Retour en Louisiane - Un troublant ami

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Retour en Louisiane, Ann Major

Depuis que Zach Torr est de retour à Bonne Terre, Louisiane, les choses vont de mal en pis pour Summer. Car cet homme qu’elle a éperdument aimé autrefois, non content de vouloir racheter les terres où elle a grandi pour se venger de la façon dont leur histoire s’est terminée, la soumet bientôt à un chantage impitoyable. Il jettera son frère en prison, si elle refuse de s’installer chez lui. Summer est d’autant plus bouleversée que les intentions de Zach sont claires : il veut la mettre dans son lit. Il veut sa reddition totale…

Un troublant ami, Gina Wilkins

Piégée. Jamais Kim n’aurait dû mentir à sa mère en affirmant qu’elle avait épousé le père de sa fille de neuf mois. Car aujourd’hui qu’elle doit se rendre à une réunion familiale dans le Missouri, elle n’a d’autre choix que d’accepter la proposition de Tate Price de se faire passer pour son époux. Or, si Tate la considère comme une amie et rien de plus, elle éprouve pour cet homme mystérieux et sexy des sentiments intenses. Et l’idée qu’ils puissent jouer les amoureux transis tout un week-end la trouble au plus haut point…
Publié le : lundi 1 avril 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280297233
Nombre de pages : 432
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Huit mois plus tard Bonne Terre, Louisiane
Zach Torr était de retour en ville, et ce retour allait être synonyme d’ennuis, à commencer par le tumulte d’émotions sombres qui, depuis qu’on lui avait appris la nouvelle, la consumait à petit feu. Summer Wallace gara sa voiture de location en face de la grande maison de sa grand-mère. Dans le jardin, les herbes folles s’en donnaient à cœur joie. Poussant un soupir à l’idée de devoir reparler de Zach avec sa grand-mère et son frère, elle s’empara de son sac à main et de son sac de voyage. Le scénario qu’elle devait lire traïnait sur le plancher de la voiture, à côté de la petite bible blanche dont elle ne se séparait jamais. Elle les ramassa rapidement et les fourra dans sa valise. En refermant la portière, elle remarqua Silas, le chat noir et blanc de sa grand-mère, qui sommeillait à l’ombre chaude du lilas des Indes. — Bonjour, petit paresseux ! lança-t-elle d’un ton affectueux. Une douce brise soufa dans les cornouillers et le jasmin, charriant dans son sillage l’odeur aromatique et humide de la forêt de pins qui bordait la propriété de
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sa grand-mère. Mais son humeur n’était pas du tout en adéquation avec la beauté luxuriante de la Louisiane, en cette în août. Pour l’instant, sous la chaleur étouf-fante, elle allait affronter sa grand-mère. Et il fallait que ce soit précisément au sujet de Zach. Quinze ans plus tôt, quand elle s’était enfuie après le décès de sa mère, elle était certaine qu’il était sorti à jamais de sa vie. Et puis elle avait reçu ce coup de îl de sa grand-mère, la semaine précédente. Il était tard, et elle était épuisée pour avoir répété toute la journée une pièce dans laquelle elle tenait un rôle important. — Tu ne devineras jamais qui fait parler de lui ici, à Bonne Terre ! Quelqu’un qui rachète des propriétés pour construire un casino…, avait déclaré sa grand-mère d’un ton entendu. Celle-ci avait l’habitude d’appeler tard le soir, pour l’informer de tous les ragots concernant Bonne Terre, aussi Summer s’était-elle aussitôt assise dans son fauteuil favori et elle avait ramené ses pieds sous elle, attendant la suite. — … Et ce même quelqu’un a racheté la vieille propriété Thibodeaux et embauché ton frère pour s’occuper de la piscine et faire le coursier. De qui s’agit-il, à ton avis ? Tuck avait donc décroché un emploi ! Voilà qui aurait dû être une bonne nouvelle ! Leur grand-mère s’était fait tant de souci à son sujet, depuis sa dernière prise de bec avec le shérif Arcenaux. Pourtant, cette annonce ne l’avait curieusement pas réjouie comme elle l’aurait dû. — Je ne sais pas, avait-elle répondu. De qui s’agit-il ?
