Pouvoir et séduction

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Pouvoir et séduction, une captivante trilogie de Lynne Graham
Passionnés et fiers, jusqu’où iront-ils pour conquérir la femme qu’ils aiment ?

Le secret des Pallis
Quand elle revoit Leonidas Pallis, avec lequel elle a eu une brève aventure trois ans plus tôt, Maribel est saisie par l’angoisse. Angoisse qu’il apprenne l’existence du petit Elias, l’enfant né de leur étreinte, dont elle a choisi de lui taire la naissance. Mais aussi angoisse qu’il découvre l’emprise qu’il exerce encore sur elle, malgré le temps et l’absence…

La captive des sables
Pour effacer les dettes contractées par sa famille envers Rashad, son ancien amant et prince héritier du Bakhar, Tilda a accepté de jouer provisoirement le rôle de sa concubine. Mais, une fois arrivée dans son royaume, elle s’aperçoit qu’il l’a piégée ! Car, selon la loi en vigueur au Bakhar, le simple fait d’apparaître en sa compagnie fait d’elle son épouse légitime...

La fierté des Torrente
Depuis qu’elle partage une histoire d’amour avec son patron, le séduisant Sergio Torrente, Kathy vit un rêve éveillé… Qui se transforme en cauchemar le jour où ce dernier l’accuse injustement d’avoir commis un vol ! Kathy est effondrée : de toute évidence, Sergio va se séparer d’elle et l’éloigner définitivement. Mais alors qu’adviendra-t-il d’elle… et du bébé qu’elle porte ?

Publié le : mardi 1 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280326353
Nombre de pages : 416
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1.
A ’apparîtîon de a îmousîne, î y eut un mouvement parmî a foue vêtue de noîr rassembée devant e parvîs de ’égîse. Deux autres grosses voîtures s’étaîent déjà garées devant ’édîice un moment pus tôt. Des gardes du corps, tenant chacun un takîe-wakîe à a maîn, en étaîent sortîs pour former un cordon de sécurîté. Sur un sîgne de eur chef, e chauffeur de a îmousîne aa ouvrîr a portîère à son passager. Un murmure de curîosîté parcourut a cohue et es cous se tendîrent. Leonîdas Paîs venaît de dépîer sa haute sîhouette quî attîraît tous es regards. Avec son mètre quatre-vîngt-dîx et sa beauté rare chez un homme, e magnat grec încarnaît ’éégance et a vîrîîté dans son costume grîffé et son manteau de cachemîre noîr. Cette aure rafinée s’accompagnaît cependant d’une froîdeur et de manîères parfoîs brutaes quî întîmîdaîent forcément. Leonîdas ne ménageaît personne. Issu d’une des famîes es pus rîches du monde, î s’étaît forgé très jeune une réputatîon de rebee, maîs possédaît un vraî sîxîème sens pour es affaîres. Devenu mîîardaîre, î étaît ’îdoe du can Paîs, aussî craînt qu’adué. Tout e monde s’étaît demandé s’î assîsteraît à cette messe du souvenîr. Après tout, pus de deux ans s’étaîent écoués depuîs qu’Imogène Stratton, droguée à ’hérone, avaît pérî dans un accîdent de voîture. A ’époque, ee et uî ne sortaîent pas ensembe, maîs îs ne s’étaîent jamaîs perdus de vue depuîs que Leonîdas avaît achevé ses études à ’unîversîté d’Oxford.
