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Prise dans la toile

De
250 pages

Samia fait sur la toile une rencontre qui bouleverse sa vie : Germain, que sa photo montre comme un homme extrêmement séduisant et dont les mots tendres savent la toucher. Un rêve commence, une belle romance en ligne... Mais le jour où le réel doit rejoindre le rêve, tout s’effondre car Germain n’est pas au rendez-vous. Pire, ses nouveaux messages font naître chez Samia de terribles soupçons. Qui est-il vraiment ? N’est-elle pas la victime de l’un de ces arnaqueurs qui sévissent dans les médias sociaux ? À contre cœur, elle se résigne à la fin de cette trop belle histoire. Néanmoins, l’amour n’a pas encore dit son dernier mot, et les mirages d’Internet peuvent recouvrir une réalité inattendue...
« Certaines rencontres rendent les gens meilleurs qu'ils ne sont. »
« Parfois on a tellement besoin d’amour, qu'on accepte celui d'un autre, juste pour combler un vide... »


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-70704-8

 

© Edilivre, 2014

Prise dans la toile

 

Le profil idéal

Germain792 : – Bonsoir, je ne vous dérange pas, j’espère ! Je m’appelle Germain, j’aimerais faire votre connaissance.

Samia : – Heu… si, là, vous me dérangez. J’écris : si je réponds, je perds le fil de mes pensées et je risque d’oublier des éléments majeurs à la description de mon texte.

Germain792 : Vous n’avez qu’à continuer à écrire, je passerai la soirée avec vous. J’ai regardé votre profil, je vous trouve très belle.

Samia : – Vous me dérangez, effectivement : j’ai perdu le fil de la narration. Je viens de lever les yeux sur votre avatar : l’image est craquante.

Samia est agacée. Par négligence, depuis des jours Skipe est connecté. Au fond, elle espère qu’il se passe quelque chose ; néanmoins, la demande en amitié est perçue comme une intrusion dans sa vie personnelle. Maintenant elle est déconcentrée : son attention est distraite, ses mains s’arrêtent de taper sur le clavier, elle n’écrit plus, les yeux levés sur l’écran semblent subjugués par l’image, sa concentration est reportée sur l’homme du profil Skipe.

L’individu paraît de type européen : un front haut, un nez fin, droit, assez court, une belle bouche bien dessinée ; des yeux de biche, tendres, rieurs, bordés de longs cils noirs fixent l’écran. Bien qu’il semble très jeune, des mèches de cheveux grisonnants emplissent ses tempes – ce simple détail n’enlève rien à son charme. Un sourire en esquive s’appose au coin des lèvres… magnifique. Dès le premier instant, elle ne voit que le regard mystérieux dans l’harmonie du visage.

Samia : – J’écris, donc besoin de concentration… Mais besoin de faire une pause.

Germain792 ne fait pas partie de vos contacts.

Samia ajoute le nouveau contact.

Germain792 : – Vous m’acceptez ! Bonsoir, comment allez-vous ? J’espère que je ne vous dérange pas ? Je me nomme Germain. Au plaisir de faire plus ample connaissance. Je suis d’origine italienne – c’est plus précisément ma mère qui est italienne ; mon père est polonais. Je suis célibataire depuis plus de quatre ans, et cela suite à un grand malheur : l’événement m’a beaucoup affecté. Depuis, ma vie a pris un tournant fatal ; je suis plongé dans une grande solitude affective, solitude qui perce par moments. J’ai trop attendu avant de me remettre de mes blessures. Aujourd’hui, je me sens prêt à initier une nouvelle vie : c’est la raison pour laquelle je veux faire la connaissance d’une femme sincère, douce et câline, avec qui je puisse envisager un lien d’amitié, et si plus d’affinités, construire une relation durable. Je suis un grand sentimental, fidèle en amour, fidèle à certaines valeurs. Physiquement, je suis plutôt grand, et bien bâti ; sans vouloir me vanter, mes proportions sont celles d’un mannequin. Je déteste le mensonge, l’hypocrisie, la violence. Mes proches disent à mon sujet que je suis quelqu’un de trop gentil : je pense souvent aux autres avant moi. Maintenant que tu commences à me connaître, j’aimerais que tu me parles un peu de toi.

Il était dit ou il était écrit qu’on se rencontrerait sur internet et qu’on finirait nos vie ensemble, malgré le fait qu’au début notre relation serait compliquée et difficile.

