Retrouvailles sous tension - L'enfant disparue - Dangereux secrets

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Dangereuses retrouvailles, de Kimberly Van Meter

Angel, de retour ? Pour Mya, revoir son ex-fiancé, qui l’a abandonnée dix ans plus tôt et dont elle n’a plus jamais eu de nouvelles, c’est un vrai choc. Evidemment, c’est une enquête qui ramène Angel — un policier s’est fait assassiner. Evidemment aussi, Mya a fait sa vie, depuis leur rupture — et Angel n’en fait plus partie. Pourtant, quand il lui demande son aide, elle sent son cœur vaciller. Et s’il avait des regrets ? Et s’ils s’aimaient toujours ?

L’enfant disparue, de Rita Herron

Quand Sara, sa fille de cinq ans, lui raconte qu’elle fait des cauchemars où elle voit sa sœur jumelle, Cissy, l’appeler à l’aide, Madelyn est bouleversée. Cissy est morte à la naissance, tout le monde le sait bien, hélas. Pourtant, lorsqu’elle apprend que le médecin qui l’a accouchée vient d’être condamné pour trafic d’enfants, le doute — l’espoir — s’insinuent dans son cœur. Cissy est-elle encore vivante ? Madelyn doit-elle prêter foi aux révélations de Sara ? S’il y a une chance, même infime, Madelyn se sent prête à tout. Résolue, elle contacte Caleb Walker, un détective privé. En se préparant à ce qu’il la prenne pour une illuminée…

Dangereux secrets, Jean Barrett

Un an durant, Lauren a caché à Ethan l’existence de leur fille, Sara. Comment aurait-elle pu deviner qu’il réapparaitrait dans sa vie ? Un retour qui trouble Lauren autant qu’il l’inquiète. Car elle apprend alors que sa petite Sara est l’unique héritière du grand-père d’Ethan, mort dans des circonstances mystérieuses...
Publié le : mardi 1 mai 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280234696
Nombre de pages : 624
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Angel Tucker se rappela ces moments où, assis contre la jambe de son grand-père, il écoutait celui-ci conter l’histoire de leur tribu, lorsque leurs ancêtres marchaient sur les mains et pêchaient avec les pieds dans la puissante rivière Hoh, jusqu’à ce que le Créateur vienne leur indiquer un meilleur moyen. Son jeune frère Waylon et lui pouffaient de rire à l’idée d’attraper des éperlans à l’aide de leurs orteils. — Grand’Pa, pourquoi ne marchaient-ils pas normalement, comme nous, sur leurs pieds ? demandait Waylon, l’hilarité pétillant dans ses yeux noirs. Ils adoraient l’entendre narrer les légendes de leurs origines, aussi invraisemblables fussent-elles. — Nous n’étions pas aussi intelligents, avait répondu le vieil homme en lissant d’une main noueuse les cheveux en bataille de l’enfant. Le sang qui nous afuait à la tête nous obscurcis-sait l’esprit. Le Créateur nous a montré un meilleur moyen, et nous lui en avons rendu grâce. N’es-tu pas content de ne pas avoir à pêcher avec tes pieds ? demanda-t-il, un sourire taquin plissant son visage tanné. — Oh ! si ! avait répondu Waylon avec ferveur. Je n’aimerais pas devoir pêcher avec mes pieds. — Ce n’est qu’une histoire, Waylon, avait ricané Angel devant la naïveté de son petit frère, s’attirant un froncement de sourcils de la part de son grand-père. Le Créateur n’existe pas, et personne ne serait capable de marcher sur ses mains toute sa vie. C’est impossible. — Si, c’est vrai ! Waylon avait poussé Angel d’une bourrade, le regard farouche,
