Secrets en série

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Elaina McCord ne rêve que d’une chose : devenir profileur au FBI. Pour sa première enquête, elle se lance sur une série de meurtres commis au Texas. Les victimes sont des jeunes femmes, droguées, assassinées et abandonnées dans des marais isolés. Elle est mal accueillie par la police locale, conservatrice et clairement hermétique aux nouvelles méthodes d’enquête. Son unique allié est Troy Stockton. Il est le seul à la soutenir face aux railleries des Texas Rangers et à la protéger, quand elle devient elle-même une cible du serial killer…
Publié le : mercredi 13 mai 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290065761
Nombre de pages : 384
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couverture
LAURA
GRIFFIN

Secrets en série

ROMAN

Traduit de l’anglais (américain)
par Anath Riveline

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Présentation de l’éditeur :
Elaina McCord ne rêve que d’une chose : devenir profileur au FBI. Pour sa première enquête, elle se lance sur une série de meurtres commis au Texas. Les victimes sont des jeunes femmes, droguées, assassinées et abandonnées dans des marais isolés. Elle est mal accueillie par la police locale, conservatrice et clairement hermétique aux nouvelles méthodes d’enquête.
Son unique allié est Troy Stockton. Il est le seul à la soutenir face aux railleries des Texas Rangers et à la protéger, quand elle devient elle-même une cible du serial killer…
Biographie de l’auteur :
Laura Griffin a débuté comme journaliste avant de se consacrer à l’écriture. Ses ouvrages ont été récompensés par de nombreux prix aux États-Unis.

Du même auteur et dans la même collection
aux Éditions J’ai lu

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Remerciements

Je voudrais exprimer mon immense gratitude à la remarquable équipe de l’académie du FBI, en particulier Carolyn Brew, Ladislao Carballosa et Ron Peterman. Également au sein du FBI, je remercie Erik Vasys et Leslie Hoppey, qui ont bien voulu partager avec moi un peu de leur connaissance et de leur expérience. D’autres membres des forces de l’ordre et des experts médico-légaux ont répondu à mes nombreuses questions avec une patience infinie et je leur dois toute ma reconnaissance : Mark Wright, Phylis Middleton, Jen Nollkamper, Chris Herndon, D. P. Lyle, Greg Moffatt et Katherine Ramsland. Les erreurs éventuelles que j’aurais pu commettre dans ce roman ne proviennent que de moi.

Mes sincères remerciements aux membres de Pocket, parmi eux : Jae Song, Ayelet Gruenspecht, Danielle Poiesz, et surtout Abby Zilde. Et merci à Kevan Lyon, mon merveilleux premier lecteur et mon cher ami.

Prologue

Refuge national pour la vie sauvage de Laguna Madre
N 26° 13.767 O 097° 19.935
13h03 HNC

Jamie Ingram avait précisément vingt-sept minutes pour trouver.

Difficile, mais pas impossible, du moment qu’elle ne se laissait pas distraire. Elle empaqueta ses affaires : jumelles, batteries, insecticide, bouteille d’eau supplémentaire. Elle rangea ses clés dans son sac à dos et le referma.

— Eh dis, ce truc est cassé !

Elle jeta un œil à son pare-brise. Le roi de la distraction s’était planté devant sa Jeep, fixant la boussole, le regard vide.

Elle sortit de son véhicule, claquant la portière derrière elle.

— Il ne faut pas l’utiliser dans son boîtier, ça perturbe l’aimant.

Noah grimaça en lui tendant la boussole. Elle passa le sac à dos sur ses épaules et s’engagea dans le sentier. Ils se dirigeaient plein sud sur un peu plus d’un kilomètre, et ensuite, ils sortiraient du chemin vers l’est à travers les broussailles. Jamie remarqua la pancarte « Attention aux alligators ». Trois gros corbeaux aux plumes laquées étaient perchés dessus et la regardaient.

Elle sentit une odeur sucrée et jeta un œil par-dessus son épaule.

— Tu viens ?