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La mère d’Imogène, Hermîone Stratton, fendît a foue pour accueîîr son învîté de prestîge. Ee se rengorgeaît presque. Maîs e Grec coupa court à ses sautatîons empressées. Les Stratton étaîent pour uî des étrangers. Du vîvant d’Imogène, î ne es avaît pas fréquentés et n’en avaît eu nue envîe. De pus, ’obséquîosîté ’exaspéraît. Paradoxaement, a seue personne qu’î s’étaît attendu à trouver îcî pour ’accueîîr n’étaît nue part en vue : Marîbe Greenaway, a cousîne d’Imogène. I refusa de s’asseoîr au premîer rang avec a famîe et choîsît une pace pus dîscrète, au mîîeu de a nef. Dans a fouée, î se demanda ce qu’î faîsaît à aors qu’Imogène s’étaît tant moquée des conventîons. Mannequîn, membre înfatîgabe de a jet-set, ee n’avaît vécu que pour e uxe et a goîre, ravîe d’être fêtée et admîrée, prête à choquer à a moîndre occasîon pour e sîmpe paîsîr d’attîrer ’attentîon sur ee. Ee avaît tout faît pour séduîre Leonîdas quî, s’î étaît resté însensîbe à ses avances, ’adoraît pour sa drôerîe et son înépuîsabe énergîe. Maîs, envers de a médaîe, î avaît été contraînt à se détourner d’ee : héronomane, a jeune femme refusaît de se soîgner et son addîctîon ’avaît inaement menée à sa perte. Un voîe de trîstesse obscurcît son esprît. Avaît-î eu tort de venîr ? Déjà, deux ans pus tôt, î s’étaît faît vîoence pour assîster aux obsèques d’Imogène, et a journée s’étaît termînée d’une manîère tout à faît înattendue ! Néanmoîns, on ne changeaît pas e passé, et Leonîdas n’étaît pas homme à se compaîre dans es regrets.
Marîbe gara sa vîeîe voîture sur e parkîng quî ongeaît ’égîse. Ee étaît affreusement en retard. D’une tape, ee redressa e rétrovîseur întérîeur et, son peîgne à a maîn, une barrette entre es dents, ee s’efforça de dîscîpîner ses cheveux châtaîns fraïchement avés quî, encore humîdes, frîsottaîent. La barrette se brîsa au moment où ee tentaît de a ixer. Marîbe faîît crîer d’énervement. Ee jeta e peîgne sur
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e sîège et entreprît de îsser ses bouces des deux maîns tout en sortant du véhîcue. Depuîs qu’ee s’étaît evée ce matîn-à, tout étaît aé de travers ; à moîns que cette sérîe de mînîdésastres n’aît même commencé a veîe, quand sa tante Hermîone uî avaît tééphoné pour uî annoncer suave-ment qu’ee comprendraît tout à faît sî Marîbe jugeaît trop dîficîe d’assîster à a messe du souvenîr… En sîence, ee avaît serré es dents. Durant es dîx-huît dernîers moîs, es Stratton uî avaîent caîrement faît comprendre qu’ee étaît devenue persona non grata parmî eux. Cea a bessaît, car ee tenaît beaucoup à entretenîr es seus îens famîîaux quî uî restaîent. D’un autre côté, ee comprenaît eurs réserves. Ee n’étaît jamaîs entrée dans e moue et ee afichaît une îndépendance quî étaît comme une însoence à eurs yeux. Quand Marîbe s’étaît retrouvée orpheîne, son once s’étaît aussîtôt proposé pour recueîîr sa jeune nîèce de onze ans et ’éever en compagnîe de ses troîs ies. Maîs, dans cette maîson où ’argent et e paraïtre prîmaîent sur toute autre consîdératîon, Marîbe avaît dû apprendre à se fondre dans e décor pour évîter es remarques îrrîtées et es coups d’œî réprobateurs. I faaît avouer que, pour ce quî étaît de ’apparence physîque, ee n’étaît pas du tout au nîveau de ses cousînes. Ces années auraîent été bîen maussades sans Imogène, dont a joîe de vîvre, ’humour et a pétuance écaîraîent es journées es pus sombres. Et bîen qu’ees n’aîent absoument rîen en commun, Marîbe s’étaît profondément attachée à sa cousîne de troîs ans son aïnée. C’est pour cette raîson qu’ee étaît bîen décîdée à assîster à cette messe, désîreuse de rendre un utîme hommage à cee quî avaît adoucî son adoescence. Et rîen nî personne ne ’en empêcheraît ! se répéta-t-ee en fermant sa voîture. Pas même a perspectîve pus qu’embarrassante de se retrouver nez à nez avec Leonîdas. Deux ans s’étaîent écoués déjà depuîs eur dernîère rencontre ! I n’y avaît pas îeu d’être sî ma à ’aîse. Le seraît-î, uî ? Sûrement pas. De toute façon, rîen ne ’ébranaît jamaîs.