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puis s’était tourné vers Grand’Pa, cherchant sa conîrmation et son soutien, quand bien même Angel était à la fois son grand frère et son idole. — Hein, Grand’Pa ? Dis à Angel qu’il se trompe. Chef héréditaire de la tribu, le vieil homme avait mis un long moment avant de répondre. Angel s’était tortillé, mal à l’aise sous le regard appuyé et scrutateur dont il l’avait gratiîé. C’était comme s’il avait lu dans les tréfonds de son âme. — Flèche Blanche, avait-il dit enîn, tu as beaucoup à apprendre sur ton peuple. Tes yeux sont fermés. Mais lorsque le jour sera venu, ils s’ouvriront. En attendant, ne raille pas ton frère pour ce que tu refuses de voir. — Ouais, avait renchéri Waylon, le rire revenant dans sa voix tandis qu’il se jetait sur Angel pour l’entraner avec lui sur le tapis élimé du séjour de leur grand-père. Le souvenir de ce jour-là s’abattait à présent sur Angel avec la violence de la foudre, et la douleur inattendue qu’il déclencha le ramena plus vite au présent que la voix de sa coéquipière. Celle-ci récapitula les faits qu’ils connaissaient tandis qu’ils roulaient vers l’établissement où était conservé le corps. S’il avait su que revenir à la réserve serait tout sauf une promenade bucolique, il ne s’était pas préparé aux assauts du passé qu’il aurait à affonter en reposant pour la toute première fois le pied sur son sol natal. Lorsque sa coéquipière, Grace Kelly, une femme qui n’avait rien en commun avec sa célèbre homonyme, ni par le physique ni par le mental, remarqua que son attention avait dérivé, elle posa le dossier de l’affaire sur ses cuisses et le dévisagea. — Si je te dérange, dis-le-moi, lança-t-elle, sarcastique. — Du calme, Kelly, rétorqua-t-il avec irritation, tandis que le centre médical entrait dans leur champ de vision. Le meurtre qu’ils étaient chargés d’élucider n’était pas le seul objet de ses pensées, mais il n’était pas d’humeur à lui en faire part. — Je t’écoutais, assura-t-il. — Mouais, c’est cela, répliqua-t-elle, avant d’en revenir à leur dossier en soupirant. Le corps a été emballé sur les lieux
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du crime par les ics locaux. Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils ont fait les choses comme il faut. J’aurais été plus rassurée si notre équipe scientiîque avait procédé elle-même au relevé d’indices. Selon son épouse, l’agent Byron Hicks a disparu il y a une semaine environ. Le corps a été identiîé grâce à ses empreintes digitales. Survolant la page, elle ajouta : — D’après le rapport, Hicks a été découvert par un dénommé Sam Fisher sur le bord de la rivière Hoh, l’arrière du crâne présentant un oriîce unique de blessure par balle. Elle ît la moue et secoua la tête, la mine perplexe. — Drôle de manière de înir ses vacances. Aux dires de sa femme, il était venu ici pour pêcher le saumon. On dirait que la prise a été plus importante que prévu. Angel ravala le commentaire qui lui venait aux lèvres et serra les mains sur le volant, son esprit reprenant la tangente malgré ses efforts. Il existait une bonne raison pour qu’il ne soit jamais revenu ici, ni pour une visite ni pour autre chose. Le jugement de ses ancêtres était comme un manteau de plomb sur ses épaules, même s’il ne cessait de se dire qu’il n’avait rien fait de mal en partant. Le chemin de tout le monde ne commençait pas et ne se terminait pas à la réserve. C’est du moins ce qu’il avait essayé d’expliquer à son grand-père. Réprimant un soupir, il ignora la pointe de culpabilité qui ne manquait jamais de le tarauder lorsqu’il laissait ses pensées s’aventurer trop près de certains souvenirs. Le bâtiment sans charme, fonctionnel, du centre médical était aussi rébarbatif qu’il l’avait toujours été, parce qu’il n’y avait jamais eu assez d’argent pour une quelconque valorisation esthétique. Le manque d’argent… Un leitmotiv dans toute la réserve. S’il était resté, il aurait eu la responsabilité de veiller sur la tribu, de participer aux vaines rencontres avec le gouver-nement, de batailler et se décarcasser pour récupérer quelques miettes de la table de l’homme blanc. Sa tribu n’avait pas opté pour la voie des casinos, comme tant d’autres l’avaient fait, et par conséquent l’argent avait toujours été rare.