Noah avala un peu de fumée et secoua la tête. Jamie savait bien que se balader dans la nature n’avait jamais été la grande passion de son petit ami, mais il l’avait vue vraiment enthousiaste quand elle avait trouvé cette annonce sur Internet. Elle était persuadée que cette cachette devait contenir quelque chose d’intéressant.

— Celui qui le trouve le garde ! lança-t-elle.

Il retira sa capuche et traîna les pieds vers elle.

— Il fait une putain de chaleur ! Pourquoi t’es obligée de faire ça maintenant ?

Parce qu’elle devait reprendre son service sur l’île à deux heures, mais il n’en avait rien à faire.

— Personne ne t’a demandé de venir.

Il lui passa le joint et elle prit une taffe alors qu’il retirait son tee-shirt. Elle examina son bronzage, sa musculature de surfeur et se rappela pourquoi elle le supportait. Il fourra son tee-shirt dans son dos, à l’arrière de son short cargo et attacha ses dreadlocks blondes avec un élastique.

— OK, allons-y, lança-t-il en lui reprenant son joint.

Jamie partit en premier dans l’étroite piste bordée de prosopis. Elle se repérait alors qu’il piétinait derrière elle, râlant à chaque épine qui le piquait. Il aurait dû porter des chaussures de randonnée comme elle, mais il ne devait sûrement pas avoir autre chose que des tongs.

Le sol devint boueux quand ils quittèrent le sentier vers l’est. Des flaques d’eau miroitaient à travers les buissons plus épais maintenant. Elle repensa à la mise en garde au sujet des alligators.

— On arrive à la côte. C’est impossible !

Jamie vérifia l’indice qu’elle avait trouvé sur le site web : suivez la route en brique jaune. De jaune elle n’avait trouvé que des fleurs sauvages le long du chemin. Étaient-ce les briques jaunes ? Parfois ces petites indications futées étaient plus agaçantes qu’utiles.

— Tu es déjà perdue ?

Elle n’écouta pas Noah et étudia de nouveau son GPS, essayant de comprendre ce qu’elle avait loupé. Elle scruta les lieux. À vingt mètres de là, les prosopis laissaient la place à des massettes et ensuite aux marécages à perte de vue. La brise se leva, et une puanteur agressa ses narines. Un énorme oiseau brun s’élança au-dessus de leurs têtes pour s’abattre au bord du feuillage. Un autre le suivit.

Des buses.

— Il y a quelque chose de mort par-là, dit-elle, se frayant un chemin dans les herbes hautes.

Les moustiques fourmillaient autour de son visage et de son cou. Elle les chassa d’un geste de la main. Devant elle, les roseaux bruissaient et elle vit un battement de plume. Était-ce… ?

Elle s’approcha d’un pas. Les roseaux bougèrent de nouveau et un nuage de mouches s’éleva.

Elle se figea. Son sang se glaça dans ses veines.

— Eh, c’est quoi ?

Son estomac se retourna. Sa gorge se ferma sur ses mots.

— Jamie ? Allez, c’est quoi ?

— Une fille…

1

Île de Lito, Texas
N 26° 14.895 O 097° 11.280
Vingt-quatre heures plus tard

Le commissariat de police était calme.

Trop calme.

Elaina McCord se gara sur le parking vide le plus près possible de l’entrée. Elle ouvrit la portière et sortit de son véhicule, respirant le petit souffle d’air du dehors. Pas exactement une brise, mais pas loin. Un instant, elle resta appuyée sur la Taurus pour trouver ses marques.

Elle dégagea sa nuque de ses cheveux et les entortilla dans une sorte de chignon. Son tailleur pantalon de Filene’s Basement, mélange coton et polyester, cachait son holster, mais la faisait transpirer. Elle aurait dû opter pour de la soie, mais quand elle s’était constitué sa garde-robe professionnelle, elle avait pensé à Washington ou à New York. Elle n’aurait jamais pu imaginer qu’elle échouerait à Brownsville, au Texas – un satellite de satellite de bureau, à des milliers de kilomètres de tout.

À part ce jour-là.

Matt Breck, le chef de la police de l’île de Lito, avait appelé Brownsville et demandé une assistance fédérale pour tenter de résoudre une série d’homicides. Vraisemblablement, il s’attendait à voir débarquer une paire d’agents expérimentés avec coupe en brosse et costume noir.

