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Cette anthologie regroupe 5 nouvelles de romance contemporaine

Échange de bons procédés (Suzanne Roy) - Chloé doit se rendre au mariage de son ex, et son cavalier vient de la lâcher. Le pire, c’est qu’il était supposé se faire passer pour son petit ami ; un service qu’elle ne peut pas vraiment demander au premier venu ! Le docteur Nicolas Garnier, qui emploie Chloé depuis peu, voit là l’occasion rêvée de passer du temps avec elle hors d’un cadre professionnel.

L'Auteur mystérieux (Patricia Hajo) - Pour la première fois de sa carrière d’assistante d’édition, Sarah a envie d’enfreindre les règles. L’un des manuscrits qu’elle est chargée de lire l’a en effet prise pour héroïne. Or, l’identité de l’auteur ne sera révélée que s’il remporte le concours pour être édité. Doit-elle se sentir flattée ou avoir peur ?

Un peu rouillé (Agathe Prudent) - Oh, non ! Pas la folle du dessous... Quand Félicien se retrouve nez à nez avec sa voisine dans l’ascenseur, il pense que sa journée ne peut pas devenir pire. Il a tort : sa femme, sa femme parfaite, lui annonce qu’elle veut divorcer. D’un coup, tous ses repères s’écroulent. Et contre toute attente, c’est son excentrique voisine, Osanne, qui va lui redonner le goût de vivre.

À l'essai (Éléonore Duplessis) - Romain a demandé Juliette en mariage. Juliette a dit oui, parce qu’elle ne trouve pas de raison de dire non. Jusqu’à ce que le cambriolage d’un magasin d’antiquités chamboule sa vie familière de lieutenant de police. Entre une robe de mariée qui lui provoque des visions chaque fois qu’elle l’enfile et le patron d’un café-bibliothèque trop séduisant, Juliette va de révélations en découvertes.

Rendez-vous à Pigalle (Chloé Duval) - Douce, effacée et timide, Clémentine mène une vie simple et tranquille, rythmée par ses trois passions : les livres, dont elle a fait son métier, les bracelets à breloques... et l’inconnu du métro pour lequel elle a eu un coup de foudre un matin de septembre. Toujours le nez dans ses bouquins, Julien n’a jamais remarqué la jolie brune qui le dévisage, cachée derrière les pages de ses livres. Jusqu’à ce jour d’octobre, peu avant Halloween, où leurs regards se croisent enfin...


Publié le : jeudi 20 octobre 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782924624265
Nombre de pages : 266
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ROMANCES D’AUJOURD’HUI :
UNE ANTHOLOGIE DE ROMANCE CONTEMPORAINE



Eléonore Duplesis

Chloé Duval

Patricia Hajo

Agathe Prudent

Suzanne Roy

Éditions Laska
Montréal, Québec
Courriel : info@romancefr.com

Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.

Tous droits réservés
Échange de bons procédés © Suzanne Roy, 2014
L’Auteur mystérieux © Patricia Rakotomizaho, 2014
Un peu rouillé © Éditions Laska, 2014
À l’essai © Eléonore Duplessis, 2014
Rendez-vous à Pigalle © Céline Thomas, 2014

Aucune reproduction ou transmission, totale ou partielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des droits et de l’éditeur.

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Design de la couverture : Jeanne Corvellec

ISBN : 978-2-924624-26-5

Table des matières

Échange de bons procédés (Suzanne Roy)
Chloé doit se rendre au mariage de son ex, et son cavalier vient de la lâcher. Le pire, c’est qu’il était supposé se faire passer pour son petit ami ; un service qu’elle ne peut pas vraiment demander au premier venu…


L’Auteur mystérieux (Patricia Hajo)
Pour la première fois de sa carrière d’assistante d’édition, Sarah a envie d’enfreindre les règles. L’un des manuscrits qu’elle est chargée de lire l’a en effet prise pour héroïne…


Un peu rouillé (Agathe Prudent)
Oh, non ! Pas la folle du dessous… Quand Félicien se retrouve nez à nez avec sa voisine dans l’ascenseur, il pense que sa journée ne peut pas devenir pire. Il a tort…


À l’essai (Eléonore Duplessis)
Romain a demandé Juliette en mariage. Juliette a dit oui, parce qu’elle ne trouve pas de raison de dire non. Jusqu’à ce que le cambriolage d’un magasin d’antiquités chamboule sa vie familière de lieutenant de police…