Samia n’écrit plus, seulement captivée : toute son attention se reporte sur l’image.

Samia : – Bonsoir Germain ! Je viens de vous accepter ! Depuis le temps que je vous attendais ! Eh bien eh bien, l’histoire démarre fort !

Cela fait si longtemps qu’elle espère qu’il se passe enfin quelque chose ! Elle n’est même pas surprise de l’invitation en amitié.

Germain 792 : – Bonsoir Samia, comment allez-vous ?

Samia : – Je vais bien, hormis le froid et la neige qui tombe derrière la vitre !! Bonsoir, Germain. Effectivement, le fil de la narration est perdu, j’écris… un roman.

Germain 792 : – Ah ! OK. Et de quoi parle ton roman ? C’est un roman à l’eau de rose ?

Samia : – Il est probable que oui. Les lecteurs décideront de son sort ! Mais j’espère qu’il n’en fera pas partie !! Plutôt un récit basé sur les réseaux sociaux d’Internet.

Germain 792 : – Ah ! OK ! Excellent choix ! Comment s’est passée ta journée ?

Samia : – Pas trop de soucis avec la neige : je travaille près de chez moi.

Germain 792 : – D’après ton profil, tu es vendeuse aux Galeries Lafayette.

Samia : – Je suis vendeuse aux Galeries du centre-ville à Strasbourg, je tiens une boutique de fringues assez chic.

Germain 792 : – C’est bien. Comment ça se passe au boulot ?

Samia : – Hé ça se passe bien, les femmes ont des frénésies dépensières. Pas mal de touristes ; je parle plusieurs langues, mais pas le chinois. On se croirait tout le temps en vacances par ici !

Germain 792 : – OK, un instant, je reviens. Coucou, tu es là ? Pourquoi tu ne veux plus parler ? Ou alors, tu dors ?

Samia : – Non. Pas encore. Qu’est-ce que tu faisais ?

Germain 792 : – J’ai eu un souci de connexion.

Samia : – Comment as-tu fait pour te connecter sur mon profil ?

Germain 792 : – Bonsoir ma belle, j’espère que tu vas bien, depuis hier ? Où étais-tu ce week-end ?

Samia : – Je vais bien, merci. Un weekend au ski : c’était super !!

Germain 792 : – Je connais assez bien la région, je suis originaire de Nancy. Je n’y suis plus souvent. Tu ne te souviens plus de moi ? On a déjà échangé il y a quelques mois. La dernière fois, tu as refusé de m’accepter en ami.

Samia : – Je vis à Strasbourg : c’est une jolie ville, tu ne crois pas ? Je ne me souviens pas avoir échangé de conversations avec toi. Je n’ai pas assez de temps pour me connecter aux médias sociaux ; et aussi je ne recherche rien ni personne en particulier sur la toile.

Germain 792 : – Je sais. Tu me l’as déjà dit la dernière fois, tu ne m’as pas accepté sur Skipe à ce moment-là ; je t’avais pourtant laissé un beau message :

« Les oiseaux ont des ailes pour voler, et moi, j’ai mon cœur pour t’aimer. »

Germain 792 : – Alors comme ça, je vais pouvoir t’écrire d’autres poèmes ? J’adore ça ! Tu écris ? Je ne te dérange pas plus.

Germain 792 : – Bon, à tout à l’heure.

Germain792 : – Je reviens.

Samia : – Et toi, qu’est-ce qui t’attire sur les réseaux sociaux ?

Germain792 : – Eh bien… c’est juste pour échanger et agrandir mon cercle d’amis. Sinon qu’est-ce que tu entends par « je ne cherche rien d’autre » ?

Samia : – Tchater des heures avec des gens inconnus ne m’attire pas spécialement ; je ne suis pas à la recherche d’une histoire passionnelle : dans ce domaine, je ne suis pas douée. Si, maintenant que j’y pense, je suis à la recherche de quelque chose : Je recherche l’homme de ma vie ! As-tu ce bonus en poche ?

Germain792 : – Oui, c’est peut-être moi, mais ça m’étonnerait.

Samia : – Bon…. ça démarre fort ! (Rires.) Et toi, que fais-tu dans la vie ?