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— De Zach Torr. Elle s’était îgée. Certes, son frère n’avait jamais fait preuve d’un grand discernement, mais de là à travailler pour Zach Torr ! Il était impossible que ce dernier tienne à servir les intérêts de sa famille à elle, après ce qui s’était passé. Et elle redoutait que leurs noms ne soient de nouveau associés l’un à l’autre, aux yeux des médias et du monde, car ce ne serait certainement pas pour le meilleur. Elle était devenue trop célèbre et lui trop riche pour que la presse les laisse en paix. Et puis l’histoire d’amour tragique qui les avait unis, quand ils étaient jeunes, était bien trop croustillante. Chaque fois qu’on ressortait cette affaire, elle était étonnée de décou-vrir à quel point cela l’affectait encore, même si on la considérait comme la victime et qu’on attribuait à Zach le mauvais rôle. Elle avait lu dans les journaux qu’il était devenu dur et froid. Il fallait voir la façon terrible dont il s’était vengé de sa belle-mère. Tout nouveau lien entre Zach et sa famille débou-cherait forcément sur un désastre. — Tu n’es pas la seule ex-citoyenne de Bonne Terre à être devenue célèbre, tu sais ? avait renchéri Grand-mère. Summer en avait eu le soufe coupé. — Zach est aujourd’hui milliardaire, ma chérie ! Cela, elle le savait déjà. Qui n’était pas au courant ? — Et, malgré tout, il trouve le temps de passer chez une vieille femme comme moi pour jouer à la dame de pique, quand il est en ville, ou pour me dire comment Tuck s’en sort dans son travail. C’en était trop ! Si Zach prenait la peine de passer
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chez sa grand-mère pour jouer aux cartes et l’informer des « performances » de Tuck, ce n’était vraiment pas bon signe. — Grand-mère, ce qu’il veut vraiment, à mon avis, c’est rentrer en contact avec moi. — Pourquoi est-ce que tu dis cela ? Entre vous, c’est terminé depuis quinze ans. Effectivement, et pourtant, elle en était certaine : en côtoyant sa grand-mère, c’était elle que Zach cherchait à atteindre ! Elle avait bien tenté de la raisonner, de lui faire comprendre pourquoi Tuck devait quitter ce nouvel emploi, sa grand-mère n’avait rien voulu savoir. Depuis que Tuck avait quitté le lycée, il faisait les quatre cents coups, et la vieille dame s’était rudement tourmentée pour lui. Et puis elle n’avait rien voulu entendre non plus contre Zach, qu’elle voyait désormais comme un chevalier dans sa belle armure. Elle avait d’ailleurs cherché à culpabiliser sa petite-îlle. — Toi, tu ne viens jamais me voir, alors que lui me divertit beaucoup, îgure-toi. Et puis il est très généreux avec Tuck. Tu sais qu’hier soir ils sont allés à la pêche à la crevette avec Nick ? — Quoi ? Un milliardaire sur un vieux bateau de pêche ? — Mais non ! Il a offert un bateau ambant neuf à Nick, et ses hommes sont en train de rénover sa baraque. Ah, si tu voyais Zach ! Il est mince et élancé, et plus beau que jamais. Il y avait souvent des photos de lui dans la presse, sa grand-mère ne lui apprenait rien. Et puis de toute façon, beau, il l’avait toujours été ! Elle regretta subi-
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tement qu’il ne soit pas resté le bon à rien prédit par sa belle-mère. — Une vieille femme comme moi, qui a une ravissante petite-îlle encore célibataire, ne peut pas s’empêcher de se demander pourquoi un homme aussi riche que lui n’est toujours pas marié. — Grand-mère ! s’était écriée Summer. Nous avons eu tous les deux une relation qui s’est très mal înie, et je suis certaine que, tout comme moi, il ne demande qu’à l’oublier. Ce qui n’est d’ailleurs guère aisé, puisque les tablods s’ingénient toujours à ressasser le passé des gens célèbres. Ecoute-moi bien, je ne peux pas me permettre d’avoir de nouveau affaire à lui, de près ou de loin, tu me comprends ? — Tu te trompes, vos statuts ont changé. Vous êtes tous les deux en pleine lumière. Il faut oublier le passé, Summer ! — C’est impossible. Il me déteste. Et il avait de bonnes raisons de le faire, elle ne le niait pas. — Tu sais, il ne m’a pas reparlé du scandale une seule fois et il n’a jamais rien dit contre toi. Je t’assure que tu changerais d’avis, si tu le revoyais. D’ailleurs, les gens de Bonne Terre, qui ont pourtant l’esprit borné, ont totalement changé d’avis sur lui. Enîn, tout le monde, sauf Thurman, bien sûr. Thurman Wallace était l’odieux beau-père qu’elle avait dû supporter dans sa jeunesse. Comme rien n’avait pu faire démordre sa grand-mère, elle avait dû faire le voyage jusqu’à Bonne Terre. Elle demanderait à Tuck de quitter son nouvel emploi et de ne plus rien avoir à faire avec Zach. N’ayant en revanche nulle envie de rencontrer ce dernier, elle