Rendez-vous à Pigalle (Chloé Duval)
Douce, effacée et timide, Clémentine mène une vie simple et tranquille, rythmée par ses trois passions : les livres, dont elle a fait son métier, les bracelets à breloques… et l’inconnu du métro pour lequel elle a eu un coup de foudre…



ÉCHANGE DE BONS PROCÉDÉS


Suzanne Roy

Résumé

Chloé doit se rendre au mariage de son ex, et son cavalier vient de la lâcher. Le pire, c’est qu’il était supposé se faire passer pour son petit ami ; un service qu’elle ne peut pas vraiment demander au premier venu !

Le docteur Nicolas Garnier, qui emploie Chloé depuis peu, voit là l’occasion rêvée de passer du temps avec elle hors d’un cadre professionnel. Et, qui sait, de la convaincre de faire de leur petite mascarade une réalité…

Échange de bons procédés

Furieuse, elle se leva de sa chaise en étouffant à peine son cri :

« Alex, tu ne peux pas me faire ça ! Le mariage est dans deux jours ! Ça fait des semaines que je planifie tout. Je ne peux pas y aller seule, tu le sais ! »

La colère de son intonation se transforma rapidement en supplique, mais l’interlocuteur au bout du fil balbutia, d’une toute petite voix :

« Je suis désolé. C’est que j’ai promis à ma sœur que…

— Chloé ? »

Sursautant, la jeune femme aperçut son employeur et soupira bruyamment, consciente d’être prise en défaut sur son lieu de travail. Certes, il n’y avait aucun patient dans le cabinet du docteur Garnier, mais il n’était pas d’usage de briser la quiétude de la salle d’attente. À contrecœur, elle marmonna dans le combiné :

« Faut que j’y aille, mais je te jure que tu me le paieras. »

Très vite, elle raccrocha et fit mine de retrouver son calme avant de lever les yeux :

« Docteur Garnier, je vous demande pardon, je ne voulais pas… »

Il l’interrompit d’un signe de la main.

« Est-ce qu’il y a un problème ?

— Tout va bien, docteur. C’est… Ça n’a rien à voir avec le cabinet. »

Prenant un air désolé, elle ravala sa colère avant de se laisser tomber sur sa chaise. Espérant que le sujet était clos, elle s’occupa bêtement de classer, pour la seconde fois, les dossiers de l’après-midi. Comme le docteur restait immobile, elle bifurqua sur son emploi du temps :

« Votre rendez-vous n’arrivera pas avant vingt bonnes minutes. Voulez-vous voir son dossier ? »

Le silence lui répondit, puis Nicolas Garnier se décida à prendre place sur la chaise située en face du petit bureau de sa réceptionniste. Il se pencha vers elle et, avec une voix douce, il insista :

« Chloé, si vous avez un problème, vous pouvez m’en faire part…

— Ce n’est pas important.

— Ça semblait pourtant l’être. »

Après un silence, elle admit timidement :

« C’est qu’il s’agit d’une affaire… plutôt gênante.

— Ah. »

Malgré sa curiosité, il résista à l’envie d’en exiger davantage. Que pouvait-il y avoir de gênant ? Cela faisait maintenant quatre mois que Chloé Duperré était entrée dans son cabinet pour offrir ses services de réceptionniste. Jamais un mot de travers, toujours professionnelle ; et voilà qu’elle venait subitement de perdre son sang-froid devant lui. Malgré le temps qui s’était écoulé depuis son énervant coup de téléphone, ses joues conservaient une jolie teinte de rouge et il sentait qu’elle n’en était pas encore remise. Pourtant, elle refusait de lui en parler. Conscient du malaise qu’il laissait planer entre eux, il soupira en essayant de ne pas laisser transparaître sa déception.

« Bien… J’aurais aimé pouvoir vous aider. J’espère que vous arriverez à trouver une solution. »

Lentement, il se leva, déterminé à regagner son bureau, lorsque la petite voix de Chloé résonna derrière lui :

« Ma cousine se marie ce weekend. J’avais demandé à un ami de m’accompagner, mais… il a un contretemps. Et maintenant, je n’ai que deux jours pour me trouver un remplaçant. »

Elle avoua tout d’un trait, très vite, comme si les mots lui écorchaient la bouche ; mais lorsqu’il pivota pour reporter son attention sur elle, il ne paraissait pas surpris.