Germain 792 : – Ma femme est décédée il y a quatre ans dans un accident de voiture : elle est morte quelques heures après l’accident, suite à une hémorragie interne et à ses nombreuses blessures. Un jour dans l’Eurostar, l’homme assis en face de moi a entamé la conversation en disant qu’il avait rencontré la femme de sa vie sur les réseaux sociaux d’Internet. Je m’en suis convaincu : son histoire était tout à fait plausible. Une idée a germé dans ma tête : pourquoi pas moi ? Pourquoi ne pas rechercher à mon tour cette perle rare sur les réseaux sociaux, la femme de ma vie ? Plus de cinquante pour cent des couples se rencontrent ainsi à l’heure d’aujourd’hui. C’est statistiquement prouvé.

Samia : – Bonjour ! Ça va ? Je viens de t’envoyer un message. Quant à moi, je n’en suis pas convaincue, au contraire ! Les sites sont devenus de réels fléaux : l’usurpation d’identité devient fréquente, on peut tout dévoiler de soi, s’inventer une entité virtuelle, mentir, trahir, les élucubrations restent invérifiables ! Qui viendra contredire la bonne foi de l’internaute, le partage de donnée est rarement contesté sur les réseaux. Des amitiés se forgent, s’agrandissent, s’additionnent, s’effacent, se suppriment du Mur. D’un instant à l’autre, d’un simple click, on se retrouve bloqué, rejeté définitivement de la liste d’amis, une amitié virtuelle virée sans préavis de la toile.

Apparemment, Germain semble convaincu de pouvoir trouver la femme de sa vie sur le réseau. Il se déplace beaucoup, voyage tout le temps d’un pays à l’autre, mais c’est vrai qu’Internet a révolutionné les échanges : on peut se connecter à n’importe quel réseau à peu près partout dans le monde et ainsi garder le contact en ligne.

Germain792 : – Oui ça va ; et chez toi ?

Samia : – Grisaille !! Comparativement à hier où il faisait si beau ! Aussi, j’écris – écrire, écrire…

Germain792 : – OK, et tu en es à quel niveau dans ton roman ?

Samia : – L’histoire est écrite depuis longtemps, je corrige, je reformule le chapitre et ainsi de suite. Je trouve l’ensemble assez nul, le contenu manque de matière, de consistance. Pour bien écrire, il faut s’armer de conviction, mes textes manquent de densité ; j’avoue que je suis à court d’idées sur ce passage ! Tu n’as pas répondu à la question : que fais-tu dans la vie, quel job, à part surfer sur Internet ?

Germain792 : – Je suis mandataire automobile, je bouge beaucoup par rapport à mon boulot et j’aime ce travail. Sinon, je ne reste pas plus que les autres connecté sur le Net.

Samia : – Bien heureusement que tu ne restes pas tout le temps scotché à l’écran ! Que veut dire mandataire ?

Germain792 : – Je revends des véhicules d’occasion, achetés un peu partout en Union Européenne, que j’expédie en Afrique. Le marché de l’automobile est porteur dans ces pays.

Samia : – Donc, tu te ballades, tu vois du pays, c’est bien.

Germain792 : – Oui, c’est une bonne chose, les affaires tournent bien. Le ski, quelle chance ! Les pentes enneigées me manquent ! Le temps a changé aujourd’hui, ici à Londres, il faisait beau jusque là. J’imagine que ce n’était pas la même chose de ton côté. C’est bien de bouger : pendant ce temps, je ne pense plus à elle. Seulement, parfois une grande solitude me perce, je me sens seul dans les chaînes d’hôtel aux chambres impersonnelles, standardisées ; aussi, je me connecte en soirée pratiquement tous les jours lorsque je suis hors du pays.

Samia : – Mon emploi consiste à travailler sur place, mais par ici, il y a une multitude d’activités à pratiquer : c’est l’embarras du choix, il suffit de vouloir bouger !

Germain792 : – Je te laisse. On se reparlera plus tard, je vais dîner.

Germain792 : – Bon appétit !

Samia : – D’accord, bon appétit.

Appel entrant de Germain.

Appel en absence. Samia ne répond pas.

Samia : – Je ne réponds pas au téléphone. La semaine s’est-elle bien passée ?

Germain792 : – Bonsoir ma belle, comment vas-tu ? Coucou, comment vas-tu ? La semaine m’a semblée longue, j’étais dans l’impossibilité de me connecter : trop de travail en nocturne.

Samia : – Bien merci, du travail à n’en plus finir ! Tout le monde a la grippe !