Au lieu de cela, il écopait d’une bleue dans une imitation de veste de grand couturier.

Elaina lissa ses revers et rassembla son courage.

Elle referma la portière, verrouilla sa voiture et gravit une douzaine de marches en bois pour arriver en face d’une pancarte qui lui disait ce qu’elle savait déjà.

L’endroit était désert.

« Je reviens de suite ». Les aiguilles noires sur la pendule étaient placées sur dix heures trente. Elaina leva les yeux vers le soleil qui lui tapait directement sur la tête. Elle entoura son visage de ses mains pour scruter le bureau plongé dans l’obscurité à travers la vitre teintée de la porte. Le commissariat semblait bel et bien fermé.

Qui ferme un commissariat de police ?

Dans quelle planète avait-elle atterri ?

Elaina poussa un profond soupir et tourna sur elle-même.

Au-delà du minuscule parking, une rangée de grands palmiers bordaient l’autoroute 106, autrement appelée autoroute de Lito, parce que c’était la seule autoroute de l’île et qu’elle la traversait sur ses trente-trois kilomètres.

Sur les trois premiers, elle avait découvert que s’entassaient des motels, des restaurants et des magasins de surf. Dieu seul savait ce qu’il y avait sur les trente kilomètres suivants. D’après la carte, il semblait que la route s’enfonçait dans la réserve naturelle juste au sud de la ville. Elle tourna le regard de ce côté pour voir des herbes, de l’eau et ce qui paraissait être des étendues de marécages à n’en plus finir.

Ou un estuaire. Ou n’importe quoi.

Une terrasse en bois abîmée entourait le commissariat. Elaina la suivit vers l’arrière, soucieuse de ne pas coincer ses petits talons noirs entre les lattes inégales. Le bâtiment blanc réfléchissait le soleil comme un miroir. Sa juridiction s’étendait jusqu’à Laguna Madre, la baie qui séparait Lito du continent. Elle se protégea les yeux de l’éblouissement en longeant les murs. Un mouvement sur l’eau attira son attention.

Un bateau. Et qui arrivait dans sa direction, ce qui voulait dire que soit il se dirigeait vers le poste de police, soit vers la bien nommée marina de l’île de Lito, juste à côté.

Le bateau se rapprochait. Une sorte de logo officiel s’étalait sur la coque, et Elaina compta au moins quatre passagers, debout derrière celui qui tenait la barre. Son estomac se resserra en pensant au cinquième, qui gisait certainement au fond.

Le bateau dépassa le quai devant le commissariat pour négocier un grand virage et amarrer sur la marina. Une vague éclaboussa à travers les lattes en bois, trempant les chaussures d’Elaina.

L’eau s’infiltra dans ses orteils alors qu’elle traversait l’épais tapis de pelouse de Saint Augustine, séparant le commissariat de la marina. Des SUV et des pick-up envahissaient le parking en gravier. Elle repéra deux véhicules de police et une Chevrolet Suburban rouge avec l’inscription « Pompiers » peinte sur les portières.

Elaina fit le tour du bâtiment en métal ondulé, passant devant un type bronzé, un casier vide à la main, et un couple d’adolescents qui tenaient eux un seau jaune rempli d’hameçons. Appuyé contre une machine à boissons qui vrombissait, un homme fumait une cigarette en l’observant. Elle longea un évier en bois devant lequel un barbu chauve s’était interrompu de couper une tête de poisson pour la reluquer. Ignorant les regards curieux sur elle, Elaina se concentra sur le bout de la jetée.

Le capitaine du bateau – le commandant Breck ? – aboya un ordre et un homme dans un uniforme kaki sauta de l’embarcation pour nouer la corde à un taquet.

Deux officiers, eux aussi en uniforme, se penchèrent pour ramasser un grand sac noir qu’ils déposèrent sur la jetée en plein soleil. Elaina assista à la scène, choquée. Le capitaine finit par descendre à son tour.

— Commandant Breck ?

Son regard la foudroya et devint sur-le-champ suspicieux sous la visière de sa casquette de policier.

