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Récits romantiques

De
340 pages

Dans son recueil de nouvelles, l'écrivain québécois François Lemire conte les aventures extrêmes de courageux personnages. Qu'il s'agisse de créatures extraterrestres, de chercheurs d'or, d'hommes d'affaires aux prises avec la mafia, ou encore d'une famille dans le besoin sauvée par un oncle richissime, tous font l'expérience d'une crise existentielle profonde. Tel un fil rouge parcourant l'ouvrage, cette recherche de l'épanouissement personnel concerne aussi bien un couple victime d'un accident d'avion, contraint de se dépasser physiquement et mentalement pour survivre, qu'un célibataire dont l'existence est bouleversée par sa rencontre fortuite avec une femme libre et indépendante. Au terme d'une série de péripéties parfaitement orchestrée, chaque drame trouve une fin heureuse, car l'auteur prend soin de ménager une chute mémorable qui éclaire et surprend tout à la fois.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-01995-3

 

© Edilivre, 2017

Récits romantiques

 

Toutes ressemblances avec des événements, des dates ou des personnes ne sont que pures coïncidences. Par contre tous les lieux sont authentiques.

Tombée du ciel

Je revenais de Magog ou plus précisément de la maison au bord du Lac Memphrémagog où résident mes parents. Ces derniers, ex-éditeurs, demeurent à la campagne depuis qu’ils sont à la retraite et ont vendu leur maison d’édition spécialisée dans les manuels scolaires. J’avais emprunté la Route Régionale 112 plutôt que l’Autoroute 10 des Cantons de l’est. J’aimais conduire mon Subaru Outback sur un chemin sinueux même si la nuit était depuis longtemps tombée. Puis il se mit à pleuvoir. Il fit vraiment noir, la visibilité difficile à travers le crachin, je dus diminuer considérablement ma vitesse. L’heure avança. Il était minuit passé lorsque cela arriva.

Mon moteur étouffa, la lumière blafarde de mon tableau de bord s’éteignit, je roulai quelques mètres sans phare puis mon véhicule s’immobilisa au milieu de la chaussée. Je tentai en vain de repartir, le démarreur n’émit aucun gémissement. Je n’y comprenais rien. Pourtant ce véhicule utilitaire sport était presque neuf donc la batterie en parfait état, théoriquement. Je me suis toujours soucié de posséder une automobile en ordre en toutes circonstances et voilà qu’elle me lâchait en plein champ. Pas la moindre maison à l’horizon. Pas la plus petite lueur à travers les ténèbres.

Puis tout à coup, une étoile tomba du ciel et fondit sur moi. C’était une énorme sphère ronde d’un blanc bleuté qui ne faisait pas plus de bruit qu’un séchoir à cheveux. Des cordes d’eau continuaient à s’abattre sans relâche. J’étais aveuglé par la lumière éclatante que dégageait l’objet et qui irradiait mon automobile. La radio se remit à fonctionner, une musique lancinante d’une douceur enchanteresse envahit l’habitacle. Je fus immédiatement comme hypnotisé. J’ouvris la portière. J’étais irrésistiblement attiré hors de l’auto et je marchais vers le vaisseau de l’espace. Une rampe d’accès coula vers moi et m’invita à la gravir.

Je me sentais glissant sur cette plate-forme de métal ardoise. Je débouchai sur un corridor aux parois lisses comme une patinoire. Personne en vue. Mes jambes me portaient et me faisaient avancer sans que j’utilise ma volonté. Apparut enfin une vaste salle circulaire aux murs remplis de voyants lumineux, de cadrans colorés, d’ordinateurs bizarres, encadrant une large fenêtre sans teint. Y régnaient des crépitements d’appareils électroniques.

Sans trop savoir pourquoi je me suis assis dans l’un des sièges à haut dossier ; une coiffe métallisée descendit automatiquement sur ma tête. Du casque provenait une série de vibrations presque imperceptibles. Je ressentis une grande torpeur. Mes yeux picotaient de plus en plus, mes paupières devenaient pesantes. Je ne puis résister à fermer les yeux. Sommeil, sommeil, profond sommeil, à chaque minute je sombre dans un sommeil plus profond. Mes paupières sont soudées. Je ne puis ouvrir les yeux. Ma tête est lourde. Mes membres pèsent lourdement. Tout est noir pour moi maintenant. Je n’entends plus que cette musique. Je suis bien endormi, si bien endormi que je ne pourrai m’éveiller que lorsqu’on m’en donnera l’ordre. À chaque inspiration, je suis plus calme, plus paisible. À chaque expiration, je tombe dans un sommeil plus profond. À chaque respiration mon corps est de plus en plus lourd, relax, détendu.