Germain792 : – J’espère que je ne te dérange pas. Je viens de t’envoyer une demande en amie sur Facebook : l’as-tu reçue ?

Samia : – J’ai vu et accepté la demande. La photo de Germain est avantageuse. Tu es un bel homme. La couleur de tes yeux est inégalable. Le reflet de l’homme idéal en somme, celui qu’une femme rêve d’avoir auprès d’elle. Ton image est rassurante et une certaine droiture émane de ta personne. Je me sens en confiance avec toi.

Germain792 : – Merci, c’est gentil ; mais la tienne l’est également ! Tu es vraiment mignonne, Samia, tu le sais ça ?

Samia : – La mienne ? Quelle photo ?

Germain792 : – Oui, j’ai parcouru ta page et aimé ton profil ; seulement, je n’arrive pas à regarder tous tes albums.

Samia : – Ah ! Peut-être dois-je t’accepter en ami, alors !

Germain792 : – Oui, mais je ne sais pas pourquoi je n’arrive pas à rentrer sur ta page d’accueil : essaie de m’envoyer un message sur Facebook.

Germain792 : – Coucou. J’espère que tu vas bien ?

Samia : – Oui, bien, Germain.

Germain792 : – Moi aussi, je vais bien et suis heureux de correspondre avec toi. Tu ne viens pas sur Facebook ce soir ?

Samia : – Attends !! Je viens à peine de rentrer, tu permets que je quitte mon manteau et m’installe !

Germain792 : – Si je veux bien ? Prends ton temps. Bonsoir, tu vas bien ?

Samia : – Oui, bien. J’ai passé une très belle fin de semaine de ski.

Germain792 : – Ah, quelle chance ! C’est très bien, mais le temps a un peu changé, un peu de soleil. J’imagine que ce n’était pas pareil de ton côté.

Samia : – Très froid, mais superbe temps ; marre de la neige, je rêve de paysages colorés !!!

Germain 792 : – Oui. Je pense qu’on aura un plus d’ensoleillement dorénavant ; le printemps approche, ma belle !

Samia : – Qu’as-tu fait de beau, la semaine passée ? Je ne te voyais plus. As-tu des enfants ? Salut, bonne journée. Bon, si t’as envie de faire connaissance, tu le dis.

Samia : – Désolée, je m’excuse de t’avoir viré, mais je n’avais plus de tes nouvelles. Ton visage charmeur affiché en fond d’écran m’a manqué. Peut-on tomber amoureuse d’une image ?

Entrez un message pour vous présenter : – Bonsoir Germain, j’espère que je ne te dérange pas ?

Germain792 : – Bonsoir Samia, j’espère que je ne te dérange pas à mon tour. Tu es tombée sous le charme, alors ? Peut-être même amoureuse ?

Appel en absence de Germain.

Samia : – Tu as appelé ?

Elle a partagé ses détails avec Germain.

Samia : – C’est bien que tu aies rappelé, je t’accepte avec joie !

Germain792 : – Salut ma toute belle. Je ne te voyais plus dans mes contacts : tu m’avais supprimé ? Je veux savoir.

Samia : – Non, tu ne me déranges pas. Oui, je t’ai supprimé des contacts : tu ne te manifestais plus. Je m’étais habituée à voir apparaître ta photo du profil, dès la connexion : elle est si rassurante ! A la regarder, je me sens heureuse.

Germain792 : – Je sais. C’est l’impression que je donne aux femmes en général. Mais j’aimerais savoir : pourquoi m’avoir supprimé ? Ah OK ! J’ai lu la réponse. Par contre, j’étais connecté à Facebook. Dans mon métier, il y a beaucoup d’impératifs, parfois totalement inattendus, je suis tributaire des horaires souvent extensibles.

Samia : – Ok, je ne t’ennuie plus avec mes reproches ! Restons connectés. Je regrette de t’avoir viré : ta photo m’a manqué. Je t’ai cherché sur les réseaux sans résultat. Tu n’adhères à aucun autre.

Germain792 : – OK. Tu veux qu’on coupe Facebook et qu’on reste sur un seul site ? Je n’y vois pas d’inconvénients.

Samia : – Brancher la webcam et tchater alors que je suis en famille, ce n’est pas terrible… : mon chéri rôde autour de l’écran. De plus, j’ai débranché la webcam ; quoique, j’aimerais voir à quoi tu ressembles (curieuse…)

Germain792 : – Ben, j’aimerais te voir aussi à l’écran : tu peux rebrancher si tu veux bien.

