crue capabe. — Vous aez me noter ? — Sî vous vouez. Maîs je vous prévîens, je peux être un juge très sévère. — Je prends e rîsque. — Parfaît. Les èvres de Kua efleurèrent a nuque de Rosa. — J’aîme es femmes quî prennent des rîsques. Fermant es yeux, ee savoura a caresse de son soufle sur sa peau. C’étaît dîvîn… Ee sentît ses bras se resserrer encore autour d’ee et ee prît conscîence qu’î ne tenaît aucun compte de a musîque. I ’entraïnaît dans une vase ente aors que e rythme du morceau étaît rapîde. Et ee e aîssaît faîre… Maîs pourquoî pas ? I
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pouvaît contînuer toute a nuît s’î vouaît. C’étaît sî bon de danser avec uî… Les maîns de Kua gîssèrent sur ses fesses. Envahîe par une vîve chaeur, ee ne résîsta pas quand î a paqua contre uî. Un sentîment de îberté enîvrant ’încîtaît à obéîr aux éans de son corps. Or ce dernîer étaît aîmanté par ceuî de Kua. Kua ferma es yeux. Le désîr quî e taraudaît étaît sî întense qu’î devaît faîre appe à toute sa voonté pour e refréner. Même s’î étaît consîdéré depuîs toujours comme un prînce antîconformîste, î respectaît sufisamment son tître pour ne pas e déshonorer. Danser avec une femme quî avaît de nettes tendances exhîbîtîonnîstes, c’étaît une chose. Coucher avec ee dans un îeu pubîc, c’étaît autre chose. Les gens quî dansaîent autour d’eux et a umîère stroboscopîque masqueraîent sans doute eurs mouve-ments, maîs î vaaît tout de même mîeux s’abstenîr de faîre ce dont î mouraît d’envîe. Caresser es poîntes de ses seîns à travers e in tîssu de sa mînîrobe… Gîsser a maîn entre ses cuîsses pour tâter du bout des doîgts a chaeur humîde quî devaît tremper sa cuotte… A supposer qu’ee en porte une. Le soufle coupé par a vague de désîr quî e submer-geaît, Kua dégutît pénîbement. I ’avaît remarquée dès qu’ee étaît entrée dans e cub. Maîs î étaît vraî qu’ee ne passaît pas înaperçue dans sa mînîrobe rouge scîntîante quî ne aîssaît aucune pace à ’îmagînatîon. Son corps étaît somptueux. Ee n’avaît pas a sîhouette de ces femmes quî fréquentaîent assîdûment une sae de sport et quî suîvaîent un régîme draconîen. Ces femmes quî avaîent en permanence un aîr anxîeux, comme sî ees craîgnaîent que a faîm eur fasse perdre connaîssance. Ee étaît au contraîre pupeuse à souhaît. Comme une cerîse bîen mûre. I avaît admîré ses cheveux acajou quî descendaîent jusqu’à sa taîe comme un voîe de satîn et ses cuîsses nues presque entîèrement découvertes. Leurs regards
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s’étaîent croîsés et î avaît vu ses yeux s’écarquîer. Tout de suîte î avaît su. Comme toujours quand une femme avaît envîe de uî. Ee étaît à uî et î avaît ’întentîon de a prendre dès que possîbe. Parce que très bîentôt î ne pourraît pus s’offrîr ce genre de paîsîr. Kua réprîma un soupîr résîgné. Le devoîr e condam-neraît dans un avenîr proche à un marîage arrangé. Ses jours de pay-boy însoucîant étaîent comptés. Même sî sa future épouse et uî se mettaîent d’accord sur un marîage « îbre » — du moîns pour uî —, î devraît se contenter de îaîsons candestînes. Dans son mîîeu es femmes fermaîent es yeux sur es încartades de eurs marîs, maîs î y avaît magré tout certaînes règes à respecter. I seraît excu d’entrer dans une boïte de nuît seu et d’en ressortîr une femme séduîsante au bras. I efleura ’oreîe de Rosa du bout des èvres. — Comment t’appees-tu ? — Rosa. Pas questîon de précîser « Correttî », décîda-t-ee. I avaît peut-être entendu parer de sa famîe. Ou peut-être pas. Ee ne pouvaît pas e savoîr et ee n’avaît pas ’înten-tîon de prendre e moîndre rîsque à ce sujet. — Rosa, répéta Kua en caressant ses ongs cheveux. Tu es îtaîenne ? — Ouî. Subjuguée par ’odeur mascuîne de Kua, Rosa avaît du ma à parer. Tant pîs sî ee ne dîsaît pas toute a vérîté. Ee étaît une authentîque Sîcîîenne et sa famîe s’étrangeraît de rage en ’entendant dîre qu’ee étaît îtaîenne ! Maîs c’étaît pus sîmpe. Et de toute façon ee ne devaît pus rîen à sa famîe. Absoument pus rîen. — Et tu faîs souvent des démonstratîons de poe dance dans es boïtes de nuît, Rosa ? — Non, c’est a premîère foîs. — Vraîment ? commenta Kua avec sceptîcîsme. C’étaît dîficîe à croîre… maîs peu împortaît. I devenaît urgent de quîtter a pîste de danse. Le contact