Des images fusent, d’abord comme un diaporama puis de plus en plus vite pour devenir un film. Se succèdent des chiffres, des figures géométriques, des équations, des symboles. Tout cela accompagné de sensations étranges et agréables. J’ai l’impression de renaître d’une façon différente. Je flotte dans la stratosphère, puis je sens une certaine gravité. Je vois une planète auréolée de nuages orange. Je survole de plus en plus près cette terre fascinante. Je me pose sur une haute colline au pied de laquelle se dresse tout autour une cité blanche. Toutes les constructions sont façonnées sur le même modèle cylindrique haut de quatre à huit étages. Des habitants se déplacent sur des trottoirs roulants à grande vitesse sans créer de déséquilibre. Personne ne semble parler, ils gesticulent un peu, se regardent et vaquent à leurs occupations. Ils sont assurément télépathes. Les personnages sont tous vêtus d’une sorte de toile cirée collée à leurs corps qui ne laisse aucun doute sur leur sexe. Ce matériel gris possède des teintes pastel qui miroitent au rythme de leurs mouvements. Ces gens ont les mêmes caractéristiques que nous, les humains. Rien à voir avec des êtres hideux et verts des films de science-fiction du style la Guerre des mondes de H.G.Wells, Star Trek de Gene Roddenberry ou Star Wars de Georges Lucas. Ce qui impressionne le plus c’est cette perfection dans leurs proportions physiques. Les hommes ont tous la même taille et c’est la même chose pour les femmes. Une absence totale de signe de vieillissement. Tous semblent avoir le même âge. Ils ont tous les yeux émeraude, des cheveux argent, une peau blanche, translucide presque diaphane, mais sans veines apparentes. Ils sont tous d’une étrange beauté.

Descendu de la colline, après un court trajet sur un trottoir roulant, sans que ma présence n’engendre la moindre réaction des drôles de personnages, j’entre dans l’établissement principal de la cité. L’édifice est construit tout d’un bloc comme si les pièces avaient été creusées dans le marbre ou le granit. Je me promène sans souci de déranger. Je découvre comme une immense bibliothèque dont les livres sont en fait des disques triangulaires de laiton dépoli. Chaque créature manipule un appareil bizarre, une sorte de boule aux multiples facettes qu’il tourne et retourne inlassablement entre leurs mains. Ils enfoncent les disques dorés dans les interstices de la sphère qui prend aussitôt un éclat doré luminescent. Ils se mettent alors à fixer l’objet intensément. Je tente moi-même l’expérience et je regarde à mon tour ce kaléidoscope miniature. Je vois se précipiter les événements marquants de ma vie passée.

Tout apparaît comme un hologramme où la plus petite partie représente un angle différent de l’image globale. C’est étourdissant car en plus de voir ma vie se dérouler sous mes yeux je ressens avec tous mes sens l’empreinte de ces situations. Je vis mon propre baptême et sentis l’eau bénite sur mon front déclenchant force cris ; mon premier cours de natation et sentis le chlore et la fraîcheur de l’eau de la piscine me piquant le nez ; je goûtai avec délectation le glaçage de mon dixième gâteau d’anniversaire constellé d’autant de mini-bougies ; je frissonnai au contact du sein de Rebecca à mes seize ans ; je ressentis l’émotion en écoutant le Messie de Handel à la Basilique Notre-Dame de Montréal ; j’essuyai mes larmes chaudes et salées au décès de mes grands-parents au cimetière de Côtes-des-Neiges ; j’entendis les applaudissements lors de la remise de mon diplôme de fin d’études secondaires ; je ressentis une immense fierté lors de l’obtention de mon doctorat ; j’étais étourdi sous l’effet de l’alcool quand mon ami d’enfance se maria ; un grand plaisir m’envahit lorsque je signai mon premier contrat d’engagement comme enseignant à l’Université, etc.

À un certain moment, j’ouvris les yeux et devant moi, postés comme des statuts, deux mâles et une femelle me fixaient de leurs regards célestes. L’un des mâles s’approcha de moi, appuya sur une touche du fauteuil et le casque se souleva, me prit la main doucement et m’invita à me lever. Il me fit signe de les suivre dans une pièce contiguë où il n’y avait personne.

– Soyez le bienvenu François Leclerc, dans notre vaisseau, dit la première créature masculine. Excusez notre accent peu orthodoxe, mais nous n’avons eu que quelques minutes pour apprendre votre langue ! Comme vous pouvez vous en douter, nous avons échangés des renseignements sur nos différentes cultures. Votre civilisation nous est maintenant connue et la nôtre vous fut présentée à l’instant. Certes la manière fut quelque peu directe, mais le temps nous est compté. Nous ne pouvons bloquer votre route trop longtemps sans attirer l’attention de vos autorités, police, forces armées ou autres. Nous avions mission d’intercepter un natif de la planète Terre et de l’utiliser pour notre expérience. C’est chose faite, du moins en partie.