Samia : – Trop timide, pas encore prête à sauter le pas. Un de ces jours, si tu veux bien, nous ferons un essai.

Germain792 : – OK pas de soucis, je suis d’accord ! A l’heure de pause, on se lance, alors ?

Samia : – On se lance. Je t’ai envoyé une superbe musique. A plus ! J’en ai d’autres en réserve à te faire écouter.

Germain792 : – OK. J’adore la musique aussi, fan des Stones et d’Higelin. J’écouterai tes musiques et publierai plus tard ; je te dis à tout à l’heure, bisous.

Samia : – Tu sembles parfaitement normal : J’ai bien regardé ta page Facebook, et lu les posts de ta Time line. J’ai bien ri en lisant « Je ne comprends pas le chinois, mais je comprends ce symbole, il veut dire love en chinois » ! L’émoticône est original ! Des envolées sensuelles ? Coucou, tu es là ? Déçue : tu n’écris plus.

Germain792 : – Coucou, je suis toujours là. J’en connais beaucoup d’autres, des symboles de ce style. Regarde celui-là, il veut dire : je t’aime. Qu’est-ce que tu fais ?

Samia : – Je suis à la maison. On se dit 20h30 : ça ira ?

Germain792 : – OK je patienterai ; mais que fais-tu exactement en ce moment ?

Samia : – Je prépare à dîner à mes deux petits enfants. C’est la première des choses que je fais en rentrant. La nounou vient tout juste de partir.

Germain : – Ah, OK. Désolé de te déranger : à tout à l’heure et bon appétit.

Samia : – A tout à l’heure. Que fais-tu pendant ce temps ?

Germain792 : – Je regarde les infos en t’attendant. Et toi, qu’est-ce que tu fais à présent ?

Samia : – Devine ! J’écris, comme d’habitude en soirée. Les enfants sont couchés. J’ai essayé de faire fonctionner la webcam, je n’y arrive pas ! Quel boulet !!!

Germain792 : (Rire.) – Je m’en doutais ! Mais tu as déjà dîné ? Tu veux que je t’appelle ?

Samia : – Oui, et j’aimerais te voir aussi : appelle vers 21h, veux-tu ?

Germain792 : – OK ma douce ! Qu’est-ce qui t’en empêche en ce moment ? (Rire !) Tu es avec ton chéri ?

Samia : – Pour être franche, oui. Je sais, c’est compliqué. Je serai plus tranquille mais seulement au-delà de 21h15. Ne ris pas, il regarde le match à la télé. Ce n’est pas drôle, simplement compliqué : désolée ! Il est rare que je dialogue avec quelqu’un ; je décline systématiquement toutes les invitations. Je les ignore carrément…

Germain792 : – Je serai là. Mais dis-moi, tu pourras brancher ta webcam plus tard, j’espère ?

Samia : – Le hic, c’est que j’ai essayé, mais n’y arrive pas ! Je tenterai de la rebrancher à nouveau tout à l’heure. Pourquoi n’as-tu pas répondu à mon appel à 14 h ?

Germain792 : – J’ai répondu, mais c’était trop tard, tu n’étais plus là. Regarde sur Facebook, tu verras un beau poème.

Samia : – Je sais, j’ai lu : très poétique ! Je suis assez prise par le temps, je ne peux déborder sur l’heure.

Germain792 : – OK. Je comprends. Comme je n’étais pas vraiment à l’heure, je n’ai pas insisté. J’ai laissé la page, au cas où tu viendrais à te reconnecter.

Samia : – J’ai raté ça ! Dommage,….

Germain792 : – C’est pas grave ! Bon, je te laisse, à tout à l’heure : je vais regarder un DVD.

Samia : – Que vas-tu regarder ?

Germain792 : – J’ai mis Lost in translation.

Samia : – J’adore ce film ! Veinard !

Samia : – Désolée de monopoliser ta soirée, faut croire qu’on ne doit pas se parler ce soir ! Ce n’est pas faute d’essayer pourtant !

Germain792 : – Non, le film n’est pas très violent, ma belle, plutôt lent. Lis le résumé sur le Net. Je te laisse, je me reconnecterai plus tard.

Germain792 : – Je ne comprends pas : que veux-tu dire ?

