Rendez-vous avec un milliardaire (Harlequin Azur)

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Rendez-vous avec un milliardaire, Helen Brooks

Quand son labrador lui échappe dans Hyde Park et renverse par mégarde un promeneur, Cory se sent horriblement gênée et se précipite vers l'inconnu. Mais sa gêne se change aussitôt en trouble devant cet homme beau, distingué... mais pour le moins imprévisible. En effet, alors qu'elle se confond en excuses, il lui propose bientôt de l'accompagner à un dîner qu'il offre à ses collaborateurs au Templegate -le night-club le plus prisé de Londres. Sans trop savoir pourquoi, Cory accepte, tout en se demandant si elle ne commet pas une grave erreur en pénétrant dans l'univers sophistiqué et luxueux de ce redoutable séducteur.

Publié le : vendredi 1 juin 2007
Lecture(s) : 67
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280255912
Nombre de pages : 160
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1.

A peine Cory eut-elle libéré Rufus qu’elle comprit son erreur.

Ravi de ne plus sentir sa laisse, le puissant labrador lui échappa pour filer comme une flèche à travers Hyde Park. Semant la panique parmi les promeneurs, le chien bousculait tous ceux qui avaient l’infortune de croiser sa route : retraités tranquilles, appuyés sur leur canne, jeunes à piercings ostentatoires… Les mères affolées poussaient précipitamment leurs enfants hors de son chemin. Dans son sillage, les cris succédaient aux exclamations. Lancée à sa poursuite, Cory bredouilla quelques excuses à la ronde et rappela le labrador de toute la puissance de sa voix. Peine perdue : il ne manifestait aucune intention d’obéir.

La jeune femme redoubla l’allure. Que n’avait-elle écouté les conseils de tante Joan ? Rufus s’était montré si docile pourtant, entre l’appartement et le parc ! Il s’était assis à tous les feux rouges, s’était sagement tenu à sa hauteur comme le chien le mieux dressé du monde… Les grilles du parc à peine franchies, il avait tourné vers Cory un regard implorant et elle n’avait pas pu résister à son appel muet.

— Ne le détache pas, l’avait prévenue tante Joan tandis qu’elle l’accompagnait en boitillant jusqu’à la porte, la jambe dans le plâtre à la suite d’une mauvaise chute. Rufus me connaît suffisamment pour revenir quand je le siffle, mais qui peut prédire ses réactions avec toi ? Non pas qu’il soit dangereux ! C’est un animal adorable avec les enfants, amical avec les autres chiens, mais il ne sait pas encore faire bon usage de sa liberté, après les mauvais traitements qu’il a subis chez ses anciens maîtres…

Sages paroles qu’elle aurait dû méditer, songea Cory, les poumons en feu, s’efforçant de ne pas perdre la trace de l’animal. Que dirait tante Joan si elle rentrait sans lui ? Grâce au ciel, Rufus choisit cet instant pour piler net, attiré par la vue d’un caniche joueur et sautillant. Alors qu’il faisait connaissance, Cory en profita pour réduire la distance qui les séparait. Rassemblant ce qui lui restait de souffle, elle hurla de toutes ses forces :

— Rufus ! Au pied !

Le labrador doré tourna vers elle un museau étonné. Sa nouvelle amie paraissait fâchée…

— Ici, Rufus ! ordonna-t-elle encore sévèrement.

Déchirée par un point de côté, elle comprit qu’elle ne pourrait plus continuer bien longtemps à lui courir après. Il fallait qu’elle se fasse obéir, et vite. Etait-ce la tonalité contrariée de sa voix ? Rufus sembla enfin comprendre que quelque chose clochait. Après un instant d’hésitation, il revint vers elle de toute la vitesse de ses longues pattes. Tendu vers son but, il ne remarqua pas l’homme de haute stature, bien habillé et visiblement pressé, qui s’apprêtait à croiser sa trajectoire. Et sous le regard horrifié de Cory, les cinquante kilos de muscles du labrador entrèrent en collision avec l’inconnu…

Une élégante mallette de cuir vola dans les airs, puis une veste de costume, précédemment portée à l’épaule. Enfin, l’homme, déséquilibré par le poids de l’animal, s’écroula par terre. Cory étouffa un cri… Rufus comprit sans doute qu’il venait de commettre un impair. L’oreille basse et le regard navré, il se coucha à côté de l’inconnu. A le voir ainsi abattu, on aurait pu croire qu’il allait éclater en sanglots…

— Je suis désolée… Oh, c’est affreux ! s’exclama Cory, s’agenouillant près de l’homme et secouant ses boucles brunes emmêlées par la course. Vous ne vous êtes rien cassé, au moins ?

Sa poitrine haletante soulevait le chemisier rose qu’elle avait passé sur son jean. L’homme reprenait difficilement son souffle. Une grimace étira ses lèvres bien dessinées. Ses cheveux d’un noir de jais surmontaient son visage mâle aux contours énergiques.

— Vous allez pouvoir vous relever ?

Un regard bleu glacial rencontra le sien, plus éloquent que n’importe quelle déclaration…

— Je ne suis quand même pas mourant, proféra-t-il sèchement, refusant la main secourable qu’elle lui tendait. C’est simplement que votre idiot de chien…

Avec un sens aigu de l’opportunité, Rufus choisit cet instant pour présenter ses excuses : un grand coup de langue humecta la pommette de l’inconnu. L’homme se raidit. Toutefois il n’écarta pas le chien et se leva souplement. Mais Cory l’avait vu ciller de douleur.

Une fois debout, il paraissait encore plus impressionnant. Elle dut lever la tête pour garder le contact avec son regard, toujours aussi bleu et toujours aussi froid. L’homme était en colère, à n’en pas douter…

— C’est à vous ?

Glacée par la dureté que le pli de sa bouche donnait à son beau visage, Cory mit un moment à saisir le sens de sa question.

— Vous voulez dire… le chien ?

— Evidemment ! rétorqua l’inconnu, désignant l’animal d’un geste furieux. Bon sang, mais qu’est-ce qu’il est en train de mâchonner ?

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