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espérait arriver à ses îns en évitant tout affrontement direct avec lui. Car il lui sufîsait de rendre visite à sa grand-mère pour que tous les secrets et les douleurs du passé qu’elle s’efforçait constamment d’oublier, tout comme l’homme qui en était la cause, resurgissent tel un volcan dévastateur. Rien ne changeait jamais à Bonne Terre. Quand, accablée de chaleur sous les cyprès qui longeaient le bayou, elle entendit le chœur des cigales, les blessures de son âme se révélèrent aussi vives que quinze ans plus tôt. Contrairement à Tuck, elle avait été une adolescente ambitieuse. Quand elle avait compris qu’elle ne pour-rait pas faire sa vie avec Zach, elle s’était efforcée de tourner la page et d’oublier tous ses rêves, à commencer par l’homme qu’elle avait aimé. C’était ce qu’il y avait de mieux pour tous. Elle avait travaillé dur pour arriver là où elle était à présent, pour se prouver à elle-même qu’elle en était capable. Désormais, elle était indépendante et célèbre. Et puis elle était heureuse, très heureuse même, au point qu’elle avait relevé le déî de revenir à Bonne Terre pour la première fois depuis deux ans. Elle poussa la porte grillagée. — Je suis là ! s’écria-t-elle. Elle entendit des pas précipités au premier étage. — Grand-mère, Summer est arrivée ! Tuck glissait sur la rampe avec l’exubérance d’un enfant qui aurait grandi trop vite. Elle allait lui hurler de faire attention quand il sauta près d’elle, aussi agile qu’un chat.
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— Viens m’embrasser, beau sauvage, murmura-t-elle alors. Il avait de longs cheveux qui lui tombaient dans les yeux et une casquette de base-ball à l’envers sur sa tête. Il avança vers elle, d’un air faussement penaud, puis il l’enlaça avec tendresse. — C’est incroyable, j’ai l’impression que tu as encore grandi, lui dit-elle. — Non, c’est toi qui as rapetissé. — Sûrement pas ! s’écria-t-elle, indignée. — Et voilà ! A peine arrivée, tu troubles le calme de la maison. Heureusement que tes visites sont rares ! — Epargne-moi tes reproches, Tuck ! J’ai une carrière qui me prend tout mon temps. — Ta vie doit être vraiment chouette, ma célèbre grande sœur, dit-il d’un air rêveur. — Je fais ce que j’aime, et c’est génial, c’est vrai, répondit-elle avec un peu trop d’enthousiasme. Et je suis justement venue pour que nous parlions de tes ambitions. — J’ai trouvé du travail ! Grand-mère ne t’a rien dit ? Comme par enchantement, cette dernière surgit dans le vestibule et la serra contre son cœur. — Je me demandais ce qu’il faudrait pour qu’on te revoie un jour à Bonne Terre, murmura-t-elle, avant d’ajouter d’un ton ferme : Pose tes bagages et va t’asseoir sous la véranda. Tuck, accompagne-la. Moi, je vais préparer une boisson que tu ne trouves certainement pas dans la grande ville où tu habites : mon fameux thé à la menthe. Summer soupira. — Grand-mère, il n’est pas question que tu travailles
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pendant que nous nous tournons les pouces. Viens, Tuck ! On va aller lui donner un coup de main. Même s’il ne semblait guère enchanté, Tuck n’osa pas protester. Il les suivit en traïnant des pieds dans la cuisine, où il s’adossa contre le mur, pour mieux les regarder s’affairer. — Tu vas au moins porter le plateau, dit Summer en y disposant les verres. Mais, au lieu d’obtempérer, Tuck prit un cookie dans l’assiette et le téléphone sonna juste à ce moment-là, lui offrant le prétexte dont il rêvait pour échapper à la corvée. Munie du plateau, elle se dirigea donc vers la véranda. Une fois installée dans son fauteuil favori, elle se délecta