Samia : – Pourquoi m’appelles-tu « ma belle » ? J’imagine que si j’étais moins jolie, tu ne voudrais pas correspondre. Je veux dire que ça tombe à l’eau, je ne peux te monopoliser toute la soirée.

Germain792 : – Désolé si le compliment te semble déplacé, c’est pourtant ce que je pense ! Ça ne me dérange pas qu’on passe toute la soirée ensemble. Tu n’aimes pas que je t’appelle ma belle ?

Samia : – Imagine que j’aie un physique difficile : la mauvaise surprise !! Si, c’est gentil, voir flatteur, mais est-ce vrai ?

Germain792 : – Ben, je voulais te flatter. Je rigole ! De façon à dissiper le doute, on se voit tout de suite, OK ?

Samia : – Ce n’est pas sympa, j’aurais préféré que tu me trouve jolie. Pourquoi avoir débranché ??? J’ai tout installé, reviens ! Je suis fâchée ! Si tu veux savoir, je suis jolie et attirante, je semble plus jeune que mon âge, j’aime les gens intelligents et les têtes bien pleines. Oui, j’aimerais changer de vie, pour des raisons personnelles, oui, je suis une bonne mère, dévouée, fidèle, oui je suis téméraire, bosseuse, j’aimerais mener une vie différente, et trouver quelqu’un avec qui partager le temps qui reste, t’es content ? Voilà ! Maintenant au lit : je me lève tôt demain.

Samia : – Qu’est-ce que tu deviens, beau gosse ? Evanoui dans la nature ? Nos conversations me manquent. Si seulement, tu existes quelque part sur la planète, une personne bien vivante en chair et en os, réponds-moi.

Germain792 : – Mais tu as coupé sur Facebook.

Samia : – Non, Bonjour !

Germain792 : – Je souhaiterais vous ajouter dans mes contacts.

Samia : – Bonjour Germain, je me présente : Samia Jordi. Je suis à la recherche de l’homme de ma vie ; connais-tu la recette ?

Germain792 : – Oui.

Samia : – Que faut-il faire ? Comment doit-on s’y prendre ? Tu as le mode d’emploi en poche ?

Samia fixe l’image affichée en fond d’écran, ses pensées s’égarent. Peut-on tomber amoureuse d’une image ? Il est fort probable, lorsqu’elle tend la main vers ce profil virtuel en fond d’écran et pense qu’il existe quelque part. Ces yeux verts l’émerveillent ; la franchise du regard, ce sourire épanoui le concrétisent sous la forme de l’homme idéal.

Germain792 : – Tu as une très belle photo du profil en ce moment ; attends un instant, je vais régler un petit truc : l’image est un peu brouillée, il me semble.

Samia : – Chez moi, tout fonctionne. Appare-mment, il y a des soucis de connection ; bon, tu vas me rater, dommage !

Samia : – J’aurais vraiment aimé te voir ; bon, je raccroche.

Germain792 : – Oui raccroche, ma belle. C’est dommage, oui, mais je pense qu’on aura l’occasion de se voir bientôt : c’est mon souhait le plus fort.

Samia : – Je ne comprends pas pourquoi nous ne pouvons pas nous parler en direct sur Skipe !

Germain792 : – Je ne le sais pas, ma princesse : je pense que j’ai un souci avec la webcam. En matière d’informatique, je ne suis pas très calé ; franchement, j’ai peu de temps pour m’occuper de ces détails.

Samia : – Pourtant au début, c’était bien toi, qui tenais à communiquer sur Skipe ! Avoue que tu n’as pas de chance : un portable hors-norme qui beugue, normal, c’est l’Angleterre ! Skipe qui fonctionne à ses moments perdus, pas de chance ! Tu vis hors du temps. J’ai un téléphone portable qui surpasse mon PC : une technologie révolutionnaire. Toutes tes photos sont stockées dans mes images. Je les regarde à tout bout de champ. Elles sont si belles ! Je ne dirais pas prises par un professionnel, – les poses sont très naturelles – mais, probablement, par quelqu’un qui a du talent, une certaine sensibilité, quelqu’un de proche ; il est probable que c’est une femme. Je n’aurais pas fait mieux.

Germain792 : – Oui, je suis entouré de gens assez doués dans la prise de vue. Je vais essayer d’élucider le problème : vu que c’est le weekend, ça tombe bien. Je n’ai pas de forfait option monde, – trop cher !