J’écoutais comme si la chose était un écho d’un rêve. Je me surprenais à ne pas être apeuré par cette situation insolite. Probablement qu’ils avaient influencé mes émotions en jugulant le fonctionnement de mon hypothalamus afin de rendre cette rencontre tolérable. Aucune surdose d’adrénaline dans le sang.

La deuxième créature masculine poursuivit.

– Un autre objectif de cette expédition hors de notre galaxie consiste à amener une cyphérienne sur votre planète afin d’y vivre avec vous le temps que nous jugerons nécessaire. Aussi avons-nous pensé vous présenter Cassiopée que voici.

La Cassiopée en question, la troisième créature féminine, pencha son corps en avant à la japonaise. Puis un silence s’installa entre nous. Je n’osais croire que tout fut dit si simplement alors que les conséquences de cette petite présentation étaient innommables.

– Puis-je en savoir davantage sur votre expérience avant de servir de cobaye ? Je crois que j’ai le droit de connaître tous les tenants et aboutissants de ce projet pour le moins étonnant.

– N’ayez crainte, reprit le premier cyphérien, vous ne courez aucun danger. Vous n’aurez qu’à vous faire accompagner de Cassiopée dans votre vie quotidienne. Ne changez en rien vos habitudes. Au contraire, restez vous-même. Le but c’est de vérifier la capacité d’adaptation d’une cyphérienne dans un monde comme le vôtre. Cela fera avancer nos recherches sur les différentes populations qui peuplent les galaxies et les systèmes solaires de l’Univers.

Il n’avait pas idée jusqu’à quel point c’était plus facile à dire qu’à faire.

– Soyez assuré François, ajouta le deuxième cyphérien, que Cassiopée saura se faire discrète et toute petite. Elle ne vous occasionnera aucun désagrément. Vous n’avez qu’à annoncer à votre entourage qu’une grande amie passe un bout de temps avec vous, en voyage culturel, pourrait-on dire.

La farce ! Comme si je pouvais me promener du jour au lendemain avec une créature si bizarre tout droit sorti d’une bande dessinée de science-fiction pour adultes, et ce, sans attirer l’attention.

– Ai-je le pouvoir de refuser ? dis-je spontanément.

– Bien sûr et nous chercherons un autre spécimen de votre race pour l’expérience mais nous avons sondé votre inconscient et il appert que vous êtes prêt à vivre cette aventure. Psychologue émérite, célibataire, facilement enclin à l’ennui, Ph. D. en psychologie et professeur agrégé à l’Université de Montréal, avec une curiosité sans bornes, toujours prêt pour l’inédit, ex-scout, grand voyageur, cultivé, amateur d’art, bilingue, mélomane et en excellente santé physique et mentale. De plus, nous ne sommes pas dupes, dès que vous avez posé votre regard sur Cassiopée, votre pupille s’est dilatée, votre rythme cardiaque a accéléré, la température de votre peau a changée, la sécrétion de phéromones a augmenté, ai-je besoin de préciser que… En bref, votre intérêt pour elle est évident.

En rougissant, je me disais que ces cyphériens commençaient à me gonfler sérieusement.

Les deux cyphériens reculèrent signifiant que ce bref entretien était terminé et que l’affaire était conclue. Ils regardèrent les tableaux clignotants. L’un d’eux toucha un bouton sur une console à proximité. Un bruit sourd se fit entendre et la rampe de l’engin venait à nouveau de s’encrer au sol.

Cassiopée me fit signe de la suivre. Nous sortîmes du vaisseau spatial et nous dirigeâmes vers ma voiture. J’étais incapable de rouspéter.

Il ne pleuvait plus, mais l’air pur et humide de la campagne me ramena à la réalité. Rapidement, le vaisseau commença à s’élever verticalement, très haut dans le ciel. Puis il fila à la diagonale comme un éclair pour ne devenir qu’une étoile parmi les étoiles et finalement disparaître complètement.

*
*       *

Je me glissai sur le siège du conducteur persuadé que tout fonctionnait parfaitement maintenant et ma compagne s’installa avec des gestes d’une grâce sans égale. Je m’apprêtais à lui signifier qu’elle devait attacher sa ceinture de sécurité qu’elle s’exécutait déjà.

Je jetai un coup d’œil à cette nymphe sortie de l’espace qui ne bougeait pas. Assise droite sur la banquette avant du passager, fixant l’horizon devant nous, sans aucune frayeur, les mains reposant sur ses cuisses, la tignasse argentée coupée à la Cléopâtre, la respiration profonde et calme, les jambes allongées. Émanait d’elle une confiance en soi et une force hors du commun. Nous demeurions silencieux tout du long du trajet.