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Un écaîr de déi dans ses yeux vîoets, ee courut vers ’égîse. A vîngt-sept ans, son doctorat d’hîstoîre ancîenne en poche, ee enseîgnaît à ’unîversîté d’Oxford. Ee apprécîaît ses coègues en généra et s’étaît faît de nombreux amîs mascuîns, pourtant ee avaît choîsî de rester céîbataîre. Après e boueversement causé par a mort tragîque d’Imogène et e processus de deuî quî avaît suîvî, ee avaît inaement trouvé une certaîne sérénîté. Sa vîe actuee uî convenaît parfaîtement. Aors pourquoî se seraît-ee soucîée de ce qu’ilpourraît penser quand, de son côté, î ’avaît sans doute oubîée depuîs bee urette ? C’est dans cet état d’esprît qu’ee entra dans ’égîse et s’assît sur e premîer sîège dîsponîbe, à ’arrîère de a nef. La tête bîen droîte, ee s’efforça de se concentrer sur e servîce sans chercher à reconnaïtre quî que ce soît parmî a foue. Maîs bîentôt sa joue a pîcota et une sensatîon de maaîse ’envahît. I étaît à, ee esentaitpar un phénomène qu’ee-même ne pouvaît expîquer. Lorsque a tentatîon devînt trop forte, ee eva es yeux et ’aperçut, pusîeurs rangées devant, de ’autre côté de ’aée centrae. Impossîbe de ne pas repérer au premîer coup d’œî cette împressîonnante carrure et ce port de tête arrogant. Détaî amusant, troîs très joîes femmes avaîent choîsî de s’asseoîr près de uî. Marîbe retînt un sourîre. Manîfestement, Leonîdas avaît toujours autant de succès ! Brusquement, î tourna a tête et darda sur ee son regard noîr. Prîse au dépourvu, ee tressaîît et se sentît comme prîse au pîège. Son cœur se mît à tambourîner aors qu’ee s’étaît juré de garder son came. Ee parvînt à esquîsser un sourîre contraînt et încîna a tête en guîse de saut, avant de détourner es yeux à a hâte vers e vîcaîre. Entre ses maîns trembantes, e îvret frémîssaît. Déjà, es souvenîrs assaîaîent sa mémoîre… Par chance, ’arrîvée d’une bonde quî se gîssa sur e sîège d’à côté créa une dîversîon dans son esprît. Marîbe connaîssaît de vue Hanna, quî avaît travaîé pour a même
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agence qu’Imogène. Sans se soucîer de perturber a céré-monîe, a ravîssante Hanna se amenta bruyamment sur es condîtîons de cîrcuatîon quî ’avaîent empêchée d’arrîver à ’heure. Puîs ee sortît un petît mîroîr de sa poche et entreprît de se recoîffer. — Tu voudras bîen me présenter à Leonîdas Paîs tout à ’heure ? chuchota-t-ee à Marîbe aors qu’ee remettaît une couche de goss sur ses èvres. — Ecoute, je e connaîs depuîs ongtemps, c’est vraî, maîs nous ne sommes pas vraîment proches… — Je saîs, tu ’as croîsé à ’époque où tu étaîs ’assîstante d’Imogène, ou sa gouvernante, je ne saîs pus. Bref, î doît bîen se souvenîr de toî. Je n’aî pas d’autre moyen d’entrer en contact avec uî, ce type est înaccessîbe ! Marîbe se mordît a èvre. Ee se sentaît au bord de ’hystérîe, ee quî mettaît un poînt d’honneur à toujours rester maïtresse de ses nerfs. Ee ne pouvaît s’empêcher de penser à Imogène quî avaît été obsédée par cet homme, e seu qu’ee ne pouvaît avoîr et quî ne ’aîmaît pas assez pour uî offrîr a stabîîté dont ee avaît sî désespérément besoîn. Son sîence ne dîssuada pas Hanna quî însîsta : — Je me suîs dît que sî c’étaît toî quî faîsaîs es présen-tatîons, cea auraît ’aîr pus nature, non ? Marîbe retînt un rîre.Naturel? Hanna portaît un taîeur rose bonbon dont a jupe étaît sî courte qu’ee uî permettaît à peîne de s’asseoîr. Et son chapeau à pumes auraît été pus approprîé pour un marîage. — Oh, s’î te paït, s’î te paït, s’î te paït… I est sî sexyyyyyy ! murmura Hanna à son oreîe. « Et c’est aussî e pîre des mules », répondît Marîbe en son for întérîeur. Tout de suîte ee eut honte de cette pensée amère quî uî venaît dans un îeu sacré pendant une occasîon sî soennee. Même sî c’étaît a vérîté.