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Tandis qu’ils descendaient de la voiture, il se demanda qui avait repris les rênes de la communauté après la mort du vieil Hector. Qu’il n’en eût pas la moindre idée lui rappelait, si besoin était, à quel point il était à présent un étranger ici. Et pourtant, tout semblait être resté pareil. Figé dans le temps. Grace s’essuya le nez du dos de la main. L’air pinçant et humide, qui était le lot de la côte Ouest septentrionale à peu près à toutes les époques de l’année, la faisait frissonner dans son trench-coat. — Tu as grandi ici ? Il hocha la tête. Elle renia. — C’est froid, pluvieux, sinistre. Ça n’a pas dû être un conte de fées d’avoir comme chez-soi un bout de terre aussi désolant. — Il y a eu de bons moments, dit-il, survolant rapidement le bâtiment de son regard acéré. La dernière fois qu’il avait franchi ces portes, c’était sur convocation ofîcielle pour identiîer la dépouille de son frère. Waylon avait seize ans lorsque quelqu’un lui avait tiré dans le dos, mais c’était sa chute dans la rivière qui l’avait tué. La cause ofîcielle de la mort était la noyade. Comme celui de Hicks, le corps de Waylon avait dû être extrait de la Hoh. Le crime n’avait jamais été résolu. Sa mort avait beaucoup ébranlé leur grand-père. Un an plus tard, alors qu’il marchait dans la forêt, Grand’Pa était tombé dans une ravine et s’était brisé le cou. C’est ainsi qu’en peu de temps les derniers membres de la famille d’Angel avaient disparu, le laissant complètement seul. Un tressaillement désagréable le traversa, et il se réjouit que son trench-coat l’ait dissimulé aux yeux de son équipière. Après ce jour-là, il avait juré de ne plus jamais pénétrer dans cet établissement. Et jusqu’à cet instant, il avait tenu parole. — Ça te fait bizarre d’être de retour ? demanda Grace, rompant le silence. Ils entraient par la porte arrière du centre médical, leurs chaussures crissant sur le dallage jauni et usé. — Oh ! juste un peu, mentit-il en enregistrant d’un coup d’œil son environnement. Seules quelques lampes éclairaient l’établissement, mais
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une onde électrique lui donna la chair de poule lorsqu’il vit la femme qui émergeait d’un bureau, ses cheveux d’un noir de jais retenus en une courte queue-de-cheval qui se soulevait au rythme vif de ses pas. L’œil ébloui, il ît un pas en arrière. Si le souvenir de la mort de son frère rendait cette visite particulièrement pénible, tomber nez à nez avec Mya Jonson ne faisait qu’aggraver les choses. Le temps avait été tout sauf ingrat avec elle ! La maturité avait modelé ce qui était un joli minois en un visage à provo-quer des attroupements. Elle s’arrêta net en le voyant. Un feu brûlait dans son regard, qui exprimait tout ce que taisaient ses magniîques lèvres serrées. La vague de colère et d’hostilité qui émanait d’elle le frappa, ne laissant guère de doutes sur ce qu’elle ressentait à sa vue. S’il ne pouvait afîrmer qu’il avait passé les quinze dernières années à se morfondre pour son amour perdu, dire qu’il l’avait oubliée serait un îeffé mensonge. Revoir Mya ne faisait que rafrachir ce qui, avait-il espéré, s’était affadi et racorni dans son cœur. Cela étant, ils avaient tous deux un métier à exercer, et il n’allait pas laisser le passé leur mettre des bâtons dans les roues. Restait à espérer qu’elle fût dans le même état d’esprit. Il n’y avait qu’un moyen de savoir si ces retrouvailles allaient bien se passer. — Bonjour Mya, dit-il en la saluant avec raideur. — Angel, répondit-elle, tout aussi crispée. — Les joies du retour au village, marmonna Grace entre ses dents, avant de tendre la main à la jeune femme. Agent spécial Grace Kelly, FBI, se présenta-t-elle. Le regard de Mya se reporta aussitôt sur elle comme si elle était heureuse de voir une autre tête. Elle lui serra la main avec cordialité. — Mya Jonson. Je suis le médecin permanent ici, à la clinique des Aulnes rouges. Malheureusement, notre légiste prend actuellement des congés bien mérités, il vous faudra donc convoquer votre propre équipe pour l’autopsie. Angel enregistra l’information en silence. Médecin… Elle avait toujours possédé une intelligence affutée. Une bouffée de îerté incongrue lui gona la poitrine. Déjà, à l’époque, il avait