« C’est ça, votre drame ? questionna-t-il avec une pointe d’ironie.

— Ma cousine se marie avec mon ex, précisa-t-elle, et je n’ai pas la moindre envie d’arriver là-bas toute seule. C’est plus clair, comme explication ?

— Hum… oui. »

Persuadée qu’il allait poursuivre son chemin, elle fit mine de retourner à son classement de dossiers, puis se dépêcha de décrocher lorsque le téléphone sonna. Pourtant, Nicolas Garnier restait là, les yeux rivés sur elle, pendant qu’elle planifiait une consultation pour la semaine suivante. Dès qu’elle raccrocha, il reprit la parole :

« Aimeriez-vous que je vous accompagne à ce mariage ? »

Chloé ouvrit la bouche, mais resta muette pendant plusieurs secondes, comme si la question venait de la foudroyer sur place. Il fronça les sourcils et rectifia aussitôt sa proposition :

« Vous avez le droit de dire non, vous savez…

— Hein ? Non ! C’est que… »

Elle réfléchit à sa réponse en essayant de conserver son calme. Nicolas Garnier voulait l’accompagner ? Elle n’osa se pincer devant lui, mais se mordit légèrement la lèvre du bas pour s’assurer de ne pas rêver.

« Je ne suis pas le genre que vous recherchez, peut-être ? » insista-t-il.

La bouche de la jeune femme s’ouvrit de nouveau. Pas son genre ? Il plaisantait ! Nicolas Garnier était probablement le psychothérapeute le plus sexy de la planète ! Et voilà qu’il venait de lui offrir son bras pour être son cavalier au mariage de Dave et d’Annette !

Devant la longueur de son silence, il revint prendre place sur la chaise visiteur et se pencha pour mieux obtenir l’attention de Chloé, qui continuait à fuir son regard.

« Vous aviez un problème, je vous offre une solution. Si vous n’en voulez pas, dites-le, tout simplement.

— Docteur Garnier… »

Il posa sa main sur la sienne, quelque part sur un dossier. C’était la première fois qu’ils se touchaient, outre des effleurements accidentels.

« Appelez-moi Nicolas.

— Nicolas », répéta-t-elle, le souffle court.

Consciente qu’il attendait le reste de sa phrase et qu’elle était, comme une idiote, restée les yeux plantés dans ceux de son patron, elle rougit et se remit à parler :

« C’est que… Alex… enfin… l’homme qui devait m’accompagner…

— Oui ?

— Il devait… »

Ses joues devinrent cramoisies lorsqu’elle jeta, très vite :

« … faire semblant d’être mon petit ami. »

Les yeux de Nicolas s’agrandirent devant l’aveu de Chloé. Quoi ? Elle cherchait un petit ami ? Elle n’en avait donc pas ? Un sentiment de joie s’immisça en lui, mais il se racla la gorge pour n’en rien laisser paraître. Mais, si elle était célibataire… qui était donc cet Alex à qui elle parlait régulièrement au téléphone ? Forçant la note pour paraître détendu, il tenta de banaliser ses propos :

« Si cela consiste à vous tenir la main et à vous offrir des regards tendres, je crois que ça peut se faire.

— C’est que… C’est pour tout le weekend. Vraiment, docteur, vous avez bien d’autres choses à faire que d’accompagner une réceptionniste à un petit mariage de province… »

Il lui lança un regard sombre.

« Chloé, vous régissez mon emploi du temps du lundi au vendredi, mais que savez-vous de mes samedis et de mes dimanches ? »

Elle se raidit sur sa chaise, surprise par la question, avant d’admettre :

« Euh… Rien, docteur. »

Devant le froid qu’il venait de jeter entre eux, il afficha un air troublé, puis se leva pour la seconde fois, prêt à rendre les armes.

« Bien, alors… je suis libre ce weekend. À vous de voir si cela vous convient. »

Avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche, Nicolas lui tourna le dos et se dirigea vers son bureau. Dans la seconde, Chloé bondit de sa chaise et parla vite, comme si sa vie en dépendait :

« Docteur… Attendez ! »

Il s’arrêta et reporta son attention sur elle en essayant de masquer combien il était fier d’être ainsi rappelé.