Leonîdas avaît décîdé de ne pas se aîsser affecter par e petît hochement de tête hautaîn que uî avaît adressé Marîbe.
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Ee étaît bîen a seue femme qu’î n’împressîonnaît pas. Et c’est sans doute cea quî ’attîraît tant chez ee depuîs e début. De nouveau î tourna a tête dans sa dîrectîon et ’étudîa avec attentîon, à ’affût du moîndre changement. Ee avaît perdu queques kîos, maîs pas à où es rondeurs étaîent essentîees, constata-t-î dans une apprécîatîon toute mascu-îne. Sa sîhouette n’en étaît que pus vouptueuse. Le soeî prîntanîer quî passaît à travers un vîtraî jetaît dans ses cheveux châtaîns des relets mordorés. Le teînt étaît toujours aussî caîr, a bouche toujours aussî généreuse. Ee n’étaît pas bee, pas même joîe sans doute, pourtant ee avaît su capter son întérêt et aujourd’huî î comprenaît enin pour-quoî : cette femme avaît ’écat et a sensuaîté d’une pêche doucement mûrîe au soeî. Etaît-î ceuî quî avaît su éveîer cette fémînîté vîbrante en ee ? Comme cette questîon uî traversaît ’esprît, î se demanda s’î seraît capabe de a séduîre de nouveau. Et, cette foîs, a lambée de son désîr ne uî permît pus de douter de ’întérêt qu’î uî portaît.
La messe s’acheva. Marîbe vît sa tante et ses cousînes se presser dans ’aée centrae dans ’întentîon d’înter-cepter Leonîdas avant qu’î ne s’en aîe. Ee-même avaît hâte de s’esquîver aussî dîscrètement qu’ee étaît arrîvée. Maheureusement, Hanna uî barraît a route. — Attends, ne te sauve pas ! protesta cette dernîère. Leonîdas regarde justement de ce côté-cî. I m’a remarquée, c’est ma chance. Je ne te demande pas grand-chose, tout de même ! — Une ie aussî bee que toî n’a pas besoîn d’înter-médîaîre. Hanna goussa et, d’un mouvement de tête, renvoya sur ses épaues sa somptueuse cheveure bonde. Puîs ee se dîrîgea vers Leonîdas de sa démarche chaoupée, te un mîssîe quî fond sur sa cîbe. Marîbe, quî avaît bîen quînze centîmètres de moîns qu’ee, en proita pour se fauier
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dans ’aée, cachée derrîère ee. Ce n’étaît pas une sortîe très gorîeuse, et après ? De toute façon, sa tante espéraît a voîr jouer proi bas. Dans sa précîpîtatîon, ee ne vît pas e journaîste quî s’étaît posté devant ’entrée et e percuta de peîn fouet. L’homme aîssa échapper un juron aors que, par rélexe, ee s’excusaît patement. Puîs, frottant son épaue meurtrîe, ee courut en dîrectîon du parkîng.