*
*       *

Une heure et demie plus tard.

– Nous entrons bientôt dans la ville où je réside et travaille, Montréal, la plus grande ville du Québec, cette province francophone à l’Est du Canada, en Amérique du Nord, dis-je. Nous sommes sur le boulevard Taschereau à Longueuil. Ceci est le pont Champlain qui enjambe le Fleuve Saint-Laurent. Nous serons sur le boulevard Décarie et prendrons la sortie Queen Mary afin d’entrer dans mon quartier. Je demeure dans un condominium sur la rue Willowdale.

– Je sais tout cela, François, inutile de me décrire votre géographie en long et en large. La géographie de votre petite planète n’est vraiment pas un problème pour nous.

– OK, OK ça va.

Plusieurs voitures jouaient à saute-mouton en dépassant les traînards du matin. Tout en conduisant, mon cerveau prit la tangente, car il fallait penser vite pour mettre en place un scénario qui tienne la route afin que mon monde reçoive cette inconnue.

– Ne vous préoccupez pas de l’avenir et cessez de vous inquiéter inutilement. Tout ira bien, j’y veillerai, ajouta-t-elle, tout simplement.

– Je sais que vous êtes télépathe mais j’apprécierais que vous ne passiez pas votre temps à lire dans mes pensées. Compris ?

– J’essayerai, François, si c’est ce que vous désirez, mais n’espérez pas que je ne le ferai pas avec les autres, il en va de ma sécurité et de la réussite de ce projet. Compris ?

Décidément, elle avait réponse à tout.

La cacophonie de la ville montait au fur et à mesure que la matinée avançait. Il était 8h00 du matin lorsque je stoppai la voiture devant mon immeuble. Je lui indiquai de me suivre et nous montâmes à mon condominium en prenant bien soin de ne pas être remarqué par des curieux éventuels. J’avais d’ailleurs pris la précaution de jeter sur les épaules de Cassiopée mon trench-coat. Son vêtement collant, suggestif, n’était pas un vêtement acceptable en dehors d’une soirée d’Halloween, d’un spectacle des Grands Ballets Canadiens ou du Cirque du Soleil.

Alors que je me changeais et cherchais des vêtements provisoires pour ma cyphérienne, elle était absorbée par la télévision dont elle avait aisément découvert le fonctionnement. De retour dans la salle de séjour, elle me demanda.

– Pourriez-vous me dire ce que signifie armée, occupation, terrorisme, attentat, bombe, guerre ? me demanda-t-elle en me montrant les images qui défilaient sur l’écran plat concernant les nouvelles en provenance du Moyen-Orient et autres parties du globe.

J’hésitai un instant, ayant besoin de réfléchir à ces notions pourtant simples pour le commun des mortels mais qui exigeaient des explications compréhensibles pour quelqu’un qui n’avait évidemment pas été en contact avec une réalité qui était, pour nous terriens, aussi vieille que l’humanité.

– Cela veut dire que des hommes tuent d’autres hommes en utilisant toutes sortes de moyens, d’armes, et ce, pour toutes sortes de motifs dont le désir de conquête, la protection, la volonté de posséder des richesses, la cupidité, l’orgueil, la vengeance, l’ignorance, l’idéologie religieuse ou politique, etc. Cela n’existe pas chez vous ?

– Non, aussi loin dans ma mémoire, il n’y a jamais eu ce type d’activités barbares. Nous préférons créer que détruire. Je ne comprends pas pourquoi votre peuple pose des gestes témoignant de si peu d’intelligence.

– Tu as tout à fait raison, Albert Einstein disait d’ailleurs que l’immensité de l’Univers n’avait d’égale que la stupidité humaine. L’Univers connu a quatorze milliards d’années lumière, c’est tout dire.

– Pourquoi ?

– Je crois que l’homme accepte mal la différence. Elle lui fait peur. Il ne supporte que ce qui est semblable à lui-même, ce qu’il comprend. Ainsi lorsque plusieurs hommes sont en présence des autres et qu’ils ont des opinions, des croyances, des langues, des couleurs de peau, des coutumes, des attitudes, des comportements, des cultures, des religions, des lois différentes ; cela dégénère inévitablement en conflit et ce, surtout si des menaces à la survie sont présentes. Cela est bien triste, mais c’est comme ça.

Pour la première fois depuis notre rencontre, Cassiopée me parut décontenancée, vulnérable, touchée, déçue, désolée par cette révélation. Pour chasser le lourd silence qui s’ensuivit je suggérai d’aller faire une longue promenade dans le quartier en espérant changer les idées noires de la belle dame. Elle ne se fit pas prier car sa curiosité l’emporta sur le reste.