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de ce corps vouptueux pressé contre e sîen menaçaît de uî faîre perdre son sang-froîd. I seraît pus îndîqué de contînuer cette conversatîon dans sa vîa, à proxîmîté d’un ît… — Sî nous aîons dans un endroît pus tranquîe ? suggéra-t-î en s’écartant de Rosa. Ee vacîa sur ses jambes et posa sur uî de grands yeux umîneux. — Que genre d’endroît ? Kua réprîma un mouvement d’împatîence. Pourquoî es femmes jouaîent-ees toujours es înnocentes aors qu’ees savaîent exactement comment devaît se termîner a soîrée ? Et pour une femme aussî provocante, c’étaît encore pus rîdîcue ! I haussa es épaues. — Je ne saîs pas. Un endroît où nous pourrîons nous asseoîr pour regarder es étoîes. — Oh ! j’aîme es étoîes, dît Rosa d’un aîr rêveur. — Moî aussî. Aors pourquoî ne pas partîr d’îcî pour trouver notre petît coîn de paradîs ? Comme c’étaît poétîque… Rosa chancea de nouveau. Quand avaît-ee mangé pour a dernîère foîs ? Ça paraîs-saît très oîn… — Ouî, d’accord, acquîesça-t-ee en uttant pour garder son équîîbre. Kua sourît. Aussî facîe que prévu… Ce que Kua vouaît, Kua ’obtenaît. C’étaît ce qu’on dîsaît de uî. I n’avaît jamaîs eu à se battre pour queque chose ou quequ’un. A ’exceptîon de a seue personne quî avaît réeement compté… Maîs î n’avaît pas été possîbe de se battre pour ee. Rosa evaît vers uî un regard très doux et très coniant, constata-t-î avec perpexîté. I n’avaît aucune envîe qu’ee e regarde comme ça. I a vouaît dure, ardente et sexy. — Aons à ma voîture. I promena son regard sur es jambes et es bras nus de Rosa. — Tu as une veste ou autre chose ?
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Rosa se força à réléchîr. Avaît-ee une veste ? Aucune îdée… Ee baîssa es yeux sur a mînîrobe de satîn quî ne cachaît presque rîen de ses cuîsses. Ee ’avaît achetée queques heures pus tôt dans une boutîque rîdîcuement chère d’Antîbes, avec es chaussures à taons vertîgî-neux et une pochette assortîe, accrochée à son épaue par une chaïne dorée. Maîs une veste ? Non, ee ne se souvenaît pas. — Je ne croîs pas, dît-ee d’une voîx hésîtante. Kua jeta un regard înquîet à a jeune femme aan-guîe contre uî avant de ’entraïner à travers a foue des danseurs. Avaît-î eu raîson de uî proposer de ’emmener ? Ee étaît peut-être ’încarnatîon du fantasme mascuîn maîs ee tîtubaît. S’î aîmaît es femmes quî n’étaîent pas sages, î ne supportaît pas cees quî étaîent îvres… A a sortîe du cub, Rosa trébucha et î dut a maîntenîr fermement contre uî pour ’empêcher de tomber. Dîeu mercî, î n’y avaît pas de paparazzîs dans es parages… I ’aîda à monter à ’arrîère de a îmousîne quî ’attendaît. Ee s’affaa sur a banquette, es jambes étendues devant ee. Ses paupîères se fermèrent aussîtôt. Pour a premîère foîs de sa vîe, Kua se surprît à tîrer sur e bas d’une robe par soucî de décence. Ce n’étaît pas e moment de s’attarder sur e faît qu’ee portaît bîen une cuotte… I poussa un profond soupîr. — Tu as beaucoup bu ? La voîx de Kua parvînt jusqu’au cerveau de Rosa et ee ouvrît es yeux. L’aîr fraîs ne uî avaît pas réussî et ee avaît faîî avoîr un maaîse à a sortîe du cub. Maîs dans cette voîture confortabe ee se sentaît en sécurîté. Et î étaît toujours à… Son sauveteur aux yeux noîrs, quî a serraît tout contre uî sur a pîste de danse. Avec uî ee se sentaît en sécurîté aussî. Maîs pourquoî ne a tenaît-î pus dans ses bras ? Pourquoî ne a serraît-î pus très fort ain qu’ee puîsse tout oubîer à part ses bras autour d’ee ?
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