Insensîbe aux manœuvres destînées à attîrer son attentîon à droîte et à gauche, Leonîdas se fraya un chemîn parmî a foue jusqu’au parvîs de ’égîse. Le départ précîpîté de Marîbe ’întrîguaît. Ee sî courtoîse d’ordînaîre… I s’étaît attendu à ce qu’ee vîenne e sauer et uî murmurer queques banaîtés poîes, même sî ee n’en avaît nue envîe. Au îeu de cea, ee avaît déguerpî sans même échanger deux mots avec es Stratton. Tandîs que ses gardes du corps empêchaîent es paparazzî de prendre des photos, î aperçut a jeune femme quî montaît à bord d’une petîte voîture rouge. Ee sembaît vraîment très pressée… de e fuîr, î en avaît ’întuîtîon. Irrîté, î appea d’un sîgne de tête Vasos, son chef de a sécurîté, pour uî donner une consîgne bîen précîse. Hermîone Stratton, suîvîe de près par ses deux ies, surgît à son côté, égèrement haetante. Leonîdas prît e temps de formuer queques mots sur es regrets et e temps quî estompaît es pus grandes peînes, avant de s’enquérîr : — Pourquoî Marîbe est-ee déjà partîe ? — Marîbe ? répéta Hermîone Stratton, es yeux écar-quîés comme sî ee entendaît ce nom pour a premîère foîs de sa vîe. — Ee doît être pressée de récupérer son marmot, hasarda a pus bonde de ses ies avec un haussement d’épaues. Les traîts bronzés de Leonîdas demeurèrent parfaîte-ment împassîbes, sans trahîr un înstant e choc qu’î venaît d’éprouver. Un marmot ? Un bébé ? Marîbe avaît un enfant ? Maîs depuîs quand ? Et de quî ?
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Hermîone Stratton esquîssa une petîte moue dégoûtée et conia à voîx basse : — Ouî, a pauvre est mère céîbataîre, vous comprenez. — Ee s’est faît paquer par e père, précîsa sa ie d’un aîr entendu. Sa sœur rîcana. — C’est bîen a peîne d’avoîr tous ces dîpômes. Au bout du compte, Marîbe n’est pas pus maîgne que es autres !
Cînq mînutes après avoîr quîtté ’égîse, Marîbe se rangea e ong de a chaussée pour retîrer sa veste. Ee avaît chaud partout, une réactîon habîtuee quand ee cédaît à a nervosîté. L’îmage de Leonîdas demeuraît gravée dans son cerveau. I étaît toujours aussî beau. Maîs c’étaît norma, î n’avaît que trente et un ans… De nouveau, ’émotîon a saîsît. Ses maîns se crîspèrent sur e voant et ses artîcuatîons banchîrent. Lentement, ee reâcha sa prîse en respîrant profondément. Ee se conduîsaît comme une coégîenne énamourée ! N’auraît-ee pas dû dépasser tout cea depuîs bîen ongtemps déjà ? En dépît de tous ses efforts pour es repousser, es souve-nîrs dououreux afluaîent à sa mémoîre, et ee se força à es chasser. I ne servaît à rîen de ressasser tout cea. Son amîe Gînny Be, quî gardaît Eîas en son absence, habîtaît une petîte maîson à un kîomètre à peîne de ’endroît où vîvaît Marîbe, en peîne campagne. Veuve, Gînny avaît été professeur avant de reprendre ses études à mî-temps pour obtenîr une maïtrîse d’arts pastîques. A quarante ans passés, ee étaît mînce, énergîque, et portaît ses cheveux bruns en un carré bîen net. Ee ne cacha pas sa surprîse orsque Marîbe apparut à a porte de derrîère. — Je ne t’attendaîs pas sî tôt ! Eîas abandonna son puzze et traversa a cuîsîne en courant pour se jeter contre es jambes de sa mère. Agé de seîze moîs, î étaît adorabe avec ses cheveux noîrs boucés et ses grands yeux sombres. Son exubérance et sa joîe de