La journée passa sans encombre. Cassiopée semblait enchantée par tout ce qu’elle découvrait. Elle avait des yeux tout autour de la tête. Plus d’une fois, je perçu les regards appréciateurs des passants qui trouvaient assurément originale ma compagne. Certes Montréal est une ville cosmopolite mais quand même il n’était pas aisé de déterminer l’origine de Cassiopée même en imaginant certains métissages. Mon chandail bleu marine et mes vieux jeans n’altéraient en rien la beauté presque surnaturelle de la cyphérienne. Une telle apparence créait plus d’un émoi et j’ose dire, de convoitise. Je me surpris à être fier d’elle et même un peu trop à mon goût.

*
*       *

Un des événements comiques de cette première soirée sur terre fut son initiation à de la nourriture réelle car, chez eux, il suffisait d’avaler un comprimé avec de l’eau et le tour était joué. Elle découvrit ainsi tout un monde de saveurs qu’elle apprécia dès les premières bouchées. Quel ne fut pas aussi son étonnement de constater que les humains employaient un bain pour se laver. Chez elle, m’expliqua-t-elle, on utilisait un appareil d’aseptisation intégral : une sorte de nettoyage à sec qui ne prenait que quelques minutes. Elle n’en exprima pas moins un vif plaisir à patauger dans la baignoire comme un canard. Elle me faisait penser à Julia Robert dans le film culte Une jolie femme. Après la trempette, elle se sécha et marcha dans l’appartement, complètement nue, sans se soucier des rideaux ouverts ou de ma présence. C’est alors que je constatai qu’en plus de n’avoir aucune inhibition, elle n’avait aucun poil nulle part. Je n’ai émis aucun commentaire mais néanmoins dû intervenir en lui affirmant qu’une certaine pudeur était de mise dans notre monde barbare. Sans sourciller, elle accepta mon peignoir.

Elle était vraiment ravissante avec ses cheveux argent mouillés, pieds nus, sans artifice, douloureusement provocante, si j’en juge à l’excitation qu’elle provoqua chez moi. Je me suis fait violence et je m’empressai de prendre une douche froide.

*
*       *

Le lendemain fut consacré à son éducation. Je lui donnai une version abrégée de savoir-vivre et de bienséance terrienne. Le programme se composa du savoir manger, remercier, saluer, se brosser les dents, se vêtir, se présenter… Je lui fournis la liste de tous les établissements ou services qu’elle pourrait avoir besoin, un jour ou l’autre : pharmacie, salon de beauté, école, restaurant, hôtel, bureau de poste, hôpital, épicerie, café, et surtout comment utiliser le téléphone fixe et mobile ainsi qu’Internet. Elle assimila le tout gloutonnement sans perdre un brin des informations et sans avoir besoin de prendre de notes. Je lui soulignai sa fabuleuse faculté cognitive et sa capacité mnémonique prodigieuse. Sa réponse fut simplement.

– Primo, il me fut facile de tout apprendre parce que, pour moi, c’était une sorte de consolidation de mes acquis, étant donné que l’opération sondage cérébral que vous avez subie dans notre vaisseau a permis de me transférer toutes vos connaissances. Secundo, je ne voulais pas t’enlever ton plaisir de jouer les professeurs avec moi, tu semblais comblé. Tertio, tu n’as encore rien vu de ce dont je suis capable.

– Pourrais-tu m’en faire une démonstration, s’il te plaît ?

– Bien sûr.

Mon scepticisme affiché avait peut-être stimulé mon étrange compagne. Quoi qu’il en soit, elle ferma les yeux un instant pour se concentrer. Ma vision se voila puis… Je vis, au ralenti, une maison prendre feu suite à l’explosion d’une conduite de gaz. Les vitres soufflées, les éclats de verre volant tous azimuts, des gens criant à fendre l’âme. Puis je revins à moi. J’étais toujours debout au milieu de la salle de séjour. Cassiopée assise dans un fauteuil et me fixant d’un air énigmatique.

– Tu es sans doute capable de me faire halluciner par quelques techniques hypnotiques ?

– Tu crois, dit-elle en affichant un air de défi peu rassurant. Regarde donc ton téléviseur.

Je m’exécutai et fus affolé quand la scène visionnée plus tôt dans mon esprit était commentée en direct aux informations, quelques minutes plus tard. Je m’appuyai au chambranle de la porte du salon, la respiration courte, la tête dans les vapes, pétrifié par l’incident.

*
*       *

Le lundi suivant cette fameuse fin de semaine, je me devais de donner mon cours sur l’histoire de la psychologie au département des Sciences sociales, faculté des Arts et des lettres, Université de Montréal. J’étais rendu à ce semestre, au chapitre sur l’émergence de l’orientation théorique systémique/interactionnelle. Cassiopée refusant catégoriquement de rester à l’appartement, nous avions convenu qu’elle se ferait passer pour une nouvelle étudiante libre.

