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Sea - Sex and You - 2

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62 pages
« Il est capricieux, froid, insupportable… Je le veux ! »
***
– Votre dessin est magnifique, Léo ! Avec tout ce talent, je ne comprends pas pourquoi vous gâchez votre énergie dans ce job idiot de… go-go dancer de club de plage !
Mon sang ne fait qu’un tour. À nouveau le yoyo émotionnel : un compliment est forcément suivi d’une gifle chez Jake Henderson. Je n’ai pas à supporter davantage les jugements de valeur de ce fils à papa. Je rassemble mes affaires, les mains tremblantes de colère et de ressentiment, et lui lance au visage :
– Je ne suis pas go-go dancer, je suis serveur. Et je fais ce « job idiot » pour financer mes études, parce que je ne suis pas né avec une cuillère d’argent dans la bouche, moi. Vous ne connaissez rien de moi, ni de mon passé, alors épargnez-moi vos commentaires.
– Dès que je dis quelque chose vous prenez la mouche, Léo !
– Vous ne vous rendez même pas compte que vous êtes condescendant, Jake, à force de vivre dans votre bulle. Savez-vous qu’il existe un monde parallèle au vôtre, où les gens ne conduisent pas de Porsche et où on ignore à quoi peut servir un club de golf ?
– Vous parlez sans doute de ce monde qui vous héberge gratuitement dans un décor de rêve ?
– C’est un coup bas, ça…
– Vous n’êtes pas tendre avec moi non plus, Léo.
– Je dois partir. On m’attend au Bunch, je dois aller danser en slip sur le bar, comme vous le savez.
– C’était une façon de parler.
– Et moi c’est ma façon de vous dire au revoir.
– Au revoir, Léo. Choisissez bien votre slip.
***
Léo devait juste passer son été à servir des cocktails aux plus beaux mecs de South Beach, Miami. Il ne s’attendait pas à rencontrer Jake, ce riche New-Yorkais aussi fascinant que détestable… et encore moins à découvrir que c’est chez lui qu’il est hébergé ! Charmant et plein de vie, il n’était pas préparé à cet ouragan de sentiments qui le submerge, ni à se retrouver bien malgré lui au centre d’une rivalité impitoyable entre Jake et son ex, deux hommes aussi irrésistibles que puissants.
Entre secrets de famille, caractères explosifs, attirance inattendue et quiproquos, Léo n’est pas au bout de ses surprises !
La plage, le soleil, les cocktails… et un milliardaire !
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Extrait

Je vois à l’expression de Jake qu’il ne comprend pas toute la portée de la révélation que je viens de lui faire. Le petit garçon posant devant un paysage de montagne, peint sur le tableau qui orne le bureau de son père, c’est moi, Léo Miller, à l’âge de sept ans.
– Que veux-tu dire, par « ce petit garçon, c’est moi » ? demande Jake, abasourdi.
– Que ce garçon me ressemble étrangement, Jake, parce qu’il s’agit de moi. Mon père a peint ce tableau lorsque j’avais sept ans.
Cette fois, je craque et laisse couler à flots les larmes que je tentais encore de retenir. C’est trop d’émotions, trop de souvenirs, trop de questions aussi. Jake a l’air ému par mes larmes :
– Mais, Léo, c’est absurde ! Que ferait une toile de ton père ici ? Et tu t’appelles Miller, pas Sadler.
– Mon père est mort, Jake. Enfin, mon vrai père. Il s’appelait Gordon Miller, et il est mort lorsque j’avais huit ans, d’une overdose. À peine un an après avoir peint ce tableau, en fait. Je ne sais pas d’où tu sors ce nom, Sadler, car ce tableau n’est même pas signé. Mais je reconnaîtrais son travail entre mille.
Jake m'observe, bouleversé. Mon histoire semble le toucher au cœur.
– Pardon, je ne savais pas, Léo. Mais tu m’as dit que les Ramirez étaient des amis de tes parents.
– Mes parents adoptifs. J’ai été recueilli par les Jones après le décès de mon papa. C’est Julia Jones qui est amie avec les Ramirez.
– Et ta mère biologique ?
– Je m’en souviens à peine. J’avais trois ans lorsqu’elle est morte dans un accident de voiture.
J’ai lâché ces derniers mots dans un souffle, tant je suis moi-même secoué par l’évocation de ces souvenirs douloureux. Jake est totalement désemparé : mon histoire personnelle est terrible, même Victor Hugo aurait hésité à écrire un truc aussi moche. Peu de gens connaissent la vérité à mon sujet, parce que c’est une vérité bouleversante, dérangeante, et que c’est difficile de bien réagir. Soit les gens ont pitié de moi, soit ils ont peur que mes malheurs les contaminent. Et puis je n’aime pas revenir sur cette période. Je traîne avec moi ce passé comme un boulet, que j’avais jusqu’ici plutôt bien réussi à enfouir. Mais voilà que je tombe sur l’improbable, voire l’impossible : je m’entiche d’un homme que les circonstances de la vie n’auraient jamais dû me faire rencontrer ; ressurgit alors comme un boomerang une pièce maîtresse de cette première vie ratée, le tableau de mes sept ans. Jake me regarde avec détresse. Je lui dois une explication, d’autant que je veux moi aussi comprendre ce que fait ici ce tableau, et pourquoi il est signé du nom d’un autre. Je me sens comme dépossédé de moi-même, et c’est une sensation des plus désagréables. Jake s’approche de moi, déconfit par ma tristesse. Il m’entoure de ses bras et m’invite à m’asseoir avec lui sur le sofa placé face au tableau. Je sèche me larmes, prends une profonde inspiration, et je commence mon histoire :