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su qu’elle avait tous les atouts pour tracer son chemin dans la vie. Le fait qu’elle ait quitté la réserve pour faire ses études et y soit revenue, alors qu’elle aurait pu prétendre ailleurs à de hauts salaires, en disait long sur ce à quoi elle était attachée avant tout : sa tribu. Eh bien, cela au moins n’avait pas changé. — Nous sommes déjà en train de la réunir. Nous avons simplement besoin d’un endroit provisoire où garder le corps aîn de préserver tout indice qu’il sera susceptible de présenter, dit Angel, notant les subtiles différences qui étaient intervenues chez la femme qu’il avait jadis aimée, mais qu’il avait aban-donnée tant d’années auparavant. — Bien entendu, répondit Mya en leur désignant un couloir. Suivez-moi. — Tu t’es coupé les cheveux, murmura-t-il presque pour lui-même. Grace lui lança un regard oblique et il ne put s’empêcher de rougir. Mya ne tourna même pas la tête, les précédant d’un pas décidé vers leur destination. — J’ai fait beaucoup de choses ces quinze dernières années. Réponse éloquente s’il en était : sa remarque était trop personnelle. Il n’aurait pas dû la formuler, il le savait, mais elle avait jailli de sa bouche avant même qu’il ne se rende compte de son erreur. Par cette réaction, elle lui signiîait qu’il n’était pas question entre eux de conversation autre que professionnelle. Il aurait dû lui en être reconnaissant. Les politesses avaient toujours eu à ses yeux quelque chose de convenu, d’inutile. Oui, mais les cheveux de Mya… Il gardait un souvenir très net de ces longues mèches de soie noire qui lui glissaient entre les doigts. Aujourd’hui, ils devaient à peine lui toucher les épaules, et il en éprouva une vague tristesse. Mya ouvrit une porte et s’écarta pour les laisser entrer. — Voici notre morgue. Elle est petite, mais elle dispose d’une pièce réfrigérée qui devrait convenir pour l’autopsie. Savez-vous quand arrive votre pathologiste ? — Pas avant demain matin, lui répondit Grace. Nous allons
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rester dans votre village cette nuit, si ça ne vous ennuie pas. Vous auriez un hôtel à nous recommander ? — Nous n’en avons pas pour les étrangers, répondit-elle en se tournant vers Angel. Mais vous trouverez peut-être des chambres de libre à Forks, c’est la ville la plus proche. Grace îxa Mya d’un air intrigué, ne sachant visiblement que penser de sa réponse. Angel eut un sourire narquois, accompagné d’une légère secousse de la tête. C’était la raison pour laquelle la réserve était en train de mourir à petit feu. Cette maudite tribu passait son temps à scier la branche sur laquelle elle était assise. L’attitude de Mya lui rappelait, s’il en était besoin, les raisons pour lesquelles il remerciait chaque jour le ciel d’avoir choisi de quitter la réserve. — Ne t’inquiète pas, dit-il, s’adressant à Grace. Ma famille a une maison ici. Nous pouvons nous y installer pour la nuit. Ce n’est pas le Hilton, mais elle dispose de l’eau courante et d’un toit. Il ignora le pincement des lèvres de Mya et la lueur acerbe dans son regard. — Vous êtes sûrs que vous ne seriez pas plus à l’aise dans un motel ? demanda-t-elle. — Ce serait certainement beaucoup plus confortable, répondit-il d’un ton détaché, mais nous resterons ici. L’idée de retrouver la maison ne le réjouissait pas vraiment après tout ce temps, mais Mya avait raison. Il n’y avait pas de place au village pour les étrangers, et c’était ce qu’il était devenu. D’un autre côté, il était plus sensé de rester ici parce que c’était l’endroit où se concentrerait l’enquête, et comme il les voyait mal dormir dans la Range Rover, autant proîter de la maison. Du reste, c’était temporaire, et le temporaire, il pouvait gérer. — Je suppose que tu en as le droit, observa-t-elle d’un ton froid. — Comme tu dis, j’en ai le droit. Pourquoi l’asticotait-il ainsi ? Il l’ignorait. Il se déplaça d’un pied sur l’autre, et sentit le regard de Grace vrillé sur lui. Il valait mieux s’arrêter là s’il voulait garder