« Nicolas, reprit-elle en sentant ses joues rougir encore, je serais… très honorée que vous soyez mon cavalier. Seulement… vous devez me prendre pour une folle avec cette histoire…

— J’ai déjà vu pire, plaisanta-t-il. N’oubliez pas le travail que je fais… »

Elle étouffa un rire nerveux et enchaîna, la voix légèrement tremblante :

« Ma famille est… disons… un peu exubérante.

— Vont-ils m’attacher à un arbre ou effectuer un autre rituel barbare de cet ordre ? »

Il provoqua un autre rire chez Chloé et cela lui plut. Déjà, il avait la sensation que les choses évoluaient entre eux.

« Je ne pense pas, non, répondit-elle enfin. Mais comme il y a une éternité que personne n’est allé là-bas avec moi… ils vont vous poser un tas de questions pour voir si… si…

— Pour voir si je mérite votre attention ? suggéra-t-il.

— Oui », confirma-t-elle, un peu gênée de devoir l’admettre.

Nicolas s’avança de trois pas, le sourire aux lèvres, puis il lui adressa un clin d’œil complice :

« Raison de plus pour accepter mon offre : j’ai un don pour me mettre les gens dans la poche… »

Juste à la façon dont sa poitrine se compressa, Chloé ne douta pas un instant de ses paroles. Sa mère n’allait jamais croire qu’elle ramenait un homme de cette trempe. Beau et de surcroît médecin ! Charmée par son insistance autant que par l’homme lui-même, elle afficha un sourire béat lorsqu’il demanda :

« Aurai-je l’honneur d’être votre cavalier, Mlle Duperré ?

— Tout l’honneur sera pour moi, docteur Garnier.

— Bien. Considérez donc votre problème réglé. »

Il repartit vers son bureau ; mais, alors qu’il était sur le point de disparaître de sa vue, il se retourna vers elle une dernière fois.

« En échange de ce service, vous devrez m’accompagner à une soirée de bienfaisance à la fin du mois. »

Retrouvant un ton poli, même si son sourire ne quittait pas son visage, elle hocha la tête avec la détermination d’un caporal.

« Bien sûr ! Disons que ce sera… un échange de bons procédés ? »

Il pouffa avant de confirmer :

« Ces soirées-là sont tellement ennuyeuses que je me demande qui de nous deux fera la meilleure affaire. »

Lorsque la porte du bureau se referma, Chloé se laissa retomber sur sa chaise en essayant de ne pas se mettre à rire comme une folle. Qui fera la meilleure affaire ? Elle, assurément ! Au diable Alex ! Non seulement elle aurait un cavalier à son mariage, mais celui-là ferait assurément baver toutes ses cousines !

* * *

Ce fut avec beaucoup de nervosité que Chloé prit place sur le siège passager de la voiture sport de Nicolas Garnier. Il était vêtu de façon simple mais élégante, même si son sourire, chaud et sensuel, faisait oublier à la jeune femme chaque bout de vêtement qu’il portait. Pour éviter de le dévisager, elle caressa doucement le coffre à gants.

« Mon frère va adorer cette voiture !

— Et déjà un de gagné ! s’amusa-t-il. Qu’en est-il de votre père ?

— Il ne pourra pas résister à l’envie de vous dire d’être prudent, mais il acceptera probablement d’aller faire un tour si vous lui proposez.

— Un et demi, alors ! »

Il paraissait de fort bonne humeur et Chloé ne cessait plus de rire à l’idée que sa famille adopte Nicolas aussi rapidement. Alors qu’il reprenait la route, il se racla la gorge :

« On se tutoie ? Il me semble que c’est préférable, vu la situation…

— Euh… oui. C’est juste que… ça fait bizarre. Je vous vouvoie depuis… »

Elle s’interrompit, se remit à rire, puis recommença :

« Je te vouvoie depuis tellement longtemps !

— Eh bien, à partir de maintenant, on ne le fera plus, c’est tout !

— Même au bureau ?

— Même au bureau ! confirma-t-il sur un ton joyeux. Tant que le travail est bien fait, je ne vois pas le problème… »

Elle le scruta, à la fois ravie et charmée par le naturel qu’il dégageait en lui disant cela.

« Quoi ? demanda-t-il en apercevant le regard de la jeune femme.

— Rien, c’est juste que… tu sembles différent.

— Différent dans le bon sens, j’espère !

— Que oui ! Ma mère va t’adorer ! »

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