du silence que procuraient les arbres de la vaste et vieille demeure de sa grand-mère. A New York ou à Los Angeles, son téléphone sonnait en permanence : c’était soit son agent, soit ses produc-teurs, ou encore ses réalisateurs, et dernièrement des journalistes. On voulait désormais la faire tourner sur la côte Est, comme sur la côte Ouest. Elle avait réussi. Ou à peu près. Un beau soir, alors qu’ils jouaient à guichet fermé, son partenaire de théâtre, et occasionnellement son amant, avait déclaré à toute l’équipe qu’il arrêtait : il ne la supportait plus, avait-il déclaré. L’éclat remontait à un mois. Depuis, des journalistes la poursuivaient pour qu’elle leur révèle les dessous de l’histoire, ce à quoi elle se refusait. De son côté, elle essayait de se convaincre que le départ d’Edward n’avait pas totale-ment réduit sa vie personnelle à néant. Mais elle était très prise, entre ses pièces à Broadway et son contrat avec un grand studio hollywoodien. Elle
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enchaïnait les répétitions, les promotions, les tournages, la lecture de scénarios. Où aurait-elle trouvé du temps pour elle ? Elle avait trente et un ans, et le seuil des quarante ans, fatidique dans la carrière d’une actrice, n’était plus si éloigné. Sans compter que sa grand-mère, qui était du Sud et attachée à des valeurs démodées, ne cessait de lui rappeler que son horloge biologique allait bientôt sonner la în de sa jeunesse. Récemment, elle avait commencé à lui envoyer les photos des enfants de ses amies du lycée, assorties de commentaires enthousiastes sur leurs adorables frimousses ! — Qu’est-ce que je ferais, sans Tuck ou sans toi ? lui disait-elle régulièrement. Retiens bien ce que je vais te dire : tu le regretteras si tu înis ta vie seule et sans famille ! C’était înalement à cause de sa grand-mère qu’elle s’était jetée dans les bras de Hugh Jones, un jeune acteur en vue de la côte Ouest, peu après qu’Edward avait rompu. Peu désireuse de s’appesantir plus longtemps sur sa vie personnelle, elle se saisit de son verre et but un peu de thé. Où était grand-mère ? Et pourquoi Tuck passait-il tout ce temps au téléphone ? Etait-ce Zach qui avait appelé ? Elle reprit une gorgée de thé. Les journalistes voulaient savoir si elle était amoureuse de Hugh. Malheureusement, ce n’était pas lui qu’elle associait au mot « amour ». Pour elle, il serait toujours lié au nom de Zach, si étroitement qu’elle n’arrivait pas à l’en séparer. Elle sentit sa poitrine se serrer. Elle avait seize ans, il en avait dix-neuf quand leur
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idylle s’était brisée dans la souffrance. Durant quelques secondes, elle repensa à La Nouvelle-Orléans, à la perte horrible et secrète qu’elle avait subie là-bas et qui l’avait à jamais dépossédée de ses illusions de jeunesse. Elle avait aussi appris qu’il est certaines erreurs dont on ne se remet jamais. C’était à cause de Zach qu’elle revenait rarement à Bonne Terre, cette petite ville cajun où les commérages allaient bon train. Ici, personne n’avait rien oublié. Même si on ne la questionnait jamais au sujet de Zach, elle sentait la présence de ce dernier chaque fois qu’elle revenait. Bien trop de souvenirs et de secrets restaient attachés à Bonne Terre. C’était ainsi sur cette véranda qu’il l’avait embrassée pour la première fois. Elle se rappelait parfaitement la façon dont ses lèvres l’avaient brûlée après que celles de Zach les avaient efeurées. La voix de sa grand-mère interrompit brusquement le îl de ses pensées. — Tu n’es pas la seule à apprécier ce fauteuil ! Le ton malicieux qu’elle avait employé l’alarma immédiatement. — Zach s’assoit toujours ici. Summer se raidit. — Je n’arrive pas à croire que tu lui permettes de venir à la maison, et encore moins que tu l’autorises à s’asseoir dans mon fauteuil. Tu imagines le scandale, si la presse apprend que ma grand-mère le reçoit chez elle ? Et puis pourquoi est-il revenu tout à coup s’installer à Bonne Terre ? Cela faisait des années qu’il était parti. — Quand son oncle est mort, il a rendu visite à Nick. Ce qui lui a permis de constater que, chez nous,
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