Cassiopée, bien entendu, avait pris place à l’avant de la classe afin de ne rien manquer de ma prestation. Mais tel n’était pas son but. À un moment, je la vis fermer les yeux et se concentrer. Merde !

J’ai eu une absence comme en ont les épileptiques souffrant du petit mal. Puis j’entendis clairement ce que plusieurs de mes élèves pensaient. Julie se disait combien elle aurait aimé passer le week-end avec Jacques, son nouveau petit copain ; Paul songeait à la sauterie de samedi dernier alors que lui et ses amis avaient foutu le bordel dans un bar du Centre-Ville ; Patrick se demandait comment il pourrait soutirer à son beau-père l’argent requis pour l’achat de sa prochaine moto ; Myriam songeait à son avenir comme psychothérapeute dans un hôpital psychiatrique ; Chantale se demandait si elle devrait se spécialiser en psycho-gérontologie ou en neuropsychologie ; Judith se remémorait le concert de U2 de la veille au Centre Bell où cinq mille personnes avaient acclamé le groupe irlandais ; Richard évaluait ses chances de participer à la finale de basket-ball inter-universitaire ; Dominique révisait son futur examen sur le processus de résolution de problèmes…

Tout cela en une sorte de brouhaha qui me mit en pleine confusion. J’ai réussi tant bien que mal à me sortir de mon hébétude et à reprendre le fil de mon exposé. J’avais une hâte folle de terminer au plus sacrant ce cours qui n’en finissait plus de finir.

À la sortie du cours, Cassiopée m’interpella.

– Qu’en penses-tu, professeur ?

– C’était ahurissant. J’avais l’impression de lire dans les pensées de tous ces étudiants comme si j’avais été eux.

Je ne savais pas trop comment prendre la chose. Je demeurais perplexe devant les facultés de cette femme du cosmos.

*
*       *

Le mardi suivant, Cassiopée m’accompagna au Cabinet Conseil où je travaillais aussi comme psychologue clinicien en pratique privée et je la présentai comme une stagiaire. Elle avait cumulé assez d’information, en lisant à la vitesse de la lumière des précis sur le sujet, pour effectuer n’importe quelle évaluation psychologique et pour proposer n’importe quelle psychothérapie.

Elle apprenait au fil des cours, des expositions visitées le dimanche, des films visionnés à la bibliothèque, à la télé ou au cinéma, des rencontres fortuites ou prévues, des livres dévorés, des musiques écoutées, des randonnées à pied ou à vélo, des longues conversations empiétant sur la nuit…

Une ombre pourtant se profilait dans ce décor presque parfait ; vivre dans ce climat d’intimité, de proximité, sans qu’elle semble s’apercevoir de ma souffrance, de mon immense désir de la posséder toute entière.

*
*       *

Un jour, Cassiopée et moi avions été invités à une surprise-partie. Un de mes amis du département des sciences sociales, Julien Dontigny, avait entendu parler de cette étrange personne qui ne me quittait pas d’une semelle depuis un certain temps et suspectait du gros nouveau dans ma vie sentimentale de célibataire endurci. Il n’en fallait pas davantage pour organiser une occasion propice à satisfaire sa curiosité. Il faut dire qu’en peu de temps Cassiopée avait fait l’objet de racontars épicés et de rumeurs extravagantes dans la charmante colonie universitaire.

Nous arrivâmes chez Julien, comme il se doit, avec la bouteille de vin réglementaire, une rillettes de canard aux bleuets et une terrine de lapin aux noisettes. Il y avait foule déjà dans son grand appartement de la rue Édouard Montpetit. Une vingtaine de convives gesticulaient, discutaillaient, buvaient et s’empiffraient. La soirée se déroulait agréablement sous la houlette d’un Julien radieux. Tous s’amusaient ferme à grands coups d’éclat de voix.

Vers 22h00, un grand gaillard, un étudiant de troisième cycle de Julien, adepte de culturisme, un peu éméché, décida de pigmenter la soirée en annonçant un concours de force physique. Évidemment, ce geste pourrait paraître puéril et même infantile si l’on considère que l’assistance était composée de bourgeois et intellectuels de bon goût. Mais en l’occurrence, le défi fit boule de neige justement par son caractère inusité et son incongruité.

Ce certain Germain décida qu’une épreuve de bras de fer déterminerait l’homme le plus fort de l’assemblée. Je portais une attention mitigée au jeu. Je n’ai jamais été friand de sport de compétition surtout ceux impliquant la force brute comme la lutte, la boxe et les arts martiaux. J’affectionne plutôt les exercices solitaires comme la natation, le ski, le vélo et la randonnée pédestre où tout ce qui est en cause c’est ma simple condition physique et l’amour de la nature.