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privé son passé avec Mya. Dès qu’il s’agissait de airer les choses que les autres tenaient à garder secrètes, Grace était un véritable chien de chasse. Et il n’était pas assez idiot pour s’imaginer qu’elle allait mettre son talent dans sa poche juste parce que c’était lui. — Pendant que vous vous remémorez le bon vieux temps, déclara-t-elle, je vais jeter un coup d’œil au corps. Sur un regard plombé, chargé des questions qu’elle lui réser-vait pour plus tard, elle disparut dans la petite pièce mortuaire. Un silence désagréable tomba, et Angel regretta de ne pas être reparti quand il le pouvait encore. Levant le menton, Mya fut la première à briser le silence : — Que les choses soient bien claires, Angel. Tu ne signiîes rien pour moi. Ne me pose pas de questions personnelles, que ce soit sur mes cheveux ou sur ma vie privée. Je travaillerai avec toi, mais dans un cadre strictement professionnel. Toute autre considération est exclue. J’ai tourné la page. — Après quinze ans, je l’espère, murmura-t-il, même si l’aiguillon de ses paroles lui faisait mal. Elle ignora la remarque et, d’une voix basse mais ferme, poursuivit : — Laisse-moi te dire encore ceci, parce qu’il est de mon devoir de t’avertir. D’autres ne seront pas aussi accommodants que moi. — Si quiconque refuse de coopérer, je l’arrêterai pour entrave à la justice, répliqua-t-il, la mâchoire serrée. — Tu feras ce que tu jugeras nécessaire, je sais… Ce qui sera le mieux pour toi. Sous-entendu, il avaittoujours fait ce qui était le mieux pour lui. Mais elle ne le dit pas. Il refoula les jurons qui lui venaient à l’esprit. Il n’avait pas passé dix minutes avec Mya qu’une culpabilité de trois tonnes lui pesait déjà sur le cœur, alors qu’il estimait ne rien avoir à se reprocher. — C’est ce que je ferai, en effet, déclara-t-il d’une voix dure. Je suis ici pour enquêter sur le meurtre d’un collègue du FBI. Je me îche de ce que les gens pensent de moi, toi y
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compris. Merci pour l’avertissement, mais je n’en ai pas besoin. Ils coopéreront ou ce sera la prison. C’est aussi simple que ça. Elle esquissa un sourire ironique. — Alors très bien. La clinique ouvre à 8 heures, et j’ai du travail par-dessus la tête. Iris veillera à satisfaire tes demandes, si tu en as. — Iris Beaudoin ? — Oui. Il joignit cela à sa base de données. Iris était une femme incapable de matriser sa langue, et qui disait à peu près tout ce qui lui venait à l’esprit. Il faillit se pincer l’arête du nez en songeant au cauchemar qui l’attendait. La simple idée d’avoir Iris comme intermédiaire lui donnait de l’urticaire. Il devait en avoir le cœur net. — C’est bien celle dont je me souviens ? Le sourire de Mya s’élargit, mais son regard demeura de glace. — Oui. En pire, peut-être. Merveilleux. — Le corps est bien préservé, lança derrière eux la voix de Grace, suivie d’un bruit de porte que l’on ferme. Sans attendre la réponse d’Angel, Mya entreprit de verrouiller de nouveau les lieux, avant de remonter le couloir vers le hall d’entrée et de sortir de la clinique, les deux agents sur ses talons. Angel eut à peine le temps de s’écarter de la porte que déjà elle la refermait et tournait la clé dans la serrure. Elle avait presque rejoint sa voiture, sans un au revoir ni un regard en arrière, lorsqu’il l’interpella. — Ça n’a pas besoin de se passer de cette manière, dit-il, les mains écartées en un geste conciliant. Elle s’interrompit, sa silhouette se découpant dans la lumière blanche de l’unique lampadaire du parking. Elle formait une image saisissante dans cette frache soirée de printemps, son haleine tournoyant devant sa bouche. — Les choses sont comme elles sont, et il est préférable qu’elles restent ainsi, répondit-elle. Puis elle grimpa dans sa voiture sans lui laisser le temps de rétorquer.
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Il la regarda s’éloigner et, bien que Grace l’attendt dans la Rover, suivit des yeux ses feux arrière jusqu’à ce qu’ils aient disparu, regrettant de ne pouvoir s’immiscer ne fût-ce qu’une demi-seconde dans le théâtre privé des pensées de Mya Jonson. Il se demanda ce qu’il y verrait. Son instinct lui disait qu’il n’aimerait pas. Mya n’avait jamais été douée pour le mensonge. Ses senti-ments se reétaient avec clarté dans son regard, et, pour autant que cet aspect d’elle n’eût pas changé, il n’y avait pas d’erreur possible quant à ce qu’elle éprouvait aujourd’hui pour lui. Et ce n’était pas joli joli.
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