Poursuite fatale

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Enfant, Olivia a connu un horrible drame : l’enlèvement et le meurtre de sa soeur par un maniaque qui, depuis, moisit sous les verrous. Au bout de trente ans, la nouvelle tombe : blanchi par une analyse d’ADN, ce dernier va être libéré ! D’abord révoltée, Olivia doit se rendre à l’évidence : le criminel court toujours. Profitant de son poste de scientifique au FBI, la jeune femme s’arrange pour reprendre officieusement l’enquête au côté de l’inspecteur Zack Travis. Lui aussi s’est juré de démasquer le tueur de petites filles car, comme Olivia, il a enfoui d’anciennes blessures qui ne cicatriseront qu’avec le triomphe de la vérité…
Publié le : mercredi 5 novembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290079171
Nombre de pages : 384
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Poursuite fatale
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
Piège fatal Nº 8274
Traque fatale Nº 8395
Silence mortel Nº 10204
Regards mortels Nº 10430
Terreur mortelle Nº 10608
ALLISON BRENNAN
Poursuite fatale
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Maud Godoc
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Titre original THE KILL Éditeur original A Ballantine Mass Market Original Published in the United States by Ballantine Books, an imprint of the Random House Publishing Group, a division of Random House, Inc., New York
Allison Brennan, 2006 Pour la traduction française Éditions J’ai lu, 2007
Prologue
Livie renversa la tête en arrière pour scruter le ciel menaçant et, la mine renfrognée, noua ses bras autour d’elle. — Missy, s’il te plaît… J’veux rentrer. Y va pleuvoir. Jeveux rentrer parce qu’ilva pleuvoir, la corrigea sa sœur sans lever le nez de son livre. Livie détestait cette manie qu’avait sa sœur de rele-ver systématiquement ses fautes. Sous prétexte qu’elle n’avait que des A au cours moyen et figurait de ce fait en excellente place au tableau d’honneur, Missy se permet-tait de la reprendre à tout bout de champ. Mais après tout, sa sœur voulait devenir maîtresse. Comment lui en vouloir de s’entraîner ? Une bourrasque glaciale balaya le parc. Livie frissonna. — Missy, j’ai froid. Sa sœur leva les yeux au ciel et poussa un soupir impatient, histoire de lui faire bien sentir qu’elle l’aga-çait au plus haut point. — Dix minutes, d’accord ? Je veux finir mon chapitre. — D’accord, concéda Livie avec une moue boudeuse. Elle reprit sa pelle et joua sans entrain dans le sable, creusant des trous avant de regarder les grains de sable 7
s’écouler lentement en filets. Elle adorait le jardin public, mais pas lorsqu’elles y étaient les seuls enfants. Les balançoires étaient son jeu favori. Elle s’efforçait de toujours prendre le maximum d’élan avec les jambes dans l’espoir de faire le tour par en haut, mais jusqu’à présent elle n’y était pas encore parvenue. Son père la traitait de casse-cou ; sa sœur, de tête sans cervelle. Quant à sa mère, elle lui promettait qu’un jour elle fini-rait par se casser une jambe et que ce serait une bonne leçon. Demain, c’était Halloween. Livie n’était pas une poule mouillée, mais la semaine passée, elle avait vu un film sur une horrible histoire de fantômes et elle ne tenait pas à traîner dehors une fois la nuit tombée. Elle et sa sœur avaient pour consigne de regagner la maison cinq minutes après l’allumage des réverbères. Mais le soleil s’était déjà caché derrière la maison des Patterson avec les jolis encadrements de fenêtre roses, et Livie voulait rentrer tout de suite. — Missy, insista-t-elle d’un ton suppliant. Sa sœur l’ignora royalement. D’un geste rageur, Livie jeta sa pelle dans le sable et traversa l’aire de jeux jusqu’aux balançoires, tout au fond. Aujourd’hui, elle n’était pas d’humeur à s’envoler dans les airs ; elle se contenta de se balancer sans effort, les poils des bras hérissés par la chair de poule. Des feuilles mortes aux teintes automnales tourbillonnaient par dizaines à travers l’aire de jeu, balayées par les furieuses rafales de vent. Livie préférait le printemps, lorsque tout était vert, gai et ensoleillé. Lorsque le matin n’était pas systémati-quement noyé sous un brouillard humide qui parfois ne se levait pas avant le déjeuner. Au printemps prochain, elle aurait six ans. Elle compta les mois dans sa tête. Mai, juin, juillet, août, septembre, octobre…Hier, elle avait eu cinq ans et demi ! 8
Elle sauta de la balançoire et pivota vers sa sœur, prête à s’élancer pour lui annoncer cette grande nou-velle. Elle s’arrêta net. Missy n’était pas seule. Un homme lui parlait. Il était vraiment grand, mais pas autant que papa, et pas aussi vieux que lui, non plus. Il ne portait pas de blouson ou de manteau. Ne savait-il donc pas que sans veste on pouvait attraper un mauvais rhume par ce temps ? Il avait fait des dessins au marqueur bleu sur son bras. Livie se dirigea vers eux, le ventre noué par un mau-vais pressentiment. Missy n’avait pas l’air effrayée, mais elle n’avait pas vu l’histoire de fantômes. La fillette se mordit la lèvre. Elle n’avait pas envie de passer pour une pleurnicheuse, mais elle voulait rentrer à la mai-son. Tout de suite. Et s’il lui fallait pleurer pour arriver à ses fins, elle n’hésiterait pas. Face à ses larmes, Missy lui cédait toujours. — Missy ? L’homme tourna la tête vers elle. Il avait un regard bizarre, comme s’il louchait. D’un geste brusque, il agrippa le bras de Missy. — Viens par ici. — Non ! cria Missy en tentant de se dégager. Livie se mit à courir. — Lâchez ma sœur ! Lâchez ma sœur ! À l’instant même où elle les rejoignait, l’homme au drôle d’oiseau bleu sur le bras souleva Missy et la jeta sur son épaule. Livie tenta d’attraper sa sœur, mais l’homme lui assena un coup. Elle tomba à terre, le souffle coupé, avec un drôle de goût dans la bouche, comme lorsqu’elle avait perdu sa première dent l’été dernier. Son cri s’étrangla dans un gargouillis de salive. Elle se releva en titubant, la vue brouillée par les larmes. L’homme emportait Missy à travers la pelouse du parc, en direction de la rue.
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— Papa ! hurla-t-elle entre deux sanglots. Au secours… Au secours ! Papa ! Le méchant monsieur ouvrit la portière d’une four-gonnette noire et poussa Missy à l’intérieur. Comme elle essayait de s’enfuir, il la frappa à la tête, puis contourna la voiture, sauta au volant et démarra en trombe. Missy n’essaya plus de s’échapper. Livie courut jusqu’à la maison, en larmes. — Papa ! Papa ! La porte s’ouvrit brusquement et son père apparut, éperdu d’inquiétude. — Olivia ! Que se passe-t-il ? Où est Melissa ? — Le monsieur ! Le monsieur… Il l’a prise ! Maman poussa un cri déchirant. Livie fut agrippée par le bras de papa et poussée vers sa mère, puis son père s’élança sur le trottoir. — Appelle la police ! hurla-t-il, tandis que Livie se blottissait dans les bras maternels si rassurants. Le câlin fut de courte durée. Plus jamais sa mère ne devait ensuite la prendre dans ses bras.
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