L’haltérophile haranguait l’assemblée afin de trouver un challenger de calibre pour se mesurer à lui. Les candidatures se faisaient rares après avoir constaté avec combien de facilité il avait éliminé ses protagonistes antérieurs.

À ma grande surprise, Cassiopée s’approcha de lui et lui jeta le gant, comme on pourrait dire. Tous se mirent à rire. Elle n’était pas sérieuse, certains insinuèrent même qu’elle avait probablement trop bue ou qu’elle était carrément folle à lier. Cassiopée présenta son petit bras à notre Hercule. Il ne lui fallut qu’un clignement de paupières pour coucher son adversaire qui resta sans voix, éberlué, subjugué. Il avait mal à l’épaule, au bras, au poignet et à la main qui s’étaient auparavant retrouvés broyer par une force inouïe. Cassiopée n’était pas rouge, ni essoufflée et encore moins fatiguée par l’effort exigé. Tous restèrent silencieux, pétrifiés et aucun n’eut le courage de féliciter la gagnante. Ce fut comme une douche froide. Puis ils prétextèrent un motif quelconque et quittèrent l’endroit rapidement. Nous y compris. Sur le chemin du retour, elle ne trouva rien d’autre à dire que.

– Mes calculs étaient déficients, j’en conviens. J’ai commis, malgré moi, une erreur relative. Les humains sont beaucoup plus faibles que je ne le croyais. Ne vous tracassez pas, François. Je vous trouverai une explication valable pour contrer les ragots qui ne manqueront pas de circuler à la suite de cet incident, du genre théorie électromagnétique. Évidemment, il faudra mettre Julien dans le coup.

– Vos mentors m’avaient pourtant assurés que vous seriez discrète. C’est réussi, j’en conviens !

*
*       *

Les semaines coulèrent doucement. Cassiopée devenait de plus en plus humaine et moi de plus en plus cyphérien. Je décidai de présenter Cassiopée à mes parents. Ils se doutaient probablement de quelque chose, car cela faisait trop longtemps que je ne leur avais rendu visite, contrairement à mon habitude. Tandis que ma mère lisait des romans aussi épais qu’une bible, mon père bricolait dans son garage puis tous deux faisaient de longues marches dans les boisés environnants en fins ornithologues, botanistes et entomologistes amateurs. Le soir venu, ils se délectaient de leurs opéras favoris. Otello de Verdi emplissait l’espace de la salle de séjour où crépitait un feu de bois dans l’âtre quand nous arrivâmes en cette fin d’après-midi de printemps. Ils se levèrent et se précipitèrent sur nous comme des oiseaux de proie.

– Bonsoir vous deux, nous sommes heureux de vous recevoir. François présente-nous donc ton amie ? dit ma mère d’un air espiègle.

– Je vous présente Cassiopée. Voici mes parents, Marie-Thérèse et Roland-Justin Leclerc.

– Mademoiselle, vous êtes charmante, je ne comprends pas pourquoi François a caché votre existence aussi longtemps, dit mon père en me faisant un clin d’œil.

– Tu sais papa, nous nous connaissons depuis peu et je pensais que vous apprécieriez la surprise.

– Oui, oui, très bonne idée. Nous sommes toujours heureux de te voir et d’autant plus en si bonne compagnie, ajouta ma mère toujours avec son air complice.

Il faut dire que mes parents étaient bien déçus de voir mon célibat se prolonger indûment et ils ne manquaient aucune occasion de me le rappeler. Ils s’étaient attendus à vivre leur retraite, entourés de marmots pour compenser le fait qu’il n’avait qu’un fils unique. J’étais sûr que cette arrivée en duo était pour eux tout un événement, car je n’avais jamais amené chez eux mes anciennes conquêtes, qui n’avaient passé, dans ma vie, que le temps d’un soupir.

Ma mère accapara Cassiopée et lui proposa de la suivre à la cuisinette pour préparer le repas du soir. Mon père me proposa de l’escorter au village pour effectuer quelques emplettes de dernières minutes afin de souligner en grandes pompes le souper de ce jour. On aurait dit que mes parents s’étaient concertés pour nous séparer afin de mieux nous cuisiner individuellement.

Justement du côté de la cuisine.

– Voulez-vous préparer la salade, ma chère enfant ? Peut-être désirez-vous quelque chose à boire ?

Sans même laisser le temps à Cassiopée de répondre, elle lui mit un verre de vin blanc, bien frappé, dans la main. Puis ma mère sortit tous les légumes du frigo afin de confectionner une salade composée.

– Vous êtes bien jolie, mademoiselle. Est-ce que cela fait longtemps que vous connaissez notre fils ?