— Ouais ?

Elle s’arrêta devant lui et étudia l’expression réservée dans ses yeux marron.

— Je n’ai aucun commentaire à faire.

— Pardon ?

— Vous êtes du Herald, c’est bien ça ?

Il la toisa de la tête aux pieds, ralentissant sur son tailleur, marquant une pause sur ses manchettes mouillées et remontant d’un coup vers son visage.

— Ou la télé peut-être ? De toute façon, je n’ai aucun commentaire à faire, par conséquent…

— J’ai été envoyée par le FBI, se présenta Elaina en tendant la main. Agente spéciale Elaina McCord.

Les sourcils de l’homme se levèrent, disparaissant sous la visière.

— Vous avez appelé Brownsville ce matin, lança-t-elle pour lui rafraîchir la mémoire, alors que Breck baissait les yeux vers sa main tendue. Vous avez demandé de l’assistance.

Son front se plissa désormais, et Elaina renonça à la poignée de main. Il la dévisagea une nouvelle fois. Elle regarda, derrière lui, le sac sur le quai. Un homme aux cheveux blancs et habillé en civil se tenait à côté. Le médecin légiste ?

— Et si vous alliez m’attendre là-bas ? suggéra-t-il en lui indiquant le commissariat. Quelqu’un va venir vous rejoindre dans une minute.

Elaina ravala son agacement et s’exécuta en reculant de quelques pas. Ce ne serait pas judicieux de mettre en rogne le commandant en chef dès sa première enquête criminelle. Elle croisa les bras, alors que Breck lui tournait le dos pour s’entretenir avec ses officiers.

De la fumée l’entoura. Elaina se tourna vers le distributeur de boissons contre lequel l’homme à la cigarette appuyait toujours son épaule avec désinvolture.

Son regard fixe et pénétrant lui donna la chair de poule.

Elle détourna les yeux.

Un nuage de plumes se souleva alors que le chauve devant son évier jetait les entrailles des poissons dans l’eau et que les mouettes se bousculaient. Un pélican brun géant battit des ailes pour remporter le gros lot avant de se percher sur le quai et tout engloutir.

Elaina scruta les lieux, prenant des notes dans sa tête. Les adolescents avaient disparu, mais le pêcheur de crabes était encore là, les bras croisés sur sa poitrine et son casier à ses pieds, tandis qu’il regardait fixement le sac qui gisait sur le sol. Elaina s’efforça d’imprimer son visage dans son esprit, avant d’étudier les autres témoins. Certains criminels aimaient rester sur les scènes de crime pour observer les conséquences de ce qu’ils avaient fait. Elaina compta neuf spectateurs à cet instant, incluant un type torse nu, d’une vingtaine d’années, à la peau bronzée et aux dreadlocks blondes. Il entourait de son bras les épaules d’une jeune femme et tous les deux fixaient la jetée avec une fascination morbide.

Elaina consulta sa montre. Tout bas, elle laissa échapper un juron. Breck et ses hommes s’agglutinaient sur le quai, étouffant le semblant de brise. Elaina sentait la température monter à mesure que le soleil s’élevait dans le ciel.

Un grand oiseau marron se posa tout au bout de la jetée et s’approcha en dodelinant sur ses pattes grêles pour examiner le sac contenant le corps. Il piquait sur le plastique avec son bec incroyablement aiguisé.

Elaina passa à côté des officiers et agita les bras vers la bête.

— Ouste là ! cria-t-elle, faisant fuir le curieux.

Elle se tourna ensuite vers les policiers.

— Mais où est l’équipe chargée du transport des corps ?

— La quoi ? interrogea Breck en fronçant les sourcils.

— L’équipe qui doit venir chercher ce corps ! insista Elaina. Il cuit là dans le soleil, avec tous ses précieux indices…

Breck posa les mains sur les hanches.

— Nous attendons notre ambulance. Ils sont retenus par un accident sur la plage.

Elaina prit une profonde respiration. Elle avait l’impression d’avoir sur elle une douzaine d’yeux, mais essaya tout de même de se calmer.

— Quand sera-t-elle ici ?

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