Séduite par un cheikh

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Pour fuir sa famille et son passé, Ella s’est réfugiée au Quishari, un paradis de sable chaud et de jardins luxuriants, où elle est enfin heureuse. Du moins, jusqu’à l’arrivée du cheikh Khalid al Harum. Cet homme mystérieux et solitaire — qui se présente comme le nouveau propriétaire de la maison qu’elle occupe — la somme en effet de quitter les lieux sans tarder. Un ordre auquel Ella refuse d’obtempérer. Personne ne lui dictera sa conduite ! Pas même un prince au regard envoûtant…
Publié le : samedi 15 octobre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280240406
Nombre de pages : 224
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1.
C’était une nuit sans lune, et seules les étoiles éclairaient la plage. Les vagues venaient mourir sur la grève avec un murmure régulier qui faisait écho aux pensées mélancoliques d’Ella Ponti. Alexander aimait lui aussi marcher ainsi dans l’obscurité, et la jeune femme ressentait à cet instant avec force le lien qui les unissait encore.
Son mari avait été tué un an plus tôt. La douleur déchirante de cette disparition s’apaisait lentement, comme on le lui avait assuré, faisant peu à peu place à une poignante tristesse qui lui étreignait le cœur à l’idée qu’elle ne le reverrait plus jamais.
Ella leva les yeux vers le ciel sans fin où étincelaient les constellations lointaines et laissa échapper un soupir. Parfois, on apercevait les phares des bateaux qui croisaient en silence au large, sur l’étendue bruissante et sombre du golfe Persique. Cette nuit, cependant, aucune lumière ne clignotait à l’horizon, accentuant son sentiment de solitude. Un frisson lui secoua les épaules malgré la douceur ambiante. Elle fit demi-tour et rebroussa chemin.
Les contrastes qu’offrait cet endroit ne cessaient de l’étonner. Au bord de la mer poussait une végétation abondante. Elle aimait cette verdure luxuriante, ces fleurs exotiques, le parfum des jasmins qui grimpaient comme du chiendent dans le parc de cette luxueuse résidence. Elle adorait rester à l’ombre de ces arbres, dans son jardin, à respirer ces parfums mêlés et entêtants qui s’épanouissaient dans la chaleur du soleil. Bien qu’Alkaahdar, la capitale du pays, et ses gratte-ciel ne se trouvent qu’à quelques kilomètres, elle se sentait au bout du monde dans cette oasis de calme et de paix.
Il était minuit passé. Comme souvent, Ella avait travaillé tard, et elle se promit de se coucher dès son retour à la villa. Les maisons étaient rares en bord de mer, et seuls ceux qui connaissaient bien la résidence pouvaient trouver leur chemin au milieu des jardins. Même dans l’obscurité, la jeune femme savait exactement à quel endroit quitter la plage pour regagner sa maison.
Soudain, une silhouette se dessina devant elle : un homme, à en juger par la taille, qui se tenait juste au bord de l’eau, en face du sentier qu’elle devait prendre pour rentrer.
C’était la première fois qu’elle croisait quelqu’un après la tombée de la nuit. Qui était-ce ? Un voisin qui avait du mal à dormir ? Un étranger qui explorait la plage ? Ou un malfaiteur mû par des desseins moins avouables ?
Son imagination la fit rire tout bas. Les villas de la résidence appartenaient aux plus riches familles du pays, et de nombreux gardiens veillaient sur leur sécurité. Il n’y avait jamais eu le moindre problème dans le voisinage… Aussi, plutôt que de couper en diagonale pour rejoindre directement le sentier, Ella se laissa aller à la curiosité et continua tout droit.
— Est-il bien raisonnable pour une femme de se promener seule la nuit ? lui demanda l’homme quand ils furent proches l’un de l’autre.
— A moins que vous ne vouliez m’agresser, je pense que oui, rétorqua-t-elle sans cesser d’avancer.
— Je n’ai aucune intention de ce genre, répliqua-t-il. Je suis juste curieux. Vous habitez par ici ?
Il devait mesurer un mètre quatre-vingt-dix, constata la jeune femme en approchant, et il était plus grand que ne l’avait été Alexander. L’obscurité cachait ses traits et ne laissait voir que sa chemise complètement déboutonnée et son pantalon, tous deux blancs.
— Oui, j’habite la résidence. Mais pas vous. Je ne vous ai jamais rencontré ici.
— Non, je suis en visite. Et cela me change beaucoup de l’endroit où j’ai passé ces dernières semaines, ajouta-t-il en se retournant vers la mer.
— Ah ? Et où étiez-vous ?
— Dans le désert. J’avais envie de voir le Golfe dès mon arrivée. J’ai voyagé vingt-quatre heures et je meurs de fatigue, mais je ne pouvais attendre pour venir ici et me baigner.
— Ce n’est pas très prudent quand on est seul, surtout en pleine nuit, fit-elle remarquer. Si vous aviez le moindre problème, personne ne pourrait vous voir ou vous entendre.
Pourtant, Ella avait parfois nagé lors de ses promenades nocturnes, peu de temps après la mort d’Alexander, quand elle se moquait qu’il lui arrive quelque chose ou pas. Elle savait maintenant que la vie était trop précieuse pour commettre une telle imprudence.
— Vous êtes là, maintenant, fit-il observer.
— Certes. Si vous avez des ennuis, pensez-vous que j’irai à votre secours ?
— Vous pourrez au moins aller chercher de l’aide.
Sur ces mots, il ôta sa chemise et son pantalon. Allait-il se baigner nu devant elle ? se demanda Ella, sidérée. La nuit ne lui permit pas de le déterminer, d’autant qu’il plongea tout de suite dans l’eau et disparut totalement. Seul le bruit de son crawl puissant troublait le ressac.
— Me voilà maître nageur, maintenant ! chuchota la jeune femme en s’asseyant sur la plage.
Le sable était encore chaud du soleil de la journée et elle se mit à jouer machinalement avec, tout en essayant de discerner la silhouette de l’inconnu dans la mer. Pourvu qu’il n’ait pas besoin d’aide ! Elle aurait été incapable de dire où il se trouvait. En cas de problème, elle pouvait juste l’appeler pour lui indiquer la direction de la plage…
Absorbée par ses pensées, Ella perdit quelque peu la notion du temps. Ainsi, l’homme venait du désert ? Elle avait fait quelques excursions dans ce qui constituait la majeure partie du Quishari. La beauté de ces immenses étendues minérales était frappante et un peu effrayante. La vie y était impitoyable. Pourtant, on y dénichait des merveilles inattendues, comme ces fleurs qui s’épanouissaient et se fanaient bien vite après les très rares averses. Ou des roches aux couleurs étonnantes, accentuées par la lumière éblouissante du soleil implacable. Une fois, elle avait même vu une oasis, un petit miracle de fraîcheur au milieu de ce paysage aride.
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