– Non, depuis peu. Je suis étudiante dans plusieurs de ses cours de psychologie et stagiaire à son Cabinet privé. De plus, nous partageons des intérêts communs.

– Je me sens un peu ridicule de vous demander cela, mais est-ce que vous habitez ensemble ?

– Oui, je crois bien que je me suis imposée effrontément dans sa vie, dit Cassiopée en affichant un sourire.

– Hum ! Et comment cela va entre vous ?

– Très bien, je dirais. C’est un homme formidable. Vous êtes sa mère, vous le savez, sans doute, mieux que moi.

De son côté, dans la voiture, le paternel travaillait le fiston au corps.

– Et puis, mon garçon, comment ça va dans ta vie maintenant que tu as une compagne ? appuya mon père sur le mot compagne, d’une manière probante.

– Hum ! Ça va, ça va.

– Mais encore ? s’entêta mon père.

– Eh bien, je dois t’avouer que Cassiopée a sérieusement perturbé mes activités ces derniers temps. J’ai changé probablement.

Pas question de relater les circonstances extraordinaires de notre rencontre, mon père m’aurait fait enfermer et traiter en psychiatrie.

– Tu sais, François, nul besoin de te préciser, combien ta mère et moi, espérons que tu te cases un jour. Pour ma part, je trouve ton amie fascinante sans savoir trop pourquoi. Elle a un je-ne-sais-quoi de particulier et je ne parle pas seulement de ses cheveux argent, de son extrême beauté et de son nom étrange. Il y a dans ses yeux émeraude une intelligence hors du commun. Ne pense pas que je veux te forcer la main, loin de là (C’est exactementce qu’il faisait pourtant). Je me contenterai de te souhaiter bonne chance et tout le bonheur possible dans tes projets actuels et futurs avec Cassiopée. Cassiopée qui, au juste ?

– Hum !

Le souper fut très gai. Mon père ne tarissait pas d’éloges sur mes succès scolaires et professionnels et ma mère renchérissait avec des souvenirs de mon enfance. Tous deux manifestaient un intérêt évident pour cette jeune femme bizarre et mystérieuse. Cassiopée suivait le rythme de la conversation, s’animait aux histoires de mon père et l’encourageait à continuer, répondait aux marques d’attention pour ne pas dire d’affection de ma mère, buvait le vin capiteux et mangeait avec entrain, complimentant ma mère pour ses dons culinaires. Elle se débrouillait parfaitement pour mettre mes parents à l’aise. Sans doute qu’elle avait admirablement mémorisé ce qu’il y avait dans la tête de mes parents à la minute où elle était arrivée à Magog.

Vers 22h00, mes parents nous laissèrent seuls après avoir méticuleusement ramassé les couverts. Avant de quitter la salle de séjour où nous avions pris le café et le thé, ma mère, guillerette, m’indiqua que notre chambre était prête en décochant des sous-entendus qui en disaient long sur son état d’esprit.

Cassiopée et moi, pour la première fois, nous nous retrouvâmes dans la même chambre, dans cette pièce tapissée de motifs bleus, confidente de mes rêves d’adolescent.

Peut-être à cause de cette journée chaleureuse, du vin, de cette promiscuité, de cet environnement champêtre, de cette lumière diffuse projetée par la lampe Tiffany, aussi sentis-je le besoin pressant d’échanges affectueux. Je m’approchai de Cassiopée qui se laissa dévêtir tranquillement. Elle resta debout, toute nue, sans bouger pendant que j’ôtai mes vêtements. Puis je commençai à l’embrasser, la caresser, toujours debout, les yeux noyés dans les siens, envoûtants, puits de mer infinie, voûte du ciel. Elle m’imita. L’excitation monta en moi en un crescendo de plaisirs doucereux.

Tout à coup Cassiopée tressaillit et frissonna. Elle répondait à chacun de mes baisers d’une manière… cyphérienne. Ni l’un ni l’autre n’émettait de parole futile.

Nous nous écroulâmes sur le lit qui émit un léger grincement. Toute la tension contenue de mon corps se déchaîna. Les longues jambes de Cassiopée se cramponnaient à moi comme les ventouses d’une pieuvre géante. Je mordais légèrement ses lèvres charnues, ses lobes d’oreille, ses mamelons durcis et je la pénétrai. Au fur et à mesure des mouvements d’abord lents de va-et-vient puis de plus en plus rapides et forts, elle gémissait. Enfin, elle se cristallisa, tous ses muscles contractés comme un arc, les yeux révulsés, en fin de compte elle devint une poupée de chiffon. Elle avait perdu conscience. Merde !

J’étais inquiet, je dus attendre une minute interminable avant qu’elle refasse surface. Elle ouvrit les yeux, me regarda tendrement, me sourit et m’avoua que c’était la première fois avant de retourner dans les bras de Morphée.

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