– Mon père était artiste peintre. Les premières années de ma vie ont été heureuses, jusqu’à ce que Maman disparaisse. J’avais à peine trois ans. Papa ne s’en est jamais vraiment remis, et il a sombré dans la drogue.
– La drogue ? répète Jake.
– Oui, cocaïne, LSD, puis héroïne, dis-je, la voix cassée. C’est ça qui l’a tué. Pour booster sa créativité et surtout oublier la disparition d’Alicia, ma mère.
Je marque une pause, je suis tellement nerveux que j’en tremble. Remuer tout ça est douloureux. Et dangereux. Mais je dois continuer :
– Ça, je l’ai appris plus tard, en surprenant des conversations entre les assistantes sociales, puis en discutant avec les Jones. À la maison, Papa se comportait comme tous les papas et s’occupait de moi le mieux possible. Je n’ai que des souvenirs heureux de cette période… On n’avait pas beaucoup d’argent, mais à part ça mon père ne m’a jamais rien laissé entrevoir de ses problèmes. Son atelier était situé dans un autre immeuble que notre appartement, alors il s’efforçait de cloisonner ses deux existences : le papa modèle élevant seul son petit garçon d’un côté, et l’artiste tourmenté qui se défonçait dans son atelier de l’autre. Je ne savais quasiment rien de son travail, si ce n’est qu’il passait beaucoup de temps dans son atelier, et que c’est grâce à ça qu’on vivait. Je suppose donc qu’il arrivait à vendre des toiles…
Je soupire. Vais-je y arriver ? Jake m’encourage, d’un signe de tête, et je reprends le fil de mon récit :

– Nous avions un rituel, mon père et moi. Depuis la mort de Maman, à chaque anniversaire je posais pour lui et il peignait un portrait de moi, qu’il intégrait à un paysage, toujours le même, celui des montagnes du Wyoming dont ma mère était originaire. C’était pour lui un moment important, sa façon à lui de faire son deuil tout en assurant une sorte de continuité entre les deux êtres qu’il aimait le plus au monde. Chaque année je recevais cette toile en cadeau.
Jake sent ma voix trembler de nouveau et se rapproche de moi davantage, dans un mouvement protecteur. Ça me donne le courage de poursuivre.
– Je possédais donc cinq toiles, qu’il a réalisées de mes trois ans à mes sept ans. Je ne sais pas ce qu'elles sont devenues, elles ont disparu avec le reste. Ce sont les seules œuvres que j’ai jamais vues de lui, les autres restaient dans son atelier, hors de ma portée. Papa n’apportait jamais son travail chez nous, et en parlait peu. Avec le recul, je pense qu’il associait son travail à sa déchéance et à son mal-être, et il voulait me préserver. Ça a marché jusqu’à un certain point. Il est allé trop loin dans ses excès, et il a pris la dose de trop, celle qui l’a tué et qui a détruit mon enfance.
Ma voix se brise de nouveau sur ces derniers mots. Jake m’apaise de sa voix douce :
– Tu lui en veux, n’est-ce pas, Léo ?
– Oui. Je lui en veux car il me répétait sans cesse qu’il était là pour veiller sur moi, qu’il prendrait soin de moi après la mort de Maman. Et, au final, il m’a abandonné lui aussi, incapable de contrôler ses pulsions, il m’a laissé seul au monde et désemparé. Sans les Jones, je ne sais pas ce que je serais devenu…
Un silence suit cette dernière phrase. Je me sens épuisé : raviver ces souvenirs m’a vidé de mon énergie. Jake reprend la parole, le Jake doux et humain que j’ai découvert cette nuit.
– Ton histoire est terrible, Léo. Je suis désolé…
– Tu n’y es pour rien. C’est un passé encombrant, mais j’ai réussi à le maîtriser. Jusqu'à maintenant, en tout cas.
Je lève les yeux vers le tableau de nouveau en disant cela. Sa vue m’est presque insupportable, mais je dois l’affronter, et, surtout, je dois savoir.
– Jake, que fait ce tableau ici ?
– Je l’ignore, Léo. Je t’ai dit la vérité, ce tableau est ici depuis une quinzaine d’années environ, et je l’ai toujours aimé, j’ai passé des heures sur le petit sofa à le regarder, et à m’imaginer parler avec ce petit garçon lorsque je me sentais seul… et, aujourd’hui, ce petit garçon aux yeux doux se trouve devant moi. Je n’en reviens pas.
– Depuis une quinzaine d’années, tu dis ? J’ai 23 ans, ça correspond au moment de la mort de mon père…
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