Samia : – Il n’y a que la sensibilité d’une femme pour prendre de si belles photos : elle doit être très amoureuse, et il en résulte une désinvolture surprenante. Elle a de la chance : tu es un modèle de premier choix. Je vais fumer une cigarette – ça me passera les nerfs ! Je sais, c’est incompatible avec le sport. Chacun ses vices ! J’en fume seulement quelques-unes par jour, je suis raisonnable.

Germain792 : – Tu sais, fumer est néfaste, ce n’est pas une occupation compatible avec le sport.

Samia : – C’est vrai, fumer tue, c’est mentionné sur l’emballage ; et toi, tu ne fumes jamais ?

Germain792 : – Moi, je ne fume pas. Ne sois pas inquiète, j’ai des connaissances qui évoluent dans le milieu artistique, c’est tout.

Samia : – Pourtant sur l’une de tes photos, tu fumes : celle où tu es photographié en smoking à une soirée.

Germain792 : – Oui, mais c’est occasionnellement, dans des circonstances bien précises. La photo a été prise en Côte d’Ivoire, j’étais en affaire à Abidjan, j’ai été invité au club Med à une soirée de gala. Je ne voulais pas vraiment y aller car je venais d’arriver. J’étais crevé du voyage, mais le détour a valu la peine. C’était à Assinie, une luxueuse station balnéaire, sur le golfe de Guinée, d’où le nom d’Ivory Cost, pour te situer ; c’est splendide, mais tout de même à quatre-vingt kilomètres d’Abidjan. C’était de la folie : un luxe inouï ! Un tas de jolies filles ont défilé sur le podium, – des mannequins. J’ai passé une soirée pas possible, une vraie tuerie !

Les yeux de Samia sont attirés comme deux aimants vers l’image affichée sur la page d’accueil, le regard hypnotisé dévisage le portrait de Germain en smoking noir : quelle élégance ! L’inconnu lui fend littéralement le cœur. Ce qu’il est séduisant, les yeux dans le vague, ange ou démon ! Quel espoir nourrit-il ?

Comment fait-on pour garder un homme aussi séduisant ?! Justement, c’est là que le bât blesse : on ne le garde pas, on le regarde comme une belle image, c’est tout !

Ce n’est pas tant la beauté. Certes, l’image est belle, mais quelque chose de tangible, de fragile, voire de vulnérable apparaît dans le regard détaché de la foule : Germain est absorbé par une projection intérieure. Le regard s’immobilise sur un point défini ; le souvenir d’une silhouette se ravive à son souvenir, la vision du mannequin arrêtée au fond de la salle lui renvoie une image de la femme idéale. (Germain ne l’aborda pas dans l’immédiat et attendit une autre occasion, un moment plus favorable à leur rencontre.)

Samia : – Que pensais-tu à ce moment précis ?

Germain792 : – Je regardais une fille au fond de la salle.

Samia : – Le reflet de la femme idéale en somme !? Exactement ce à quoi je pense.

Germain792 : – La jeune mannequin m’a rappelé ma femme.

Samia : – La photo du petit garçon en affiche sur ton mur, est-ce toi ?

Germain792 : – (Rire.) Mon ange, c’est plutôt cette photo de toi qui fait fondre mon cœur en ce moment. Le petit, c’est bien moi, à califourchon sur le dos d’un copain ! J’étais mignon en dernière section de maternelle, j’en faisais voir de toutes les couleurs à la maîtresse d’école : « le chouchou de la classe » disaient les autres – je crois que c’était vrai !

Germain792 : – Tu es occupée ? Pourquoi je ne peux pas te voir ? Je pensais que tu avais branché la webcam !

Samia : – Oui, je l’ai installée et désinstallée. Ce soir, c’est carrément impossible ; par contre, pour demain, on pourrait convenir d’un horaire si tu veux bien. Désolée : on finira peut-être par y arriver.

Samia : – Je dîne : enfin, les enfants sont couchés ! Je voudrais noircir des pages de mots doux à ton intention (tu m’inspires), mais je ne dois pas.

Germain792 : – OK. Tu ne vas pas dormir tout de suite, aussi, même au lit, tu peux m’écrire, chérie, et les mots doux, je n’attends que ça.

Samia : – C’est génial ! J’écris de mon portable, via Skipe ; l’installation Skipe mobile fonctionne, hourra !

Germain792 : – Bien, chérie ! Je vais voir à mon tour comment fonctionnent toutes ces technologies. Je n’ai rien installé sur mon portable, je serai un peu plus attentif, dorénavant.