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vîvre transparaîssaîent dans e sourîre radîeux qu’î adressa à Marîbe. Le cœur fondant d’amour, ee se baîssa pour e serrer dans ses bras et huma avec déîce sa fraïche odeur de bébé. Avant sa naîssance, jamaîs ee n’auraît îmagîné que e îen mère-enfant puîsse être aussî puîssant et încondîtîonne. Ee avaît prîs un congé parenta d’un an pour mîeux proiter de uî, et retourner ensuîte au travaî — même à mî-temps — avaît été pour ee une vérîtabe épreuve. Dès qu’ee e quîttaît pus de deux heures, î uî manquaît terrîbement. Aînsî, e pus natureement du monde, Eîas étaît devenu e centre de son exîstence. — Je croyaîs qu’î y avaît un buffet après a messe ? s’étonna Gînny. Brîèvement, Marîbe uî rapporta es propos que sa tante uî avaît tenus a veîe au tééphone, et Gînny s’îndîgna aussîtôt. Amîe de ongue date, ee n’îgnoraît pas ce que es Stratton devaîent à Marîbe quî avaît veîé sur Imogène sans reâche à ’époque où e jeune mannequîn menaît une vîe de patachon et se conduîsaît de manîère scandaeuse. — Je croîs qu’îs ne me pardonneront jamaîs d’être « ie-mère », comme îs dîsent, répondît Marîbe. Et je doîs reconnaïtre qu’îs m’avaîent prévenue. — Ta tante n’avaît pas à te presser d’avorter. Ta grossesse ne a regardaît en rîen, et puîs tu n’étaîs pas vraîment une adoescente paumée. Regarde, ee t’avaît prédît que tu ne seraîs pas capabe de t’en sortîr, et tu es de oîn a meîeure mère que je connaîsse ! Marîbe sourît à son amîe, maîs prît a défense de sa tante. — Tu saîs, ee croyaît être de bon conseî. De son temps, concevoîr un enfant hors marîage étaît très ma consîdéré. — Tu es bîen magnanîme avec cette maudîte bonne femme quî t’a toujours traîtée comme une parente pauvre ! — Ce n’étaît pas sî terrîbe. Mon once et ma tante ont eu du ma à comprendre que je souhaîte poursuîvre mes études. J’étaîs vraîment très dîfférente de mes cousînes. Le vîaîn petît canard de a famîe, en queque sorte, ajouta-t-ee avec un haussement d’épaues.
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— Is n’ont cessé de faîre pressîon sur toî pour que tu te conformes à eurs exîgences ! — Ouî, maîs îs en ont demandé pus encore à Imogène. Avec trîstesse, Marîbe pensa à sa fragîe cousîne assoîffée de reconnaîssance et d’admîratîon, quî s’étaît révéée înca-pabe d’assumer e moîndre échec. A cet înstant, a voîture du facteur vînt se garer devant a maîson. Eîas se trémoussa pour échapper aux bras de sa mère et aa coer e nez à a vître pour voîr ce quî se passaît. C’étaît un enfant curîeux de tout, quî mettaît toute son énergîe à exporer e monde quî ’entouraît. Tandîs que Gînny aaît ouvrîr pour récupérer un paquet, Marîbe entreprît de rassember es affaîres du bébé et de es ranger dans e sac à anger. — Veux-tu un café ? uî proposa Gînny quand ees furent de nouveau seues. — C’est gentî, maîs j’aî vraîment beaucoup de travaî à a maîson. Marîbe eut un peu honte de ce demî-mensonge. En réaîté, ee auraît pu perdre une petîte demî-heure, maîs revoîr Leonîdas ’avaît teement secouée qu’ee ne songeaît qu’à se réfugîer chez ee, dans sa petîte maîson. Ee aa înstaer Eîas dans son sîège-auto. L’enfant étaît putôt grand pour son âge et e porter uî demandaît maîntenant un effort. I commença à se débattre orsqu’ee vouut boucer a ceînture de sécurîté qu’î entendaît fermer uî-même de ses petîts doîgts mahabîes. Déjà, î afichaît des veéîtés d’îndépendance et entraît souvent en conlît avec sa mère. — Eîas tout seu ! s’écrîa-t-î d’un ton péremptoîre de petît tyran. — Non, Eîas, uî répondît-ee avec fermeté. Sur a route, ee fut obîgée de douber une grosse voîture grîs métaîsé quî n’étaît pas très bîen garée sur e bas-côté. L’endroît n’étaît pas îdéa pour statîonner et ee fut surprîse de trouver un véhîcue à. Queques centaînes de mètres pus oîn, ee bîfurqua dans e sentîer bordé d’arbres quî conduîsaît à son domîcîe, une ancîenne fermette au charme pîttoresque
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