Germain792 : – J’ai vu ton dernier message, mais sache que mon amour pour toi est comme l’univers : il est sans limite.

Samia : – C’est un beau message ? Un texte que je viens d’écrire dans mon livre : ça n’a pas vraiment de rapport avec nous.

Germain792 : – Ah bon ! J’ai pensé que c’était en rapport à notre histoire et que tu n’y croyais pas. Ta photo est bien sexy, mon ange ; si seulement, je pouvais faire un zoom dessus, je l’aurais agrandi pour admirer tes belles cuisses.

Samia : – Que nenni ! Un jour peut-être. Bon, je t’envoie l’original de la photo (in love).

Germain792 : – Envoie la moi, maintenant, chérie !

Germain792 : – Je vois ton ventre ! On dit que le coup de foudre n’arrive qu’une fois, mais c’est faux ! Moi, j’ai le coup de foudre, chaque fois que j’allume mon ordinateur et que je vois ton image en fond d’écran. Tu es belle, chérie, je te vois à travers la webcam. Tu ne peux pas imaginer ce que je ressens à te regarder. J’ai tellement envie de te prendre dans mes bras.

Samia : – Idem. Lorsque j’allume mon téléphone portable, ton image apparaît à l’écran, je te trouve très beau. Je suis si heureuse d’être tombée sur toi. J’aimerais exposer ta photo aux yeux du monde et crier haut et fort : « voici l’homme que j’aime ! »

Germain792 : – J’aimerais crier le bonheur d’être avec toi. Je me sens si heureux en ta compagnie, à correspondre avec toi. Il y a longtemps que je n’avais ressenti un bonheur semblable.

Samia : – Le bonheur n’existe que s’il partagé avec un être aimé.

Germain792 : – Tu as un physique parfait, tu es mannequin ?

Samia : – Non, c’est toi qui as tiré la bonne pioche. La photo est peut-être retouchée : à l’aide d’un logiciel type Photoshop, on peut faire de belles choses. Peut-être qu’en réalité, je ne suis pas la même personne !

Germain : – Mais alors, quel est l’intérêt de m’envoyer une photo qui n’est pas de toi ?

Samia : – Bien sûr que c’est moi ! Viens constater par toi-même ! Je n’attends que ce moment ! J’aime bien semer le trouble dans la tête des gens.

Samia : – C’est génial, je reçois tous tes messages sur mon portable.

Germain792 : – Une vraie coquine ! Je t’adore, mon chou.

Samia : – Regarde mes posts sur Facebook ! Sors dehors, va donc boire une pinte John Smith au pub du coin, c’est rafraichissant !!

Germain792 : – (Rire) j’ai vu, génial ! J’aimerais bien ! Seulement, si tu étais là, peut-être que je me soûlerais en ta compagnie pour fêter l’événement !

Samia : – En général, on se soûle pour oublier !!

Germain792 : – Oui, mais on boit aussi lorsqu’on est heureux, mon ange.

Samia : – Ah bon ! Cette version du bonheur est sûrement exclusive à l’homme !

Germain792 : – (Rire) Eh bien, je ne sais pas. Je me soûle rarement, mais je pense pouvoir y arriver en ta compagnie. Tu imagines ce qui pourrait se passer ensuite, n’est-ce pas ?

Samia : – Nous nous sommes effondrés chacun de notre côté… l’alcool agit sur moi, comme un vrai somnifère.

Germain792 : – Ah bon ! Alors, je ne te laisserai pas boire une seule goutte ! Je voudrai te voir joyeuse, qu’on se laisse aller comme des gamins qui vont à un bal de fin d’année.

Samia : – Le pire de tout, c’est un bon champagne… ! L’alcool me détend au point de m’engourdir l’esprit !

Germain792 : – Si l’alcool ne te rend pas violente, je suis partant chérie : il faut bien arroser notre rencontre.

Germain : – Tu es toujours là, chérie ? Je ne te vois plus, tu es toujours sur ton mur ou sur ton téléphone portable ?

Samia : – Non, j’ai éteint, j’écris. On essayera demain, si tu as un peu de temps.

Germain792 : – J’ai toujours du temps à t’accorder, mon ange. Tu veux qu’on aille au lit ?

Samia : – N’oublie pas de prendre l’air, de sortir et voir le soleil, c’est bon pour les neurones, et le reste aussi...